lundi, février 18 2019

La loi pour " l'école de la confiance" est mal partie

18 02 2019

Jean-Michel_Blanquer_RTL.JPGAu début, en lisant la loi pour " l'école de la confiance" (qu'on appellera désormais la "Loi Blanquer"), on pouvait se dire que ce n'était qu'une loi anodine et fourre-tout sans colonne vertébrale et qui n'avait qu'un seul objectif : intégrer l'instruction obligatoire à trois ans, promesse présidentielle. Le reste de la loi était une sorte de gigantesque cavalier législatif. C'est à dire un ensemble de mesures disparates mises ensemble dans le même texte. Mais c'était sans compter sans la surenchère des députés et surtout la ruse du joueur d'échecs qu'est Blanquer. Car au final, il en ressort quelque chose de beaucoup plus cohérent. Et cette réforme est loin d'être anodine et révèle, un virage à droite, une reprise en main et un autoritarisme sourd au dialogue social.

Photo : rtl.fr

dimanche, février 17 2019

Qu’est-ce qui tue les insectes ?

17 02 2019

Papillon.jpgIl y a quelques jours, est paru dans la très sérieuse revue Biological Conservation un article compilant les résultats de 73 études publiées depuis 40 ans. Cet article rigoureux a répertorié tous les travaux publiés, prenant en considération ceux qui analysaient des tendances quantitatives – nombre d’espèces ou abondances – sur des périodes de temps définies.
Le constat est accablant et quasi-unanime : la tendance est à la baisse drastique des populations d’insectes et à l’extinction probable de nombreuses espèces à l’horizon des quelques prochaines décennies, et cela plus encore que dans le cas des plantes ou des oiseaux.

Photo : theconversation.com

samedi, février 16 2019

Drogues : le procès El Chapo, emblématique mais dérisoire

16 02 2019

USA-MEXICO/EL CHAPOLa fierté et la mine satisfaite des nombreux agents fédéraux qui ont témoigné ou tout simplement assisté au procès d'El Chapo tranchaient bien souvent avec le scepticisme des quelques journalistes d’Amérique latine avec qui nous avons échangé. Entre la démonstration de force des premiers et la mise en avant des échecs que cette puissance masque, ce procès ravive un clivage politique majeur en matière de lutte contre les drogues illégales. L’échec pointé est celui d’une stratégie globale et ancienne visant la production, la distribution et la consommation de drogues illégales, ciblant l'offre et dont le but est de réduire drastiquement la disponibilité du produit et d’accroître son prix pour le rendre dissuasif. Plus d’un demi-siècle plus tard, l’échec est patent et régulièrement souligné par de nombreux observateurs.

Photo : mediapart.fr

vendredi, février 15 2019

Où est passée la prévention de la délinquance ?

15 02 2019

Quatre ans après la déflagration causée dans la société par les attentats djihadistes, la politique de sécurité voulue par les pouvoirs publics est entrée dans une profonde mutation. Il faut le reconnaître : un effort sans précédent a été déployé pour protéger la population. Dès les premiers événements, en 2015, les autorités entérinent un arsenal de moyens juridiques, humains et technologiques. Priorité est alors donnée au renforcement des services de renseignement comme des forces de sécurité.
Dans ce contexte, cependant, les maires, qui pilotent le partenariat local de sécurité, sont les premiers à sonner l’alarme : mais où est passée la prévention de la délinquance ?

jeudi, février 14 2019

Gilets jaunes : du complotisme comme résistance à la domination

14 02 2019

dans-les-rues-de-bordeaux-le-samedi-9-fevrier-2019.jpgLes discours présentant les mobilisations des « gilets jaunes » comme particulièrement sensibles aux théories du complot en tout genre s’appuient sur des sondages et sur l'observation des réseaux sociaux. Ils ne procèdent pas d'enquêtes de terrain. Sans ignorer la diffusion de théories complotistes par et parmi certains « gilets jaunes » (tout comme par ailleurs au sein de la haute bourgeoisie ou d’institutions étatiques), la mobilisation des travaux sur la sociologie de la rumeur ou sur l’histoire des croyances permet de jeter un autre regard sur la question des croyances au complot, notamment en milieu populaire. Au-delà d’une interprétation restrictive du complot comme un mode de compréhension du monde, porter l’attention sur les contextes sociaux de l’évocation de telles théories permet d’éclairer différemment cette pratique sociale.

