Contexte économique et social

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jeudi, décembre 6 2018

L'habitat dégradé et indigne en Île-de-France

6 12 2018

Habitat_degrede_indigne.jpgRareté de l’offre au regard des besoins de la population francilienne, augmentation des demandes d’hébergement et de logement social, attractivité de la région auprès des populations modestes attirées par un marché de l’emploi dynamique, plusieurs facteurs se conjuguent en Île-de-France pour faire exister un « sous » marché du logement, où trouvent à se loger les ménages les plus modestes et les plus fragilisés, autant d’opportunités pour des propriétaires peu scrupuleux. Les 157 000 logements « privés potentiellement indignes » constituent 4 % du parc privé francilien, une frange du parc marquée par des dynamiques de dégradation et de paupérisation : parc ancien dégradé, copropriétés dégradées, occupation de locaux destinés à d’autres usages, impropres à l’habitation..

Photo : 20minutes.fr

dimanche, décembre 2 2018

Trente ans de RMI. La réforme perpétuelle de l’assistance sociale

2 12 2018

Michel Rocard fit adopter le Revenu Minimum d’Insertion (RMI) en 1988. Ce dispositif a profondément renouvelé la protection sociale française, comblant un retard vis-à-vis des autres pays européens en matière de revenu minimum, mais ouvrant aussi la voie au démantèlement partiel des protections sociales plus générales, notamment de l’indemnisation du chômage. Au-delà de ces effets institutionnels, le RMI a concentré des attaques relatives à la prétendue « culture de l’assistanat », quand son essor ininterrompu révèle l’incapacité de la société française à endiguer la pauvreté. Ces critiques lui ont valu d’être réformé à plusieurs reprises, sans que soient remis en cause les principes d’une allocation différentielle, non-contributive, versée aux adultes valides au-dessus de 25 ans. Malgré des critiques et réformes successives, le RMI, renommé Revenu de Solidarité Active (RSA) en 2008, a été maintenu et a même vu son périmètre s’étendre. Cette stabilité explique l’importance et la profondeur de ses effets sociaux. Des pans entiers de notre société se structurent désormais autour de cette prestation, que ce soit en survivant en partie grâce à elle ou en se définissant contre elle.

dimanche, novembre 25 2018

Gilets jaunes et cagoules noires : l’île de la Réunion telle qu’on l’ignore

25 11 2018

Noyer les problèmes économiques et sociaux qui s’expriment avec les gilets jaunes dans une jacquerie postcoloniale de quelques précaires, dont la frange de la jeunesse la plus marginalisée se livre à des exactions qui ne peuvent qu’être condamnables, est une erreur politique. C’est même une irresponsabilité. Car on le sait quand un problème n’est pas traité politiquement, il finit dans la rue et dans les urnes. L’ordre public n’est plus respecté quand l’ordre social apparaît injuste notamment pour les jeunes réunionnais.
A La Réunion, la faillite économique, la précarité et le conflit ethnique et social guettent. Comment les politiques réunionnais et le gouvernement français peuvent-ils rester sourds à la situation catastrophique que connaît l’île ? Comment ne pas comprendre que La Réunion risque aujourd’hui de voir imploser sa société déjà bien fragilisée par le chômage et la précarité, et dont les gilets jaunes et lesdites cagoules noires n’en sont qu’une expression ?

samedi, novembre 17 2018

Une intensification de la pauvreté en France en 2018

17 11 2018

Plus d’un tiers des Français a été confronté en 2018 aux privations multiples avec toutes les souffrances que cela comporte. Ils étaient 37 % en 2017, ils sont désormais 39 % (+ 2 points) à avoir connu un moment de leur vie une situation de pauvreté. L’intensification de la pauvreté en France poursuit une tendance inquiétante. La crise économique de 2008, la plus grave depuis l’après-guerre a favorisé une accentuation des inégalités. Ce qui entrave la mobilité sociale des plus modestes, quand on est né au bas de la structure sociale, la reproduction sur plusieurs générations demeure un destin probable.
Les interviewés dont les revenus actuels sont les plus faibles sont 65 % à avoir été pauvres. Ce chiffre est inquiétant, car il est sans conteste le marqueur d’une intensification de la pauvreté et de ses risques d’irréversibilité. Depuis plus dix ans le baromètre Ipsos-SPF pointe une augmentation constante de ce chiffre.

