samedi, janvier 12 2019

Violence scolaire et familles. Une dérive inquiétante

12 01 2019

Jean-Michel_Blanquer_RTL.JPGLe ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, a déclaré le 10 janvier 2019 envisager, dans le plan d’action interministériel contre les violences scolaires, la possible suspension des allocations familiales aux parents « complices d’une évolution violente des enfants ». Cette stratégie nous parait inquiétante pour trois raisons essentielles.
La préservation de l’avenir des jeunes générations, menacées par les inégalités sociales et économiques, exige du courage et demande une éthique rigoureuse. Les propos consternants du ministre de l’Éducation nationale nous font craindre que la rhétorique politicienne et des soucis électoralistes prennent le pas sur le souci du bien commun.

Photo : rtl.fr

vendredi, janvier 11 2019

Gilets jaunes : le droit de manifester restera-t-il sur le bord des ronds points ?

11 01 2019

Manifestation_de_Gilets_Jaunes.jpgLe mouvement des « gilets jaunes » initié depuis plusieurs semaines met en lumière le débordement du droit et de ses pratiques, qui s'éloignent de la justice pour n'être plus voués qu'au maintien de l'ordre public. Ces débordements rendent nécessaire une vigilance toute particulière à la répression et à la législation qui vient. Celle qui, comme la proposition de loi Retailleau reprise à son compte par le gouvernement, envisage d'encore accroître les empêchements administratifs de manifester comme la répression pénale des mouvements sociaux.

Photo : francetvinfo.fr

jeudi, janvier 10 2019

Le référendum d’initiative citoyenne (RIC) est-il le moyen de renouer avec la démocratie ?

10 01 2019

Gilets_jaunes_RIC.jpgLe mouvement des Gilets Jaunes est une véritable révolte populaire, assez peu organisée et dont les revendications sont hétérogènes. Toutefois, parmi ces dernières, l’une est de nature politique et s’est progressivement imposée : le référendum d’initiative citoyenne (RIC). L'idée n'est pas nouvelle mais on ne reviendra pas ici sur son histoire. Notre propos est bien plutôt de prendre appui sur une recherche récente pour réfléchir au fait que le RIC est peut-être une fausse bonne idée et qu’il serait préférable de favoriser la démocratie participative plutôt que la démocratie directe. Encore faudrait-il toutefois que cette démocratie participative parvienne à exister davantage, ce qui pose la question trop occultée du fonctionnement politique au niveau local et non pas simplement national.

Photo : leparisien.fr

mercredi, janvier 9 2019

"Two-i", la biopolitique au pouvoir à Nice

9 01 2019

Tramway_a_Nice.jpgLa Ville de Nice, comme plusieurs villes de France, bascule dans le tout sécuritaire. La tentation des élus locaux de vouloir tout contrôler à chaque instant n'est pas nouvelle, mais les progrès de la technologie leur donnent désormais les moyens de leur démesure et, parfois, de leur démence.
La ville de Nice s’apprête à tester un logiciel permettant d'analyser les émotions des passagers du tramway pour décider d'éventuelles interventions de la police municipale. Nous basculons dans une biopolitique contrôlant les corps, les comportements et les émotions des individus et qui constitue une atteinte manifeste à la vie privée et aux libertés individuelles.

mardi, janvier 8 2019

Pourquoi les données économiques peinent à rendre compte de la dure réalité du quotidien

8 01 2019

precarite_supermarche.jpgIls l’ont clamé sur les ronds-points, lors des manifestations en ville, sous les fenêtres de l’Élysée, depuis des années aussi, dans les territoires délaissés de l’Hexagone jusqu’aux DOM. De nombreux Français ne supportent plus les politiques économiques qui contraignent nombre d’entre eux à contourner les systèmes existants pour boucler leurs fins de mois. Gilets jaunes ou non, ce sont des millions d’individus et de familles qui vivent dans une réalité économique parallèle à celle mise en avant par le gouvernement.

