jeudi, avril 17 2014

Une expérience de microcrédit pour les jeunes les plus pauvres

17 04 2014

microcredit.jpgCette expérimentation repose sur la mise en place d’un microcrédit assorti d’un accompagnement social et budgétaire assuré par une Conseillère en Economie Sociale et Familiale du CCAS de Besançon. Ce dispositif ouvert à l’origine aux personnes sans enfant comporte un volet spécifique pour les jeunes. La spécificité du microcrédit est multiple : le CCAS reste autonome dans l’octroi du prêt, qui est autofinancé sur fonds propres, et adopte de fait une position différente de celle des banques. Le microcrédit doit s’inscrire dans un projet d’insertion et propose un suivi social et budgétaire en parallèle. Par ailleurs, son taux d’intérêt est nul et il intervient en dernier ressort pour les jeunes qui ne peuvent bénéficier d’aucune aide ou microcrédit de droit commun. Il vise ainsi un public a priori plus fragile que les autres microcrédits.
L’évaluation montre que, pour les bénéficiaires, 1) le microcrédit apporte une aide à l’insertion professionnelle ; 2) aucune difficulté n’est relevée pour honorer le microcrédit ; 3) on constate un impact positif sur l’estime de soi des jeunes bénéficiaires ; 4) le fonctionnement du dispositif (montage, suivi) est jugé satisfaisant dans l’ensemble ; 5) une opinion positive est exprimée vis-à-vis du CCAS, perçu comme un lieu ouvert à tous les publics.

Photo : villecresnes.fr

mercredi, avril 16 2014

Socialisation des jeunes adultes en espaces ouverts autour de consommations d’alcool

16 04 2014

jeunes_et_alcool.jpgAfin de mieux en percevoir les enjeux en termes de besoins préventifs, la Mairie de Paris a souhaité qu’une étude soit menée autour du thème des alcoolisations en espaces ouverts des grands adolescents et des jeunes adultes. Réalisée durant l’été 2011 par le pôle TREND de l’OFDT et par l’association Charonne, par ailleurs coordination locale parisienne du réseau TREND, cette étude a donné lieu à la rencontre dans cinq lieux parisiens différents de près de 50 jeunes de 17 à 35 ans, qui ont interrogés à l’occasion d’entretiens semi-directifs sur leurs pratiques de sorties, les contextes et les caractéristiques de leurs consommations d’alcool en milieux ouverts. Ce rapport rend compte de l’hétérogénéité des populations interrogées selon les lieux de rassemblements et les statuts professionnels ainsi que de leurs motivations. Il revient sur les usages des personnes rencontrées ainsi que sur la perception des risques par les jeunes, leurs stratégies face aux dangers encourus et leur regard sur les campagnes de prévention visant les consommation d’alcool. Il met ainsi en évidence la difficulté de poser des repères qui puissent être audible par ce jeune public qui entend profiter de sa jeunesse et considère l’expérience comme le facteur essentiel à la maitrise des quantités d’alcool absorbées.

Photo : infomagazine.com

mardi, avril 15 2014

Les Roms, boucs-émissaires d'une Europe où le racisme progresse

15 04 2014

rapport_amnesty_roms.jpgEntre 10 et 12 millions de Roms vivent aujourd’hui en Europe. Beaucoup sont sous la menace quotidienne d’une expulsion forcée, du harcèlement de la police et d'agressions violentes.
Les conditions dans lesquelles de nombreux Roms sont contraints de vivre constituent un réquisitoire accablant contre la négligence et la discrimination dont font preuve les autorités à leur égard depuis des années. Cependant, loin de reconnaître que cette situation résulte du manque de protection qu'ils accordent aux droits fondamentaux des Roms, certains dirigeants européens préfèrent en rejeter la responsabilité sur les Roms eux-mêmes, les accusant de « ne pas s'intégrer ».
De son côté, la Commission européenne estime que "Des efforts sont faits en matière d’intégration des Roms, mais les progrès sur le terrain restent très lents", dans sa communication sur les avancées réalisées dans la mise en œuvre des stratégies nationales d’intégration des Roms. Ces stratégies ont fait l’objet d’une évaluation par ses soins. Il en ressort que des progrès ont été accomplis, notamment par la France. Cependant, des efforts restent à faire et c’est la raison pour laquelle, la Commission présente une série de mesures en ce sens.

