dimanche, février 7 2021

État d'urgence technologique. Comment l’économie de la surveillance profite de la pandémie

7 02 2021

Livre_Olivier_Tesquet.jpgDes officines de toutes tailles, hier positionnées sur le juteux secteur de la sécurité, pivotent vers un nouvel impératif, celui de la traque des corps malades – un levier encore plus puissant que la lutte contre le terrorisme. Des applications de traçage, de “suivi des contacts”, sont développées un peu partout, misant sur le numérique pour endiguer la course du virus. Dans le ciel, des drones sortis d’un futur proche ont fait respecter le confinement. On a confié à des caméras le soin de s'assurer du port du masque et du respect de la distanciation sociale.
La crise sanitaire a mis au jour la présence de ces dispositifs de surveillance toujours plus nombreux, dont elle a dans le même temps assis la légitimité et accéléré la banalisation. Faut-il craindre la généralisation d’une surveillance dite de masse ? S’agit-il plutôt d’une massification de la surveillance ?

samedi, février 6 2021

Le nouveau bras d’honneur du Conseil constitutionnel à l’Etat de droit

6 02 2021

Le média britannique The Economist a considéré le 2 février 2021 que les mesures de police administrative sanitaire mises en place à compter de mars 2020 avaient fait régresser la France dans la catégorie des « démocraties défaillantes », alors qu’elle était auparavant dans celle des « démocraties à part entière ».
Cette dévaluation aurait été nettement aggravée si l’étude avait pu prendre en compte deux décisions de justice rendues concomitamment à sa publication. L’une émane du Conseil d’État, et porte gravement atteinte à la liberté de la presse « en même temps » qu’elle la qualifie, pour la première fois dans la jurisprudence administrative, de liberté fondamentale. L’autre décision de justice applique la même technique « à la Janus », qui consiste à reconnaître « pour la galerie » un droit fondamental, et ainsi à marquer les esprits comme l’opinion publique par cet aspect consmétiquement favorable aux libertés publiques, mais – revers de la médaille – à donner en pratique à la solution retenue un effet à 180° inverse à ce droit.

jeudi, février 4 2021

Une démocratie confinée. L'éthique quoiqu'il en coûte

4 02 2021

une-democratie-confinee-.jpgDès l’annonce des premiers signes évocateurs de la pandémie, Emmanuel Hirsch s’est engagé avec l’équipe de l’Espace éthique de la région Île-de-France dans un travail d’observation et de suivi des enjeux sociétaux de la crise sanitaire. Bénéficiant de son expertise dans les « années sida » puis d’une implication dans les travaux préparatoires à la pandémie grippale entre 2006 et 2009, il s’est imposé comme une référence pour apporter les éclairages éthiques indispensables. Ses interventions régulières dans de nombreux médias se sont prolongées par un travail d’approfondissement à travers ses écrits au fil des circonstances.

mercredi, février 3 2021

L'hypothèse de l'efficacité du confinement est démentie par la science actuelle

3 02 2021

Le ministère de la Santé, les organismes publics qui en dépendent et les membres du "Conseil scientifique Covid-19" ne cessent de louer les mesures de confinement pour casser la dynamique de l'épidémie. Or l'état actuel des connaissances scientifiques ne justifie pas cet enthousiasme. On fait ici le point sur ces études et on rappelle les conséquences très néfastes des confinements.
Il va donc bien falloir un jour que les experts sanitaires se résolvent à démontrer dans les règles de l’art l’utilité de leurs injonctions avant de recourir à nouveau à des mesures aussi barbares et aussi délétères pour l’avenir de nos enfants.

mardi, février 2 2021

La pédopornographie en littérature

2 02 2021

Livre_Bensimon.pngDepuis une bonne vingtaine d’années, plusieurs milliers d’articles de recherche consacrés à la pornographie juvénile ont eu et continuent d’avoir pour seul et unique champ d’intérêt la cyberpédophilie alors que l’écriture semble échapper à toute analyse, que le contenu soit fragmentaire ou à dessein, le premier étant sujet à interprétations au regard de la loi, le second condamnable parce que sans équivoque. Cette absence s’explique en partie par le déferlement d’images sans fin montrant des enfants victimes d’abus sexuels. Des images qui servent de pistes au personnel clinique afin de tenter de comprendre et aux policiers, de pièces à conviction pour débusquer ceux qui alimentent ce marché. Tout à l’opposé, et à condition qu’elle ne soit pas illustrée : l’écriture pédophilique. Des écrits qui n’ont plus cet attrait d’antan qui, en d’autres temps et d’autres lieux, connurent leurs heures de gloire couronnées de prix littéraires.

lundi, février 1 2021

Sécurité Globale, de quel droit ?

