mercredi, juillet 10 2019

Une nouvelle "affaire" : les ventes d’armes françaises au Brésil

10 07 2019

Sarkozy_et_Lula_le_7_septembre_2009.jpgC'est une enquête internationale en même temps qu’une affaire d’États, au pluriel, qui a conduit les juges brésiliens à demander début juillet l’audition des anciens présidents français Nicolas Sarkozy et François Hollande. Ce dernier a été entendu le 4 juillet par des policiers de l’OCLIFF (Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales), en application d’une demande d’entraide judiciaire du Brésil. Nicolas Sarkozy de son côté a refusé de répondre, selon Le Canard enchaîné.
Saisis d’une enquête pour « trafic d’influence » concernant l’achat en 2014 de 36 avions de combat suédois Gripen par l’armée de l’air brésilienne, les juges cherchent à préciser les conditions du rejet de la proposition de Dassault, présentée comme l’option retenue par les autorités lors d’un voyage de Nicolas Sarkozy à Brasília, en septembre 2009.

mardi, juillet 9 2019

En France, la justice n'a pas les moyens de lutter réellement contre la corruption

9 07 2019

Sine_mensuel_c__est_la_deche.jpgIl y a le feu au nouveau tribunal de Paris. Les juges dénoncent le manque de moyens dramatique du pôle financier, après les départs non remplacés de Renaud Van Ruymbeke et de Serge Tournaire. « Les magistrats du siège du TGI de Paris, réunis en assemblée générale, demandent à la direction des services judiciaires de faire en sorte qu'à très court terme soit nommé un premier vice-président chargé de la coordination du pôle financier, puis que ce pôle soit significativement renforcé : le caractère prioritaire de la lutte contre la très grande délinquance financière n'est pas compatible avec l'asphyxie progressive de la justice financière. » Une situation d'autant plus préoccupante que le nombre de dossiers d’instruction ouverts au pôle financier a augmenté de 5,8 % depuis le début de l'année, et que la loi du 23 mars 2019 donnant une compétence nationale concurrente à la juridiction inter-régionale spécialisée (JIRS) de Paris va amener de nouveaux dossiers.

lundi, juillet 8 2019

Maintien de l’ordre : qui décide de quoi ?

8 07 2019

Policier_pointant_un_LBD_lors_d__une_manifestation_des_gilets_jaunes_en_avril_2019.jpgLes récentes affaires de violences policières pendant des opérations de maintien de l’ordre, à Nantes le soir de la Fête de la Musique ou sur le pont de Sully le 28 juin, invitent à s’interroger sur le fonctionnement de la chaîne hiérarchique lors de telles opérations. En effet, au cours d’une manifestation ou d’un rassemblement dans l’espace public, les interventions policières ne sont pas facilement lisibles pour le manifestant, le journaliste ou le chercheur. Ainsi, il n’est jamais évident, pour une opération de maintien de l’ordre, de déterminer où sont prises les décisions qui déterminent l’action policière sur le terrain.

Photo : theconversation.com

mardi, juillet 2 2019

La légitime défense. Homicides sécuritaires, crimes racistes et violences policières

2 07 2019

Livre_Codaccioni.jpgL'ouvrage de Vanessa Codaccioni (La légitime défense, Homicides sécuritaires, crimes racistes et violences policières, CNRS Éditions, 2018), maitre de conférences en science politique à l'Université de Paris VIII et membre du laboratoire CRESPPA-CSU, est issu d'un mémoire d'habilitation à diriger les recherches en science politique. L'auteure, spécialiste des institutions pénales, propose une socio-histoire de la légitime défense. À cette fin, elle mobilise les travaux scientifiques sur le sujet et exploite plusieurs sources d'archives : celles du magistrat Etienne Bloch conservées par l'IHTP, celles du syndicat de la magistrature et du comité de défense contre la violence remisées aux Archives Nationales. Ce matériau est complété par une analyse de la presse produite entre 1970 et la fin des années 1990.

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dimanche, juin 30 2019

Les obsessions islamiques du Point (et de Franz-Olivier Giesbert)

30 06 2019

Couv_le_point_islamophobie.jpgDepuis novembre 2018, cinq Unes du Point ont été consacrées à la menace de l’islamisme, en lien tantôt avec celle des gilets jaunes, de la haine de la police, ou des narcotrafiquants... Rebelote dans son numéro du 20 juin : le magazine de la famille Pinault titre cette fois sur « les services publics face à l’islamisme ». Avec à la clé un édito atterrant de Franz-Olivier Giesbert, qui s’emploie à réhabiliter une théorie largement répandue au sein des milieux d’extrême-droite selon laquelle l’Europe serait en proie à « l’islamisation ».

samedi, juin 29 2019

Le rapport de la commission d'enquête sur les groupuscules d’extrême droite en France

