lundi, février 20 2017

Délinquance des mineurs : la diversion de M. Fillon

20 02 2017

Diversion.pngPatrick Buisson et ses enregistrements nous manquent. On aurait tant aimé entendre la conversation récente entre le candidat Fillon et l’ex chef d’État Nicolas Sarkozy. A défaut imaginons là !
F. Fillon : « Que me conseilles-tu, fort de ton expérience, pour relancer ma campagne ? ».
N. Sarkozy : « Écoutes je crois que le thème du travailler plus… va être difficile vu le contexte. La lutte contre les fraudes aux prestations et abus de droit, il vaut mieux oublier. Cela risque d’entrainer des réactions cyniques. Il te reste trois têtes de gondole, testées et approuvées. L’islam mais tu l’as déjà fait dans ton livre. L’immigration. C’est sans risque et rapporte beaucoup de voix. Et bien sur la délinquance des mineurs. Les jeunes ne votent pas, par contre notre électorat y est très sensible ».

Lire la suite...

dimanche, février 19 2017

La déradicalisation : mission impossible ?

19 02 2017

Esther_Benbassa.jpgDans un entretien exclusif à la Gazette des communes, la sénatrice (EELV) Esther Benbassa, lève le voile sur les premières conclusions de sa mission d’information sur la déradicalisation. L’occasion de livrer son point de vue, sans langue de bois, sur les polémiques qui visent la prise en charge des candidats au djihad.
Elle déclare ainsi : « Ce que nous avons découvert est quelque peu déroutant parce qu’inattendu. L’impression générale est que les pouvoirs publics, pressés de rassurer la population, ont débloqué beaucoup d’argent pour mettre en œuvre cette « déradicalisation ». Mais le résultat n’est pas assez sérieux et confine au bricolage. Une bonne partie des associations et des structures subventionnées n’ont pas les compétences pour investir ce sujet. On peut parler d’un relatif fiasco ».

vendredi, février 17 2017

La solidarité peut-elle être punie ?

17 02 2017

Cedric_Herrou.jpgOn entend beaucoup parler ces derniers temps de « délit de solidarité ». Il viserait les personnes ayant apporté une aide à des étrangers en situation irrégulière sur notre territoire et permettrait de les réprimer, comme sont réprimés les étrangers eux-mêmes pour le délit d’entrée ou de séjour irréguliers.
Ces étrangers « sans papiers » ne sont pas nécessairement des « clandestins » : selon une étude publiée en 2002 par le Ministère de l’Intérieur, 90% des étrangers en situation irrégulière en France étaient entrés légalement. Certains se retrouvent dans l’illégalité par exemple parce qu’ils n’ont pas pu obtenir de titre de séjour à l’expiration de leur visa ou parce qu’ils n’ont pas obtenu le renouvellement de leur carte temporaire de séjour. Il y a aussi des migrants qui sont entrés sans autorisation en France sous le coup d’une situation d’urgence liée à la guerre ou aux persécutions dans leur pays ou encore à la famine qui y sévit. Ceux-là ont traversé la Méditerranée et plusieurs pays au péril de leur vie pour venir demander l’asile ou trouver ici des conditions de survie.

Lire la suite...

mercredi, février 15 2017

La persistance des mauvaises relations police-jeunes : jusqu’à quand ?

15 02 2017

Adama_Theo_Police.jpgL’affaire « Théo » vient s’ajouter à la longue liste des dérapages, bavures, et autres dérives policières, réelles ou supposées, médiatisées ou non, qui depuis des dizaines d’années font partie de l’image des banlieues dites sensibles. S’y ajoute une ampleur médiatique qui voit se rejouer un scénario maintes fois observé, au moins depuis les Minguettes en 1981 : cela débute par un accident mettant en cause des policiers et certains de ces jeunes, une montée en puissance des tensions, des manifestations de protestations et l’attente de l’émeute qui viendra, a posteriori, montrer que la violence se trouve du côté des jeunes.

Photo : theconversation.com

mardi, février 14 2017

La détention avant jugement au Québec : entre gestion des risques et gestion des flux

14 02 2017

sas_prison.jpgÀ partir des résultats d’une recherche ethnographique portant sur les implications de la montée en puissance de la question du risque sur les décisions des juges québécois en matière de détention provisoire, cet article propose d’apporter un éclairage sur le fonctionnement concret du processus de cautionnement, sur les logiques décisionnelles qui s’y déploient et contribuent aux tendances à la hausse des placements en détention avant jugement. D’une part, il s’attache à montrer que ces placements relèvent moins d’une décision des juges que des pratiques respectives et croisées du ministère public et de la défense. D’autre part, il met en évidence que cet état de fait est tributaire du cadre dans lequel s’insèrent comparutions et enquêtes sur remise en liberté où les considérations en termes de gestion des flux exacerbent et même, dans certains cas, supplantent celles en termes de gestion des risques.

