samedi, février 22 2020

Face à la crise écologique, la rébellion est nécessaire

22 02 2020

Casse_d_automobiles__Saint-Brieuc__Cotes-d_Armor.jpgDans une appel publié, notamment sur le site du Monde, le 20 février 2020, près d’un millier de scientifiques spécialisés dans des disciplines diverses expliquent que face à l’urgence climatique la « rébellion est nécessaire ». Ils sont spécialisés en neurosciences, en planétologie, en climatologie ou en épidémiologie, et ils ne voient plus d’autre recours possible que la désobéissance civile face au changement climatique. Nous republions ici le texte de l’appel des 1000 scientifiques.

Photo : goodplanet.info

vendredi, février 21 2020

Bernard Charbonneau, pionnier méconnu de l’écologie française

21 02 2020

Génie méconnu ou faux prophète ? À l’ère du dérèglement climatique, de la sixième extinction de masse, de la transition écologique et du greenwashing, il devient urgent de lire, ou de relire, un auteur connu des seuls spécialistes, et encore plus injustement ignoré que son ami Jacques Ellul.
L’ancien responsable de la rubrique « environnement » du journal Le Monde, le regretté Roger Cans (1945-2018), ne s’y était du reste pas trompé dans sa Petite Histoire du mouvement écolo en France : « Les premiers intellectuels à se préoccuper de la nature, en France, se trouvent habiter à Bordeaux dans les années 1930 ».
Animateurs d’une troisième tendance au sein du mouvement personnaliste, Bernard Charbonneau et Jacques Ellul publient en 1935 un texte intitulé « Directives pour un manifeste personnaliste », qui constitue la première proposition occidentale moderne d’une limitation volontaire de la croissance économique.

jeudi, février 20 2020

Le travail d'intérêt général : succès et obstacles au développement d'une mesure pénale

20 02 2020

En partant des pratiques de tous les acteurs impliqués dans le processus du Travail d‘intérêt général (TIG), cette recherche montre comment, à toutes les étapes du processus, cette mesure est mise en œuvre. Bien loin de l’image d’une peine de travail « forcé » qui lui reste toujours accolé, le TIG est vu par tous ces acteurs comme une chance donnée au justiciable afin qu’il s’insère ou se réinsère dans le monde du travail.
La recherche d’une adéquation poste-condamné devient l’un des enjeux essentiels du processus de construction d’un TIG ayant des chances de déboucher sur un début d’insertion. Ces modes de fonctionnement semblent efficaces quant à̀ l’objectif d’insertion, mais ils n’offrent pas l’opportunité d’un développement à grande échelle de la mesure. Or, c’est précisément ce que visent, de manière récurrente, les politiques encourageant une substitution massive des TIG aux courtes peines de prison. Cette recherche examine les inquiétudes et les ambiguïtés qu’amènent les projets de réforme, qui risquent d’aboutir à une massification mais aussi à̀ une « bureaucratisation » du TIG.

mardi, février 18 2020

Usages de drogues en prison : pratiques, conséquences et réponses

18 02 2020

Depuis la fin des années 1980 et plus encore la fin des années 1990, la question des drogues en prison est plus prégnante dans le débat social français. Deux moments s’avèrent déterminants dans cette nouvelle orientation : la création des services médico-psychologiques régionaux (SMPR) en 1986 et des antennes toxicomanie en 1987; le transfert, en 1994, de la prise en charge de la santé des personnes détenues au ministère de la Santé par l’intermédiaire d’unités de consultations et de soins ambulatoires rattachées à l’hôpital public. Ces deux événements rendent davantage visibles les addictions en milieu carcéral. Les personnes incarcérées apparaissent alors comme présentant une situation sanitaire plus fragile que la population générale. De nombreux travaux ont également souligné l’importance des conduites addictives dans ce public.

dimanche, février 9 2020

L'augmentation des violences policières en France

9 02 2020

guignol_police.jpgL’augmentation des violences au cours des opérations de maintien de l’ordre en France est manifeste et sans précédent par l’ampleur de la casse humaine. Sorties des banlieues, elles ont pris une visibilité particulière, quoique classique lors de grandes crises sociales. Cela a eu des répercussions politiques et sociales importantes, et la moindre n’est pas l’évolution des attitudes de la population vis-à-vis de la police. Déjà peu enviable par son positionnement en Europe, l’évaluation de la performance policière par le public s’est dégradée. Cette crise systémique – car c’est de cela qu’il s’agit – pose la question de direction de la police par l’autorité politique, de la régulation de la violence de l’appareil policier, tant par les normes du groupe professionnel que par les mécanismes de contrôles prévus à cet effet.