Photo : theconversation.com

lundi, janvier 7 2019

Qu’est-ce qu’un mouvement social populiste ? Comprendre les « gilets jaunes »

7 01 2019

Les protestations actuelles en France sont un exemple de mouvement social populiste. Ce phénomène est rare, mais l’usage péjoratif du mot populisme nous empêche de le comprendre. Il ne doit être confondu ni avec la démagogie, ni avec le nationalisme. Qu’est-ce donc le populisme et peut-on lui résister ?
Le populisme est une idéologie qui simplifie la politique en la réduisant à un antagonisme de nature morale. Elle consiste, d’une part, à affirmer la valeur des gens simples, qui représenteraient selon les populistes, la majorité écrasante. Et, d’autre part, cette idéologie met en scène un rapport antagoniste entre la « majorité », par définition bonne, et une « minorité », qui par définition ne l’est pas. La politique est alors réduite à un combat perdu d’avance.

vendredi, janvier 4 2019

L’islam en France : quel(s) rapport(s) ?

4 01 2019

En 2016 et 2018, deux rapports publiés sur l’ « islam français » et sur « la fabrique de l’islamisme » se proposent respectivement d’« imaginer une nouvelle organisation de l’islam en France » et de répondre « au développement de l’islamisme en France et en Europe ». Cette production, abondamment relayée dans les médias, a suscité dans l’opinion débats et réserves.
Pour mieux comprendre les réactions assez unanimement critiques qui ont accueilli ces rapports et les propositions formulées, il faut rappeler que depuis la fin des années 1980, la société française connaît l’émergence d’élites administratives, politiques et économiques, issues des migrations maghrébines, africaines et turques qui aspirent à jouer un rôle dans l’espace public.

jeudi, janvier 3 2019

Que deviennent les jeunes après l’aide sociale à l’enfance ?

3 01 2019

L’aide sociale à l’enfance regroupe des actions de prévention et de soutien en direction des enfants et des familles en difficultés psycho-sociales en France et de prise en charge d’enfants qui ne peuvent pas vivre dans leur famille pour diverses raisons. La modification de la prise en charge de ces jeunes au moment du passage à la majorité rend cette étape bien plus sensible que pour les autres jeunes. Que deviennent-ils après 18 ans ? Comment sont-ils logés ? L’ « étude longitudinale sur l’accès à l’autonomie après un placement » (Ined-Laboratoire Printemps) permet pour la première fois en France de mesurer les conditions de vie des jeunes protégés au moment de la fin de leur prise en charge et leur devenir à la sortie du système de protection de l’enfance. Elle a été réalisée auprès de sept départements (le Nord, le Pas-de-Calais, Paris, la Seine-et-Marne, l’Essonne, les Hauts de Seine et la Seine-Saint-Denis) et est représentative uniquement de ces départements.

mardi, janvier 1 2019

Derrière le mouvement des Gilets Jaunes, cinq fractures françaises

1 01 2019

Gilets_Jaunes_justice_sociale.jpgAu départ, beaucoup craignaient le pire. Pensez donc : un mouve­ment qui naît hors syndicats et partis politiques, qui proteste contre une hausse des taxes sur l’essence, et d’où surgissent parfois des saillies sur les immigrés ou les « assistés ». Pourtant, après les premières journées de mobilisation, il a bien fallu se rendre à l’évidence : les gilets jaunes étaient l’un des mouvements sociaux les plus importants de ces dernières années – et sans conteste le plus improbable. Il a en effet maintenu mobilisées pendant plus d’un mois des catégories sociales parmi les plus éloignées du jeu politique traditionnel. Des femmes et des hommes souvent situés entre le haut des classes populaires et le bas des classes moyennes, venus remettre frontalement en question les dynamiques inégalitaires qui, depuis plusieurs années, travaillent la société française.

samedi, décembre 29 2018

50 ans après : actualités du droit à la ville d’Henri Lefebvre

29 12 2018

Le_droit_a_la_ville.jpgDans Le Droit à la ville, Henri Lefebvre reprenait l’idée d’une « utopie expérimentale » qui s’appuie sur les « besoins sociaux » d’une « société urbaine » – et qu’il avait formulée dès 1961 en appelant à un « nouvel urbanisme ». Il défendait surtout la nécessité d’une participation active et transversale des citadins à l’ensemble des étapes de la production de la ville, y compris lors des décisions. D’une manière générale, son approche s’inscrivait en faux contre la planification fonctionnaliste et centrée sur des critères économiques de l’État-providence, dominante à l’époque.
Les enjeux de ces usages contemporains du droit à la ville dépassent donc le débat théorique. 50 ans après la première parution de l’ouvrage, les universitaires, les acteurs publics, mais aussi les associations d’habitants ou d’usagers et les mouvements citadins, voire certaines institutions nationales ou internationales, se sont diversement emparés du concept.

jeudi, décembre 27 2018

La répression des trafics de cigarettes dans la région marseillaise : limites de l’action publique et inégalités sociales

