Contexte économique et social

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mercredi, février 7 2018

Les inégalités sociales devant l'espérance de vie

7 02 2018

Cadre_et_clochard.jpgPlus on est aisé, plus l’espérance de vie est élevée. Ainsi, parmi les 5 % les plus aisés, l’espérance de vie à la naissance des hommes est de 84,4 ans, contre 71,7 ans parmi les 5 % les plus pauvres, soit 13 ans d’écart. Chez les femmes, cet écart est plus faible : 8 ans séparent les plus aisées des plus pauvres. Aux alentours d’un niveau de vie de 1 000 euros par mois, 100 euros supplémentaires sont associés à 0,9 an d’espérance de vie en plus chez les hommes et 0,7 an chez les femmes, tandis que l’écart n’est plus que de 0,3 an et 0,2 an aux alentours d’un niveau de vie de 2 000 euros par mois.

Photo : lefigaro.fr

mardi, février 6 2018

Les conséquences des logiques managériales dans la fonction publique

6 02 2018

Lorsque l’on évoque les évolutions de la fonction publique en matière d’emploi, l’accent est souvent mis sur la réduction des effectifs ou sur le poids croissant des contractuels, mais il est un autre phénomène massif dont les effets sont plus diffus : l’adoption progressive de logiques « managériales » dans la gestion des personnels de l’État. La détection, l’évaluation et la promotion accélérée de cadres « managers » spécialisés dans le travail de réorganisation et la maîtrise des coûts font partie des outils récurrents de la transformation des organisations publiques, quitte à marginaliser les cadres plus expérimentés dont les compétences professionnelles sont plus ancrées dans le terrain. Ce phénomène, qui a d’abord été observé s’agissant des entreprises publiques désireuses de se « moderniser » afin de passer du « monopole au marché », s’est pour partie transféré aux fonctionnaires d’État, à la faveur notamment des restructurations consécutives à la Révision générale des Politiques publiques menée durant le quinquennat Sarkozy.

lundi, janvier 15 2018

À quoi sert le contrôle des chômeurs ?

15 01 2018

Controle_des_chomeurs.jpgIl faut intégrer dans les débats sur le contrôle des chômeurs, les effets induits par les manières de mesurer et évaluer la recherche d’emploi. Cela conduit à interroger l’évidence selon laquelle ce sont les moins actifs et les moins méritants qui sont sanctionnés. Car les contrôles désavantagent avant tout ceux qui sont le plus en difficultés dans la quête d’un emploi : ceux qui sont découragés par la durée de leur chômage et peinent à y croire encore, ceux qui cherchent les moyens de ne pas exposer leurs lacunes et de démontrer leurs qualités informelles. Dès lors, le renforcement des contrôles risque d’accentuer les inégalités entre chômeurs, transformant les inégalités face aux chances d’obtenir un emploi en inégalités face aux chances de se maintenir dans le statut de chômeur.

Photo : theconversation.com

mercredi, décembre 6 2017

Le diplôme, clef de l'accès à l'emploi chez les jeunes

6 12 2017

En moyenne sur 2013-2015, 68 % des jeunes sortis de formation initiale depuis 1 à 4 ans sont en emploi, 17 % au chômage et les autres sont inactifs. L’insertion des jeunes sur le marché du travail est progressive et inégale selon le niveau de diplôme. Ainsi, 82 % des jeunes sortants diplômés du supérieur sont en emploi, contre seulement 31 % des non-diplômés. Ces derniers sont plus nombreux à être inactifs (37 %). Les jeunes femmes sont plus souvent inactives que les hommes, en particulier parmi les moins diplômés.

lundi, novembre 13 2017

Le retour des bidonvilles

13 11 2017

Bidonville.jpg« Aurons-nous toujours des bidonvilles ? » En janvier 1971, un article du Monde posait la question de la capacité du gouvernement à faire disparaître les bidonvilles sans que ces derniers « repoussent d’eux-mêmes ». La destruction des bidonvilles entraîne en effet, de façon récurrente, l’illusion que le problème a été réglé par la puissance publique. Pourtant, les facteurs structurels à l’origine de la pauvreté ne peuvent pas disparaître aussi rapidement qu’un bulldozer met en pièces une baraque, et les personnes qui ont habité dans les bidonvilles ne s’effacent pas non plus.