Illustration : esprit.presse.fr

samedi, février 8 2020

Comment sort-on de la délinquance ? comprendre les processus de désistance

8 02 2020

couverture-delinquance_1.pngCet ouvrage collectif (voir sa présentation sur le site de l'éditeur), basé sur des travaux empiriques exposés lors d'un colloque international tenu à l'hôtel de ville de Paris en 2017, présente les processus de désistement de la délinquance. C'est là un sujet peu traité par la recherche et qui intéressera tous ceux qui sont sensibilisés aux questions de délinquance : étudiants, chercheurs, professionnels du droit, éducateurs, agents de probation etc.
Comme le souligne dans la préface Philippe Robert, le sujet est peu étudié pour diverses raisons. Tout d'abord, il nécessité d'observer des cohortes de délinquants sortis du système de prise en charge sur le long terme. Or, les institutions concernées n'ont plus de contact avec les personnes dont elles ne s'occupent plus. Ensuite, la délinquance est plurielle, ses mécanismes d'entrée et de sortie également. Ainsi, les processus de désistance de trafics de drogues et de la criminalité en col blanc diffèrent radicalement.

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mercredi, février 5 2020

Plaidoyer contre la corruption, pour une République éthique

5 02 2020

Livre_JC_Picard.jpegCorruption, fraude fiscale, gaspillage de l’argent public… Les affaires continuent !
Avec l’explosion de la dette publique et le creusement des inégalités, le flot ininterrompu des scandales est de plus en plus insupportable. Leur coût est tel que même assumé par l’ensemble des contribuables, l’impact sur chacun est énorme : des impôts et taxes supplémentaires, des prestations sociales diminuées et des services publics de moins bonne qualité. Surtout, la succession des affaires abîme l’indispensable lien de confiance entre élus et électeurs.
Ce passionnant ouvrage ne se contente pas de dresser un état des lieux implacable des failles de notre République. Il évoque les solutions à mettre en oeuvre pour mettre fin aux abus. Président de la République, parlementaires, élus locaux, candidats, militants, citoyens… tous les acteurs de la vie politique ont un rôle à jouer ! Une République plus éthique est à portée de main. La recette qui déclenche tous les grands changements n’a besoin que de deux ingrédients : la colère et le courage. « La colère face aux choses telles qu’elles sont. Et le courage nécessaire pour les changer. »

mardi, février 4 2020

Scandale de la Dépakine : mise en examen du groupe pharmaceutique Sanofi

4 02 2020

Sanofi.jpgLe groupe pharmaceutique Sanofi a annoncé sa mise en examen pour « tromperie aggravée » et « blessures involontaires » dans l’affaire de la commercialisation de l’antiépileptique de référence Dépakine.
L’enquête, ouverte en septembre 2016, visait à établir s’il y avait eu « tromperie sur les risques inhérents à l’utilisation du produit et les précautions à prendre ayant eu pour conséquence de rendre son utilisation dangereuse pour la santé de l’être humain ».
La molécule en cause, le valproate de sodium, est commercialisée depuis 1967 sous la marque Dépakine par Sanofi, mais aussi sous des marques génériques, et est prescrite aux personnes souffrant de troubles bipolaires. Elle présente néanmoins un risque élevé de malformations congénitales sur le fœtus si elle est prise par une femme enceinte.

lundi, février 3 2020

Le sens de la laïcité : le fondement juridique et le poids des mentalités

3 02 2020

La laïcité en tant que principe institutionnel est un concept relativement simple à comprendre. Mais son application dans divers domaines de la vie sociale engendre des débats importants et donne lieu à des interprétations divergentes. A-t-on alors raison de se méfier du principe et d’en dire du mal ? Pas nécessairement, répondent les auteurs. Simplement, il faut bien voir que les interprétations de la laïcité sont des opinions. En tant que telles, elles sont irréductiblement variées et, selon le principe même de laïcité, elles doivent être respectées sauf exception. Elles partagent d’ailleurs la population d’une façon plus complexe qu’on ne le dit. Cela ouvre une avenue à celles et ceux qui souhaitent promouvoir la laïcité.

jeudi, janvier 30 2020

Les réformes s’enchaînent, la précarité des jeunes s'accroît

30 01 2020

Dans un contexte de réformes successives dégradant de manière rapide et brutale l’Etat social et les services publics (réduction de 5 euros par mois des APL en 2017, mise en place de Parcoursup en 2018, nouvelles règles de l’assurance chômage en 2019, augmentation des frais d’inscription pour les étudiant·e·s étranger·e·s à l’université en 2019, réforme des retraites prévues pour 2020, etc.), nous alertons des effets de ces choix politiques sur les conditions de vie des jeunes en France, et notamment de celles et ceux issu·es des milieux les plus modestes. Nous ne pouvons rester silencieux·ses face à l’affaiblissement des droits et protections sociales au regard du contexte actuel de précarisation du travail et du marché de l’emploi, qui touche plus particulièrement les jeunes.