mercredi, octobre 17 2018

Rapport sur la pauvreté en France

17 10 2018

Rapport_sur_la_pauvrete.pngQuel est le niveau de la pauvreté en France ? Comment évolue-t-il ? Sur ce sujet très sensible, les polémiques sont fréquentes et les points de repère manquent. Ce premier rapport sur la pauvreté réunit les données disponibles pour vous permettre d’y voir plus clair. L’Observatoire des inégalités y présente les principaux chiffres et dresse un état des lieux complet de la pauvreté en France. Nous définissons les contours de la pauvreté monétaire, de la grande pauvreté et des formes non monétaires de la pauvreté. Nous donnons les principales caractéristiques de la population pauvre et sa distribution sur le territoire national. Nous explorons les trajectoires individuelles : comment devient-on pauvre et comment s’en sort-on ?

vendredi, août 31 2018

De quoi les pauvres ont-ils besoin ?

31 08 2018

Que faire pour réduire la pauvreté ? Dans ce domaine, comme dans d’autres, les plans se succèdent et n’ont jamais eu beaucoup d’impact. Ils n’en auront pas davantage demain. Même établis avec la meilleure volonté du monde, leur objectif premier est de communiquer sur le fait que l’exécutif est à l’action. La preuve ? Le plan anti-pauvreté du gouvernement, qui devait être présenté en juillet (et même en avril à l’origine) a été repoussé en septembre (voir encadré). Contrairement aux baisses d’impôts des plus aisés, la pauvreté peut attendre.

lundi, juin 25 2018

L’INJEP lance un tableau de bord statistique sur l’état de la jeunesse

25 06 2018

L’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire (INJEP) met en ligne un tableau de bord statistique sur la jeunesse de référence, qui rassemble les principaux indicateurs de la statistique publique récents permettant de suivre les évolutions de la situation et des pratiques des jeunes.
Fruit d’un travail collaboratif coordonné par l’INJEP avec les services statistiques ministériels et des organismes publics producteurs de données sur la jeunesse, ce tableau de bord vise à aider les acteurs de ce domaine, ainsi que le grand public, à mieux connaître et prendre en compte les spécificités des 15-30 ans dans des domaines aussi variés que la démographie, l’éducation, la formation, l’emploi, le chômage, les conditions de vie, l’engagement, la participation, les loisirs, le sport, la culture, la justice, la sécurité, ou encore la santé et le handicap.

mardi, juin 12 2018

Comprendre les inégalités

12 06 2018

Comprendre_les_inegalites.jpgRevenu, genre, santé, éducation, emploi, etc., les inégalités sont partout présentes dans les débats. Beaucoup de bruit, parfois pour pas grand-chose. Qu’est-ce qu’une inégalité ? Quels sont les bons outils pour mesurer les inégalités de revenus ? L’égalité des chances est-elle suffisante ? Comprendre les inégalités veut mettre à la portée du plus grand nombre des définitions, des outils d’analyse et de mesure des inégalités, tout en évaluant leur pertinence. Ce livre invite aussi à réfléchir aux différentes manières d’analyser les inégalités. Bref, il vous guide dans les méandres du débat.

lundi, mars 5 2018

Le non-recours aux droits sociaux

5 03 2018

Régulièrement dans l’actualité politique ou sociale surgissent des débats sur les vices de l’assistanat ou sur les problèmes causés par la « fraude sociale » des bénéficiaires de la protection sociale. Or depuis plusieurs années, des chercheurs en sciences humaines et sociales ainsi que des professionnels du secteur social ont mis en évidence l’existence de phénomènes significatifs de non-recours des bénéficiaires à leurs droits sociaux. Ainsi, par exemple, selon l’Observatoire des non-recours aux droits et services (ODENORE), chaque année plus de 5 milliards d’euros de Revenu de solidarité active (RSA) ne sont pas versés à des personnes qui pourraient ou plutôt devraient en bénéficier. Pourquoi ?

dimanche, février 25 2018

1985-2017 : quand les classes favorisées ont fait sécession

25 02 2018

PCS_des_eleves_par_CSP_a_Paris.jpgCes dernières années, de nombreux observateurs ont souligné le développement du communautarisme ethnoreligieux dans certains quartiers, dans le monde du travail, et même à l’école. Si ce phénomène est bien réel, la cohésion de la société française est également mise à mal par un autre processus, moins visible à l’œil nu, mais néanmoins lourd de conséquences. Il s’agit d’un processus de séparatisme social qui concerne toute une partie de la frange supérieure de la société. Les occasions de contacts et d’interactions entre les catégories supérieures et le reste de la population sont en effet de moins en moins nombreuses. De manière plus ou moins consciente et plus ou moins volontaire, les membres de la classe supérieure se sont progressivement coupés du reste de la population et ont construit un entre-soi confortable.