lundi, avril 14 2014

Le rapport 2013 de l’Observatoire sur les Violences Policières Illégitimes

14 04 2014

violence_policiere.jpgL’Observatoire départemental sur les Violences Policières Illégitimes (OVPI) est composé de la Ligue des Droits de l’Homme 13, du Mouvement contre le Racisme et pour l'Amitié entre les Peuples (MRAP), de la CIMADE et de l'Action des Chrétiens pour l'Abolition de la Torture (ACAT) avec cette année la participation de Rencontres Tsiganes et Médecins du monde.
L’OVPI recense et analyse les différentes affaires pour lesquelles les associations membres de l’Observatoire ont été sollicitées ; suit leur traitement par l'institution judiciaire ; soutient les personnes victimes de violences policières illégitimes (écoute, conseil, communiqués, conférences de presse…) ; informe le citoyen et interpelle les pouvoirs publics (Préfecture de Police, Tribunaux de Grande Instance, Parquets).
L'objet de l'Observatoire n'est pas de recenser l'ensemble des violences policières illégitimes commises. Néanmoins son activité permet de dégager des tendances fortes en ce domaine. C’est cette activité 2012-2013 qui vous est ici présentée. L'Observatoire a été saisi de 42 nouveaux cas. Nous en avons écarté trois qui ne présentaient pas d'éléments probants.

Photo : fr.sott.net

samedi, avril 12 2014

Réforme pénale : soutien et critiques de la CNCDH

12 04 2014

portes_de_prison.jpgLa CNCDH se félicite de l’esprit général du projet et adhère à la philosophie pénale qui l’irrigue. Elle approuve l’affirmation claire et nette d’un droit à la réinsertion et le rappel capital de la subsidiarité d’une peine d’emprisonnement ferme. Elle se réjouit de l’attention portée aux peines exécutées en milieu ouvert, ces peines qui de par leur caractère souvent très contraignant ne peuvent être considérées comme des peines insignifiantes.
La suppression des peines plancher, l’affirmation forte du principe d’individualisation de la peine et la consécration d’une véritable césure du procès pénal en deux phases (une première phase sur la culpabilité et l’indemnisation de la victime avant une seconde phase sur le prononcé de la peine) sont des apports considérables.
Toutefois, la CNCDH constate un décalage regrettable entre l’ambition du texte et les dispositions techniques nouvelles, le projet de loi restant sur de nombreux points inachevé en l’état. En conséquence, elle attend du Parlement des éclaircissements et des compléments en particulier s’agissant de la nouvelle peine de contrainte pénale. A cet égard, la CNCDH recommande, comme la conférence de consensus, la création d’une troisième peine de référence aux côtés de l’emprisonnement et de l’amende, qui ne soit pas un sursis avec mise à l’épreuve renforcé.

vendredi, avril 11 2014

Quel avenir pour les juges de proximité et leurs missions pénales ?

11 04 2014

tribunal_de_police.jpgLa création des juges de proximité en 2002 semble être enracinée dans le besoin éprouvé par toute société de résoudre à l’échelon local la multitude de petits conflits du quotidien en y apportant des réponses rapides, simples, compréhensibles par tous.
Ces « petits conflits » nourrissent des contraventions diverses et nombreuses. Considérées comme des infractions ordinaires divisées en cinq classes selon leur gravité, elles se situent au niveau inférieur de la classification tripartite des infractions de l’article 111-1 du Code pénal. Peu graves, banales, elles ne mériteraient donc pas une attention particulière. Cependant, elles reflètent les relations sociales, les tensions et les désordres nés des violations des règles de droit, régulés, hier par le juge de paix, aujourd’hui par le juge de proximité (JP). Elles prennent donc en quelque sorte le pouls de la société à un moment donné de son histoire et auscultent ses mœurs. Pour autant, le peu d’attention qui leur est accordé se transforme aussi en méconnaissance par le plus grand nombre du traitement de celles-ci par le JP, rend moins visibles les atteintes portées à la Justice pénale de proximité et le risque de sa disparition au détriment des jeunes justiciables en particulier.

