samedi, juin 6 2020

Les chiffres de la mortalité liée au Covid-19 : premier bilan (en France)

6 06 2020

L’épidémie de Covid-19 paraît se terminer après avoir connu son « pic » à la mi-avril. On peut en dresser un premier bilan et, à travers celui-ci, tenter d’évaluer la gestion de cette crise par les pouvoirs publics.
En premier lieu, un bilan statistique permet de mesurer l’ampleur de l’épidémie (rapportant celle-ci à d’autres épisodes épidémiques), puis de s’intéresser à sa diffusion, à sa prévalence – son impact dans la population – et à la mortalité à l’hôpital.
En second lieu, ces différents constats conduisent à poser la question essentielle qui émerge alors : comment expliquer les différences de mortalité selon les territoires observés ? Trois analyses en lien avec l’intensité du pic épidémique, la gravité des cas et la date de ce pic apportent la réponse avant d’introduire une dimension comparée et de déboucher sur plusieurs conclusions qui questionnent les politiques publiques de santé en France.

vendredi, juin 5 2020

Rapport du Sénat sur les conséquences de l'incendie de l'usine Lubrizol à Rouen

5 06 2020

"Il est urgent de revoir la doctrine de communication de crise de l’État. Vouloir rassurer à tout prix fait perdre de vue l’objectif principal : informer le plus clairement possible et en temps réel, quitte à adapter la communication publique en fonction du déroulé des événements.
Sur le plan administratif, la multitude des intervenants a néanmoins laissé de côté certains maillons essentiels de la chaîne d’information : à l’instar des élus locaux, les professionnels de santé les plus proches du terrain (médecins de ville, pharmaciens d’officine, infirmiers) ainsi que les intervenants à domicile auraient davantage dû être associés dès le départ au suivi des dommages causés par l’accident.
Enfin, même si l’impact environnemental immédiat de l’accident tel qu’évalué aujourd’hui semble avoir été limité, la commission d’enquête s’inquiète que les conséquences des accidents industriels sur l’environnement soient largement ignorées. La prise en compte de cet enjeu dans les documents de prévention des risques doit nécessairement être renforcée".

jeudi, juin 4 2020

Comment réduire les violences policières ?

4 06 2020

Alors que des révoltes éclatent une fois encore aux États-Unis contre les violences policières racistes, des chercheurs tentent d’évaluer l’efficacité de diverses mesures visant à réduire les interventions policières mortelles. C’est notamment l’ambition d’un dossier spécial de la revue ANNALS of the American Academy of Political and Social Science.
La conclusion principale est qu’il existe peu de recherches concluantes sur l’efficacité de mesures souvent considérées comme de bon sens, telles que les caméras embarquées, les formations à la désescalade, ou les instances de contrôle citoyen (voir l’article de Robin Engel et ses collègues dans ce dossier ). Les articles du dossier portent uniquement sur les États-Unis, mais ils offrent des enseignements intéressants pour la France à un moment où les violences policières sont devenues un objet central du débat politique et des revendications militantes.

samedi, mai 30 2020

Covid-19: les dérives possibles de surveillance des données personnelles

30 05 2020

Si nous n’y prenons garde, le droit à la vie privée pourrait constituer l’une des nombreuses victimes collatérales de la pandémie de Covid-19. Afin de retrouver une liberté de mouvement temporairement suspendue et dans le but de protéger les populations contre une deuxième vague d’infection, on voit se mettre en place les éléments d’une infrastructure de surveillance dédiée à la santé publique.
Cette infrastructure se compose d’un ensemble de dispositifs de collecte des données personnelles tels que les téléphones intelligents, les caméras de vidéosurveillance, les bracelets connectés, les robots et les drones. Grâce aux innovations réalisées ces dernières années dans les domaines de l’infonuagique, des réseaux de télécommunication et de l’intelligence artificielle, les montagnes de données générées par ces dispositifs peuvent être stockées indéfiniment. Elles sont analysées en temps réel par de puissants algorithmes de surveillance que l’on retrouve dans les applications de traçage ou les logiciels de reconnaissance faciale.

