jeudi, avril 16 2020

Mais où est donc passée la Haute Autorité de Santé ?

16 04 2020

La polémique autour du protocole prôné par le professeur Raoult pour soigner les malades du Covid-19 aurait pu être évitée si la France avait été capable de proposer au corps médical des Medical Guidelines. C'était a priori le rôle de la Haute Autorité de Santé (HAS). Elle n'est pas au rendez-vous. Pourquoi ?

mercredi, avril 15 2020

StopCovid : une appliquation inefficace pour la santé et dangereuse pour les libertés

15 04 2020

StopCovid.jpgDans son discours du 13 avril, Emmanuel Macron a invité le Parlement à débattre de l’éventuelle application StopCovid développée par son gouvernement. L’effet placebo du traçage informatique. Tracking GSM, GPS ou Bluetooth? Aucun système ne pourra répondre à l'urgence sanitaire.
L’utilisation d’une application dont les objectifs, les techniques et les conditions mêmes d’usage portent des risques conséquents pour notre société et nos libertés, pour des résultats probablement médiocres (voire contre-productifs), ne saurait être considérée comme acceptable pour nous – tout comme pour beaucoup de Français·es. Le temps médiatique, politique et les budgets alloués à cette fin seraient mieux utilisés à informer et protéger la population (et les soignant·es) par des méthodes à l’efficacité prouvée, telles que la mise à disposition de masques, de matériel médical et de tests.
L'urgence de santé publique, ce n'est pas la surveillance massive mais le dépistage de masse !

Image : francetvinfo.fr

mardi, avril 14 2020

Au nom du coronavirus, l’État et certaines communes mettent en place la société de contrôle

14 04 2020

Nice_Promenade_des_Anglais_18_mars_2020.jpgCouvre-feux, contrôles policiers multiples, toute-puissance de l’administration, emballement de l’industrie technosécuritaire : la pandémie de Covid-19 se traduit, en France, par un contrôle accru des populations, suspectées par principe de ne pas participer à la « guerre » contre le virus.
La situation touche toute la France « avec une surenchère locale », estime Henri Busquet, président de la Ligue des droits de l’Homme à Nice. « On assiste à une compétition. À Nice, à Cannes, à Menton ou à Saint-Laurent-du-Var, les maires ont tous mis en place des couvre-feux avec à chaque fois des horaires différents, à tel point que le préfet des Alpes-Maritimes a dû prendre un arrêté sur l’ensemble du département pour harmoniser le tout. »

lundi, avril 13 2020

Chloroquine, protocole Raoult, liberté de prescrire des médecins : bilan provisoire

13 04 2020

En France, l'immense majorité des articles de presse et des débats sur les réseaux sociaux demeurent enfermés dans le pseudo-débat consistant au fond à se demander si le professeur Didier Raoult est quelqu'un que l'on peut prendre au sérieux ou non. Or cette très mauvaise question (peu importe sa personnalité, il dirige un institut hospitalo-universitaire qui emploie plusieurs centaines de personnes et qui est à la pointe de la recherche sur les maladies infectieuses) paralyse en réalité le débat. Elle empêche de réfléchir rationnellement à la seule véritable question qui se pose : comment apporter tout de suite des réponses médicales aux malades ? Les autorités médicales françaises sont manifestement incapables de donner une réponse globale et stable à cette question cruciale (où sont les Guidelines ? que fait la Haute Autorité de Santé ? que fait Santé Publique France ? pourquoi le président de la République a-t-il installé un Conseil scientifique puis un Comité analyse recherche et expertise ?). Les médecins libéraux et hospitaliers sont manifestement désemparés (on le verra ci-dessous dans le fil d'actus). Et force est hélas de constater que les médias dominants informent en réalité très peu sur tout ceci.

dimanche, avril 12 2020

Chloroquine : laissons les médecins faire leur travail (prescrire)

