mardi, janvier 28 2020

Le terrorisme islamiste recule, celui d'extrême droite explose

28 01 2020

Global_Terrorism_Index.pngL’Institute for Economics and Peace (IEP) a publié fin novembre 2019 son Global Terrorism Index, rapport annuel recensant le nombre d'attaques et de décès liés au terrorisme dans le monde. Pour la quatrième année consécutive, les chiffres s'améliorent, avec une baisse de 15,2 % du nombre de morts en 2018 par rapport à 2017, soit un peu moins de 16 000 tués. Dans ce macabre décompte, l’Afghanistan paie le plus lourd tribu avec 7 359 morts dans 1 443 attaques. Ce faisant, les Talibans sont devenus le groupe terroriste le plus meurtrier au monde devant État Islamique.
L'Europe a enregistré une baisse de 70 % du nombre de morts avec un bilan de 62 tués en 2018 contre 200 en 2017 mais subit, comme l'Amérique du Nord et l'Océanie, une très forte hausse du terrorisme d'extrême droite (+320 % d'attaques sur les cinq dernières années).

mercredi, janvier 15 2020

Mobilisation contre le projet de Loi de Programmation pluriannuelle de la Recherche

15 01 2020

Stop_y_en_a_marre.pngL’Association des sociologues de l’enseignement supérieur (ASES) et l’Association française de sociologie (AFS) se mobilisent aujourd’hui, à l’image de nombreux syndicats, départements, laboratoires, revues et associations savantes, contre la perspective d’un projet de Loi de Programmation pluriannuelle de la Recherche (LPPR).
Malgré sa technicité apparente, la nature des mesures préconisées dans les trois rapports préparatoires souligne à quel point il ne s’agit pas d’une réforme isolée, propre au fonctionnement de la recherche ou relevant du seul statut des enseignants-chercheurs. Elle s’inscrit au contraire dans la continuité des lois précédentes (LRU et ORE en tête) qui ont visé à réorganiser l’enseignement supérieur et la recherche et à faire, selon les mots d’Antoine Petit (PDG du CNRS) du darwinisme social et de la compétition de tous contre tous, le principe d’organisation majeur de nos professions, mais aussi comme fil conducteur des parcours de nos étudiant.e.s.

Illustration : archive.voicesofyouth.org

mardi, janvier 14 2020

Les fonctionnaires sacrifiés sur l'autel du système « universel » de retraites

14 01 2020

Beaucoup de critiques ont été justement formulées contre le projet de réforme des retraites, dépassant largement la seule question de l’âge pivot. D’abord sur l’incertitude qu’engendrerait un système de points par rapport à un système où des droits réels sont accumulés, avec ses conséquences prévisibles comme le recours croissant aux assurances privées pour y faire face. Ensuite sur les limites d’un projet qui fixe à 14% du PIB le montant total des pensions de retraite alors que la démographie française ainsi que le volume de richesse produite par actif sont en permanente évolution. Enfin sur le caractère artificiel du déficit annoncé des systèmes de retraite actuels, qui a bien été mis en évidence par un collectif d’économistes. En tant que sociologues travaillant sur les inégalités sociales, nous souhaitons intervenir dans ce débat en insistant sur le renforcement du système d’inégalités dont est porteur la dernière version de ce projet.

dimanche, janvier 12 2020

Le recours aux pesticides a connu une hausse spectaculaire en 2018

12 01 2020

FRANCE-ENVIRONMENT-POLLUTIONA rebours des annonces et des engagements des gouvernements successifs depuis une décennie, le recours aux pesticides poursuit, inexorablement, sa croissance. Les derniers chiffres du ministère de l’agriculture indiquent que le nombre de doses unités (NODU) de pesticides – indice de l’intensité du recours à ces produits – utilisées en France en 2018 a crû de 24 % par rapport à 2017. Une telle hausse, spectaculaire, n’avait jamais été enregistrée depuis la mise en place de cet indicateur, en 2008, dans le cadre du premier plan Ecophyto. Instauré à l’issue du Grenelle de l’environnement, il devait permettre de réduire de moitié l’usage des pesticides en France en dix ans. L’objectif n’a pas été atteint, ni même approché.