vendredi, mai 29 2020

La Ligue des Droits de l'Homme dénonce l'application Stop Covid

29 05 2020

Bien que le parlement ait voté en faveur du déploiement de l’application StopCovid, la Ligue des droits de l’Homme (LDH) continue à alerter sur les dangers pour la vie privée et les libertés que présente son utilisation. Sécurité, fiabilité, anonymat, inefficacité, discriminations, durée de conservation et effacement, consentement « faussé », acceptabilité d’une surveillance généralisée, tels sont les problèmes que pose StopCovid.
L’inventeur du Bluetooth qui permet aux appareils électroniques de communiquer entre eux alerte sur le manque de fiabilité (le Bluetooth n’a pas été prévu pour mesurer des distances entre les personnes ce qui entraîne des risques d’une part de ne pas détecter des cas positifs ou au contraire des fausses alertes (risques de demandes de tests et encombrement des services de santé), et son manque de sécurité (il devra être activé en permanence permet le piratage de toutes les données du téléphone).

jeudi, mai 28 2020

La gestion de la Covid au Japon : réussites et déboires

28 05 2020

En quelques mois, la pandémie de coronavirus a plongé le monde dans une situation de paralysie dont la durée est difficile à appréhender. Le 3 mai 2020, à l’heure où la France déplore 130 979 cas de malades confirmés et 24760 décès, le Japon, avec une population double (126 millions d’habitants), ne compte que 14839 personnes testées positives et 492 décès attribués au covid19.
Le Japon, pris entre le report des JO et la rentrée scolaire, semble avoir contenu l’épidémie dès les premières semaines, enrayant de fait le développement exponentiel subi par de nombreux autres pays. Il reste néanmoins des difficultés principalement dues à une réduction des investissements publics dans les hôpitaux contraints de réduire leur accueil.

mercredi, mai 27 2020

Les violences conjugales et intrafamiliales selon les catégories sociales

27 05 2020

Les violences au sein du ménage correspondent aux violences physiques et/ou sexuelles commises par une personne vivant avec l’enquêté au moment des faits. Entre 2011 et 2018, en moyenne 0,9 % des 18-76 ans s’en sont déclarés victimes, représentant chaque année 405 000 victimes. L’ensemble des catégories socioprofessionnelles sont concernées par les violences dans le ménage au moment des faits. Cependant, certaines catégories se déclarent plus victimes que d’autres (en particulier les femmes sans activité professionnelle) et leur comportement de plainte diffère également (les victimes « agriculteurs exploitants », « artisans, commerçants et chefs d’entreprises » ainsi que « cadres et professions intellectuelles supérieures » déposent moins plainte que les catégories socioprofessionnelles).

mardi, mai 26 2020

« Fin de partie » pour l’hydroxychloroquine ? Une escroquerie intellectuelle

26 05 2020

Ce week-end de l’Ascension (décidément !) aura été marqué par une nouvelle vague de discours commentant l’idée selon laquelle une publication majeure démontrerait que le protocole thérapeutique de l’équipe du professeur Raoult serait non seulement inefficace, mais de surcroît dangereux. On peut parler d’une sorte d’offensive industrialo-médiatico-politique majeure et réussie tant la couverture donnée à un article de la revue médicale anglaise The Lancet a été totale, ultra-rapide, uniforme et immédiatement suivi d’un effet politique.
La quasi totalité des journalistes se sont jetés sur cet article, pour lui faire dire ce que les auteurs de cette étude espéraient : l'hydroxychloroquine est un poison. Traduction en langage People dominant : le prof. Raoult est un dangereux charlatan. Ce traitement médiatique est honteux. Et cette étude est une escroquerie intellectuelle.

mercredi, mai 20 2020

Covid-19 : ce que nous apprennent les statistiques hospitalières

20 05 2020

Depuis mars dernier, le ministère des Solidarités et de la Santé a mis en ligne diverses données sur l’évolution de l’épidémie de Covid-19. Ces informations statistiques sont détaillées par département, par sexe et, s’agissant de la répartition des âges, par région. Au total, des données nombreuses permettent de suivre l’évolution de l’épidémie. Pourtant, aucune exploitation publique de ces données ne semble avoir été réalisée. Bien sûr, on suppose qu’elles nourrissent l’action publique face à l’épidémie ou des études épidémiologiques plus spécialisées. Vis-à-vis de l’opinion, elles semblent surtout destinées à justifier certains choix, celui du confinement d’abord par souci d’éviter que les hôpitaux ne soient débordés (le nombre de lits occupés en réanimation étant particulièrement regardé). Il importe également de répéter combien le virus est dangereux, en jouant sur une certaine peur et en répétant le bien-fondé et l’efficacité des mesures prises.

samedi, mai 16 2020

Les journalistes français ne savent ni lire ni interpréter les études médicales

16 05 2020

La crise du Covid est comme un révélateur ou un miroir grossissant, elle exacerbe les mécanismes préexistants. C’est vrai du fonctionnent du pouvoir politique et de la haute administration dépendant du ministère de la santé. Et ça l’est également de la presse française, qui s’enfonce dans la superficialité et la suffisance. On n’a jamais vu autant de journalistes parler de science, et on n’a jamais vu autant de journalistes dire autant de bêtises. On va ci-dessous montrer une fois de plus que la plupart d’entre eux ne savent pas lire un article scientifique. Pire : on va comprendre qu’ils ne jugent même pas nécessaire d’apprendre à le faire, tellement ils sont pressés de confirmer leurs opinions.

jeudi, mai 14 2020

Que faire des interventions militaires dans le champ académique ?