dimanche, février 12 2017

Une carte collaborative de la corruption en France

12 02 2017

Carte_corruption.pngCe travail est l'oeuvre de bénévoles de l’association Transparency France. En l’absence pour le moment de données centralisées et publiques, leur carte collaborative est la seule du genre en France. Avec plus de 660 affaires recensées depuis son lancement le 9 décembre 2014, elle dessine le paysage contrasté de la corruption sur le territoire. Au palmarès des régions les plus touchées, l’Ile-de-France et PACA arrivent en tête, mais ce sont l’outre-mer et la Corse qui détiennent les records quand on pondère le nombre de condamnations avec le PIB.
Le gros des affaires concerne la prise illégale d’intérêts dans le cadre de marchés publics et le détournement de fonds publics.

samedi, février 11 2017

A Aulnay-sous-Bois se rejoue un scénario vieux de trente ans

11 02 2017

Logo_Le_Monde.jpgA la fin de l’année 1990 et au début de l’année 1991, une série d’explosions de colère dans une dizaine de quartiers de la banlieue lyonnaise puis de la banlieue parisienne, popularisa en France le mot « émeutes ». A l’époque, celui-ci faisait souvent peur, associé qu’il était aux mots « drogue », « ghetto », « violence urbaine », etc. Il était pourtant bien choisi. Émeute provient du verbe « émouvoir ». Du haut Moyen Age à la Renaissance, une « esmote » désignait une émotion collective prenant la forme d’un soulèvement populaire spontané. Il s’agissait à l’époque des révoltes paysannes.
La séquence qui se déroule ces jours-ci à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) constitue un classique du genre, et vient simplement nous rappeler qu’en vingt-sept ans nous n’avons rien appris et rien changé aux problèmes sociaux et institutionnels qui génèrent régulièrement les éruptions violentes de ce type.

Lire la suite...

vendredi, février 10 2017

Quand les politiques sécuritaires se veulent participatives

10 02 2017

policiers_en_patrouille.jpgLes zones de sécurité prioritaires (ZSP) ont fait grand bruit lors de leur lancement en 2012 et 2013. À Marseille, leur mise en place fait suite auxdites « vagues de règlements de compte » que connaît la ville depuis quelques années. Elle répond à la demande politique et médiatique sans prendre en compte l’apport des recherches récentes (Mucchielli 2013). Ce nouveau dispositif associe les forces de police et les acteurs institutionnels, sociaux et associatifs dans la construction d’une « approche globale » face aux questions de la « délinquance », dans les 80 cités identifiées par la préfecture de police. Notre enquête de neuf mois, réalisée dans un quartier populaire de Marseille, a montré comment, à l’échelle micro-locale, se dessine une participation sécuritaire : le dispositif policier, par sa forme participative, a pour effet de diffuser les normes policières auprès des acteurs sociaux.

Photo : efus.eu

jeudi, février 9 2017

Être né en France d’un parent immigré

9 02 2017

Logo_insee_2.pngEn 2015, 7,3 millions de personnes nées en France ont au moins un parent immigré, soit 11 % de la population. L’origine des descendants d’immigrés est le reflet des flux d’immigration qu’a connus la France depuis plus d’un siècle. Les descendants d’immigrés sont dans leur ensemble plus jeunes que l’ensemble de la population résidant en France ; c’est notamment le cas de ceux d’origine africaine. La moitié des descendants d’immigrés ont un seul parent immigré. Lorsque les deux parents sont immigrés, ils viennent presque toujours du même pays. Entre 18 et 24 ans, les descendants d’immigrés partent plus tardivement du foyer familial que les autres jeunes. C’est surtout le cas pour ceux dont les deux parents sont immigrés : le comportement de décohabitation des jeunes issus de couples mixtes est plus proche de celui de l’ensemble de la population. Deux tiers des descendants d’immigrés de 25 ans ou plus vivant en couple ont choisi un conjoint sans lien direct avec l’immigration.

mercredi, février 8 2017

La jeunesse n'est qu'un mot

8 02 2017

Un_qui_rit_l__autre_qui_pleure.jpgIls ont en commun d’être entrés en 6e en septembre 2007. Huit ans après, âgés pour la plupart de 18-19 ans, 45 % de ces jeunes entament des études supérieures, 30 % restent scolarisés dans le secondaire et 25 % ont quitté, à titre définitif ou provisoire, l’école. Le niveau d’acquis à l’entrée en 6e est déterminant sur la situation à 18-19 ans.
Pour ceux qui ont déjà arrêté leurs études, peu diplômés, l’accès et les conditions d’emploi sont difficiles : seuls 37 % occupent un emploi, le plus souvent temporaire (CDD, intérim). L’essentiel de ces jeunes vivent encore chez leurs parents, même quand ils ont un emploi (78 %).

