mardi, novembre 3 2020

Catastrophes sanitaire et sécuritaire

3 11 2020

Après les attentats « de proximité » imprévisibles et irrésistibles commis notamment en octobre 2020 par deux individus fous furieux, déséquilibrés et isolés, contre Samuel Paty et à la basilique de Nice – la ville la plus « sécurisée » de France ! –, il est permis de déplorer que, sans même qu'il ait été nécessaire à une nébuleuse terroriste de revendiquer ces meurtres barbares, le terrorisme islamiste a largement atteint son objectif d’hystérisation du débat public, de dislocation de la société française, de greffe du sentiment de panique dans la population et de destruction massive des idéaux républicains de liberté, d’égalité et de fraternité.
La dépendance aux mesures de police spécialement coercitives aux fins d’assurer à un prix exorbitant une prétendue « sécurité publique » a atteint un degré si aigu que la loi du 3 avril 1955 a, avec l’approbation générale contrainte ou passive d’une population alors confinée, servi de modèle à l’état d’urgence sanitaire de la loi du 23 mars 2020.

lundi, novembre 2 2020

La Loi « sécurité globale » : nouveau virage sécuritaire à venir

2 11 2020

Le 20 octobre, les députés de la majorité LREM ont déposé une proposition de loi de « sécurité globale ». Elle sera débattue par l’Assemblée nationale le 4 novembre, dans une urgence inouïe que rien ne justifie. Son article 21 veut déréguler l’utilisation des caméras mobiles portées par les forces de l’ordre. Son article 22 veut légaliser la surveillance par drone. Son article 24 veut interdire au public de diffuser l’image de policiers.
Cette proposition de loi contient également des dispositions inquiétantes en matière de police municipale, de sécurité privée et de vidéosurveillance.
Une fois de plus, le ministère de l'Intérieur et le gouvernement profitent du climat sécuritaire créé par des attentats pour tenter de faire passer dans la loi une série de nouvelles mesures potentiellement très attentatoires aux libertés individuelles et collectives ainsi qu'à la vie privée, sans démonstration vérifiable de leur bénéfice pour la sécurité ordinaire des citoyens.

dimanche, novembre 1 2020

« La question de l'origine du SARS-CoV-2 se pose sérieusement »

1 11 2020

Dans les zoonoses, les hôtes intermédiaires se retrouvent généralement parmi les animaux d’élevage ou sauvages en contact avec les populations. Or, en dépit des recherches de virus dans les espèces animales vendues sur le marché de Wuhan, aucun virus intermédiaire entre RaTG13 et le SARS-CoV-2 n’a pu être identifié à ce jour. Tant que ce virus intermédiaire n’aura pas été identifié et son génome séquencé, la question de l’origine de SARS-CoV-2 restera non résolue. Car en l’absence d'éléments probants concernant le dernier intermédiaire animal avant la contamination humaine, certains auteurs suggèrent que ce virus pourrait avoir franchi la barrière d’espèce à la suite d'un accident de laboratoire ou être d’origine synthétique.
« Étudier l’origine de SARS-CoV-2 est une démarche scientifique qui ne peut être assimilée à une thèse complotiste. De plus, j’insiste sur le fait que, tant qu’on n’aura pas trouvé l’hôte intermédiaire, cette hypothèse d’un échappement accidentel ne peut être écartée par la communauté scientifique ».

samedi, octobre 31 2020

Le gouvernement continue de supprimer des lits d’hospitalisation

31 10 2020

On aurait pu penser qu’avec la vague du Covid qui a déferlé au printemps, les autorités sanitaires, les Agences régionales de santé (ARS), les directions des hôpitaux auraient remis en question la politique de suppression de lits d’hôpitaux qui prime depuis des années. Il n’en est rien. Au moins treize hôpitaux vont continuer de perdre des places d’hospitalisation.
3400 lits avaient déjà été supprimés en 2019, 4000 en 2018. Entre 2003 et 2017, plus de 69 000 places d’hospitalisation à temps complet ont disparu. Ces dernières années, ces suppressions de lits passent par des décisions du Copermo, pour « Comité interministériel de performance et de la modernisation de l’offre de soins », une instance interministérielle créée en 2012.

vendredi, octobre 30 2020

Mortalité internationale du Covid : vulnérabilités et climat essentiels, sans lien avec le confinement

30 10 2020

Dans une étude qui vient d’être acceptée pour publication, cinq chercheurs français (Quentin De Larochelambert, Andy Marc, Juliana Antero, Eric Le Bourg et Jean-François Toussaint) ont étudié les statistiques de la mortalité liée au Covid à l’échelle internationale. Les résultats mettent en évidence les principaux facteurs de vulnérabilité physiologique qui impactent tout particulièrement les pays occidentaux les plus développés et les plus vieillissants de l’hémisphère nord. Ces sociétés comptent en effet une part plus importante de personnes très âgées au système immunitaire affaibli. Leurs modes de vie favorisent la sédentarité, l’inactivité et l'obésité, augmentant ainsi les risques d'hypertension, de diabète et de maladies cardiovasculaires (co-morbidités les plus fréquemment associées aux formes sévères et à la mortalité du Covid-19). Face à la puissance de ces facteurs, les actions des États – telles que le confinement général de la population – ne montrent aucune association déterminante sur l’évolution de la mortalité.