Photo : justice.gouv.fr

jeudi, avril 10 2014

Le rapport 2013 de la CNCDH sur la lutte contre le racisme

10 04 2014

contre_le_racisme.jpgLa montée des périls économiques trouve, hélas, un écho dans la sphère politique et intellectuelle, et au sentiment d’instabilité économique s’arrime alors un sentiment d’insécurité qui provoque une perte de repères, loin de l’esprit fraternel, de ce bien-vivre ensemble, de cet universel qui transcende nos différences. Émerge alors une peur d’être envahi, d’être dissous dans cet Autre que l’on ne veut pas connaître. En 2013 s’est étalée dans les médias une curieuse « libération de la parole », ce racisme « décomplexé », comme si l’idéologie raciste, antisémite et xénophobe était toujours là, habitant trop de Français, mais qu’elle avait enfin pu s’exprimer, se désenfouir. Curieuse terminologie : les termes de libération comme de décomplexion portent une connotation positive, la marque d’un progrès, qui témoigne d’une souffrance d’avoir gardé ces idées par devers soi.
Les travaux des chercheurs apportent des éléments essentiels pour rendre compte de la réalité des phénomènes racistes. Ils révèlent un climat préoccupant en raison d’un refus croissant de l’autre différent ; ce climat préoccupant se traduit par un recul persistant de la tolérance depuis 2009. Malgré cela, la France demeure tout de même – à rebours des effets grossissants des médias et des réseaux sociaux – une terre d’accueil au sein de laquelle les manifestations et le sentiment racistes restent globalement stables, les unions mixtes toujours plus nombreuses, le dialogue interculturel s’instaure ou mieux s’ancre ici et là. Dans les écoles, les enfants s’enrichissent de leurs différences et prouvent que la France sait rester fidèle à ses valeurs.

Illustration : un.org

mercredi, avril 9 2014

Pour en finir avec les peines planchers

9 04 2014

code_penal.jpgLa suppression des peines plancher est un engagement de campagne de François Hollande. Elle figure effectivement dans le projet de réforme pénale qui sera discuté au Parlement à compter du début du mois d’avril. Avant un débat qui s’annonce animé, il est apparu utile de dresser un bilan de l’application de la loi du 10 août 2007, qui a rompu le consensus qui prévalait depuis de très nombreuses années sur la question de l’individualisation des peines.
La réforme des peines plancher n’a été précédée d’aucune étude d’impact et elle a été votée selon la procédure de l’urgence, en quelques semaines. On dispose aujourd’hui, pour l’essentiel, de trois études : le rapport des députés Caresche et Geoffroy sur la mise en application de la loi de 2007 renforçant la lutte contre la récidive des majeurs et des mineurs ; l’étude publiée dans Infostat Justice au mois d’octobre 2012 et intitulée « Peines plancher : application et impact de la loi du 10 août 2007 » ; le rapport présenté le 14 février 2013 à la conférence de consensus par Jean-Paul Jean intitulé « Récidive : évolutions législatives et politique pénale, évaluation », qui exploite les dernières statistiques fournies par la Chancellerie pour 2012.
Ces trois études rassemblées permettent de faire un bilan de l’application des peines plancher sur plus de 5 ans. La note exploite également les recherches réalisées à l’étranger, pour l’essentiel dans les pays anglo-saxons, sur les peines minimales obligatoires. On peut en conclure que, si l’efficacité de la loi en matière de récidive n’est pas démontrée, ses effets pervers sont eux bien établis.

mardi, avril 8 2014

Que dit le feu ? Les incendies de bibliothèques

8 04 2014

livre_merklen.pngEncore un livre sur les « banlieues », serait-on tenté de dire ! Pourtant on aurait tort tant le livre de Denis Merklen est original sur la forme et sur le fond. Sur la forme d’abord, ce livre est une trame de récits croisés entre les bibliothécaires, les quartiers, les écrivains de banlieue, la presse people, l’Argentine et la France, les déambulations du chercheur, l’histoire des classes populaires... Et tous ces récits et les allers-retours qu’ils imposent ouvrent des angles et des points de vue inédits. Sans jamais se lasser, le lecteur croise les fils d’une enquête minutieuse, prudente et empathique tant à l’égard des bibliothécaires que de ceux qui incendient les médiathèques, et d’une enquête qui est aussi la recherche obstinée d’un sujet politique sur lequel Denis Merklen ne cesse de s’interroger.
Un silence gêné entoure les 70 incendies de bibliothèques qui ont été allumés en France entre 1996 et 2013. Il faut dire que ces incendies n’ont jamais été revendiqués et que jamais aucune déclaration ne les a accompagnés à l’exception d’un « si Sarko passe on met le feu ! » Alors que l’on peut comprendre les incendies des commissariats de police comme des protestations contre la violence des policiers et, au-delà, contre la violence de l’État, pourquoi s’en prendre aux livres mis à disposition de tous dans les quartiers qui semblent souvent abandonnés ?

