jeudi, novembre 27 2014

Les faits divers explosent dans les JT

27 11 2014

inastat30.pngBraquages en tout genre, règlements de compte sanglants, rixes de rue, enlèvements d’enfant, noyades ou incendies ... les faits divers s’étalent à la une des JT ou se glissent avant la météo des éditions du soir diffusées par TF1, F2, F3, Canal +, Arte et M6. Il y a cinq ans, Ina Stat 13 mettait en évidence leur progression constante. Aujourd’hui, le constat est le même : ils y occupent une place de plus en plus grande avec, en 2012, plus de 5 sujets en moyenne par jour.
Toutes les chaînes cependant ne leur accordent pas la même importance : quasi absents d’Arte, ils s’imposent sur M6 qui, en 2012, diffuse un quart de l’ensemble des faits divers et leur réserve 9,4% de son JT. Ils pèsent 6,2% de l’offre de TF1 et 5,5% de celle de F2. Ils occupent 7,6% des JT de F3 mais 4,6% des JT de Canal +.
Mais quelle que soit la chaîne, ce sont d’abord les actes de violence contre les personnes qui sont relatés, représentant plus d’un sujet sur deux. Et ce sont surtout les faits divers mettant en jeu des enfants ou des adolescents qui sont exposés : ils occupent 30% de la rubrique. Enfin, l’actualité heureuse y trouve rarement sa place : seuls 5,5% des faits divers relatent une bonne nouvelle.

mercredi, novembre 26 2014

La nouvelle idéologie culturaliste

26 11 2014

LES_PIEGES.jpgEn période de crise politique, économique et sociale aiguë, un certain nombre d’acteurs du monde politique – aidés par quelques commentateurs hypermédiatiques – semblent s’évertuer à formuler des interprétations douteuses du désarroi populaire. Ils situent le problème dans l’érosion de la « culture nationale », alors que les inquiétudes françaises sont plus logiquement imputables à la montée de la précarité. L’objectif pourrait être de brandir une nouvelle idéologie culturaliste et différentialiste, afin de capter un électorat attiré par l’extrême droite.
Ainsi, depuis quelques années, nous assistons à la montée en puissance d’un message explicatif à la plausibilité douteuse qui, pourtant apparu initialement à l’extrême droite, semble en passe d’envahir une grande part du spectre politique, de la droite à la gauche : les Français auraient une identité culturelle très précisément définie, et celle-ci serait menacée dans son essence ; il faudrait donc la défendre contre la contamination des cultures autres, y compris à l’intérieur du cadre national. Or une telle idée est extrêmement discutable.

mardi, novembre 25 2014

Immigration et délinquance : la fabrique du préjugé

25 11 2014

immigres_et_delinquance.jpgPrenons un préjugé très répandu en France. « Plus il y a d’immigrés, plus il y a de délinquance ». John Paul Lepers, qui en est fermement convaincu, veut vérifier. À l’aide du recensement de l’INSEE et des statistiques du ministère de l’Intérieur, il se rend d’abord dans les communes de France qui comptent le plus d’immigrés : Aubervilliers, Beausoleil, Ferney-Voltaire, Oyonnax. Les écarts de délinquance dans ces quatre communes en tête du hit-parade de l’immigration sont tels qu’il doit changer de méthode. Il compare la délinquance dans deux grosses agglomérations que tout oppose : Montbéliard, à très fort taux d’immigrés et Caen, avec quasiment pas d’immigrés. Les résultats le stupéfient : ce sont les mêmes. Avec l'aide de statisticiens et de spécialistes de la criminalité, il démontre qu’il n’y a aucun lien entre immigration et délinquance.
Dans un second film, John Paul Lepers essaye de comprendre pourquoi lui, comme tant de monde, croit en ce préjugé. Il découvre des mécanismes insidieux qui sont à la racine de toute discrimination. À l’aide de professeurs en psychologie sociale, il réalise des expériences dans des écoles primaires et dans des salles de laboratoire qui révèlent les processus inconscients qui nous poussent à créer des catégories humaines et à apposer des stéréotypes, qui deviennent des préjugés à la base de toute discrimination.

dimanche, novembre 23 2014

HSBC mise en examen pour « démarchage illicite et blanchiment »

23 11 2014

HSBC.jpgLa banque suisse HSBC Private Bank a été mise en examen en tant que personne morale, mardi 18 novembre, par les juges Guillaume Daïeff et Charlotte Bilger, pour « démarchage bancaire et financier illicite » et « blanchiment de fraude fiscale », délits qui auraient été commis au cours des années 2006 et 2007. Elle avait été initialement convoquée le 3 novembre. HSBC devra s’acquitter d’une caution de 50 millions d’euros au titre du contrôle judiciaire.
Les juges du pôle financier disposent de nouveaux éléments leur permettant d’avancer que les gestionnaires de fonds de HSBC ont fréquemment franchi la frontière franco-helvétique afin, notamment, de proposer aux clients français des montages offshore pour contourner le fisc. Et ce, à l’instigation de leur hiérarchie.