jeudi, octobre 29 2020

Le confinement constitue un remède pire que le mal pour la société française

29 10 2020

C’est un secret de polichinelle : le reconfinement était envisagé depuis l’été dernier. La stratégie de communication du ministère de la Santé s’est déployée autour de cette perspective depuis plus de deux mois, de façon à le faire accepter par la majorité de la population le jour J. Les médias mainstream lui ont fourni une aide décisive. Ils sont le relais et l’instrument privilégiés de cette communication. Et, force est hélas de constater qu’ils jouent très bien le rôle qui leur a été assigné. S’appuyant mécaniquement sur les chiffres, cette communication consiste à ne s’intéresser qu’aux indicateurs les plus alarmants, en les changeant au fil du temps si celui qu’on utilisait ne permet plus d’envoyer le message espéré. Et si un indicateur a une évolution en dents de scie, la communication se fait uniquement les jours où les chiffres augmentent. Il n’y a qu’un seul message possible.
Dans cette tribune, 300 universitaires, scientifiques, professionnels de la santé, du droit, de l’éducation et du social, ainsi que des artistes, se déclarent « atterrés » par des discours officiels qui dramatisent indûment la réalité afin de justifier des mesures de confinement.

mercredi, octobre 28 2020

Epidémiologie du Covid-19. Entretien avec Laurent Toubiana (INSERM)

28 10 2020

Laurent Toubiana est chercheur en épidémiologie à l’INSERM depuis près de 30 ans. Il a notamment beaucoup travaillé sur les maladies infectieuses. Dans ce long entretien, il explique en détail les pièges de l’analyse statistique (à quels indicateurs se fier ?), les erreurs des modélisateurs-catastrophistes et les mécanismes de l’épidémie (notamment l’immunité collective).

mardi, octobre 27 2020

La communauté éducative face à la radicalisation des jeunes

27 10 2020

Voilà maintenant cinq années que les attentats de janvier et novembre 2015 ont eu lieu. Ces derniers temps, les actes terroristes commis sur le sol français déconcertent les autorités. En effet, tout comme Mickael Harpon (auteur de l’attentat à la préfecture de Paris) et Zaheer Hassan Mahmoud (auteur du crime devant les anciens locaux de Charlie Hebdo), Abdoullakh Anzorov, le tueur du professeur d’Histoire-Géographie Samuel Patty n’était ni fiché S ni étiqueté dans le fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT).
Ces actes terroristes ont fait ressurgir dans le débat public ce que je qualifierais d’« atmosphère radicale », caractérisée par une ambiance confusionniste entremêlée d’une pelote d’opinions sur des sujets aussi divers que la laïcité, le terrorisme, le sentiment d’insécurité, la violence endémique, l’immigration, la liberté d’expression… Difficile dans ce contexte d’agir et de réagir en tant que travailleur social et/ou enseignant. Des pistes existent néanmoins.

lundi, octobre 26 2020

Doxa anti-raoultiste et police de la pensée

26 10 2020

Six chercheurs ont mis en cause notre récent article consacré au rôle de l'industrie pharmaceutique dans la polémique sur la thérapeutique du Covid, l'IHU de Marseille et le professeur Raoult. On leur répond en montrant d'une part que leurs arguments sont réfutables, d'autre part qu'ils cachent un anti-raoultisme primaire (fort répandu) qui relève de l'opinion et non de la science.
Complexité, symétrie, impartialité, maîtrise de l’information scientifique et de la bibliographie… force est de constater que tous ces vertueux principes ne sont mis en œuvre par nos nouveaux policiers de la pensée que dans les cas où cela sert la charge qu’ils ont décidé de soutenir. Et l’on comprend que, inversement, ces beaux principes tendent à s’évaporer dès que l’information disponible ne va plus dans leur sens. Pour finir, nous leur dirons donc ceci : commencez par appliquer vous-mêmes de façon rigoureuse les principes dont vous vous prévalez avant de prétendre donner des leçons aux autres.

dimanche, octobre 25 2020

Les faux-semblants de la laïcité

25 10 2020

La laïcité en tant que principe institutionnel est un concept relativement simple à comprendre. Mais son application dans divers domaines de la vie sociale engendre des débats importants et donne lieu à des interprétations divergentes. A-t-on alors raison de se méfier du principe et d’en dire du mal ? Pas nécessairement, répondent les auteurs. Simplement, il faut bien voir que les interprétations de la laïcité sont des opinions. En tant que telles, elles sont irréductiblement variées et, selon le principe même de laïcité, elles doivent être respectées sauf exception. Elles partagent d’ailleurs la population d’une façon plus complexe qu’on ne le dit. Cela ouvre une avenue à celles et ceux qui souhaitent promouvoir la laïcité.

