samedi, novembre 28 2020

Rapport sur la pauvreté en France en 2020

28 11 2020

La France affronte l’onde de choc économique de la crise sanitaire causée par la Covid-19. Il est encore trop tôt pour mesurer avec précision son impact sur le niveau de la pauvreté mais, déjà, le chômage et le nombre d’allocataires du RSA progressent. Notre Rapport sur la pauvreté en France 2020-2021 dresse un état des lieux et consacre notamment un éclairage spécifique à la situation des jeunes, dans une période particulièrement difficile pour eux.
Ce rapport rassemble les principales données actualisées sur la pauvreté, dans un langage accessible à un large public. Nous présentons à la fois des tendances longues d’évolution et les derniers chiffres disponibles pour dresser un portrait des personnes pauvres en fonction de leur âge, sexe, origine sociale, type d’activité dans le monde du travail, mais aussi en observant leur répartition géographique. Une analyse de l’opinion des Français vis-à-vis de la pauvreté complète notre état des lieux.

vendredi, novembre 27 2020

La police française est-elle gangrenée par les fléaux du racisme et de la violence ?

27 11 2020

La France a un problème de racisme au sein de ses forces de l’ordre et les pouvoirs publics refusent de le traiter, concédant éventuellement quelques mots un peu plus appuyés lorsqu’il s’agit de passer la tempête d’un scandale médiatique ponctuel. C’est ainsi que notre pays est sans doute l’un de ceux qui, parmi les grandes démocraties occidentales, a nié avec le plus de constance et d’abnégation une réalité que même ses négateurs connaissent. A cet égard, le scandale du « bicot » ou les manifestations qui ont suivi le meurtre de Georges Floyd, tout autant que les révélations journalistiques en cascade sur la circulation d’une parole raciste au sein de la police n’ont pas fait ciller l’exécutif. Fait d’ailleurs tout à fait singulier de la part d’un État : alors que de nombreux policiers d’origine maghrébine et subsaharienne se sont plaints ces derniers mois du racisme qu’ils subissaient de la part de certains de leurs collègues, aucune autorité publique – préfet, ministre, président – n’a pris la peine de soutenir ces fonctionnaires, ni même de faire semblant.

jeudi, novembre 26 2020

Les discriminations dans l'enquête "Cadre de vie et sécurité"

26 11 2020

D'après l’enquête « Cadre de vie et sécurité » (CVS) menée en 2019, on estime que 3,6 millions d’individus âgés de 14 ans ou plus résidant en France métropolitaine se sont déclarés victimes de discriminations dans les deux années précédant l’enquête. Ce chiffre représente 7 % des personnes âgées de 14 ans et plus résidant en France métropolitaine.
Ce sont les discriminations liées à l’origine ou à la couleur de peau des victimes qui sont les plus fréquentes parmi les traitements défavorables. En effet, l’origine et la couleur de peau ont été l’un des critères de discrimination des victimes de traitements défavorables pour respectivement 35 % et 22 % d’entre elles.
Les traitements défavorables à caractère discriminatoire sont très rarement signalés par la victime.

mardi, novembre 24 2020

Les signalements pour « risque de radicalisation » dans les établissements scolaires, nouvel outil de régulation de l’islam

24 11 2020

Cet article, en s’appuyant sur l’étude des signalements pour « risque de radicalisation » au sein des établissements scolaires, interroge l’aspect normatif inhérent à la politique publique de prévention de la radicalisation et son impact normalisant sur les comportements des élèves. L’analyse des motifs de signalement, basée sur les perceptions subjectives des enseignants, met en lumière la construction différenciée du « risque » qui peut caractériser aussi bien la situation vécue par l’élève que l’élève lui-même. Nouvel outil de régulation de l’islam en milieu scolaire, les signalements des personnels éducatifs sont une injonction à la mise en conformité des comportements des élèves avec un cadre scolaire laïque de plus en plus sanctuarisé. Cependant, resitués au sein d’un suivi pédagogique quotidien, les signalements s’inscrivent dans un objectif plus vaste, celui d’une transformation des subjectivités adolescentes et enfantines.

lundi, novembre 23 2020

Dieudonné : antisémitisme, panique morale et communauté déviante

23 11 2020

À partir d’une enquête sur plusieurs spectacles de Dieudonné, cet article analyse l’articulation entre l’antisémitisme et une critique réactionnaire des sociétés occidentales centrée sur la disparition des normes hétérosexuelles. Nous montrons que l’adhésion à cette articulation est d’autant plus forte qu’elle s’exprime dans l’espace-temps des représentations publiques, où Dieudonné met en scène sa stigmatisation tout autant qu’il la transcende. Dans l’interaction avec un public se sentant également stigmatisé, se constitue ainsi une « communauté déviante », à travers la transgression d’« interdits » perçus comme participant de l’effondrement moral des sociétés occidentales.

vendredi, novembre 20 2020

L’application du droit à l’hébergement comme enjeu sanitaire et économique : le cas de Marseille