Photo : laviedesidees.fr

jeudi, septembre 28 2017

A qui profite les réformes économiques d'Emmanuel Macron ?

28 09 2017

Bruno_Le_Maire_avec_Pierre_Gattaz_a_l_universite_d_ete_du_Medef.jpgEn supprimant l’ISF sur les valeurs mobilières, le gouvernement empêche certains dirigeants de sociétés de se retrouver soumis à cette taxe sur la fortune ou poussés à s’installer fiscalement à l’étranger avant leur retraite. En d'autres termes, le gouvernement n'aide pas les entreprises mais les patrons propriétaires de leur entreprise et donc les grandes familles les plus riches. Lire l'article de Libération à ce sujet.
Pendant ce temps-là, une ordonnance modifie la dernière avancée conquise par les salariés en 2015 : le compte pénibilité, jugé trop contraignant pour les entreprises. Exit la reconnaissance de la pénibilité pour charges lourdes, postures pénibles, vibrations mécaniques ou risques chimiques. Lire à ce sujet l'article de Tarik Chakor et Claire Edey Gamassou dans The Conversation.
Photo : liberation.fr

samedi, mai 6 2017

France, 2017 : 10 millions de pauvres ?

6 05 2017

Pauvrete.jpgOn comptabilise officiellement entre 5 et 8,8 millions de personnes pauvres selon le seuil utilisé. Mais ces données de l’Insee demeurent incomplètes. Elles portent sur les personnes qui occupent un logement et n’intègrent pas – par définition – l’immense majorité de ceux qui errent entre les squats, les bidonvilles ou la rue. Une partie des étrangers sans-papiers, notamment les demandeurs d’asile, échappent au dispositif statistique. Les « gens du voyage » sont eux-aussi mal recensés par ce type d’enquête.
Ce n’est pas tout. Les données de l’Insee proviennent des déclarations d’impôts. Une partie de la population dispose de très faibles revenus mais dépasse le seuil de pauvreté en raison de la prise en compte de l’ensemble des ressources du ménage.

Photo : ici.radio-canada.ca

mardi, avril 4 2017

Loin des urnes. L’exclusion politique des classes populaires

4 04 2017

vote.jpgÀ chaque fois que les résultats d’une élection semblent déjouer les pronostics, les commentateurs de la vie politique tournent leur regard vers les « classes populaires ». C’est le cas en France, depuis l’accession du Front national au second tour de l’élection présidentielle en 2002 et le rejet du projet de constitution européenne en 2005, aux États-Unis lorsqu’il s’agit de comprendre la victoire de Donald Trump, ou en Europe à la faveur du Brexit et des succès réels ou attendus des partis d’extrême droite. Chacun de ces scrutins occasionne alors des débats parfois vifs sur les conséquences politiques de la précarisation des conditions de vie d’une frange croissante des classes populaires.

Photo : metropolitiques.eu

mercredi, février 22 2017

Les jeunes, ces citoyens de seconde zone

22 02 2017

jeunesse_sacrifiee.jpgLe 1er décembre dernier, le Président François Hollande annonçait qu’il renonçait à briguer un second mandat. Cinq ans plus tôt, il se présentait comme le candidat de la jeunesse, affirmant que les jeunes vivraient mieux en 2017 qu’en 2012. Durant cette période de cinq ans, il a mis en place une série de réformes dans le cadre du programme Priorité Jeunesse en vue de favoriser l’autonomie des jeunes. Deux questions émergent alors. D’une part, quelles sont les caractéristiques des politiques publiques visant à promouvoir l’autonomie des jeunes en France en général ? Et d’autre part, dans quelle mesure les réformes adoptées par le gouvernement sous la Présidence Hollande infléchissent-elles le contexte institutionnel qui leur préexistait ?