Photo : lenouveleconomiste.fr

mardi, février 7 2017

Les idées fausses sur la délinquance et la justice des mineurs

7 02 2017

Stop_aux_idees_recues.jpg« Les jeunes d’aujourd’hui aiment le luxe; ils sont mal élevés, méprisent l’autorité, n’ont aucun respect pour leurs aînés, et bavardent au lieu de travailler. Ils ne se lèvent plus lorsqu’un adulte pénètre dans la pièce où ils se trouvent. Ils contredisent leurs parents, plastronnent en société se hâtent à table d’engloutir les desserts, croisent les jambes et tyrannisent leurs maîtres ».
Qui a prononcé cette phrase ? Le dernier candidat déclaré pour les élections présidentielles ? Les contemporains de Socrate, qui est l’auteur de ces mots, devaient également penser que les jeunes entrent dans la délinquance de plus en plus tôt, que les filles sont de plus en plus violentes et que des discours et dispositifs sévères sont efficaces pour lutter contre la délinquance juvénile... Autant d’idées fausses qui circulent encore aujourd’hui.

Photo : dieteticienne-lecres.com

lundi, février 6 2017

La justice des mineurs en 2015

6 02 2017

Palais de Justice de Paris - le 22 octobre 2010La justice des mineurs a connu de nombreuses réformes législatives au cours des vingt dernières années. Mais, durant la même période, l’évolution la plus importante a été l’implication accrue des parquets dans la réponse pénale, particulièrement forte à l’égard des mineurs, qui a accompagné l’augmentation du nombre d’affaires poursuivables leur parvenant. Les parquets ordonnent désormais directement des mesures dans le cadre des procédures alternatives aux poursuites. Ces mesures ont concerné 57 % des mineurs poursuivables en 2015.
Du côté des juges des enfants, les peines n'ont que très peu progressé face aux mesures éducatives, mais elles sont loin de faire exception (44 % des condamnations en 2015).

dimanche, février 5 2017

La détention provisoire en 2014

5 02 2017

sas_prison.jpgParmi les 317 000 personnes jugées par le tribunal correctionnel en 2014, 8,5 % ont été placées en détention provisoire avant jugement. Deux fois sur trois, le placement en détention provisoire s'inscrit dans le cadre d'une comparution immédiate devant le tribunal correctionnel et une fois sur trois dans le cadre d'une procédure d'instruction.
Les vols et recels sont la nature d'affaire la plus fréquente pour les personnes placées en détention provisoire, tant en comparution immédiate qu'à l'instruction.
La moitié des personnes qui ont été placées en détention provisoire avant une comparution immédiate n'y sont restées qu'un ou deux jours et quatre personnes sur cinq moins de quatre jours.

vendredi, février 3 2017

Justice restaurative : la fin de la logique punitive ?

3 02 2017

016466Jusque-là balbutiante, la justice restaurative semble, à l’orée de 2017, en voie de généralisation en France : vingt-cinq services pénitentiaires d’insertion et de probation, soit un quart d’entre eux, seraient engagés dans des programmes de justice restaurative, bien que la majorité n’en soit encore qu’à la phase préparatoire. De son côté, l’Institut français pour la justice restaurative (IFJR), association créée en 2013, affirme avoir formé plus de 580 professionnels de la justice et de l’aide aux victimes un peu partout en France depuis 2014, passant de trois sessions de formation à vingt-six en 2016. Trente-trois programmes de justice restaurative seraient en route sur vingt-deux cours d’appel, essentiellement des rencontres condamnés-victimes.

jeudi, février 2 2017

Et si la préfecture de police de Paris faisait doublon, entretenant la guerre des polices ?

2 02 2017

Quai_des_orfevres.jpgCe rapport ne manquera pas de hérisser des poils du côté de la préfecture de police de Paris. Sénateur LR de Paris, Philippe Dominati s’est intéressé pour la commission des Finances au fonctionnement de cette baronnie vieille de plus de deux siècles. Est-il pertinent et efficace de continuer à doublonner certains services de police judiciaire et de renseignement ?
La réforme proposée par Dominati se veut avant tout pragmatique : «Alors que la gendarmerie est caractérisée par l’unité de sa direction, trois personnalités coexistent au sommet de la hiérarchie policière : le directeur général de la police nationale (DGPN), le préfet de police et le directeur général de la sécurité intérieure (DGSI). Or, l’absence d’unité de l’organisation policière est susceptible de se traduire non seulement par une déperdition de moyens mais également par des difficultés de coordination – voire des conflits – entre les services.»

- page 1 de 156