27 12 2018

Port_autonome_de_Marseille.jpgLe phénomène des trafics de cigarettes dans le bassin méditerranéen est largement éclipsé par celui des trafics de cannabis qui concentre l’attention du débat public ainsi que des institutions pénales. La région marseillaise fait exception dans la mesure où le port de Marseille a toujours été la principale porte d’entrée des produits de contrebande dans le sud de la France. La mobilisation des pouvoirs publics dans cette région aboutit à une répression qui se concentre toutefois sur les petits trafiquants et sur les revendeurs de rue, une population très précaire. Lui échappent l’essentiel des trafics à grande échelle (par conteneurs) de même que, à l’opposé, les micro-trafics empruntant la voie routière. Une étude menée dans la population étudiante locale permet de constater l’ampleur de ces micro-trafics, leur impunité quasi totale et le fait que leurs acteurs appartiennent aux classes moyennes, voire moyennes supérieures.

Photo : meretmarine.com

mercredi, décembre 26 2018

Nouveau record de la population carcérale en France

26 12 2018

Le nombre de détenus dans les prisons françaises a établi un nouveau record au 1er décembre, avec 71 061 personnes incarcérées, selon les chiffres de l’administration pénitentiaire. Ainsi, 82 634 personnes étaient placées sous écrou, dont 11 573 sous surveillance électronique ou à l’extérieur.
Le nombre très symbolique de 70 000 détenus dans les 187 établissements pénitentiaires de France (départements et territoires ultramarins compris) avait, lui, été atteint en avril. Avec plus de 71 000 détenus pour 60 000 places opérationnelles, la densité carcérale s’établit désormais à 118,2 % dans les prisons françaises, qui souffrent d’une surpopulation chronique, contre 117,8 % un an plus tôt. Mais c’est une moyenne. La surpopulation dépasse 140 % dans les maisons d’arrêt, des établissements qui accueillent les courtes peines ou les personnes en attente de jugement. Certaines affichent même un taux d’occupation de plus de 200 %.

mardi, décembre 25 2018

La loi de 1905 : un concordat non-dit

25 12 2018

Sapin_de_noel_devant_l__eglise.jpgLe gouvernement dit réfléchir à l'« actualisation » de la loi de 1905 sur la séparation des églises et de l’État.
L’auteur de la présente note revient sur ce principe suprême de laïcité et l’obligation de neutralité incombant avant tout aux pouvoirs publics. Il rappelle que c’est bien parce que l’État n’a pas de religion qu’il reconnait à tous la liberté de religion. Il aborde la question du financement des lieux de cultes et des imperfections de la loi de 1905 à cet égard. Les religions qui se sont développées après 1905 s’avèrent particulièrement lésées. Il s’attarde également sur les nombreuses exceptions à l’interdiction des subventions posée par la loi ou sur les associations à vocation cultuelle que les pouvoirs publics contrôlent déjà en dépit des polémiques à ce sujet.

Photo : ledevoir.com

lundi, décembre 24 2018

De moins en moins d’homicides en France

24 12 2018

Graphique_homicides.jpgSi les meurtres occupent une large place dans la chronique des faits divers, on oublie souvent de rappeler une tendance très nette : on s’entretue de moins en moins. Il y a 20 ans, on comptait 1 600 meurtres par an, aujourd’hui on en dénombre deux fois moins. Le taux d’homicides a baissé de 3 à 1,3 pour 100 000 habitants entre 1993 et 2017. Depuis 2008, le nombre d’assassinats (hors impact du terrorisme) est resté stable autour de 800 par an, ce qui suffit pourtant à alimenter la chronique médiatique tous les jours.

samedi, décembre 22 2018

La réforme de la justice : vers le démantèlement du service public ?

22 12 2018

Reforme_de_la_justice.jpgLe projet de loi de réforme de la justice porté par la ministre de la Justice Nicole Belloubet, par ailleurs professeur de droit public, a été avalisé en conseil des ministres en avril 2018. Il a d'abord été présenté au Sénat qui l'a adopté moyennant le rétablissement de quelques garde-fous en matière pénale. Depuis le 19 novembre 2018, l'Assemblée Nationale le discute. L'adoption du texte est prévue dans la foulée. La procédure d’urgence a été retenue pour légiférer sur un texte concernant la justice, gardienne des droits fondamentaux et des libertés individuelles.

Lire la suite...

- page 3 de 188 -