Photo : goodplanet.info

samedi, janvier 11 2020

Enquête sur la jeunesse dans les ghettos noirs américains

11 01 2020

Livre_Alice_Goffman.jpgCette ethnographie est le fruit de six années d’enquête en immersion dans un quartier noir de Philadelphie frappé par les effets conjoints de la misère, de la délinquance et de la politique d’incarcération de masse.
Elle reconstitue l’existence précaire des jeunes hommes qui tentent de se soustraire à un harcèlement policier et judiciaire constant et dont l’ensemble des actions et relations, y compris les plus quotidiennes et les plus intimes, sont marquées par l’activité des agents du système pénal et par les pressions qu’ils exercent sur leurs familles et leurs proches. L’ampleur du déploiement policier et des incarcérations dans le secteur de la « 6e Rue » transforme les vies en profondeur, non seulement celle des jeunes hommes qui sont leurs cibles, mais aussi celle de leurs familles, de leurs compagnes et de leurs voisins.
Composant avec sensibilité et talent entre récit, notes de terrain et dialogues, Alice Goffman donne à comprendre ce que vit une communauté en fuite à l’heure où, aux États-Unis, un jeune Noir sur neuf est en prison contre moins de 2 % des jeunes Blancs.

mercredi, janvier 8 2020

Le sentiment d'insécurité des jeunes dans les transports franciliens

8 01 2020

Livre_Noble.jpgL'étude du sentiment d'insécurité est un champ de recherche pionnier et désormais traditionnel du CESDIP. Dans ce livre, Julien Noble nous présente une étude d'une dimension du sentiment d'insécurité, l'insécurité personnelle. Celle-ci consiste dans la peur d'être victime d'une agression ou d'une incivilité. Il s'agit d'une perception de ces menaces potentielles et non d'une réalité avérée.
L'ouvrage tend d'une part à expliquer le niveau de peur élevé dans les transports en commun mis en exergue notamment par l'IAU (institut d'aménagement et d'urbanisme) de Paris et l'ONDRP. Il vise d'autre part à appréhender l'ensemble des variations individuelles de l'insécurité personnelle. Dans cette perspective, l'auteur utilise le modèle dispositionnel conceptualisé par Bernard Lahire. Ce modèle théorique permet de rendre compte via l'incorporation du passé individuel des réactions différentes à une même situation de personnes apparemment semblables. Intégrant les dimensions situationnnelle et individuelle conditionnant les comportements humains, le modèle dispositionnel est testé à propos de l'insécurité personnelle dans les transports en commun.

Lire la suite...

mardi, janvier 7 2020

Le cliché du « trop d’argent dépensé dans les banlieues »

7 01 2020

Les_miserables.jpgLa prétendue « discrimination positive » au bénéfice des habitants des banlieues populaires tient davantage de la fake news que d’une réalité attestée par les travaux scientifiques et d’évaluation. La propagation du mythe de la banlieue devenue un « tonneau des Danaïdes » pour les finances publiques traduit en fait une profonde délégitimation de la politique de la ville.
Les crédits de l’État du programme 147 « politique de la ville » s’élèvent à 498 millions d’euros dans la loi de finances pour 2020, soit 0,13 % du budget de l’État. Alors qu’environ 5 millions d’habitants résident dans les quartiers concernés, cette dotation représente de l’ordre de 8 euros mensuels par habitant. Si l’on ajoute les dotations de péréquation, c’est-à-dire les mécanismes de redistribution au bénéfice des communes défavorisées, les dépenses fiscales associées à la politique de la ville ainsi que les contributions à la rénovation urbaine, l’effort est déjà plus conséquent, mais il reste inférieur à 1 % du budget de l’État.

