jeudi, janvier 14 2021

Drones : la CNIL sanctionne le ministère de l'Intérieur

14 01 2021

À l’issue d’une procédure de contrôle initiée en mai 2020, la formation restreinte, organe de la CNIL chargé de prononcer les sanctions, a rappelé à l’ordre le ministère de l'Intérieur pour avoir procédé à des vols de drones équipés de caméras en dehors de tout cadre légal.
En complément de cette sanction, qu’elle a souhaité rendre publique, la formation restreinte a également enjoint au ministère de se mettre en conformité avec la loi Informatique et Libertés. Elle demande ainsi au ministère de cesser tout vol de drone jusqu’à ce qu’un cadre normatif autorise un tel traitement de données personnelles ou jusqu’à ce qu’un système technique empêchant toute identification des personnes soit mis en œuvre. Cette sanction et l’injonction qui l’accompagne concernent l’utilisation des drones par l’ensemble des forces de l’ordre dès lors qu’elles agissent sous l’autorité du ministère, qu’il s’agisse de services de police ou de gendarmerie, sur l’ensemble du territoire, et quelles que soient les finalités poursuivies.

mercredi, janvier 13 2021

Crise sanitaire: la France s’enfonce toujours plus dans l’état d’exception

13 01 2021

Les Français passeront donc l’année 2021 sous un nouveau régime d’exception. Selon le projet de loi de prorogation présenté mercredi 13 janvier en conseil des ministres, ils seront même soumis à deux régimes juridiques différents, tous deux créés à l’occasion de cette épidémie.
Comme l’avait déjà annoncé dès lundi le premier ministre Jean Castex aux sénateurs, l’état d’urgence sanitaire, réactivé par la loi du 14 novembre 2020 et qui devait arriver à terme le 16 février, sera prolongé jusqu’au 1er juin. À cette date, le pays passera sous le régime de « sortie de l’état d’urgence sanitaire » instauré par la loi du 9 juillet 2020 et sous lequel il a vécu jusqu’à sa réactivation.
Depuis le début de l’épidémie de Covid-19, les citoyens sont ainsi confrontés à un empilement de régimes d’exception, régulièrement modifiés, ajustés et faisant à chaque fois oublier un peu plus ce qu’a pu être le droit commun.

lundi, janvier 11 2021

La rédaction de Science et Vie en lutte contre Reworld Media

11 01 2021

Après avoir racheté le magazine Science et Vie en 2019, le groupe Reworld Media fait à nouveau ce qu’il sait faire de mieux : détruire le journalisme. Face au rouleau compresseur d’un groupe spécialisé dans la production industrielle de « contenu » et la marchandisation de l’information, la rédaction de Science et Vie se mobilise.
En septembre 2020, Reworld Media avait débarqué le directeur de la rédaction, Hervé Poirier, qui réclamait au groupe des garanties sur le maintien des effectifs et sur l’indépendance éditoriale des journalistes. La rédaction s’était alors mise en grève sur la base de ces deux revendications, comme l’explique la société des journalistes (SDJ) du magazine.
Les discussions entamées depuis n’ont pas abouti et la situation a même empiré. « L’équipe digitale de Reworld Media a totalement pris le contrôle du site internet, désormais alimenté par des chargés de contenus non-journalistes. Ces derniers ont désormais toute liberté de poster des contenus ou de republier et rééditer des articles du mensuel » explique la SDJ.

dimanche, janvier 10 2021

Pourquoi le culte des essais randomisés constitue une régression épistémologique

10 01 2021

Lorsque l’on n’a pas bénéficié d’une formation médicale, on suppose que le rejet des essais qui ne sont pas randomisés (et, derrière, le rejet des thérapies concernées) constitue un acquis de la Science. Or une exploration de la littérature scientifique portant sur la méthodologie des essais conduit à des conclusions bien différentes. On se demande du coup qui sont les véritables « charlatans »...

jeudi, janvier 7 2021

« Depuis la guerre d’Algérie, on n’a jamais assisté à un tel climat répressif »

7 01 2021

La_manif_en_crise.jpgDans son dernier ouvrage On est là ! La manif en crise, l’historienne Danielle Tartakowsky, spécialiste de l’histoire des mouvements sociaux, décortique les mutations de la manifestation sur les cinquante dernières années.
À la brièveté de manifestations d’ampleur qui faisaient reculer de controversées propositions législatives ont succédé des manifs percutantes, durement réprimées, mais s’inscrivant dans la durée. Depuis le début du mandat d’Emmanuel Macron, les mobilisations et manifestations (loi travail, gilets jaunes, réforme des retraites, marche pour le climat, pour les libertés...) sont quasi permanentes. Quels ont été, et sont encore, les rôles de cette forme d’action la plus courante ? Comment l’objet manifestation a t-il évolué, alors qu’il est de plus en plus réduit à d’éventuelles scènes de violences ? Dans une société en crise, est-ce réellement la manif qui ploie, ou le système qui la fait naître ?

