Polices, gendarmerie

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samedi, octobre 29 2016

Policiers et gendarmes tués ou blessés en 2015

29 10 2016

policier_blesse.jpgLa police nationale recense 6 fonctionnaires décédés dans l’exercice de leur fonction en 2015. Cette proportion est deux fois moins importante comparée à 2014, année durant laquelle 11 policiers avaient perdu la vie. La moitié des décès survenus en 2015 ont impliqué une arme. Au total, au cours de l’année 2015, près de 12 388 policiers ont été blessés, que ce soit en mission de police (en intervention) ou durant les heures de service. Ce nombre connait une légère baisse de 0,6 % sur un an (12 450 blessés en 2014).
Pour près de la moitié des policiers en service, les blessures résultent d’accidents bénins tels que des chutes, des entailles, des piqûres, occasionnées de manière fortuite (49 %). Cela concerne 3 317 policiers sur les 6 714 blessés en service.

Photo : police-nationale.interieur.gouv.fr

vendredi, octobre 28 2016

Le mauvais deal du ministère de l’Intérieur

28 10 2016

Police_nationale_en_colere.jpgLa majeure partie des citoyens reste médusée devant la contestation policière et surtout dans sa forme actuelle. Il n’est pas banal de voir des policiers manifester mais l’on sent bien cette fois ci que ce mouvement d’humeur n’est pas le fruit d’une concertation quelconque ou d’une stratégie des syndicats qui sont au contraire en train de pédaler pour récupérer le mouvement.
De même derrière les visages crispés des responsables politiques on peut lire aussi de l’incompréhension. Mais que se passe-t-il donc dans cette institution que l’on instrumentalise depuis trop d’années à des fins exclusivement démagogiques et électorales ?

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vendredi, octobre 14 2016

La garde nationale, une réserve opérationnelle

14 10 2016

des-jeunes-candidats-a-la-reserve-operationnelle-en-formation-le-19-juillet-2016-a-beynes-yvelines.jpgLe gouvernement a annoncé la création d’une garde nationale à la française. Loin de constituer une force distincte des autres composantes de l’armée de terre, cette garde nationale organise le renforcement de la réserve opérationnelle, actuellement forte de 65 000 hommes. Une nécessité apparue après les attentats de novembre 2015 face à une menace grandissante et surtout s’installant dans le temps. Fin 2018, la garde nationale comptera 85 000 hommes répartis entre la défense (terre, air, mer) avec 40 000 personnels, 40 000 autres rejoindront la gendarmerie. Enfin les 5 000 restants seront destinés à renforcer les rangs de la police nationale.

Photo : liberation.fr

mardi, octobre 4 2016

Le rapport 2015 de Tracfin

4 10 2016

Flux_financiers_illegaux.jpgL’année 2015 a constitué une année marquante pour Tracfin (Traitement du Renseignement et Action contre les Circuits FINanciers clandestins) en raison du nouvel élan donné à la lutte contre le terrorisme et à son financement à la suite des attentats de janvier, par le renforcement des moyens et l’approfondissement de l’intégration du Service au sein de la communauté du renseignement.
On constate l’accélération des processus en matière contre le blanchiment, la corruption et le financement du terrorisme, tant au niveau national qu’international, illustrés par une nouvelle progression des informations reçues.

Photo : ladepeche.fr

dimanche, octobre 2 2016

Les contrôles d’identité et les jeunes Parisiens

2 10 2016

PATROUILLE DE POLICE DANS LE CENTRE VILLE A NOEL LE 20 12 2011Les contrôles d’identité sont l’une des modalités d’intervention policière les plus controversées, car la loi laisse au policier une large marge d’appréciation dans leur mise en œuvre. Les forces de l’ordre sont dès lors fréquemment soupçonnées d’utiliser cette disposition à des fins de harcèlement ou sur un mode discriminatoire à l’égard de populations particulières, si bien que de nombreuses propositions se sont fait entendre ces dernières années sur la nécessité et la manière de modifier ces pratiques, et de dissiper ces soupçons. L’étude que nous proposons s’inscrit dans ces débats, puisqu’elle vise à identifier qui sont les personnes contrôlées par la police, par l’exploitation de données collectées au cours de la Journée d’appel à la préparation à la défense.