lundi, avril 7 2014

Les jeux d’argent en France

7 04 2014

jeux_d__argent.jpgEn France, l’attirance pour les jeux d’argent n’a cessé de progresser jusqu’en 2004-2006 (0,9 % de la consommation des ménages) et s’érode un peu depuis (0,8 % en 2012). Entre 2000 et 2012, les sommes misées ont augmenté de 76 % en valeur et atteignent 46,2 milliards d’euros en 2012. Sur la même période, les dépenses des joueurs, nettes des gains, ont augmenté de 48 %, passant de 6,4 à 9,5 milliards d’euros.
Avant 2010, le secteur des jeux s’organisait autour de trois grands pôles : la Française des jeux (FDJ), le Pari mutuel urbain (PMU) et les casinos. L’activité de la FDJ et du PMU a été très dynamique entre 2000 et 2012, celle des casinos s’est essoufflée à partir de 2007.
L’autorisation de jouer légalement en ligne, depuis juin 2010, n’a pas modifié l’équilibre et la hiérarchie du secteur des jeux d’argent : les jeux en ligne ne représentent que 7 % du marché en 2012. Après des débuts très prometteurs, leur croissance est devenue atone.

Photo : lamontagne.fr

samedi, avril 5 2014

Le pitoyable (dernier ?) réquisitoire de Philippe Bilger

5 04 2014

o-vieillesse-ennemie.jpgIl n’est pas facile de rendre compte du dernier livre de Philippe Bilger, ni même de le lire jusqu’au bout. D’abord parce que c’est un mauvais livre. Une trentaine de chapitres assez peu vertébrés qui dépassent rarement trois pages, pour ressasser un ressentiment obsessionnel contre Christiane Taubira que notre auteur, on l’aura compris, n’apprécie guère et qui semble nuitamment peupler ses cauchemars. Le bandeau de l’éditeur fait assez bien le tour de la pensée profonde de l’ouvrage, « Taubira : carton rouge ».
Sur le fond, Philippe Bilger enchaîne, avec un talent que n’a pas l’Institut pour la justice, les mêmes éternels poncifs de la droite « contre la justice laxiste », au moment piquant où les prisons n’ont jamais été aussi pleines depuis la Libération et les peines prononcées de plus en plus longues – les juges rouges ont dû s’assoupir devant le Mur des cons.
C’est d’autant plus difficile que Philippe Bilger a été grand magistrat, sensible, cultivé, touchant même, assurément d’une haute intelligence, pour qui nous étions nombreux à avoir de l’estime.

Illustration : hellocoton.fr

vendredi, avril 4 2014

Prouver et gouverner. Une analyse politique des statistiques publiques

4 04 2014

livre_desrosiere.pngAujourd'hui, les statistiques sont partout. Chacun ressent confusément que, certes, elles fournissent des données utiles sur la société, mais qu'elles servent aussi d'instruments de pouvoir. Comment respecter les informations qu'elles apportent et en même temps les envisager comme politiques ? C'est à cette question clé que ce livre entend répondre, en explicitant l'ambivalence inhérente aux données quantitatives. En douze chapitres historiques concernant le gouvernement néolibéral, les institutions internationales ou les rapports entre quantification et sciences sociales, le lecteur apprendra à faire le tri dans le déferlement quotidien de chiffres.
Alain Desrosières est prématurément décédé alors qu'il mettait la dernière main à la rédaction de ce livre, qui devrait faire date au même titre que La Politique des grands nombres (La Découverte, 1993), devenu un classique et traduit dans le monde entier. Il avait successivement travaillé avec Pierre Bourdieu puis avec les chercheurs français impliqués dans la sociologie de la critique et la sociologie des sciences, deux des environnements les plus innovants intellectuellement en France depuis les années 1980. Il est le fondateur de la sociohistoire de la statistique, une discipline qui se développe désormais très rapidement, en France comme à l'étranger. Ce livre très accessible et d'une grande portée politique peut être considéré comme son testament intellectuel.