1 02 2021

Novembre 2020. L’état d’urgence sanitaire est en vigueur. La population française est confinée, nul ne peut sortir de chez soi, sauf dans quelques cas « dérogatoires » et moyennant une attestation. C’est précisément ce moment hors du commun que le gouvernement choisit pour faire adopter – suivant la procédure d’urgence – une loi sur « la sécurité globale » qui vient accroître les dispositifs de contrôle et de surveillance.
Que signifie cette idée de « sécurité globale » et d’où vient-elle ? Quels sont les nouveaux systèmes de surveillance envisagés ? Qu’est-ce que le continuum de sécurité ? Que révèle le processus parlementaire d’adoption de la loi ? Pourquoi la liberté d’opinion est-elle menacée ?
Ce film croise les points de vue de sept universitaires, chercheuses et chercheurs en droit, spécialistes du droit pénal, de politique criminelle, des données personnelles et de l’espace public. Interrogées sur cette proposition de loi « Sécurité globale », ils et elles décryptent les dispositifs techno-policiers prévus par le texte et, au-delà, le projet politique qu’il recèle.

vendredi, janvier 29 2021

Refuser l’anesthésie du confinement

29 01 2021

Confronté à la première pandémie gériatrique du XXIème siècle et à son dénuement thérapeutique, le gouvernement en est réduit à répéter, encore et toujours, les mêmes gestes coercitifs au rapport bénéfice-risque non établi. Or le confinement global, aveugle, est la forme absolue du renoncement. Il se trompe de cible (pourquoi isoler les sujets sains et pas uniquement les contagieux ?), de lieux (confiner la Bretagne malgré une mortalité 5 fois moindre ?) et de combattants (comment justifier l'interdiction faite aux 3 millions de Français qui ont guéri du Covid alors qu’ils sont au moins aussi bien immunisés que par le vaccin ?). Enfin, il détruit tout autour de lui. Dans cette haute lutte, chaque confinement nous ampute et nous abrutit. Et encore, nous n’en sommes qu’au troisième…

mercredi, janvier 27 2021

Confinements et couvre-feux : Monsieur Macron, cessons de maltraiter les Français !

27 01 2021

Dans cette tribune, 300 chercheurs, universitaires, professionnels de santé, juristes, artistes et enseignants appellent symboliquement le président de la République à renoncer à tout nouveau confinement qui ferait beaucoup plus de mal que de bien à une société déjà matériellement et psychologiquement gravement maltraitée par les précédents confinements et couvre-feux.
Monsieur le Président, nous vous appelons solennellement à ne pas reconfiner. La raison fondamentale est simple : ces confinements à répétition font plus de mal que de bien à notre société. Non seulement – et quoi que votre entourage puisse vous dire – il n’est pas du tout établi scientifiquement qu’ils impactent de façon significative la dynamique des épidémies, mais ils font de surcroît des dégâts collatéraux d’une ampleur aussi certaine que durable.

lundi, janvier 25 2021

Du danger des monopoles, de retour aux USA

25 01 2021

The_great_reversal.jpgL’Amérique a-t-elle depuis vingt ans trahi l’économie de libre concurrence au moment même où l’Europe en redécouvrait les vertus ? Telle est la question à laquelle Thomas Philippon tente de répondre dans cet ouvrage. Et sa réponse est limpide : depuis 2000 environ, la concurrence a dépéri aux États-Unis : la concentration s’est accrue dans presque tous les secteurs ainsi que les profits. Cette évolution a conduit à des prix plus élevés pour le consommateur, à des salaires plus bas et des inégalités plus élevées, à moins d’investissement et de croissance. Elle est due à un relâchement des autorités de régulation, moins vigilantes sur les fusions, acquisitions et barrières à l’entrée diverses. Ce relâchement résulte de la capture de la régulation et de la décision publique par les lobbies du monde des affaires, à travers leur influence croissante sur le financement du monde politique.

dimanche, janvier 24 2021

Crise du coronavirus : l’urgence d’une remise en cause

24 01 2021

Va-t-on installer définitivement dans nos pratiques le dénombrement quotidien de nos concitoyens atteints par tel ou tel virus ? Au même titre que le bulletin météo, chiffres et pourcentages des victimes s’afficheront-ils désormais sur nos téléphones, influant sur la coloration de nos journées ? La perspective d’un voisinage tendu avec le monde des virus se dessine-t-elle et avec elle celle d’une vie attentive aux moindres soubresauts de ce comparse réfractaire auxquels il conviendra de répondre sans tarder ? Un combat de longue haleine est-il entamé dans lequel se déploient, pour notre survie, toutes les ressources de l’intelligence humaine ? Entrons-nous dans une nouvelle ère, celle d’une humanité en croisade contre les nuisibles naturels qui la mettent en péril ? Est-ce le projet grandiose de l’avenir pour pérenniser notre existence sur terre ?