29 06 2019

La France insoumise a fait usage de son droit à créer une commission d’enquête afin que celle-ci fasse un état des lieux « sur l’ampleur du caractère délictuel et criminel des pratiques des groupuscules d’extrême droite, ainsi que d’émettre des propositions, notamment relatives à la lutte contre les menaces perpétrées à l’encontre de nos institutions et de leurs agents ainsi qu’à l’égard des citoyennes et des citoyens ».
Nous avons constaté dès le départ combien le sujet dérangeait. La présidente regrette l’absence de certains groupes politiques tout au long des travaux de la commission d’enquête. Les Républicains n’ont ainsi nommé qu’un seul membre sur les cinq sièges qui leur revenaient de droit ; celui-ci n’a participé qu’à la seule réunion inaugurale pour contester l’existence même de cette commission d’enquête. Par ailleurs, la présidente déplore l’attitude du groupe UDI, Agir et Indépendants dont les deux représentants, MM. Meyer Habib et Pierre Morel-A-L’Huisser, se sont illustrés autant par la rareté de leur présence que par leur volonté de perturber les travaux de la commission d’enquête.

vendredi, juin 28 2019

Dans le bassin de Lacq, pluies acides, odeurs asphyxiantes et sentiment d’abandon

28 06 2019

Les picotements peuvent gratter jusqu’au sang, dit-il. Son avant-bras porte des traces de brûlures. Des dépôts noirs s’incrustent sur le toit de sa maison, sur le barbecue, dans le jardin, sur la terrasse. La gorge gratte. Le nez est sec. Les yeux pleurent tout le temps. Les maux de tête peuvent durer une demi-journée.
Il y a eu des réunions avec les maires, la préfecture et le directeur de Sobegi, la filiale de Total qui gère la plateforme industrielle : « “Ce n’est pas normal que vous souffriez, on va travailler.” Mais ça n’a jamais changé. » Il attribue les retombées noires et les odeurs fétides au site d’Arkema, spécialisé dans la transformation chimique de produits contenant du soufre, et proche de son domicile. Selon lui, les nuisances ont commencé il y a trois ou quatre ans.
À Lacq, la crainte grandit de tomber malade à cause des rejets des innombrables usines qui se côtoient dans le bassin : 45 installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE), dont 14 sont catégorisées « Seveso seuil haut » et 6 « Seveso seuil bas ».

jeudi, juin 27 2019

Au Maroc, le littoral menacé par les "mafias du sable"

27 06 2019

Plage_marocaine_en_cours_de_betonnage.jpegUn rapport du Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) sur la surexploitation du sable dans le monde pointe du doigt le rôle des "mafias du sable" dans la disparition des plages marocaines, sur fond de bétonnage du littoral. La moitié du sable utilisé chaque année dans la construction au Maroc, soit 10 millions de mètres cubes, est extraite illégalement, selon ce rapport.
Le sable, deuxième ressource naturelle la plus utilisée au monde après l'eau, est un composant essentiel du béton. Partout sur la planète, plages et rivières sont ponctionnées, légalement ou illégalement.
Au Maroc, le sable est prélevé pour "la construction d'infrastructures liées au tourisme". Résultat : les côtes s'érodent, les plages rétrécissent. "La poursuite de la construction risque de conduire à la destruction de la principale attraction naturelle des visiteurs : les plages elles-mêmes".

Photo : geo.fr

mercredi, juin 26 2019

La production mondiale de cocaïne enregistre un nouveau record

26 06 2019

La production mondiale de cocaïne a atteint un nouveau plus haut historique avec près de 2 000 tonnes en 2017, tandis que celle d’opium connaît un recul inédit, annonce l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) dans son rapport annuel. A 1 976 tonnes, la production de cocaïne a connu un bond de 25 % par rapport à 2016, année où elle avait déjà augmenté d’un quart, selon les estimations de cette agence basée à Vienne. L’essor de la cocaïne, absorbée principalement par les marchés d’Amérique du Nord et d’Europe, est notamment lié à l’extension des cultures et des capacités de production en Colombie. Dans ce pays assurant quelque 70 % de la production mondiale, les surfaces d’arbres à coca ont progressé de 17 % en 2017, une conséquence de l’accord de paix conclu en 2016 avec les FARC, qui a paradoxalement permis à des groupes criminels de prospérer sur des territoires auparavant contrôlés par cette guérilla.

mardi, juin 25 2019

Extraction minière : les ravages de la corruption

25 06 2019

CONGO-MINING/CMOCAlors que l’exploitation de ressources naturelles est généralement présentée comme une aubaine pour le pays qui les possède et un gage de développement économique et de prospérité, la réalité est tout autre : bien souvent, on assiste à une généralisation de la corruption, au creusement des inégalités entre la masse miséreuse et les élites détournant l’argent public, à la disparition des activités agricoles et industrielles autres que celles liées à l’exploitation de la ressource, à une instabilité politique grandissante et, in fine, à la dérive autoritaire des régimes politiques, voire au basculement dans la guerre civile. Le Nigeria, le Venezuela ou encore la Libye en sont, parmi bien d’autres, de tristes illustrations.