Photo : sudouest.fr

mercredi, février 13 2019

Le rapport de la Haute Autorité de Santé sur la protection de l'enfance

13 02 2019

En France, en 2016, 299 600 mineurs étaient concernés par une mesure de protection de l’enfance qui se traduit dans environ la moitié des cas par un placement en dehors de leur famille. Il existe plus de 1500 établissements accueillant des enfants au titre de la protection de l’enfance. Il s’agit d’établissements de l’aide sociale à l’enfance ou de la protection judiciaire de la jeunesse. L’Anesm a initié en 2016 une enquête sur les pratiques d’accompagnement des enfants et adolescents accueillis dans ces structures au titre de la protection de l’enfance au sein desquelles la bientraitance est une qualité essentielle. Les résultats de l’enquête apportent des éléments sur la population des enfants accueillis, et permettent d’objectiver les difficultés rencontrées : pour la moitié des enfants, leur dossier mentionne qu’ils ont subi des faits de maltraitance ou y ont été exposés avant leur accueil, 15 % des enfants accueillis ont un handicap et sont reconnus par la maison départementale des personnes handicapées (MDPH) ou encore 10 % sont en décrochage scolaire.

mardi, février 12 2019

Les minots, des jeunes dans les trafics de drogues à Marseille

12 02 2019

Les_minots.jpegRomain Capdepon, lauréat "Enquête" du prix Varenne 2016, est chef de la rubrique Police-Justice dans le quotidien régional La Provence. Son premier ouvrage Les minots présente une enquête menée à Marseille autour d'un homicide entre malfaiteurs.
À l'automne 2010, sur fond de trafic de stupéfiants, un règlement de comptes perpétré dans une cité des quartiers Nord de Marseille à l'aide de kalachnikov a causé la mort d'un adolescent de 16 ans et blessé un enfant de 11 ans. À ce jour, ce dernier est la plus jeune victime des trafics de stupéfiants. Il s'agit d'une victime collatérale : elle n'était pas la cible de la fusillade mortelle, elle était présente au mauvais endroit au mauvais moment. Elle est le principal témoin du crime.

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dimanche, février 10 2019

Que sont devenus les premiers quartiers de la politique de la ville ?

10 02 2019

Que sont devenus les premiers quartiers de la politique de la ville ? C’est ce que le Conseil national des villes (CNV) a souhaité comprendre en lançant une étude pour examiner comment la succession des interventions publiques locales et nationales depuis les années soixante-dix a permis de modifier en profondeur la morphologie de ces quartiers et la vie quotidienne de leurs habitant(e)s.
Les 103 quartiers analysés dans le cadre de l’étude se répartissent entre toutes les ex-régions métropolitaines (à l’exception de la Corse et du Limousin) et 50 départements.
L’étude examine les évolutions des sites au regard de leur inscription dans les dispositifs de la politique de la ville qui se sont succédés depuis HVS, puisque la quasi-totalité d’entre eux en a bénéficié, ce qui permet de dégager cinq « trajectoires-types ».

mercredi, février 6 2019

Le succès de l'expérimentation portugaise de dépénalisation des drogues

6 02 2019

ligne_de_cocaine.jpg Le Portugal a décidé dès 2001 de dépénaliser l'usage de toutes les drogues. C’est donc une décision très ambitieuse qui a été prise et qui semble aujourd’hui porter ses fruits.
Il faut dire que la drogue était devenue un enjeu de santé publique particulièrement urgent dans ce pays. Entre 1975 et le tournant des années 1990, la péninsule lusitanienne et particulièrement sa capitale, Lisbonne, étaient ravagés par l’omniprésence de la drogue.
Une politique de fond qui vise non pas à combattre la consommation individuelle mais à opérer un véritable changement des perceptions et des représentations. Le toxicomane n’est plus considéré comme un criminel, mais comme un malade qu’il s’agit de prendre en charge et d’aider. Une politique qui a d’ailleurs eu d’excellents résultats, puisque depuis sa mise en oeuvre, plus de 40 000 toxicomanes ont été réhabilités et, plus largement, le nombre de consommateurs de drogues est l’un des plus faibles d’Europe.

Photo : stopyouraddiction.com

L’absentéisme des élèves dans les collèges et les lycées

6 02 2019

En France, parmi les élèves âgés de 15 ans en 2015, 11% ont déclaré avoir séché au moins une journée de cours durant les deux semaines précédant l’évaluation. C’est moins que dans la moyenne des pays de l’OCDE (20%). La France fait même partie des 15 pays sur les 72 de PISA 2015 où cet absentéisme est le plus faible.
Malheureusement, cet absentéisme relativement faible est distribué dans notre pays de façon plus inégalitaire que dans la plupart des autres, comme d’ailleurs les compétences scolaires elles-mêmes. D’une part, l’absentéisme se concentre dans un petit nombre d’établissements. D’autre part, l’absentéisme présente de fortes inégalités sociales, comme le haut degré de concentration pouvait le faire craindre.