Photo : sciencespo.fr

samedi, novembre 22 2014

La probation française entre permanence et changement

22 11 2014

SPIP.jpgEn matière d’exécution des peines, le milieu carcéral exerce une forme de fascination. Les caractéristiques et les enjeux liés à la peine de prison, placée au centre du droit pénal moderne, font l’objet d’une réflexion ancienne1 et de débats vigoureux au sein des sphères institutionnelles, politiques et médiatiques. Si l’on ne peut que saluer l’essor de la question carcérale dans le débat public depuis les années 1970, qui contribue à éclairer un objet caractérisé par son obscurité, cette convergence des regards vers la prison laisse encore dans l’ombre les autres types de sanctions qui l’entourent. Bien qu’elle ne soit pas la plus souvent prononcée, devancée par l’amende et le sursis simple, la peine privative de liberté fait figure de référence d’un point de vue juridique comme aux yeux de l’opinion publique. À l’inverse, l’exécution des peines en milieu ouvert semble n’avoir qu’un caractère secondaire, voire marginal, dont témoigne la méconnaissance de la population à l’égard de la probation.

vendredi, novembre 21 2014

Sarkozy-Kadhafi : la vérité qu’ils veulent étouffer

21 11 2014

sarkozy_et_khadafi.jpgC’est sans doute l’enquête la plus emblématique de Mediapart. Par son enjeu, par sa durée, par sa difficulté. Et c’est pourtant la moins relayée dans l’espace public, que ce soit par les journalistes ou par les politiques. Les uns et les autres auraient-ils peur d’affronter la vérité qu’elle recèle, tant elle est explosive, redoutable et accablante ?
Car quand l’affaire Bettencourt documentait l’illégalisme oligarchique et l’affaire Cahuzac l’imposture politicienne, dans les deux cas la fraude et l’évasion fiscales, le dossier libyen nous met en présence d’une réalité autrement spectaculaire et ravageuse : la corruption d’un clan politique français par l’argent d’un pays étranger, alors sous un régime dictatorial.
Une corruption qui, de plus, a accompagné la mainmise de ce clan sur l’appareil d’État, jusqu’en son sommet, par le financement occulte de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007. Une corruption, enfin, dont on ne peut pas exclure que ses secrets inavouables aient joué un rôle en 2011 dans l’interventionnisme militaire français en Libye, précipitant la chute et la mort d’un dictateur qui avait été reçu en grande pompe à Paris.

Photo : rue89.nouvelobs.com

jeudi, novembre 20 2014

Aspirations scolaires et lutte contre le décrochage : accompagner les parents

20 11 2014

enfant_fatigue.jpgInterrogés en fin de collège, la très grande majorité des parents d’élèves de troisième pensent que leur enfant obtiendra le baccalauréat, y compris quand ses résultats scolaires et ses chances de réussir au lycée sont en réalité très faibles. De fait, parmi les élèves les plus en difficulté et les plus exposés au décrochage, très peu envisagent la possibilité de l’apprentissage ou d’une formation professionnelle courte au lycée, ce qui reflète le déficit d’image de ces formations en France. Dans le cadre d’une expérimentation menée dans des classes de troisième dans l’académie de Versailles, nous montrons que deux réunions spécifiques entre le principal du collège et les parents des élèves les plus faibles suffisent à faire évoluer très sensiblement les projets des familles et à élargir le spectre des orientations envisagées. Un tel ajustement des aspirations s’accompagne par la suite d’une importante réduction du décrochage scolaire, au profit de scolarités sans redoublement dans les centres d’apprentissage ou les lycées professionnels. Deux ans après cette intervention très simple, le décrochage qui est de 20% dans cette population d’élèves est ramené à 15%.

mercredi, novembre 19 2014

Fondapol au pays de Zemmour. Naufrage d'un sondage d'opinion

19 11 2014

eric-zemmour-ump.jpgL'étude du « think tank » Fondapol sur l’antisémitisme en France, a été reprise par de nombreux journaux dont Le Monde. Elle se focalise en réalité sur l’antisémitisme dans la communauté musulmane, et ses conclusions semblent posées a priori : l’antisémitisme serait le principal problème de racisme en France et la communauté musulmane et les sympathisants du FN en sont majoritairement responsables, devant les sympathisants du Front de gauche.
Or cette étude est pleine d’approximations, de présupposés arbitraires, de questions orientées. Et pour autant qu’on puisse en juger, une méthodologie manquant de la plus nécessaire rigueur, alors que sur un sujet aussi sensible, qui risque de créer une hostilité entre deux communautés, il aurait fallu redoubler de précautions.