Photo : lemonde.fr

vendredi, juin 21 2019

Le concept de « violences gratuites », une construction politique

21 06 2019

En langage politique, on appelle cela des « violences gratuites ». Le 12 juin, à l’occasion de son discours de politique générale à l’Assemblée nationale, le premier ministre Edouard Philippe a réaffirmé la volonté du gouvernement de mettre en œuvre un « plan pour lutter contre les violences gratuites ». « Les Français n’en peuvent plus des coups de couteau donnés pour un mauvais regard ou des batailles rangées entre bandes rivales. Nous ne devons plus rien laisser passer », a-t-il lancé.
Les chiffres seraient chaque année plus alarmants. Plus de 700 agressions « gratuites » par jour sur les huit premiers mois de l’année 2018 (soit plus de 173 000 actes), en augmentation de près de 8 % par rapport à 2017, selon le ministère de l’intérieur. Année après année, on parle de forte hausse ou d’escalade, les politiques s’affolent et annoncent de nouvelles mesures. Le tout entretenant l’idée, dans l’imaginaire collectif, d’un danger imminent permanent. A tort.

jeudi, juin 20 2019

Mais que se passe t-il au CNRS ? Et qui veut la peau de la sociologie ?

20 06 2019

Il aura fallu 12 jours pour que ça tangue pour de bon et qu'on voie éclore des tribunes, des pétitions et même une Assemblée générale à l’EHESS de Paris. L'affaire remonte au 6 juin : ce jour-là, la communauté des chercheurs en sciences sociales découvrait, médusée, que le CNRS avait de nouveau déclassé Akim Oualhaci au terme de sa dernière campagne de recrutement.
“Déclassé”, c’est-à-dire que le docteur en sociologie, qui s’était classé quatrième (pour cinq postes à pourvoir) au terme des premiers écrémages assurés par un jury de chercheurs, ne figurait tout simplement plus au classement final publié par l'institution. Sorti pour de bon des radars au sprint final en section 36, où la sociologie est regroupée dans une côte mal taillée avec les "sciences du droit".
“De nouveau”, car ce n’est pas la première fois (ni même la deuxième) que le CNRS contredit le classement effectué par ses pairs. C’est la troisième. L’an dernier, le même chercheur était passé sous le seuil des postes en jeu. Un an plus tôt, en 2017, ils étaient deux, Akim Oualhaci et Matthieu Grossetête, à s’être classés premier ex aequo, pour finalement être rétrogradés tandis qu’un des trois postes de chargés de recherche était carrément rayé du concours.

mardi, juin 18 2019

Le projet de code de justice pénale des mineurs

18 06 2019

Le serpent de mer du code de justice des mineurs est réapparu de manière précipitée dans la loi Justice. Dès février, la ministre avait lancé des consultations. Le texte veut simplifier les dispositions applicables aux mineurs. De nombreuses avancées étaient déjà contenues dans la loi Justice. Le projet a été adressé à la commission supérieure de codification. La ministre recevra les différentes organisations pour consultation, avant un passage devant le Conseil d’État en juillet et une adoption au conseil des ministres à la rentrée. La ministre a promis que les ordonnances entreront en application après le débat parlementaire sur la ratification des ordonnances.

lundi, juin 17 2019

Chlorpyrifos : les dangers ignorés d’un pesticide toxique

17 06 2019

Cultures_de_legumes_dans_la_province_d__Almeria.JPGC’est une famille de pesticides qui vole en moyenne 2,5 points de quotient intellectuel (QI) à chaque enfant européen. D’abord pulvérisé sur les cultures pour éliminer pucerons ou chenilles, le chlorpyrifos poursuit son existence sous la forme de traces dans les oranges, les pommes, la laitue, l’urine des enfants et le cordon ombilical des femmes enceintes.
Au fil d’un demi-siècle de pulvérisation, les données scientifiques se sont accumulées sur les effets nocifs de cet insecticide. Censé remplacer le DDT et ses effets délétères en 1965, le produit de la firme américaine Dow endommage en fait le cerveau des enfants de manière irréversible.
Les éléments scientifiques sont désormais si accablants que, d’après les informations du Monde, la Commission européenne s’apprête à proposer son retrait du marché. Or, notre enquête démontre que les autorités ont mis près de vingt ans avant d’évaluer les données du fabricant.

  • Lire cette enquête du Monde

Photo : lemonde.fr

samedi, juin 15 2019

Usages d’alcool, de tabac et de cannabis chez les adolescents du secondaire en 2018

15 06 2019

En 2018, deux enquêtes ont été réalisées, pour la première fois en France. Plus de 20 000 collégiens et lycéens représentatifs des adolescents scolarisés en France métropolitaine âgés de 11 à 18 ans ont été invités à répondre en classe à un questionnaire en ligne portant sur leur bien-être et leurs comportements en matière de santé, dont les consommations de substances psychoactives. Ce dispositif, inédit en Europe, permet de mesurer ces usages auprès de l’ensemble des élèves de la classe de 6e à la terminale. Ce numéro de Tendances présente, par niveau scolaire, les prévalences et les évolutions de consommations des trois produits les plus largement diffusés à l’adolescence : l’alcool, le tabac et le cannabis. Cette photographie des usages est complétée par des analyses portant spécifiquement sur les lycéens : leur approvisionnement en tabac et en alcool, ainsi que leur pratique de la cigarette électronique et leur expérimentation de substances illicites autres que le cannabis.

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