14 05 2020

Réflexions sur la nécessaire distinction entre expertise et savoir scientifique.
Cet article pose des questions majeures pourtant rarement soulevées comme telles dans des revues d’histoire et plus généralement de sciences sociales : quels sont les effets des financements sur la recherche, surtout lorsqu’ils émanent des armées et des industries de l’armement ?
Dans ces domaines et sur ces sujets, une indépendance est-elle possible ?
Quelle frontière, si c’en est une, sépare l’expertise et les sciences sociales ? Le thème est grave et les auteurs de ce texte proposent de l’aborder à partir d’une démarche empirique précise : l’étude des bombardements « stratégiques » et la recherche sur le nucléaire .

Photo : francetvinfo.fr

lundi, mai 11 2020

La dangerosité de l’hydroxychloroquine : une fable politico-médiatique ?

11 05 2020

Prescrite en Chine, aux États-Unis, au Brésil, en Inde, dans la plupart des pays africains, au Proche-Orient et dans certains pays d’Europe, l’HCQ est déclarée dangereuse voire mortelle par les autorités françaises. Et les journalistes suivent. L’affirmation ne résiste pourtant pas à l’analyse. Connus de très longue date, les effets secondaires sont bien contrôlés à l’IHU de Marseille.

vendredi, mai 8 2020

Comment le Remdesivir a traversé l’Atlantique : un efficace traitement médiatique

8 05 2020

Le 19 mars, Donald Trump présentait en conférence de presse l'hydroxychloroquine (HCQ) comme un traitement pouvant « changer la donne » contre le coronavirus. Son principal conseiller à la santé Anthony Fauci, directeur du National Institute of Allergy (NIAID), affichait toutefois son désaccord quelques jours plus tard en prenant au contraire parti pour le Remdesivir. La nouvelle molécule de Gilead Sciences était déjà testée par le NIAID depuis le 21 février, tandis qu’il aura fallu attendre le 2 avril pour que des essais concernent l’hydroxychloroquine, sur des malades nécessitant une hospitalisation. L’intérêt qui se manifeste ces derniers jours en France pour le Remdesivir n’est pas un hasard. Il débarque des États-Unis, grâce au concours des médias. Décryptage.

jeudi, mai 7 2020

Pendant la crise du Covid, le crime organisé continue à travailler

7 05 2020

Les_freres_Rapetou.jpgDepuis des mois, des milliards d’êtres humains sont confinés partout dans le monde. Cela impose à tous de s’adapter, y compris dans le monde du crime organisé. D'un côté, le crime organisé est contrarié. La pandémie mondiale bloque les échanges commerciaux ; les trafics mondiaux sont impactés. Certains semblent au ralenti, le trafic d'êtres humains et les assassinats par exemple. D'autres subissent la répression grâce aux contrôles aux frontières ; les saisies de drogues au niveau mondiales sont nombreuses et spectaculaires. Le trafic de drogues est, selon les régions de France, perturbé. En Calabre, les policiers ont suivi discrètement un mafieux avec son attestation peu crédible et l'ont surpris déterrant avec 500 kilos de cocaïne dans son jardin.

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mercredi, mai 6 2020

Le Remdesivir, l’industrie pharmaceutique et la crise du Covid

6 05 2020

Gilead_Sciences.jpgA l’image de la majorité des élites intellectuelles françaises, la plupart des journalistes sont décidément d’une grande naïveté. Après avoir déployé leur talent dans un impressionnant concert unanimiste pour lister tous les arguments opposables au nom de la Science à la voie thérapeutique préventive préconisée en France par l’équipe de l’IHU de Marseille, voilà que beaucoup semblent prêts à accueillir comme avec soulagement un médicament américain : le Remdesivir, sensé traiter les malades parvenus à un stade grave. Alors, oui, faisons un peu de science. Médicale d’abord, socio-économique et politique après.

Photo : fr.reuters.com

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