20 11 2020

L’accueil inconditionnel dans les centres d’hébergement pour les personnes sans abri ainsi que la continuité de leur prise en charge dans des structures adaptées constituent deux éléments essentiels du Code de l’action sociale et des familles en matière de protection des personnes sans logement. Pourtant, il arrive que des consignes officieuses, émanant des services décentralisés de l’État, viennent faire obstacle à l’application du droit inconditionnel à l’hébergement. Cet article analyse la façon dont les obstacles rencontrés par les travailleurs sociaux dans l’application du droit saturent artificiellement les dispositifs d’hébergement des populations les plus précaires et la façon dont ils y font face en pratique.

lundi, novembre 16 2020

Le complotisme pour les nuls (à l’occasion d’un récent documentaire)

16 11 2020

Il est aujourd'hui essentiel de tenir à distance à la fois la doxa et le complotisme. Ces deux écueils menacent en effet la compréhension libre et désintéressée de la "crise sanitaire" en cours et ils fonctionnent en miroir. Le complotisme est illustré ici par le récent film "Hold-Up" dont on démontre qu'il s'agit d'une fiction complotiste dissimulée sous les habits du documentaire.

dimanche, novembre 15 2020

Souffrez madame la Ministre de la Jeunesse que la jeunesse ne pense pas comme vous

15 11 2020

Comme chaque année, le Réseau Jeunes des centres sociaux a réuni en octobre dernier plus d’une centaine de jeunes pour débattre d’un thème de société qu’ils ont choisi. Cette année le thème retenu était celui des religions. Après plusieurs jours de réflexions, la Secrétaire d’État en charge de la jeunesse et de l’engagement était invitée à participer à la restitution des travaux. A l’évidence de réelles incompréhensions entre les jeunes et la Secrétaire d’État ont rapidement émergé sur la laïcité et encore sur les violences policières (voir ici et ). Hélas, plutôt que de s’interroger sur les raisons profondes de ces décalages la réponse ministérielle ne s’est pas faite attendre : une enquête Jeunesse et sport a été diligentée à l’encontre de la Fédération des centres sociaux et culturels, laissant supposer que les animateurs de ce réseau seraient responsables de l’échec de de ce dialogue.
Acceptez, madame la ministre, que pour une fois vos interlocuteurs n’aient pas été sélectionnés, préparés à votre venue, que leurs discours n’aient pas été écrits ou validés par votre cabinet. Acceptez surtout que la jeunesse puisse avoir des opinions, des propositions (voir ici), que l’on partagera ou pas, et que finalement elle puisse ne pas penser comme vous.

samedi, novembre 14 2020

L’euthanasie de notre vie démocratique risque d’aboutir à la sédition

14 11 2020

Livre_hirsch_pandemie_2020.jpgJe crains désormais la logique délétère d’une obstination gouvernementale déraisonnable. Je l’interprète comme consécutive à une usure, certes bien compréhensive, inhérente à cette lutte menée entre soi contre un phénomène planétaire et sociétal sans précédent, à une détresse et peut-être une forme de sidération ou alors de panique.
Chaque jour, ceux qui dénoncent un suicide collectif ou une forme d’euthanasie économiquement assistée sont plus nombreux et mieux compris par les Français que ceux qui les gouvernent. Non seulement ils en appellent à une réanimation de la concertation politique, mais tout autant au droit d’assumer en toute responsabilité leur droit à vivre dignement leurs valeurs d’engagement. Ils les opposent au devoir de mourir dans l’acceptation de mesures dégradantes décrétées au nom d’un intérêt supérieur inavouable car injustifiable.
Notre démocratie risque de ne pas résister plus longtemps à une sédation politique qui ne laisserait plus comme droit et comme ultime liberté qu’une sédition populaire dont on sait qu’il est urgent et sage de comprendre comment l’éviter.

jeudi, novembre 12 2020

Mortalité Covid en France : ce que nous apprennent les chiffres

12 11 2020

Dans cet article, les auteurs étudient la mortalité générale (toutes causes confondues) afin d’évaluer l’impact réel de la crise du Covid. Ils rappellent que la mortalité tend à augmenter depuis quinze ans, en lien avec le vieillissement continu de la population. Ils tentent ensuite d’évaluer la surmortalité de l’année 2020 après le pic épidémique de mars-avril. En tenant compte de l’augmentation de la population, ainsi que des pics de canicule passés inaperçus lors de l'été, ils montrent que, du 1er mai au 26 octobre, la surmortalité de l’année 2020 par rapport à l’année précédente n’est pour le moment que d’environ 1,3%. Ils confirment enfin que le grand âge et les comorbidités sont bien les facteurs clefs de la mortalité liée à la Covid. Ils discutent à partir de là la justification de mesures telles que le reconfinement général qui mettent en danger la bonne santé de l’ensemble de la population.

mardi, novembre 10 2020

Comment les gouvernements dégradent l'hôpital public depuis la fin des années 1970