Photo : La Marseillaise

lundi, septembre 12 2016

Sur les logiques politiques de la répression policière

12 09 2016

cc_Mosieur_J_Flickr.jpgLa sévérité de la répression policière qui s’abat sur les mobilisations contre la loi Travail, comme elle s’est abattue sur la COP21, la Nuit debout, sur certaines grèves ou encore sur les étrangers sans papiers et réfugiés, n’envoie pas seulement des manifestants à l’hôpital, en garde-à-vue, en centres de rétention ou en détention 1. Elle interroge également sur le sens politique d’un moment répressif ouvert par le décès de Rémi Fraisse le 26 octobre 2014 et maintenu par l’état d’urgence à la suite des attaques terroristes. Cette séquence a pour corollaire une marginalisation temporaire de la « question des banlieues » dans les médias. Cependant, elle ne doit pas faire oublier des décennies d’action policière centrée sur la coercition dans les quartiers populaires.

mercredi, septembre 7 2016

Ecoutes téléphoniques : engorgement profond

7 09 2016

telephones.jpgQu’elles soient diligentées dans les dossiers antiterroristes ou dans le cadre d’investigations contre la grande délinquance financière, les interceptions judiciaires font désormais office de pivot des enquêtes. Sur les dix dernières années, leur nombre a tout simplement explosé, passant de 20 000 en 2006 à 51 000 en 2015. Si l’explication est avant tout conjoncturelle - notamment avec la démocratisation, ces quinze dernières années, de la téléphonie mobile -, elle n’est pas sans conséquences pour les services d’enquête. De l’outil précieux, l’écoute passe vite au cauchemar ultime. Avec pour effet un étirement considérable du temps de travail des policiers.

vendredi, juillet 15 2016

Vers une refonte des services du renseignement ?

15 07 2016

policiers_du_renseignement.jpgAu terme de six mois de travail, la commission d’enquête parlementaire sur l’action de l’État face aux attentats de janvier et de novembre 2015 a rendu son rapport. Ce document de trois cents pages se nourrit notamment des auditions de quatre ministres et des directeurs des services du renseignement. Un important travail de synthèse qui aboutit à trente-neuf propositions. Ces propositions balayent plusieurs thèmes, de l’organisation des secours en situation de crise à la sécurisation du territoire en passant par les failles des services du renseignement. C’est sur ce dernier point que les propositions du rapporteur sont le plus poussées : elles invitent à repenser en profondeur les différents étages de la lutte antiterroriste. Leur examen met en lumière l’étonnant foisonnement d’acronymes qui prolifèrent dans le renseignement français et sa conséquence : un manque criant de coordination.

Photo : lexpress.fr

vendredi, juillet 1 2016

Violences policières pendant les manifestations sur la loi travail : un bilan

1 07 2016

Charge_police_manifestant_Paris_juin_2016.jpgFin avril, une Mission civile d’information a été décidée par un ensemble de journalistes, citoyens et députés afin d’évaluer les violences policières lors des manifestations contre la loi travail. Leur rapport, long de 80 pages, et publié mercredi sur le site de Reporterre, énumère de nombreux témoignages et entretiens réalisés à Rennes, Paris, Toulouse et Nantes. Divisé en plusieurs parties, il recense les différentes violences dont sont victimes les manifestants.
Première partie : les blessures, mutilations, violences et tirs dans le dos sont énumérés. Des dizaines de blessures par grenades de désencerclement, grenades lacrymogènes, balles de lanceurs de défense (LBD) et matraques sont évoquées. Viennent ensuite des tentatives d'explications, y compris des entretiens avec des policiers.

Photo : liberation.fr

mercredi, juin 22 2016

Quand les policiers craquent

22 06 2016

La_prise_de_medicaments_a_l_infirmerie.jpgIci, dans ce bout du monde de l’Indre-et-Loire perdu au milieu des champs de blé, on panse les plaies à l’âme des forces de l’ordre. Les patients sont pour la moitié policiers, gendarmes, pompiers ou agents pénitentiaires, pour l’autre, des hommes et des femmes de la région. Tous combattent burn-out, dépression ou alcoolisme. Parfois les trois. Chaque année, ils sont plus de trois cents à venir, pour un mois ou deux. Le temps de se reconstruire.
Créé par et pour des CRS en 1953, unique en France et reconnu d’utilité publique, cet établissement de soin spécialisé en addictions et burn-out est géré par l’Association nationale d’action sociale des personnels de la police nationale et du ministère de l’intérieur (ANAS) et financé par l’Assurance maladie.

mardi, juin 21 2016

La manifestation du 14 juin 2016 : un maintien de l’ordre très politique ?