Photo : last-video.com

mardi, novembre 18 2014

Durées de détention plus longues et personnes détenues en plus grand nombre

18 11 2014

prison_2.jpgGrâce à l’application informatique du fichier national des détenus (FND), ce cahier présente pour la première fois des éléments essentiels sur les seules personnes détenues.
Au 1er janvier 2014, 67 075 personnes sont détenues dans les établissements pénitentiaires français. À cette date 10 808 personnes exécutent leur peine en aménagement hors de la détention dont 10 161 sous surveillance électronique. Entre les 1ers janvier 2011 et 2014, le nombre de personnes détenues a augmenté de 11 % après une période décroissante en 2009 et 2010. Le pourcentage de variation du nombre de personnes détenues est de 38 % depuis le 1er janvier 2002, date à laquelle il s’établissait à 48 594. A cette époque, le nombre de places de détention était en adéquation avec le nombre de détenus et ce pendant une courte période. La surdensité carcérale ne touche généralement que les maisons d’arrêt. Au 1er janvier 2014, 16 300 personnes sont détenues dans des maisons d’arrêt où la surdensité est supérieure à 150 %.
Entre 2007 et 2013, l’indicateur de durée moyenne de détention passe de 8,6 mois à 11,5 mois, soit un allongement de 3 mois en 6 ans. C’est la principale raison d’augmentation du nombre de personnes détenues.

Photo : assemblee-nationale.fr

lundi, novembre 17 2014

Les agressions comparées aux accidents de la vie quotidienne : un risque mineur

17 11 2014

accident_de_la_vie_courante.jpg« La violence » constitue une catégorie omniprésente du débat public, suscitant indignations médiatiques, rodomontades politiciennes et inquiétudes citoyennes. Il s’agit pourtant d’une catégorie normative et non descriptive. « La violence », c’est ce qui n’est « pas bien ». Mais sur le plan empirique, c’est surtout un vaste fourre-tout dans lequel on mélange des choses qui n’ont rien à voir, de l’insulte à l’acte terroriste, en passant par les émeutes, les bagarres de jeunes, les violences conjugales, les viols et agressions sexuelles, les échanges de coups entre voisins, les règlements de compte meurtriers entre malfaiteurs, etc. A travers ces amalgames, « la violence » devient un risque majeur et parfois une peur présente dans la vie quotidienne des personnes les plus fragiles et donc les plus sensibles au « sentiment d’insécurité ».
A distance de ces représentations, de ces amalgames et de ces peurs, on va ici poser deux questions simples et concrètes : le risque d’être agressé d’une façon ou d’une autre, pour une raison ou une autre, constitue-t-il un risque majeur de la vie quotidienne ? Et quelle place a ce risque parmi tous ceux qui peuvent porter atteinte à notre intégrité physique dans cette même vie quotidienne ?

Illustration : mon-guide-retraite.fr

dimanche, novembre 16 2014

La pédagogie est un combat social

16 11 2014

reactionnaires_et_ecole.jpgLancement d’une association de parents d’élèves par Farida Belghoul, initiatrice de la Journée de retrait, hommage appuyé de Jean-Paul Brighelli au programme éducatif du FN, quelques semaines avant la sortie de son nouvel ouvrage, refus par le maire frontiste de Beaucaire d’inscrire des enfants « étrangers » dans les écoles de sa commune, déclarations de Michel Onfray selon lesquelles défendre l’idée « d’apprendre à lire, écrire et compter serait devenu réactionnaire ». Ces dernières semaines, les postures et les propos réactionnaires sur l’école ont fait la une de l’actualité.
Les rentrées scolaires sont une occasion sans cesse renouvelée de se pencher sur l’état de l’école et peut-être aussi, pour beaucoup, une invitation à porter un regard empreint de nostalgie sur son enfance... La rentrée 2014, quant à elle, a surtout été marquée par une multiplication d’attaques et de provocations réactionnaires complaisamment relayées dans les médias. Longtemps considéré comme une insulte, ce terme de « réactionnaire » est aujourd’hui revendiqué et encensé...