10 11 2020

Dans cet épisode, je m'entretiens avec Fanny Vincent qui est maitresse de conférences en science politique à l’Université Jean Monnet de Saint-Étienne et chercheuse au laboratoire Triangle. Elle travaille en sociologie de la santé et du travail sur les effets des réformes et des impératifs économiques sur le travail soignant, l’organisation des soins et les prises en charge des patient.e.s. Sa thèse portait sur la banalisation du travail en 12 heures d’affilée à l’hôpital public et la dégradation des conditions de travail des soignant.e.s. En novembre 2019, elle a publié avec Pierre-André Juven et Frédéric Pierru La casse du siècle. A propos des réformes de l’hôpital public (éditions Raisons d’Agir), un travail qui permet de mettre en perspective la crise actuelle de l’hôpital public.

lundi, novembre 9 2020

Non, les MNA ne sont pas tous « voleurs », « violeurs » ou « assassins »

9 11 2020

Le 24 septembre dernier, l’Assemblée nationale entendait l’Observatoire national de la protection de l’enfance (ONPE) dans le cadre d’une mission d’information relative aux « Problématiques de sécurité associées à la présence sur le territoire de mineurs non accompagné ».
L’ONPE vient de publier sur son site une note sur le sujet de la délinquance de ces jeunes. Selon lui « Il s’avère que la plupart des juridictions et services éducatifs de France ne sont en réalité pas ou peu confrontés à ce type de situation, relativisant ainsi l’ampleur du phénomène ». Pour conclure que « le phénomène d’exploitation des êtres humains peut être mis en lien avec la délinquance d’une partie des mineurs non accompagnés, agissant sous l’emprise de réseaux structurés, similaires sinon identiques aux réseaux qui exploitent le travail ou la prostitution d’enfants ». Il y a de fortes chances que cette étude et les travaux d’Olivier Peyroux, également entendu par la Mission parlementaire, soient fort utiles aux nombreux plaignants ayant assigné un polémiste ayant qualifié tous les mineurs migrants de « voleurs », « assassins » et « violeurs ».

vendredi, novembre 6 2020

Covid, quand la psychose fait dérailler le monde

6 11 2020

Tract_Gallimard.jpg« Ce n’est pas la Covid-19 qui a mis le monde à terre, mais la psychose provoquée par ce virus », écrivent les auteurs.
L’émotion désordonnée avec laquelle les États-Unis et la plupart des grands pays d’Europe occidentale ont réagi à l’épidémie de Covid-19 restera dans l’Histoire comme un bel exemple de psychose collective. Dans l’adoration de ce nouveau veau d’or qu’est le «principe» de précaution, nous avons foulé aux pieds les valeurs les plus sacrées pour lesquelles se sont battus nos aînés. Renaud Girard et Jean-Loup Bonnamy livrent ici une réflexion d’ensemble largement nourrie de données internationales sur les conséquences médicales, sociales et économiques de l’événement.

jeudi, novembre 5 2020

L’obsession sécuritaire

5 11 2020

Autorité indépendante chargée de veiller au respect des règles de déontologie par les professionnels de la sécurité, publique comme privée, le Défenseur des droits a apporté ses observations dans un avis publié ce jour sur la proposition de loi relative à la « Sécurité globale ».
La Défenseure des droits, Claire Hédon, considère en effet que cette proposition de loi soulève des risques considérables d’atteinte à plusieurs droits fondamentaux, notamment au droit à la vie privée et à la liberté d’information.
Elle est particulièrement préoccupée par les restrictions envisagées concernant la diffusion d’images des agents des forces de sécurité dans l’exercice de leur fonction. Elle demande à ce que ne soient, à l’occasion de ce texte, entravés ni la liberté de la presse, ni le droit à l’information. Elle tient en effet à rappeler l’importance du caractère public de l’action des forces de sécurité et considère que l’information du public et la publication d’images relatives aux interventions de police sont légitimes et nécessaires au fonctionnement démocratique, comme à l’exercice de ses propres missions de contrôle du comportement des forces de sécurité.

mardi, novembre 3 2020

Catastrophes sanitaire et sécuritaire

3 11 2020

Après les attentats « de proximité » imprévisibles et irrésistibles commis notamment en octobre 2020 par deux individus fous furieux, déséquilibrés et isolés, contre Samuel Paty et à la basilique de Nice – la ville la plus « sécurisée » de France ! –, il est permis de déplorer que, sans même qu'il ait été nécessaire à une nébuleuse terroriste de revendiquer ces meurtres barbares, le terrorisme islamiste a largement atteint son objectif d’hystérisation du débat public, de dislocation de la société française, de greffe du sentiment de panique dans la population et de destruction massive des idéaux républicains de liberté, d’égalité et de fraternité.
La dépendance aux mesures de police spécialement coercitives aux fins d’assurer à un prix exorbitant une prétendue « sécurité publique » a atteint un degré si aigu que la loi du 3 avril 1955 a, avec l’approbation générale contrainte ou passive d’une population alors confinée, servi de modèle à l’état d’urgence sanitaire de la loi du 23 mars 2020.

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