12 04 2020

Dès lors que la prescription est sous la responsabilité d’un médecin capable de considérer les effets secondaires, extrêmement rares pour des traitements de courte durée avec ces médicaments bien connus, sauf dans le cas de malades atteint de pathologies particulières, pourquoi donc ne pas autoriser ces médicaments pour traiter le Covid-19, d’autant plus qu’aucun traitement alternatif n’a prouvé son efficacité ? Non, décidément, je ne vois aucune explication logique. Sauf une : le biais.
Dès lors que des liens d’intérêts existent entre décideurs et fabricants de médicaments par exemple, on ne peut exclure l’existence de biais, non pas au niveau de l’interprétation des résultats d’expérience (il est difficile d’être biaisé dans la lecture de chiffres précis), mais dans le choix du type d’expérience considéré acceptable.

samedi, avril 11 2020

Covid-19 : la différence allemande

11 04 2020

Drapeau_allemand.pngAvec un taux de décès parmi les plus bas au mode, l'Allemagne fait figure de modèle en matière de lutte contre le Coronavirus.
Le mode de calcul du taux de décès explique une petite partie des différences de taux de mortalité entre les pays. Mais "il existe également des facteurs médicaux importants qui ont permis de maintenir le nombre de décès en Allemagne à un niveau relativement bas, selon les épidémiologistes et les virologistes, dont les principaux sont les tests et les traitements précoces et généralisés, l'abondance de lits de soins intensifs et un gouvernement de confiance dont les directives en matière de distanciation sociale sont largement respectées", explique le New York Times.

Lire la suite...

jeudi, avril 9 2020

La crise sanitaire ne justifie pas d’imposer les technologies de surveillance

9 04 2020

Pour surveiller l’évolution de la pandémie, tenter d’y mettre fin et organiser la fin du confinement, les gouvernements de plusieurs pays européens proposent d’utiliser des outils numériques basés sur l’utilisation des données des téléphones portables en prenant exemple sur plusieurs pays d’Asie qui ont subi l’épidémie avant l’Europe (Chine, Corée du Sud, Taïwan, Singapour).
Deux logiques sont en œuvre : géolocaliser les populations et vérifier qu’elles respectent le confinement ; signaler aux personnes qu’elles ont pu être en contact avec des malades de la Covid-19.
En France, le 8 avril, le gouvernement a indiqué travailler sur une application pour téléphone portable, téléchargeable à titre volontaire, permettant que « lorsque deux personnes se croisent pendant une certaine durée, et à une distance rapprochée, le téléphone portable de l’un enregistre les références de l’autre dans son historique. Si un cas positif se déclare, ceux qui auront été en contact avec cette personne sont prévenus de manière automatique ».

mercredi, avril 8 2020

Intermédiaires douteux, concurrence entre États : le "Far-West" de l’équipement médical

8 04 2020

La règle en temps de crise, c’est qu’il n’y a plus de règles. Celles qui encadraient les procédures de marchés publics en Europe ont volé en éclat avec l’épidémie de Covid-19. Pour permettre aux États membres de l’Union de faire face à la pénurie en équipements essentiels pour les soignantes et les patients, les pays européens ont assoupli considérablement la réglementation pour les achats vitaux, le matériel médical ou les médicaments. Les commandes publiques se font sans appels d’offres préalable, via des procédures de gré à gré. Le risque de favoritisme, de corruption, de surfacturation et d’escroqueries est élevé.
Depuis que les États membres "ont pris conscience de la nécessité d’acheter en urgence", c’est devenu "la jungle sur les marchés, la loi du plus fort, du plus riche, et souvent du plus malicieux, voire du plus criminel", raconte un responsable en poste à la Commission européenne.