vendredi, janvier 1 2021

Vaccin contre la Covid : des médecins et des biologistes appellent à la prudence

1 01 2021

Tout d’abord une précision, mon problème n’est pas la vaccination, mais le vaccin actuellement plus ou moins imposé avec des méthodes inacceptables ne respectant pas le principe de précaution. Je me ferai vacciner quand on aura la certitude qu’il n’est pas plus méchant que celui de la grippe saisonnière.
En matière de vaccin, les complications précoces sont les moins graves, et les plus graves sont tardives. Les processus d’expérimentation sont toujours longs pour être sécurisés au maximum, malgré cela on déplore souvent des accidents. Sécurité et précipitation en matière de risque ne vont pas ensemble. Le processus actuel est un coup de poker, il peut être gagnant, il peut être perdant, pas seulement pour quelques individus, débat actuel et le moins grave, mais aussi pour la population entière, avec l’émergence d’un virus recombinant par vaccination, ce qui n’est jamais abordé.

mardi, décembre 29 2020

Fermeture des théâtres et cinémas: comédie au Conseil d’Etat

29 12 2020

Dans le contentieux des mesures réglementaires de l’état d’urgence sanitaire, le Conseil d’Etat a amputé la balance du contrôle de proportionnalité de l’un de ses plateaux : seuls sont soulignés par le juge des référés les arguments anxiogènes relatifs à la diffusion du covid-19, au demeurant présentés de manière dramatisante, sans que soient jamais mentionnés ni à plus forte raison évalués les incidences négatives de la mesure en cause dans les nombreux domaines autres que sanitaire.
Alors qu’un troisième confinement est évoqué par le ministre de la Santé dans l’apathie sinon l’indifférence générale et que la faiblesse des contrepouvoirs à l’exécutif en état d’urgence sanitaire est désormais bien établie, la question se pose sérieusement de savoir jusqu’à quand il est acceptable socialement, économiquement, culturellement, éducativement, psychologiquement, de vivre dans une approche sanitaro-centrée de la lutte contre le covid-19.

samedi, décembre 26 2020

Les élevages de visons sont-ils la source du Covid en Europe ?

26 12 2020

Les preuves scientifiques, encore parcellaires, s’accumulent et permettent d’affirmer que, dans la tragédie qu’est l’actuelle épidémie de Covid, le vison est un personnage important, voire décisif. Deux choses sont d’ores et déjà certaines : primo, les élevages de visons, et particulièrement les plus grands d’entre eux, sont des chaudrons microbiologiques d’une dangerosité sanitaire extrême. Deuxièmement, à travers toute l’Europe, à l’exception des Pays-Bas et dans une certaine mesure du Danemark, les autorités vétérinaires et sanitaires ont été dans le déni face à ce péril, minimisant obstinément les risques, par cécité ou pour sauver l’industrie de la fourrure. Une industrie déclinante, qui représente pourtant peu d’emplois, et sans véritable utilité sociale… mais dont les exportations représenteraient plusieurs centaines de millions d’euros annuels.

Actualisation au 12 janvier :

Et toujours les vidéos de l'IHU.

mercredi, décembre 23 2020

Une étude montre que le deuxième confinement n’était pas nécessaire

23 12 2020

Ce deuxième confinement, hautement délétère, cumule et concentre ses impacts sur les acteurs déjà exsangues d’une société extrêmement fragilisée. Or l’étude montre qu’il n’est pas impliqué dans le ralentissement des taux de contaminations. Il n’est pas non plus associé aux taux de mortalité dans l’ensemble des concernés par la pandémie et nul n’a apporté, à ce jour, la preuve scientifique de ses bénéfices de long terme.
Tandis qu’on s’interroge enfin sur la ré-ascension des cas début décembre - alors qu’il était pleinement instauré sur tout le territoire - l’étude de Santé Publique France montre que la décroissance épidémique d’octobre commence avant sa mise en place. À défaut d’être efficace, ce confinement était-il même seulement nécessaire ? Cherchons l’erreur

mardi, décembre 22 2020

Il n’y a pas de démocratie sanitaire quand les professionnels de terrain sont à ce point méprisés