jeudi, octobre 22 2020

Les victimes individuelles de la corruption en France

22 10 2020

Selon les enquêtes « Cadre de vie et sécurité » conduites en 2018 et 2019, en moyenne chaque année, 1 034 000 personnes âgées de plus de 14 ans déclarent avoir été victimes de corruption lors des deux années précédant l’enquête, soit 1,98 % de la population. Parmi elles, 407 000 auraient reçu des demandes de pots-de-vin afin d’obtenir un service (victimes de demandes de corruption) et 707 000 personnes auraient reçu des propositions de pots-de-vin afin qu’elles fournissent un service (victimes de propositions de corruption).
Plus précisément, 65 % des auteurs de demandes de corruption étaient salariés du privé ou à leur compte. Pour près de la moitié des auteurs de propositions de corruption, il s’agissait d’avancer leurs propres intérêts personnels et non représenter un tiers dans le cadre professionnel.

mardi, octobre 20 2020

Argent libyen : Nicolas Sarkozy mis en examen pour « association de malfaiteurs »

20 10 2020

Deux ans après sa triple mise en examen dans l’affaire des financements libyens, Nicolas Sarkozy a écopé, lundi 12 octobre, dans le même dossier, d’un quatrième chef de mise en cause, une première dans l’histoire judiciaire pour un ancien chef de l’État : « association de malfaiteurs ».
Selon nos informations, l’ancien président de la République a été mis en examen par les juges Aude Buresi et Marc Sommerer, au terme de quatre jours d’interrogatoire, débutés le 6 octobre, et près de quarante heures d’auditions cumulées, pour « association de malfaiteurs » en vue de la préparation de délits punis de dix années d’emprisonnement (corruption et détournements de fonds publics libyens).

dimanche, octobre 18 2020

La Démocratie dévoyée. Argent et politique

18 10 2020

Dans le cadre de leur partenariat éditorial, les revues La Vie des Idées/Books&Ideas et Public Books ont donc tenu à aborder cette séquence en proposant un dossier sur « la démocratie dévoyée par l’argent ». Dans un contexte de défiance croissante à l’égard du politique et, tout particulièrement, des partis politiques, notre ambition consistait à examiner à nouveaux frais, la manière dont l’argent continue d’influencer le cours de nos démocraties électorales.
Les auteurs se sont livrés à une fine analyse sociologique des règles encadrant le financement (public et privé) des partis politiques au Royaume-Uni, en France et aux États-Unis, eu égard notamment au renforcement de l’exigence de transparence et de publicité dans ces pays. Tous deux concluent sur leurs effets mitigés, non seulement en termes de régulation des disparités de financement mais aussi en termes de réduction de la défiance des citoyen.ne.s à l’égard de leurs institutions politiques.

samedi, octobre 17 2020

L’état d’urgence sanitaire permanent

17 10 2020

Pour la deuxième fois en quelques mois, et pour la sixième fois sous la Ve République, la France est placée sous un régime d’état d’urgence, décidé de manière discrétionnaire par le président de la République. Alors que la prorogation de la loi du 9 juillet 2020 organisant la sortie de l’état d’urgence sanitaire était en cours de discussion au Parlement le jour même de l’annonce présidentielle, le chef de l’Etat a choisi de recourir à un régime de rigueur renforcée qui octroie des pouvoirs exorbitants du droit commun à l’autorité administrative, sans véritable contrôle juridictionnel.
Ce régime d’exception conduit à l’édiction de mesures coercitives privatives ou restrictives de libertés ou de droits, dont la violation est pénalement sanctionnée, attestant d’une approche gouvernementale purement punitive et de défiance à l’égard de la population.

vendredi, octobre 16 2020

Mouvements sociaux, liberté de manifestation

16 10 2020

manifestation_print-1.jpgDes cortèges du XIXe siècle aux Gilets jaunes d’aujourd’hui, la manifestation n’a cessé de susciter le débat. Parfois considérée comme un rassemblement séditieux, elle est aujourd’hui l’objet d’une liberté qui se traduit par un droit d’investir l’espace public pour faire valoir une revendication. Mais cette liberté est fragile, d’abord parce qu’elle s’exerce dans la rue – lieu où doit être garanti l’ordre public – et qu’elle impose ainsi une constante recherche d’équilibre entre la liberté d’expression et le maintien de l’ordre. Cette liberté est aussi fragile juridiquement car son régime repose sur un décret-loi de 1935 – texte de circonstance adopté à la suite des émeutes du 6 février 1934 – désormais intégré au Code de la sécurité intérieure. Le régime déclaratoire que ce décret met en place semble bien peu adapté à une époque où les manifestants se mobilisent sur les réseaux sociaux.

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