mercredi, février 7 2018

Les inégalités sociales devant l'espérance de vie

7 02 2018

Cadre_et_clochard.jpgPlus on est aisé, plus l’espérance de vie est élevée. Ainsi, parmi les 5 % les plus aisés, l’espérance de vie à la naissance des hommes est de 84,4 ans, contre 71,7 ans parmi les 5 % les plus pauvres, soit 13 ans d’écart. Chez les femmes, cet écart est plus faible : 8 ans séparent les plus aisées des plus pauvres. Aux alentours d’un niveau de vie de 1 000 euros par mois, 100 euros supplémentaires sont associés à 0,9 an d’espérance de vie en plus chez les hommes et 0,7 an chez les femmes, tandis que l’écart n’est plus que de 0,3 an et 0,2 an aux alentours d’un niveau de vie de 2 000 euros par mois.

Photo : lefigaro.fr

mardi, février 6 2018

Les conséquences des logiques managériales dans la fonction publique

6 02 2018

Lorsque l’on évoque les évolutions de la fonction publique en matière d’emploi, l’accent est souvent mis sur la réduction des effectifs ou sur le poids croissant des contractuels, mais il est un autre phénomène massif dont les effets sont plus diffus : l’adoption progressive de logiques « managériales » dans la gestion des personnels de l’État. La détection, l’évaluation et la promotion accélérée de cadres « managers » spécialisés dans le travail de réorganisation et la maîtrise des coûts font partie des outils récurrents de la transformation des organisations publiques, quitte à marginaliser les cadres plus expérimentés dont les compétences professionnelles sont plus ancrées dans le terrain. Ce phénomène, qui a d’abord été observé s’agissant des entreprises publiques désireuses de se « moderniser » afin de passer du « monopole au marché », s’est pour partie transféré aux fonctionnaires d’État, à la faveur notamment des restructurations consécutives à la Révision générale des Politiques publiques menée durant le quinquennat Sarkozy.

lundi, janvier 15 2018

À quoi sert le contrôle des chômeurs ?

15 01 2018

Controle_des_chomeurs.jpgIl faut intégrer dans les débats sur le contrôle des chômeurs, les effets induits par les manières de mesurer et évaluer la recherche d’emploi. Cela conduit à interroger l’évidence selon laquelle ce sont les moins actifs et les moins méritants qui sont sanctionnés. Car les contrôles désavantagent avant tout ceux qui sont le plus en difficultés dans la quête d’un emploi : ceux qui sont découragés par la durée de leur chômage et peinent à y croire encore, ceux qui cherchent les moyens de ne pas exposer leurs lacunes et de démontrer leurs qualités informelles. Dès lors, le renforcement des contrôles risque d’accentuer les inégalités entre chômeurs, transformant les inégalités face aux chances d’obtenir un emploi en inégalités face aux chances de se maintenir dans le statut de chômeur.

Photo : theconversation.com

mercredi, décembre 6 2017

Le diplôme, clef de l'accès à l'emploi chez les jeunes

6 12 2017

En moyenne sur 2013-2015, 68 % des jeunes sortis de formation initiale depuis 1 à 4 ans sont en emploi, 17 % au chômage et les autres sont inactifs. L’insertion des jeunes sur le marché du travail est progressive et inégale selon le niveau de diplôme. Ainsi, 82 % des jeunes sortants diplômés du supérieur sont en emploi, contre seulement 31 % des non-diplômés. Ces derniers sont plus nombreux à être inactifs (37 %). Les jeunes femmes sont plus souvent inactives que les hommes, en particulier parmi les moins diplômés.

lundi, novembre 13 2017

Le retour des bidonvilles

13 11 2017

Bidonville.jpg« Aurons-nous toujours des bidonvilles ? » En janvier 1971, un article du Monde posait la question de la capacité du gouvernement à faire disparaître les bidonvilles sans que ces derniers « repoussent d’eux-mêmes ». La destruction des bidonvilles entraîne en effet, de façon récurrente, l’illusion que le problème a été réglé par la puissance publique. Pourtant, les facteurs structurels à l’origine de la pauvreté ne peuvent pas disparaître aussi rapidement qu’un bulldozer met en pièces une baraque, et les personnes qui ont habité dans les bidonvilles ne s’effacent pas non plus.

Photo : laviedesidees.fr

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