22 12 2020

Le professeur Perronne vient d'être sanctionné par le directeur de l'AP-HP. Mais ce qui m’inquiète davantage, ce sont toutes les formes de pression et d’intimidation qui sont exercées sur des médecins libéraux ou hospitaliers bien moins connus, dès lors qu’ils ont le malheur de dire publiquement qu’ils ne partagent pas tel ou tel dogme du ministère de la Santé, en particulier le dogme selon lequel il n’y aurait aucune thérapeutique pour soigner les malades de la Covid. Dans ces cas, il n’y a pas de sanction officielle ni de communiqué de presse. Tout se joue dans les coulisses et c’est généralement le Conseil national de l’ordre des médecins qui est à la manœuvre, parfois en service commandé du ministère mais souvent aussi à la suite de « signalements » provenant d’autres médecins.

dimanche, décembre 20 2020

Leçons de l'épidémie de covid-19. Le rapport du Sénat

20 12 2020

Dans la réponse à l'épidémie, la commission d'enquête fait le triple constat d'un défaut de préparation, d'un défaut de stratégie ou plutôt de constance dans la stratégie et d'un défaut de communication adaptée.
La France n'était pas prête. Aucun pays européen d'ailleurs ne l'était vraiment. Cependant, la triste saga des masques restera le symbole d'une impréparation lourde de conséquences dans la lutte initiale contre l'épidémie, alimentant le désarroi voire la colère des soignants. Les pays qui ont le mieux répondu à la crise sont ceux qui ont conservé dans leur mémoire collective récente les marques de l'épreuve d'un événement comparable.

samedi, décembre 19 2020

Le gouvernement a autorisé une nouvelle extension de fichiers de police

19 12 2020

Alors que la proposition de loi relative à la sécurité globale suscite de nombreux débats, le gouvernement autorise l’extension de trois fichiers de police. Il accentue, ce faisant, les inquiétudes des défenseurs de libertés qui ont rapidement dénoncé le franchissement d’une nouvelle étape dans la surveillance de masse.
Le ministère de l’Intérieur autorise la collecte de nouvelles informations. Certaines sont très sensibles puisqu’elles portent, en particulier, sur l’état de santé, les opinions politiques, philosophiques ou religieuses, les habitudes de vie, les activités en ligne. Enfin, le fichage est élargi à l’entourage de la personne principalement concernée.
À la lecture des dispositions, plus grand-chose ne semble pouvoir échapper aux forces de sécurité.

mercredi, décembre 16 2020

Les victimes de violences sexuelles à caractère incestueux

16 12 2020

Selon les données du Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI), entre 2016 et 2018, 4 341 personnes ont été victimes de violences sexuelles incestueuses (atteintes, agressions et viols) en France point méthodologique et ont été enregistrées comme telles par les services de police et les unités de gendarmerie. Il s’agissait plus précisément d’agressions sexuelles pour 65 % d’entre elles, soit 2 808 victimes.
Les femmes représentent 77 % des victimes. Les enfants de moins de 4 ans représentent 50 % des victimes de violences sexuelles incestueuses (soit 2 272). Sur la période 2016-2018, 6 737 personnes ont été mises en cause pour des violences sexuelles incestueuses. Ces personnes étaient majoritairement des hommes (95 % ) et âgées de 36 à 45 ans (30 % ).

samedi, décembre 12 2020

La dérive du maintien de l'ordre en France

12 12 2020

La mécanique répressive du maintien de l’ordre est bien installée : réponse proportionnée aux troubles, modération fondée sur l’auto-contrainte, choix du refoulement plutôt que de l’affrontement ne sont plus les principes directeurs de la police des foules déployée ces dernières années. Les sources de ce maintien de l’ordre brutalisant - plus de mutilations de manifestants depuis 2019 que sur les vingts dernières années selon les experts de l’ONU - peuvent être identifiées à deux niveaux notamment : le sur-armement des forces du maintien de l’ordre d’une part et la consolidation d’une doctrine du contact voire de l’affrontement d’autre part. Ces dispositifs, qui font de la France une exception par rapport aux Etats voisins, sont fondés sur un constat erroné, nourri d’un discours politique selon lequel l’intensité de l’engagement des forces de maintien de l’ordre serait justifiée par l’intensité croissante de la violence des protestataires, qu’aucune statistique ou travail universitaire ne vient étayer.

jeudi, décembre 10 2020

Les pyromanes de la sécurité

10 12 2020

Violence_spolicieres_filmees.jpgEn 1980 lorsque je suis arrivé dans ma première affectation après avoir suivi une brève scolarité en école de Police, je n’étais pas forcément armé pour réaliser un travail aussi complexe que celui de Gardien de la Paix dans une banlieue qualifiée alors de « rouge ». Heureusement, je disposais de deux atouts majeurs : la formation continue et une hiérarchie.
La formation continue n’existait pas officiellement mais sans le savoir des centaines de formateurs non reconnus par l’administration permettaient aux jeunes policiers de faire leur premier pas en tenue sur la voie publique. Ces formateurs s’appelaient les « anciens » qui eux-mêmes avaient reçu le même apprentissage à leur arrivée.

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