samedi, janvier 23 2021

L’avenir de la République commence en banlieue

23 01 2021

Alors que le Parlement doit prochainement discuter du projet de loi sur le séparatisme, un dessein élyséen relancé après l’attentat terroriste qui a coûté en octobre dernier la vie à l’enseignant Samuel Paty, il est regrettable que l’environnement sociopolitique dans lequel se déploie cette initiative présidentielle souffre d’une absence de rigueur dans les analyses de ce fait social qu’est la réalité de l’islamisme dans l’espace public français. En effet, toute voix qui exprime un point de vue nuancé, c’est-à-dire fondé sur des faits et depuis une analyse du terrain, est devenue inaudible, car sujette à l’accusation, d’autant plus tétanisante qu’elle nuit au débat d’idées nécessaire à toute vie démocratique, « d’islamo-gauchisme ». Une notion volontairement floue, mais apparemment suffisante, en ces temps où la conviction prime sur l’expertise, pour intenter un procès en déloyauté aux personnes visées.

vendredi, janvier 22 2021

L'impact négatif du confinement sur les enfants et les familles en milieu populaire

22 01 2021

Le premier confinement du printemps 2020 a conduit à la fermeture des écoles et à la suspension des activités hors domicile. Assignés à résidence, les enfants d’école primaire se sont plutôt bien adaptés en continuant à faire leur travail scolaire et, profitant d’un temps libéré, ont pu pratiquer leurs activités quotidiennes plus qu’en temps « normal ». Mais pour les parents de statut socioéconomique modeste, le confinement a dégradé les relations familiales, largement accru le temps passé par les enfants sur les écrans, altéré leur sommeil et leur bien-être psychologique, et rendu plus complexes les apprentissages scolaires. Pour les enfants comme pour les adultes, le confinement a accru des inégalités susceptibles de se creuser à moyen terme.

jeudi, janvier 21 2021

Comment réconcilier rythmes scolaires et rythmes biologiques de l’enfant ?

21 01 2021

Les rythmes scolaires s’accordent rarement avec les rythmes biologiques de l’enfant. Cependant, il existe des leviers afin que ces rythmes scolaires aient le moins de répercussions possibles sur la fatigue de l’enfant, et donc ses apprentissages scolaires. Cela demande de développer la formation des enseignant•e•s sur la connaissance des rythmes biologiques des enfants et leurs évolutions en fonction de l’âge et sur les possibilités d’aménagement des activités pédagogiques.

mercredi, janvier 20 2021

Coronafolie

20 01 2021

L’état d’urgence sanitaire est en passe d’être prorogé jusqu’au 1er juin 2021, avec en filigrane de nouveaux confinements ou couvre-feux, alors que le bilan coût/avantage des multiples mesures de police sanitaire d’un autoritarisme sans précédent n’a pas encore été réalisé. Au 20 janvier 2021, une telle prorogation n’apparaît justifiée ni en droit, ni en fait.
Le mirage sécuritaire étant par construction inatteignable dans un espace public où le risque zéro n’est pas une option, la croyance frénétique qu’il est possible de l’atteindre par la coercition (« terroriser les terroristes », « faire la guerre à un virus ») nous crée des œillères mentales, nous fait perdre tout sens commun, est porteuse de renoncements déraisonnables et nous rend myope aux réalités. Loin de nous sauver, elle contribue à nous perdre, comme nous en faisons désormais l’expérience heure par heure en ce début d’année tellement pénible qu’il paraît constituer le treizième mois de l’annus horribilis précédente. Quand et comment s’arrêtera cette spirale mortifère ?

lundi, janvier 18 2021

Les capitalismes à l’épreuve de la pandémie

18 01 2021

Livre_Boyer.jpgLa thèse principale de l’ouvrage est que la pandémie accélère deux tendances à l’œuvre depuis le début du XXIe siècle. Il s’agit d’une part du développement de ce que l’auteur nomme le « capitalisme de plateforme » qui propose des services numériques et logistiques accessibles à distance et fonctionne de manière oligopolistique autour de quelques acteurs clés profitant des rendements d’échelle exceptionnelles de ces activités. D’autre part, on voit s’affirmer encore plus « une myriade de capitalismes à impulsion étatique », tendance principalement caractérisée par l’accroissement des prérogatives des États-nation dans le domaine économique. Dès l’énoncé de sa thèse, Robert Boyer anticipe la critique que l’on ne manquera pas de lui opposer : n’y a-t-il pas une contradiction entre l’avènement d’un capitalisme de plateforme qui tire pour beaucoup sa force de l’internationalisation des activités, et le prétendu retour du pouvoir économique des États ?

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