dimanche, octobre 18 2020

La Démocratie dévoyée. Argent et politique

18 10 2020

Dans le cadre de leur partenariat éditorial, les revues La Vie des Idées/Books&Ideas et Public Books ont donc tenu à aborder cette séquence en proposant un dossier sur « la démocratie dévoyée par l’argent ». Dans un contexte de défiance croissante à l’égard du politique et, tout particulièrement, des partis politiques, notre ambition consistait à examiner à nouveaux frais, la manière dont l’argent continue d’influencer le cours de nos démocraties électorales.
Les auteurs se sont livrés à une fine analyse sociologique des règles encadrant le financement (public et privé) des partis politiques au Royaume-Uni, en France et aux États-Unis, eu égard notamment au renforcement de l’exigence de transparence et de publicité dans ces pays. Tous deux concluent sur leurs effets mitigés, non seulement en termes de régulation des disparités de financement mais aussi en termes de réduction de la défiance des citoyen.ne.s à l’égard de leurs institutions politiques.

samedi, octobre 17 2020

L’état d’urgence sanitaire permanent

17 10 2020

Pour la deuxième fois en quelques mois, et pour la sixième fois sous la Ve République, la France est placée sous un régime d’état d’urgence, décidé de manière discrétionnaire par le président de la République. Alors que la prorogation de la loi du 9 juillet 2020 organisant la sortie de l’état d’urgence sanitaire était en cours de discussion au Parlement le jour même de l’annonce présidentielle, le chef de l’Etat a choisi de recourir à un régime de rigueur renforcée qui octroie des pouvoirs exorbitants du droit commun à l’autorité administrative, sans véritable contrôle juridictionnel.
Ce régime d’exception conduit à l’édiction de mesures coercitives privatives ou restrictives de libertés ou de droits, dont la violation est pénalement sanctionnée, attestant d’une approche gouvernementale purement punitive et de défiance à l’égard de la population.

vendredi, octobre 16 2020

Mouvements sociaux, liberté de manifestation

16 10 2020

manifestation_print-1.jpgDes cortèges du XIXe siècle aux Gilets jaunes d’aujourd’hui, la manifestation n’a cessé de susciter le débat. Parfois considérée comme un rassemblement séditieux, elle est aujourd’hui l’objet d’une liberté qui se traduit par un droit d’investir l’espace public pour faire valoir une revendication. Mais cette liberté est fragile, d’abord parce qu’elle s’exerce dans la rue – lieu où doit être garanti l’ordre public – et qu’elle impose ainsi une constante recherche d’équilibre entre la liberté d’expression et le maintien de l’ordre. Cette liberté est aussi fragile juridiquement car son régime repose sur un décret-loi de 1935 – texte de circonstance adopté à la suite des émeutes du 6 février 1934 – désormais intégré au Code de la sécurité intérieure. Le régime déclaratoire que ce décret met en place semble bien peu adapté à une époque où les manifestants se mobilisent sur les réseaux sociaux.

jeudi, octobre 15 2020

Néonicotinoïdes, "simplification de l’action publique" : deux mauvaises nouvelles pour la nature ?

15 10 2020

A rebours de la Loi Biodiversité de 2016, le texte de loi ré-autorisant le retour des insecticides tueurs d’abeilles vient d’être adopté. Les milliers d’études scientifiques sur les conséquences des néonicotinoïdes sur l’environnement et la santé humaine n’auront pas fait le poids face aux exportations et à la dite « souveraineté » agroalimentaire de la filière betterave sucrière.
Dans le même temps, un projet de loi baptisé « ASAP » (Accélération et simplification de l’action publique) a été adopté par les députés. Sous couvert de « simplification », ce projet de loi détricote un peu plus le droit de l’environnement et met à mal la possibilité pour les citoyens de participer aux décisions qui affectent leur environnement. Avec ce texte, les préfets pourront décider de se dispenser de l’avis de certaines instances de concertation locales ou de remplacer l’enquête publique par une simple consultation sur internet. Ils pourront aussi autoriser un industriel à débuter des travaux sur un site avant même que cet industriel ait obtenu l’autorisation environnementale nécessaire. Des amendements réduisent également les possibilités de recours des associations et des citoyens, notamment en matière d’irrigation.

mercredi, octobre 14 2020

Ces entreprises du CAC40 qui profitent sans contrepartie des aides publiques Covid

14 10 2020

En France, comme ailleurs, la pandémie de Covid-19 a poussé les gouvernements à ouvrir grande leur bourse pour protéger l’économie, sauver des emplois, préserver des entreprises de la faillite. Près de 300 milliards d’euros de prêts garantis par l’État, un plan d’urgence à 110 milliards d’euros, dont 7 milliards d’euros pour Air France et 5 milliards pour Renault, un plan tourisme, un plan automobile, un plan aéronautique, pour la relocalisation industrielle, des baisses d’impôts, un plan de relance annoncé à 100 milliards... Les sommes affichées sont d’une ampleur inédite. Elles profitent largement aux grands groupes et à leurs actionnaires, beaucoup moins aux salariés.