mardi, janvier 28 2020

Le terrorisme islamiste recule, celui d'extrême droite explose

28 01 2020

Global_Terrorism_Index.pngL’Institute for Economics and Peace (IEP) a publié fin novembre 2019 son Global Terrorism Index, rapport annuel recensant le nombre d'attaques et de décès liés au terrorisme dans le monde. Pour la quatrième année consécutive, les chiffres s'améliorent, avec une baisse de 15,2 % du nombre de morts en 2018 par rapport à 2017, soit un peu moins de 16 000 tués. Dans ce macabre décompte, l’Afghanistan paie le plus lourd tribu avec 7 359 morts dans 1 443 attaques. Ce faisant, les Talibans sont devenus le groupe terroriste le plus meurtrier au monde devant État Islamique.
L'Europe a enregistré une baisse de 70 % du nombre de morts avec un bilan de 62 tués en 2018 contre 200 en 2017 mais subit, comme l'Amérique du Nord et l'Océanie, une très forte hausse du terrorisme d'extrême droite (+320 % d'attaques sur les cinq dernières années).

dimanche, janvier 26 2020

La composition pénale, une procédure principalement réservée aux contentieux sans victime

26 01 2020

En 2018, 62 000 majeurs auteurs d'un ou plusieurs délits ont vu leur affaire classée après réussite d'une composition pénale. Pour un peu plus de la moitié d’entre eux, la principale infraction visée relevait du contentieux routier. Seuls 2 auteurs sur 10 avaient commis plusieurs infractions, quand cette situation concerne environ la moitié des auteurs jugés au tribunal correctionnel. Les infractions traitées en composition pénale sont aussi de moindre gravité que celles portées devant le tribunal correctionnel.
L’amende est la mesure de composition pénale la plus souvent prononcée, même si d’autres mesures prédominent dans certains contentieux, comme le stage pour l’usage de stupéfiants et les violences ou la remise de permis de conduire pour les infractions au code de la route. Six auteurs sur dix poursuivis après un échec de composition pénale sont condamnés en première instance à une peine d’emprisonnement, avec sursis total pour les trois quarts d’entre eux.

samedi, janvier 25 2020

Les infractions à la législation du travail entre 2014 et 2017

25 01 2020

Entre 2014 et 2017, 103 100 auteurs présumés ont été impliqués dans des affaires pénales relatives à des infractions à la législation du travail, majoritairement des infractions à la législation sur l’emploi. Ce type de contentieux est constitué majoritairement d'affaires relevant d'abord d'infractions à la législation sur l'emploi, mais aussi d'infractions à la réglementation du travail, d'accidents du travail, mortels ou non. Ces affaires ont pour particularité d'avoir été souvent révélées par une administration autre que la gendarmerie et la police, notamment par les services de l'inspection du travail relevant d'une Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi (DIRECCTE), ou par les services de contrôle de l'Union de recouvrement des cotisations de sécurité sociale et d'allocations familiales (URSSAF). Plus d'un tiers des auteurs sont des personnes morales, cette part importante est une autre particularité de ce type de contentieux. La réponse pénale prend principalement la forme d'une procédure alternative et, en cas de poursuite, d'une convocation par officier de police judiciaire devant le tribunal correctionnel. Les personnes morales reconnues coupables sont condamnées à des amendes tandis que plus du tiers des personnes physiques le sont à de l'emprisonnement, le plus souvent assorti de sursis total.

mardi, janvier 21 2020

Les pompiers, des héros fatigués par un État néolibéral

21 01 2020

Livre_romain_pudal.gifL’État français ne donne pas aux pompiers les moyens d’être à la hauteur de ces enjeux : les effectifs ne sont pas suffisants, et ils doivent assumer de plus en plus d’interventions avec la fermeture de certains services publics. Ils ne peuvent régulièrement pas répondre à tous les appels. Récemment, un pompier m’a confié : « Pas plus tard que la semaine dernière, on a laissé brûler un pavillon à 200 mètres de la caserne. » Les victimes ne comprenaient pas, les pompiers étaient désolés, mais ils étaient tous en intervention, il n’y avait plus personne pour éteindre.
Les bouleversements écologiques croissants posent une question majeure : est-ce que le gouvernement décide de soutenir sérieusement les services publics, notamment les services d’incendie et de secours, de telle sorte qu’ils puissent faire face ? Pour l’instant, ce n’est pas le cas. En témoignent les urgences où, quand les pompiers débarquent à certaines heures, c’est le chaos : il y a des ambulances partout, des brancards qui débordent, des infirmières qui n’en peuvent plus.

samedi, janvier 18 2020

Faut-il parler de "pédocriminalité" ou de "pédophilie" ?

18 01 2020

"Pédophile" ou "pédocriminel" ? Deux semaines après le début de l'affaire Matzneff et quelques jours après l'ouverture du procès du père Preynat, renvoyé devant la justice pour "agression sur mineur de 15 ans par personne ayant autorité", le choix des mots interroge. En France, 165 000 enfants sont victimes de viols et de violences sexuelles chaque année selon une enquête Ipsos pour l'association Mémoire traumatique et victimologie publiée en octobre 2019. Le Conseil de l'Europe estime quant à lui que près d'un enfant sur cinq est victime d'une forme de violence sexuelle. Pour les associations d'aide aux victimes, le combat est vaste et il se joue également sur le terrain lexical.

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