Illustration : jegoun.net

samedi, novembre 15 2014

Les cabinets ministériels ne connaissent pas la crise

15 11 2014

liasse_de_billets.jpgPendant que le peuple se saigne et que le gouvernement veut faire passer l’austérité pour la seule politique possible, les cabinets ministériels de Valls ne connaissent pas les restrictions budgétaires : leurs membres ont vu leurs rémunérations mensuelles brutes moyennes progresser de 7,1% par rapport à celles du gouvernement Ayrault en 2013. La palme des augmentations revient à l’Enseignement supérieur et la Recherche avec 12 222 euros, soit une augmentation de 10%, à égalité avec les conseillers de Valls.
Il n’est pas certain que les personnels de l’Enseignement supérieur et de la Recherche apprécieront d’apprendre que le coût des collaborateurs de Geneviève Fioraso et des fonctionnaires de son Secrétariat d’État a augmenté de 10% : de 11 140 euros en 2013 le salaire mensuel brut moyen serait passé à 12 222 euros en 2014, prime comprise.

vendredi, novembre 14 2014

L'accompagnement vers l'autonomie des jeunes sortant du dispositif de protection de l'enfance

14 11 2014

logo-oned.pngÀ la demande du Ministère en charge de la Famille, l’ONED mène au second semestre 2014 une étude relative à l'accompagnement à l’âge adulte des enfants pris en charge par le dispositif de protection de l’enfance. La revue de littérature présentée dans ce document constitue le premier volet de ce travail. Elle doit permettre de dresser un état des lieux de la recherche française et internationale. Ce document comprend des fiches de lecture portant sur les recherches ayant pour objet l’accompagnement vers l’âge adulte des jeunes sortant du dispositif de protection de l’enfance. Il est introduit par une synthèse croisée reprenant les principaux apports de cette revue en ce qui concerne d’une part, les constats communs qui se dégagent de la recherche et, d’autre part, les préconisations qui sont formulées par les chercheurs.

jeudi, novembre 13 2014

Une cinquième République crépusculaire

13 11 2014

sarkozy_fillon.jpg« Fillon a sollicité l’Élysée pour accélérer les poursuites judiciaires contre Sarkozy. » L'information nourrit aujourd'hui une polémique vaudevillesque. Mais la question de savoir qui est le maître des intrigues, lequel est le plus cynique ou manipulateur, n'a d'intérêt que pour le microcosme politique. Le scandale est ailleurs : il tient au caractère parfaitement plausible de cette information.
Elle est d'abord plausible parce que, M. Sarkozy étant président et M. Fillon premier ministre, les immixtions du pouvoir dans le cours de la justice ont été nombreuses et assumées. Un nombre considérable de dossiers ne suivait pas son cours normal, dont le Syndicat de la magistrature a dressé la liste dans une "lettre ouverte à ceux qui feignent de croire à l'indépendance du parquet". Même le procureur général de la Cour de cassation faisait part, lors d'une audience de rentrée, de sa très vive inquiétude : il parlait d'un parquet en situation de coma dépassé. Que M.Fillon ait gardé l'opinion que le parquet est aux ordres du pouvoir n'aurait donc rien de surprenant.

Photo : francetvinfo.fr

mardi, novembre 11 2014

Le rapport parlementaire sur "La lutte contre l’insécurité" fait de l'ORDCS un exemple

11 11 2014

logo_ORDCS_2.jpgLa Mission d’information sur "La lutte contre l’insécurité sur tout le territoire", dirigée par le député Jean-Pierre Blazy a rendu son rapport final le 22 octobre 2014. Ce dernier souligne d'abord les difficultés de l'évaluation exacte des problèmes : "L’insécurité est un phénomène complexe qui ne peut pas être directement évalué. Seule la mesure des délinquances permet de l’appréhender. Celle-ci peut se fonder sur deux sources principales : les statistiques de la police et de la gendarmerie, d’une part, et les enquêtes de victimation, d’autre part. Aucune de ces sources ne permet cependant de disposer d’une vision complète et exacte des délinquances". C'est pourquoi sa Proposition n°1 est de "Développer les enquêtes de victimation au niveau local, au moyen de financements supplémentaires du Fonds interministériel de prévention de la délinquance". Et il précise immédiatement : "Plus largement, votre rapporteur souligne l’intérêt du développement d’observatoires régionaux animés par des chercheurs, à l’image, pour la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA), de l’Observatoire régional de la délinquance et des contextes sociaux (ORDCS)". Sa proposition n°2 est ainsi de "Développer les observatoires locaux de la délinquance mettant en relation les chercheurs et les collectivités territoriales."
Nous nous réjouissons de cette reconnaissance à l'Assemblée nationale du travail mené depuis 2011 au sein de l'ORDCS, en partenariat avec les institutions scientifiques (CNRS et Aix-Marseille Université), la Région PACA ainsi que de nombreuses administrations (police, justice...), collectivités et associations locales.

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