mardi, avril 7 2020

Une nouvelle charge virale pour les libertés fondamentales

7 04 2020

Tandis que les moyens de contrôle potentiellement les plus intrusifs se banalisent (usage des drones, tracking des téléphones), de même que les mesures de restriction les plus inutiles (couvre-feux, interdiction des marchés, fermeture des plages, bords de rivières et de lacs, etc.), quelques associations et syndicats de professionnels sont heureusement attentifs au recul des libertés publiques en temps de crise.
De son côté, le Syndicat de la magistrature (SM) a réagi sur deux dispositions de la loi du 23 mars 2020. Une bien connue, l'autre beaucoup moins. La première bien connue est cette instauration d'une nouvelle contravention de non respect des règles de confinement réprimée d’une amende de 4ème classe, puis, si une nouvelle infraction est constatée dans un délai de 15 jours, une contravention de 5ème classe et enfin un délit puni de 6 mois de prison en cas de 3ème verbalisation dans un délai de 30 jours : "Avec une telle sanction, la France se situe dans la fourchette haute des États européens dont plusieurs se contentent de la simple amende pour réprimer ces comportements, voire ne prévoient aucune sanction". Et surtout, en pratique, les inégalités socio-spatiales face aux contrôles policiers sont tout simplement énormes. La seconde disposition, passée inaperçue, réside dans son article 16 relatif à la prolongation des durées de détention provisoire. L'administration va-t-elle bientôt remplacer les juges de la liberté et de la détention (JLD) ?

lundi, avril 6 2020

Pouquoi il faut d'urgence agir pour préserver la biodiversité

6 04 2020

sauvons-la-biodiversite-les-10-actions-pour-reagir-.jpgHélène Soubelet, vétérinaire de formation et diplômée d’études approfondies en pathologie végétale, est directrice de la Fondation pour la recherche sur la biodiversité. Passée par le ministère de l’environnement entre 2010 et 2017 (adjointe au chef de bureau biotechnologies et agriculture puis cheffe de la mission Biodiversité et gestion durable des milieux au sein de la direction de la recherche), elle est aussi la coautrice de nombreux ouvrages. Dans l’un d’entre eux, Sauvons la biodiversité. Les 10 actions pour agir, co-écrit avec J.-F. Silvain, on peut y lire : « Avons-nous le temps d’éviter que le système ne bascule ? En réalité, la seule question pertinente à l’échelle de chacun d’entre nous, c’est “avons-nous le choix ?” Il nous semble que la réponse éthique est non. D’autant que nous avons des solutions ; il manque juste une volonté forte pour les mettre en œuvre, à tous les niveaux : hommes politiques, acteurs économiques et citoyens. »

dimanche, avril 5 2020

Le confinement fait exploser les inégalités

5 04 2020

Comme toutes les crises, celle du coronavirus frappe d’abord les moins protégés de notre société.
Le niveau de vie détermine la surface dont dispose chacun dans son logement et être confinés à cinq dans un deux-pièces n’est pas la même chose que de l’être dans une maison avec jardin.
À l’école, les enfants prendront d’autant moins de retard que leurs parents pourront prendre le relais des enseignants.
L’effondrement de l’activité économique fait chuter l’emploi. Une partie de la population en emploi précaire, déjà fragile et inquiète, l’est encore plus aujourd’hui. Le chômage frappe d’abord les peu qualifiés et les salariés en contrat court. L’intérim s’arrête. Les petits indépendants paient très cher le prix de la crise. Il faudra des mois pour se relever du trou d’air actuel.
Les conséquences sanitaires sont les plus lourdes. Certaines professions parmi les plus mal rémunérées de notre pays, comme les aides-soignantes, les livreurs ou les caissières sont les plus exposées à l’épidémie. Les personnes les plus en danger sont celles qui souffrent déjà de maladies chroniques dont on sait qu’elles sont en partie liées aux inégalités sociales. La situation des sans-abri et plus largement de tous ceux qui vivent dans des logements de fortune dans des conditions déjà dramatiques, est préoccupante.

samedi, avril 4 2020

Et si nous avions pu éviter le confinement ?