21 06 2016

Photo_manif_du_14_juin_2016_hopital_Necker.jpgLe premier résultat au moins objectif de l’ensemble de la manœuvre est assez indiscutable : c’est ce dispositif policier, consistant à enfermer dans une nasse plusieurs dizaines de milliers de manifestants, qui produit au sein du cortège une coupure qui n’existait pas auparavant, qui instaure manu militari une distinction entre « casseurs » et « manifestants » que l’on ne pouvait pas percevoir avant la mise en action du dispositif – et à laquelle, dans le déroulement même de la manœuvre, les manifestants ont essayé de résister : les plus déterminés, en appelant les autres manifestants à combler les trous et à les rejoindre dès que le cortège se rompait ; et ceux-ci, en essayant effectivement de traverser le carrefour de la rue de Sèvres pour reformer la continuité du cortège chaque fois que c’était possible. Devant l’hôpital Necker, on assistait en quelque sorte en direct, et en actes, à la construction policière de la distinction entre casseurs et manifestants. En cela, ce n’était pas une opération de maintien de l’ordre public.

mercredi, juin 15 2016

Une minute de silence à la mémoire du couple de policiers assassinés

15 06 2016

bandeau_deuil.jpg
Qui étaient les deux policiers assassinés à Magnanville ?

mercredi, mai 25 2016

Un splendide isolement. Les politiques françaises du maintien de l’ordre

25 05 2016

Gendarmes_mobiles.jpgAprès la tenue d’une manifestation à Paris contre la « haine anti-flics », il nous semble que le décalage comparatif pourrait éclairer la compréhension de ce que l’on appelle en France le « maintien de l’ordre », c’est-à-dire la gestion des foules par les forces de police et de gendarmerie.
Qu’en est-il ailleurs de la violence contestataire et de l’hostilité aux policiers ? Voyons le week-end du 1er mai en Allemagne. Depuis le milieu des années 1980, ce jour est l’occasion déclarée par divers groupes anarchistes, autonomes et anti-fascistes, d’une confrontation violente avec la police. Cette année, un important dispositif était déployé dans les lieux habituels de confrontation, mais l’imposant cortège policier, et une politique habile de « désescalade » (nous y reviendrons), ont tenu les hostilités à un niveau très bas.

lundi, mai 23 2016

Rien ne va plus aux Stups

23 05 2016

saisie_drogue.jpgC’est un scandale qui risque de provoquer une déflagration au sommet de la police judiciaire. L’ancien patron de l’Office central pour la répression du trafic illicite de stupéfiants (Ocrtis), François Thierry, est soupçonné d’avoir laissé entrer en France plusieurs dizaines de tonnes de cannabis au cours des dernières années, avec la complicité d’un des plus gros trafiquants européens, recruté par ses soins. Visage de la lutte antidrogue française depuis 2010, le commissaire avait pris l’habitude de poser devant ses plus belles saisies, aux côtés des ministres de l’Intérieur successifs, Claude Guéant, puis Manuel Valls et Bernard Cazeneuve.

mercredi, mai 18 2016

La "haine anti-flics", émotion, diversion et récupérations politiques

18 05 2016

Manifestation_alliance_18_mai_2016.jpgLa prétendue "haine anti-flics" est une émotion assez puérile, une diversion assez claire, qui suscite diverses récupérations politiques.
Sur le terrain, la situation est complexe. Les casseurs sont une réalité. Certains sont de dangereux extrémistes qui méritent d'être arrêtés et jugés. Mais le ras-le-bol exaspéré contre la dérive droitière et autoritaire de ce gouvernement est une autre réalité qui solidarise une partie des manifestants autour des plus violents. Le fait que certaines stratégies policières renforcent les tensions au lieu de les faire baisser est également une réalité. L'usage de la force est légitime dans son principe. Mais certains usages de la force sont illégitimes, ce sont des violences policières. Rappelons que l'IGPN elle-même a proscrit l'usage du flash-ball dans son rapport de 2015. Le gouvernement masque cette complexité et cherche à faire oublier qu'il est la cause de toutes ces manifestations. La droite et l'extrême droite tentent de leur côté de récupérer le mouvement policier, avec le syndicat Alliance à la manœuvre. La majorité de la population assiste, médusée, à un spectacle violent où elle ne comprend sans doute pas grand chose.

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