dimanche, janvier 5 2020

Justice et santé mentale

5 01 2020

Les relations entre justice et santé mentale, initialement explorées à travers l’expertise psychiatrique, ne se réduisent pas à la rencontre d’expert·e·s psychiatres et de magistrat·e·s. Elles impliquent une diversité d’actrices et d’acteurs à des échelles différentes, qui se croisent ponctuellement ou durablement dans des contextes variés. L’ambition de ce numéro et des sept contributions qui le constituent est de faire état d’un nouveau champ de recherches rendant compte de la diversité et de la complexité de ces relations. Loin de conclure à une pénalisation de la folie, à une médicalisation de la déviance, à une juridicisation/judiciarisation de la santé mentale, ou encore à une sanitarisation de la justice, ce numéro illustre la façon dont ces différentes évolutions conduisent à des recompositions institutionnelles de grande ampleur, bouleversant les pratiques et les parcours tant des professionnels que des personnes qui se retrouvent à l’intersection de ces deux mondes.

vendredi, janvier 3 2020

L'impact de l'architecture carcérale sur le personnel des prisons

3 01 2020

Couv_livre_Philippe_Bensimon.pngEffet boomerang sur la prise en charge de milliers d’hommes et de femmes condamnés à une peine d’incarcération, l’architecture carcérale n’épargne personne, ni l’état physique ni la santé psychologique de ceux qui en ont la responsabilité. Après quelques mois au contact de cette réalité, l’employé ne portera même plus attention à la couleur des murs, aux hommes armés, aux barbelés, aux dizaines de portes qui lui faudra franchir à longueur de journée, et encore moins aux risques inhérents à l’enfermement lorsqu’il s’agit de contrôler des masses de détenus dans un espace que la force de dissuasion arrive plus ou moins à contenir. Mais à quel prix ?
À l’heure où l’on parle tant de prouesses futuristes en architecture, où de nombreuses études démontrent sans démenti que la configuration spatiale des lieux, le contact avec la nature et la lumière naturelle de certains hôpitaux permettent une guérison beaucoup plus rapide et au personnel en place d’œuvrer dans un climat de travail plus sain, l’univers carcéral semble voué à la stagnation. Comment alors inventer une prison qui ne ferait pas trop prison au-delà d’un cahier des charges dans lequel l’architecte ne se retrouverait pas à son tour pieds et poings liés à régurgiter des redondances panoptiques entre le visible et trop souvent l’inavouable ? Aujourd’hui comme hier, réduit à mettre en application des protocoles très stricts où seule prime la sécurité des lieux, il est à espérer que les architectes, premiers acteurs matérialisant l’application de la peine, sauront à l’avenir prendre la place qui leur revient.

jeudi, décembre 26 2019

Le prix de la planète

26 12 2019

Image_La_Vie_des_Idees.pngLe constat sur la détérioration du cadre de vie n’est plus à faire. Au niveau du changement climatique, de la pollution, des déchets, de la déforestation, ainsi que de l’effondrement de populations animales, insectes, oiseaux, poissons, etc., ce qui se passe aujourd’hui avait été annoncé par le Club de Rome en 1972 puis au sommet de la Terre de Rio en 1992, mais pensé comme des menaces dont il suffisait de prendre conscience pour les éviter. Or force est de constater que les intérêts divergents dans la poursuite de la croissance ont fait fi de cette prudence.
Aujourd’hui, en économie libérale, la vitesse d’épuisement des ressources fossiles, le respect des forêts et du monde animal, et tout ce qui concerne le long terme, est conditionné par les prix qui déterminent le comportement des agents. Il en résulte que les marchés financiers sont la référence mondiale pour orienter l’humanité vis-à-vis de l’environnement. Nous nous proposons d’examiner plus précisément cette gouvernance.

Illustration : laviedesidees.fr

mardi, décembre 24 2019

Médias français : qui possède quoi ?