4 04 2020

Confinement_votre.jpgSi en cette période, il apparaît indispensable de ne pas donner le sentiment de vouloir inciter à une quelconque désobéissance, et si l’urgence impose la solidarité avec les personnels de santé fortement mobilisés, il apparaît néanmoins nécessaire de conserver un espace de réflexion, un espace de distance (et pas uniquement sociale), l’Union sacrée s’arrêtant aux portes de nos lobes frontaux.
La réflexion sur le choix entre confinement strict qui a été celui d’un très grand nombre de pays dans le monde et celui non pas d’un laxisme, mais de dispositions plus modérées est biaisée par le rôle joué par les capacités de dépistage, le nombre de masques disponibles et l’état des systèmes de santé. Ces différents éléments capitaux sont des clés essentielles pour comprendre les différences qui existent entre la Corée du Sud notamment et la plupart des pays européens.

Illustration : franceculture.fr

vendredi, avril 3 2020

Italie: le bilan de la gestion surtout policière de la pandémie est accablant

3 04 2020

En Italie, se multiplient les témoignages critiques de la gestion de la pandémie et ses données statistiques. Probablement on a eu 4 fois plus de morts de ceux officielles. Cette gestion s’est révélée essentiellement militaro-policière plutôt que sanitaire.
La santé publique italienne n’était pas de tout à la hauteur du défi : des structures réduites à moins de l’indispensable, un personnel diminué et sans les compétences nécessaires, tout cela après des années de coupures budgétaires, de scandales, d’asservissement au privé parfois aux mains de la mafia (notamment en Sicile). Bref une santé publique qu’inévitablement non seulement ne pouvait pas faire face à une telle urgence mais que à la fois ne pouvait que l’aggraver à cause de l’ignorance de nombre de travailleurs de la santé et même médecins qui ont été contaminés et sont contaminé d’autres (10% du total des contaminés et des centaines de morts parmi lesquels presque 80 médecins).

jeudi, avril 2 2020

Masques de protection : un mensonge d’Etat

2 04 2020

Masque_de_protection.jpgMediapart publie aujourd’hui les résultats d’une enquête de plusieurs semaines qui retrace les nombreux dysfonctionnements au sommet de l’État, depuis le mois de janvier jusqu’à ce jour. Un mensonge d’État qui a conduit la France à l’impensable : la pénurie de masques de protection pour ses soignants face au Covid-19 et pour sa population en général.
Pénurie cachée, consignes sanitaires fantaisistes, propositions d’importations négligées, stocks toujours insuffisants, entreprises privilégiées : basée sur de nombreux témoignages et documents confidentiels, une enquête de Mediapart révèle la gestion chaotique au sommet de l’État, entre janvier et aujourd’hui, sur la question cruciale des masques. Et les mensonges qui l’ont accompagnée. Les soignants, eux, sont contaminés par centaines.

Photo : santemagazine.fr

mercredi, avril 1 2020

Comment la France a abandonné le dispositif de protection contre des pandémies

1 04 2020

La pandémie de coronavirus, d’ampleur totalement inédite, a pris de court la plupart des pays. Peu d’entre eux étaient prêts à encaisser une vague épidémique majeure. Il en existe pourtant au moins un qui avait su mettre au point un dispositif de protection très ambitieux contre des pandémies de cette ampleur. Et ce pays c’est… la France de 2007 ! A la suite de l’épidémie de grippe aviaire (H5N1) de 2006 et à l’initiative du sénateur Francis Giraud (1932-2010), le gouvernement de l’époque a fait adopter, en mars 2007, une loi au titre prémonitoire : « Loi relative à la préparation du système de santé à des menaces sanitaires de grande ampleur ».
Malheureusement, ce dispositif a été progressivement désarmé pour diverses raisons. Retour sur un épisode et une institution peu connue de notre histoire récente, l’établissement de préparation et de réponse aux urgences sanitaires (Eprus).

- page 4 de 206 -