mardi, février 5 2019

Les LBD, militarisation et brutalisation du maintien de l'ordre

5 02 2019

Police_LBD_manifestation_gilets_jaunes.jpgLa blessure à l’œil du leader des gilets jaunes, Jérôme Rodriguez, a mis en exergue le rôle des armes dites « non létales » telles que les lanceurs de balles en caoutchouc et les grenades utilisées pour le contrôle de la foule. À travers elles se pose la question de la notion même d’armes non létales. Un concept apparu dans le domaine militaire au début des années 1990 et qui a donné une nouvelle jeunesse aux munitions en caoutchouc.
D’abord réticentes à l’utilisation de ce type d’armes en France, les forces de l’ordre vont se convertir à leur usage sous l’impulsion des hommes politiques. En 1995, Claude Guéant les introduit au sein de la police nationale. Nicolas Sarkozy prône leur usage en 2002 pour « impressionner les voyous ». A partir des émeutes de 2005, leur utilisation se répand.

Photo : la-croix.com

lundi, février 4 2019

Rapport 2018 de l'Observatoire Français des Drogues et Toxicomanies

4 02 2019

En 2017, le cannabis reste de très loin la substance illicite la plus consommée, aussi bien chez les adolescents qu’en population adulte (45 % des individus âgés de 18 à 64 ans), avec au total 18 millions de personnes à l’avoir déjà essayé. La proportion d’usagers récents (dans le mois) atteint globalement 6,4 %.
Parmi les usagers dans l’année de 18 à 64 ans (11 %), selon l’enquête Baromètre santé 2017 de Santé publique France, la proportion de ceux qui présentent un risque élevé d’usage problématique de cannabis est de 25 %, soit 2,3 % de la population française âgée de 18 à 64 ans. C’est d’ailleurs le produit le plus souvent mentionné comme posant problème parmi les personnes reçues dans les centres de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie (CSAPA). Concernant les cannabinoïdes de synthèse, 1,3 % des 18-64 ans déclarent en avoir déjà consommé, un niveau d’usage similaire à celui de l’héroïne ou des amphétamines.

dimanche, février 3 2019

Les avocats dénoncent les "dérives" dans le traitement judiciaire des "gilets jaunes"

3 02 2019

Notre pays traverse une période de contestation inédite sous la Ve République depuis le 17 novembre 2018. De manière tout aussi inédite, les juridictions, principalement pénales, sont particulièrement sollicitées afin de statuer, dans des conditions parfois discutables, sur la culpabilité ou l'innocence de justiciables qui, pour un grand nombre d'entre eux, n'ont jamais eu à connaître les instances judiciaires pénales ni même les services de police et d'enquête. Les gardes à vue sont légion et ont lieu dans des conditions qui inquiètent nombre d'avocats, auxiliaires de justice mais aussi défenseurs des libertés publiques et individuelles.

samedi, février 2 2019

Maintien de l’ordre : la France à l’écart des initiatives européennes de « désescalade »

2 02 2019

FRANCE-POLITICS-SOCIAL-DEMOEntre 2010 et 2013, neuf pays européens ont participé au programme européen de recherches Godiac pour trouver de nouveaux moyens d’apaiser les relations entre citoyens et forces de l’ordre lors des manifestations politiques. L’absence d’une force de police fut remarquée : celle de la France, qui revendique, pourtant, une longue tradition du maintien de l’ordre public.
En réalité, armées plus lourdement que dans de nombreux pays européens, les unités antiémeutes françaises se sont peu à peu éloignées de leurs principes traditionnels – la mise à distance des manifestants et la tenue d’une position statique – pour des groupes plus restreints et mobiles, à même de procéder à l’interpellation des individus considérés comme radicaux au sein des cortèges.

Photo : lemonde.fr

vendredi, février 1 2019

Comment ArcelorMittal intoxique ses salariés

1 02 2019

cokerie-usine-arcelormittal-fos-sur-mer.jpgEn octobre 2018, l’inspecteur du travail se rend sur le site d’ArcelorMittal à Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône) pour contrôler l’état de la cokerie, lieu de conversion du charbon.
L’inspecteur alerte sur la présence de benzo(a)pyrène, un agent cancérigène, à des taux dramatiques pour la santé des salariés. La concentration de benzo(a)pyrène est égale à 340 % à 3 200 % de la valeur limite, c’est-à-dire est 3 à 32 fois supérieure au seuil d’exposition professionnelle, selon des mesures effectuées par des organismes accrédités (LECES et l’APAVE). Circonstance aggravante relevée par l’inspection du travail : ArcelorMittal ne donne aucune consigne à ses salariés concernant le port de protection respiratoire à l’intérieur de ces cabines. Résultat : ils respirent à pleins poumons cet agent cancérigène.

Photo : mediapart.fr

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