mardi, octobre 13 2020

La légalisation du cannabis au Canada : entre commercialisation et prohibition 2.0

13 10 2020

Le_legalisation_du_cannabis_au_Canada.jpgMaintenant que le cannabis a été légalisé au Canada et qu’a été mis en place le cadre réglementaire nécessaire pour sa production, sa vente et sa consommation, l’heure est au bilan. L'auteure analyse les différentes manières de problématiser la consommation du cannabis qui se sont entrechoquées tout au long des débats, leur origine, les silences sur certains aspects de la question et les intérêts des principaux acteurs qui ont influencé le contenu des différentes lois et réglementations.
Ce livre sera utile à tous ceux qui participent au suivi des politiques et des réglementations adoptées aux Canada, car, même si la légalisation du cannabis a été instaurée, les perspectives conflictuelles sur la problématisation de son usage persistent et viennent influencer les pratiques et la recherche. Il saura aussi inspirer tous ceux qui, dans divers pays et régions, oeuvrent à la légalisation du cannabis afin d’en réglementer le marché. Entre une industrie qui gagne en force, un discours prohibitionniste qui a laissé des traces importantes et des experts en santé qui se montrent divisés sur la question, une telle approche régulatrice sur le cannabis se déroule nécessairement entre commercialisation et prohibition 2.0.

jeudi, octobre 8 2020

La deuxième vague n’est pas virale mais économique et sociale

8 10 2020

Dans cette tribune, 250 universitaires, scientifiques, professionnels de santé et juristes alertent sur les conséquences économiques et psychosociales de la gestion politico-sanitaire de la crise du Covid. Ils estiment que la prochaine catastrophe ne sera pas virale mais économique et sociale, et qu’elle ne concernera pas les élites privilégiées mais d’autres catégories sociales beaucoup plus vulnérables.
Chacun s’accorde à dire que le premier devoir du gouvernement comme de chaque citoyen est de protéger les personnes "à risque", mais il est temps de considérer que la vulnérabilité est tout autant psychosociale que physiologique. Il est temps de rappeler que l’OMS elle-même, dans le préambule de sa constitution, définit la santé comme "un état de complet bien-être physique, mental et social qui ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité". A négliger les gens fragiles autres que les personnes âgées, on risque fort de provoquer d’autres maladies dont les effets se feront sentir pendant de longues années.

mercredi, octobre 7 2020

Les personnes mises en cause pour des infractions liées au terrorisme

7 10 2020

Entre 2016 et 2018, 2 916 personnes ont été mises en cause pour des infractions liées au terrorisme. Il s’agissait d’infractions concernant l’apologie ou la provocation d’un acte de terrorisme pour 65 % d’entre eux. Les personnes mises en cause sur cette période sont majoritairement des hommes (87 %) et étaient âgées entre 26 et 35 ans au moment des faits pour près d’un tiers d’entre elles.
Les infractions liées au terrorisme pour lesquelles les personnes ont été mises en cause entre 2016 et 2018, ont été commises, pour 40 % d’entre elles, en 2016. La majorité de ces infractions, 78 %, ont eu lieu dans des unités urbaines de plus de 50 000 habitants et dans l’unité urbaine de Paris. La région Provence-Alpes-Côte d’Azur présente le taux de mis en cause pour des infractions liées au terrorisme le plus élevé avec 2,5 pour 100 000 d’habitants.

samedi, octobre 3 2020

La 5G. Enquête sur la face cachée des réseaux mobiles

3 10 2020

5g_mon_amour.jpgLa France compte plus de cartes SIM en circulation que d’habitant·es, et demain, avec l’arrivée de la 5G, ce seront tous les objets du quotidien qui seront connectés. Les voitures seront autonomes. Les foyers communicants. Les villes « intelligentes ». Mais est-on vraiment sûr que l’utilisation tous azimuts d’ondes électromagnétiques ne présente aucun risque ? Absolument pas, répond Nicolas Bérard au terme d’une enquête sur l’envers de ce « miracle technologique ».
Comment et par qui les normes, censées nous protéger, ont-elles été mises en place ? Quels liens entre opérateurs téléphoniques, médias et gouvernements ? Quels sont les effets de cette technologie sur la santé humaine et le vivant ? À l’aube du développement d’une nouvelle pollution de masse, ces questions ne sont jamais posées dans le débat public.

jeudi, octobre 1 2020

Pauvreté et inégalités, le retour

1 10 2020

Nous n’avons pas l’habitude à l’Observatoire des inégalités de commenter les variations des inégalités et de la pauvreté d’une année sur l’autre. Elles sont le plus souvent trop faibles pour qu’on puisse y lire un effet significatif. Mais les données 2018 publiées par l’Insee marquent une inflexion trop forte pour qu’on ne s’y arrête pas. Le taux de pauvreté au seuil de 50 % du niveau de vie médian passe de 8 % à 8,4 % en un an. Le nombre de pauvres augmente de 250 000. Le rapport entre la masse des revenus perçue par les 10 % du haut de l’échelle et les 40 % d’en bas passe de 1,06 à 1,12. Ce n’est pas une explosion des inégalités mais, comme le souligne l’Insee, la remontée est nette.

mercredi, septembre 30 2020

Que sait-on réellement du lien entre immigration et délinquance ?