jeudi, avril 3 2014

Refonder les politiques d’immigration et d’intégration en France

3 04 2014

Image_LVI.jpgEn février 2013, le gouvernement de J.-M. Ayrault a décidé de « refonder » la politique d’intégration. La commission créée à cet effet réunissait des chercheurs en sciences sociales, des « intellectuels », des hauts fonctionnaires, des élus, des militants et des activistes de la société civile. Le rapport qu’elle produisit détonnait à la fois sur la forme et sur le fond avec toute une série de rapports publiés au cours des dernières décennies 1 et rompait aussi plus fondamentalement avec la rhétorique de plus en plus conservatrice du Haut Conseil à l’Intégration (Lochak, 2011). Quelle que soit la pertinence de ce rapport et des recommandations spécifiques qu’il a formulées, force est de constater qu’il a été graduellement désavoué par le gouvernement lors d’une série de déclarations politiques, désaveu qui s’est d’ailleurs traduit en actes lors de l’annonce des dernières mesures gouvernementales pour l’intégration le 11 février 2014 2. Les mesures rendues publiques ne semblent en effet avoir retenu des recommandations de ce rapport qu’une vague volonté de réconcilier les politiques d’immigration et les politiques de lutte contre les discriminations. Là n’est pas le problème puisqu’il est assez commun que les rapports politiques soient enterrés dans les tiroirs de l’État et les précédents en matière d’immigration sont bien nombreux. Cet épisode est plus fondamentalement révélateur d’une impasse politique sur ces questions.

mercredi, avril 2 2014

Les chiffres de la peine de mort dans le monde

2 04 2014

abolir_peine_de_mort.jpgMalgré les revers de 2013, le nombre de pays appliquant la peine capitale n'a cessé de diminuer depuis 20 ans, et des progrès ont été constatés dans toutes les régions du monde pendant l'année écoulée.
Beaucoup de pays qui avaient mis à mort des condamnés en 2012 n'ont procédé à aucune exécution en 2013 ; c'est le cas notamment de la Gambie, des Émirats arabes unis et du Pakistan, dont les autorités ont suspendu le recours à la peine capitale. Le Bélarus n'a exécuté personne non plus, ce qui fait que, pour la première fois depuis 2009, aucune exécution n’a été enregistrée en Europe ni en Asie centrale.
L'Iran et l'Irak sont à l'origine d'une forte augmentation du nombre d'exécutions dans le monde en 2013, allant à l'encontre de la tendance mondiale à l’abolition de la peine de mort. Le nombre alarmant d'exécutions dans un groupe restreint de pays – principalement ces deux pays du Moyen-Orient – s'est traduit par près d'une centaine d'exécutions supplémentaires dans le monde par rapport à 2012, soit une augmentation de presque 15 %.

mardi, avril 1 2014

Les éducateurs de rue ont toute leur place dans le partenariat local de sécurité

1 04 2014

prevention_specialisee.jpgFace aux nombreuses menaces qui pèsent sur l’avenir de la prévention spécialisée, vous estimez, dans une étude de terrain publiée en février 2014, que son avenir passe par sa contribution aux politiques locales de sécurité et de prévention de la délinquance. Contribution longtemps rejetée par les éducateurs de rue qui mettent en avant leurs missions socio-éducatives. En tant que sociologue, comment en êtes-vous arrivée à cette conclusion ?
Je rappelle tout d’abord que cette étude répond à une demande formulée par l’Association Départementale pour le Développement des Actions de Prévention des Bouches du Rhône (ADDAP13), qui est aujourd’hui le plus gros club de prévention spécialisée en France. Cette association, connue pour ses réflexions sur les pratiques professionnelles et les enjeux de la « prèv’ », a exprimé de fortes inquiétudes quant au rôle des éducateurs de rue aujourd’hui, le sens de leurs missions et au final, leur existence même, au vu des injonctions croissantes des politiques locales de sécurité.

Photo : lesmetiers.net

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