24 12 2019

Les_medias_francais.png























lundi, décembre 23 2019

Considérer l’adulte victime comme un.e enfant ajoute à la violence

23 12 2019

Le rapport de la Mission sur les homicides conjugaux rendu en octobre 2019 a porté dans sa recommandation n°5 une proposition reprise par le gouvernement lors de la clôture du Grenelle des violences conjugales : celle de modifier la législation en matière de secret professionnel pour les médecins et plus largement les soignants. L’objectif énoncé par les auteurs du rapport est de « modifier l'article 226-14 du code pénal pour permettre à tout professionnel de santé de signaler les faits même en cas de refus de la victime ». Or il existe déjà dans la législation actuelle la possibilité de signaler à l’autorité judiciaire selon le type de situation : lorsque la personne victime est capable de réfléchir et de décider, de faire un choix, donc de se protéger, c’est seulement avec son accord. Lorsque la personne victime n’est pas en mesure de se protéger, cas le plus rare, sans que son accord soit nécessaire. Qu'est-ce qui justifierait de modifier le cadre actuel ?

dimanche, décembre 22 2019

La criminalité environnementale : nouvelles recherches

22 12 2019

Couv_Deviance_et_societe_2019_4.jpgLa question des désastres sanitaires provoqués par les activités économiques connaît une publicisation croissante depuis les années 1970, en liaison avec le surgissement de l’écologie comme nouveau courant philosophique et politique dans les pays occidentaux. Les accidents majeurs et autres « catastrophes » qui surviennent régulièrement (de Santa Barbara en 1969 à Fukushima en 2011 en passant par Bhopal en 1984, pour ne prendre que trois exemples parmi les plus connus) ont amené les États ainsi que les organismes supranationaux tels que l’Union européenne à multiplier les législations, les organismes de contrôle et les outils de mesure. Cet ensemble de préoccupations intellectuelles et de mobilisations institutionnelles a rapidement dynamisé la recherche scientifique, en particulier dans le domaine biomédical et la climatologie, sans compter le regain de disaster studies à l’origine plus ancienne. De leur côté, les juristes n’ont pas tardé à se saisir également d’un nouvel univers de normes nationales et internationales en constante évolution. L’arrivée des sciences sociales dans ce champ est un peu plus tardive, du moins en Europe car, aux États-Unis, une sociologie de l’environnement se constitue comme sous-domaine de la discipline dès la fin des années 1970, appuyant parfois la critique du capitalisme.

samedi, décembre 21 2019

Affaire France Télécom : un tournant dans le droit pénal du travail

21 12 2019

La question de la souffrance au travail a longtemps été niée. Dépressions ou suicides étaient systématiquement renvoyés à des causes relevant de la sphère privée. Puis, il y a quelques années, est apparue la notion de harcèlement moral, considérant que le comportement individuel d’un supérieur hiérarchique pouvait provoquer une dégradation des conditions de travail de ses subordonnés. Mais jusqu’à présent, le système de management en tant que tel n’avait jamais été mis en cause pour la détresse qu’il pouvait causer. De ce point de vue, la condamnation, vendredi 20 décembre, de France Télécom dans ce que l’on a appelé « l’affaire des suicides » constitue un tournant dans le droit pénal du travail, en consacrant la notion de harcèlement institutionnel.

vendredi, décembre 20 2019

Travailleurs sans papiers: la justice reconnaît une « discrimination raciale systémique »

20 12 2019

Le conseil des prud’hommes de Paris a donné raison de manière éclatante à vingt-cinq travailleurs du bâtiment, tous Maliens, tous sans-papiers et non déclarés par leur employeur à l’époque des faits, en 2016. Ils se sont vu accorder chacun près de 37 000 euros, en rappels de salaires et avantages afférents, mais aussi comme indemnisation de la non-déclaration de leur travail à l’administration, des conditions de travail dangereuses qu’ils ont subies, et, donc, de la discrimination dont ils ont été l’objet sur leur lieu de travail, en tant que groupe. Le jugement dénonce explicitement un « système organisé de domination raciste » existant sur le chantier. L’employeur est une petite entreprise du bâtiment, MT BAT, qui a été liquidée en 2017. C’est donc l’AGS, l’organisme d’assurance financé par les cotisations patronales, qui versera les sommes.

- page 1 de 200