30 09 2020

Interrogé sur plusieurs faits divers de violences et d’agressions survenus durant l’été, Gérald Darmanin déclarait en juillet : « il faut mettre fin à l’ensauvagement d’une partie de la société ». Plus qu’un simple mot, le concept d’”ensauvagement” a été théorisé par le “criminologue” Xavier Raufer (un pseudonyme) dans la préface de l’ouvrage La France Orange mécanique paru en 2013. Il a depuis été largement popularisé dans les milieux d’extrême droite, iii et progressivement adopté au sein de la droite républicaine.
On retiendra du décryptage détailléiv de cet élément de langage qu’il sert à désigner la délinquance et les auteurs de violence, indistinctement, en amalgamant divers phénomènes depuis les incivilités jusqu’aux formes de violences extrêmes.

dimanche, septembre 27 2020

Il est urgent de changer de stratégie sanitaire face à la Covid-19

27 09 2020

Tandis que le gouvernement prépare une nouvelle loi (la quatrième en 6 mois !) prolongeant le « régime d’exception » qui a remplacé « l’état d’urgence » sanitaire, le ministère de la Santé a encore annoncé mercredi 23 septembre des mesures restrictives des libertés individuelles et collectives qu'il prétend fondées scientifiquement sur l'analyse de l'épidémie de coronavirus. Cette prétention est contestable. Nous pensons au contraire que la peur et l’aveuglement gouvernent la réflexion, qu'ils conduisent à des interprétations erronées des données statistiques et à des décisions administratives disproportionnées, souvent inutiles voire contre-productives.
Dans cette tribune, plus de 270 scientifiques, universitaires et professionnels de santé critiquent la dérive de la politique sanitaire du gouvernement français. Ils estiment qu'elle conduit à des interprétations erronées des données statistiques et à des mesures disproportionnées. Et demandent que l'on évalue nos connaissances réelles pour définir démocratiquement une stratégie sanitaire.

vendredi, septembre 25 2020

Covid : les mesures restrictives de liberté face au test de proportionnalité

25 09 2020

Dans cette tribune, une soixantaine de juristes (professeurs de droit, magistrats et avocats) reviennent sur des décisions récentes du Conseil d’État et discutent de façon critique la notion de proportionnalité. Ils estiment que l’exagération permanente de la menace sanitaire (que dément l’examen précis des données sur la mortalité liée à la covid) a déjà conduit et risque encore à tout moment de conduire à des mesures restrictives des libertés individuelles et collectives, et que ceci doit être contesté.

lundi, septembre 21 2020

Les faux-semblants de la radicalisation. Le cas de la prison

21 09 2020

Dossier_CIRAP.jpgLes attentats terroristes que la France a pu connaître ces dernières années ont entraîné, dans leur souffle, nombre de chercheurs de disciplines diverses (sciences politiques, psychologie, histoire, sociologie, sciences cognitives, etc...) à conduire des travaux sur ce qu’il a été convenu d’appeler, très vite, la « radicalisation ». L’insuffisance du mot, ses définitions imprécises, son glissement rapide de l’espace politico-médiatique à l’espace scientifique (partie 1 de ce rapport), n’ont pourtant pas toujours su retenir les élans scientistes de certains chercheurs qui ont pensé qu’effectivement, les facteurs explicatifs des attentats, et donc des passages à l’acte, seraient à trouver dans ce phénomène obscur qu’est la « radicalisation », en oubliant parfois la forme circulaire des raisonnements.
La radicalisation est, en réalité, une notion qui n’est pas clairement définie. Ce dossier thématique prend au sérieux ce fait. Il en examine les conséquences pratiques pour les professionnels pénitentiaires ; il en révèle aussi les conséquences politiques liées à l’introduction de la prédiction des comportements.

dimanche, septembre 20 2020

Entre travail éducatif et citoyenneté : l’animation et l’éducation populaire

20 09 2020

Livre_champ_social_Lebon.jpgL’animation socioculturelle et l’éducation populaire correspondent, en France, à un espace de socialisation et de politisation aux marges de l’école, de la famille et du champ politique. Il repose sur une diversité d’actions publiques mises en œuvre par l’État, les collectivités territoriales et le monde associatif en direction des enfants et des jeunes. Les animateurs / animatrices sont les principaux professionnels qui travaillent dans cet espace généralement traversé par des questions d’engagement social et éducatif. Une partie des animateurs / animatrices travaillent à l’école, en proximité des enseignantes. La réforme des rythmes scolaires permet d’interroger la division du travail éducatif à l’école primaire. Elle témoigne d’une recomposition des formes d’encadrement et de socialisation des enfants en mobilisant différentes catégories d’intervenants qui mettent en place de nouvelles formes d’organisation des activités éducatives.

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