Photo : ladepeche.fr

mercredi, février 8 2017

La jeunesse n'est qu'un mot

8 02 2017

Un_qui_rit_l__autre_qui_pleure.jpgIls ont en commun d’être entrés en 6e en septembre 2007. Huit ans après, âgés pour la plupart de 18-19 ans, 45 % de ces jeunes entament des études supérieures, 30 % restent scolarisés dans le secondaire et 25 % ont quitté, à titre définitif ou provisoire, l’école. Le niveau d’acquis à l’entrée en 6e est déterminant sur la situation à 18-19 ans.
Pour ceux qui ont déjà arrêté leurs études, peu diplômés, l’accès et les conditions d’emploi sont difficiles : seuls 37 % occupent un emploi, le plus souvent temporaire (CDD, intérim). L’essentiel de ces jeunes vivent encore chez leurs parents, même quand ils ont un emploi (78 %).

Photo : lenouveleconomiste.fr

mercredi, janvier 25 2017

Un rapport sur l'insertion professionnelle des jeunes

25 01 2017

Emploi_versus_chomage.jpgC’est un fait, la situation des jeunes sur le marché du travail s’est dégradée. Multiplié par 3,5 en 40 ans, le taux de chômage des jeunes atteint aujourd'hui 24 %. Un trait commun à toute l’Europe mais particulièrement marqué en France où le taux d’activité des jeunes est inférieur de 4,5 points à la moyenne européenne. Attention à ne pas faire d’amalgame (statistique) pour autant ! Si leur taux d’activité est faible c’est d’abord parce que 50 % des 18-24 ans sont encore en étude. Le « vrai » point noir pour la France, ce sont les 13,8 % des 20-24 ans au chômage – un sur-chômage qui persiste encore dix ans après leur entrée sur le marché du travail – et les 15 % des 15-29 qui ne sont ni en emploi, ni en études, ni en formation (les NEETs). Cette précision souligne l’importance qu’il y a à parler des jeunesses au pluriel.

vendredi, décembre 23 2016

Les inégalités de patrimoine en France (2010-2015)

23 12 2016

logo_insee-premiere.pngDébut 2015, la moitié des ménages vivant en France possèdent plus de 158 000 euros de patrimoine brut et concentrent 92 % des avoirs patrimoniaux des ménages. Les 10 % les mieux dotés disposent d’au moins 595 700 euros de patrimoine brut et détiennent près de la moitié de la masse totale de celui-ci. Les 1% des ménages les plus aisés en matière de patrimoine possèdent chacun plus de 1,95 million d’euros d’actifs. À l’opposé, les 10 % de ménages les moins dotés détiennent chacun moins de 4 300 euros de patrimoine et collectivement moins de 0,1 % de la masse totale. Le montant des actifs accumulés varie selon la position des membres des ménages dans le cycle de vie, mais aussi selon leur catégorie socioprofessionnelle : détenteurs d’actifs professionnels, les ménages d’indépendants ont en moyenne un patrimoine plus élevé que les ménages de salariés. Entre début 2010 et 2015, en excluant le patrimoine relatif aux véhicules, à l’équipement de la maison, aux bijoux et aux œuvres d’art, les inégalités globales de patrimoine mesurées par l’indice de Gini ont légèrement diminué. Elles se sont cependant accentuées parmi les ménages les plus modestes.

lundi, juillet 25 2016

Le chômage dégrade la santé mentale des hommes

25 07 2016

ca_me_rend_fou.jpgNous utilisons le panel Santé et itinéraire professionnel pour étudier l'effet causal du chômage sur la santé mentale en France. Plus précisément, nous cherchons à évaluer si l'expérience et la durée de chômage augmentent les troubles mentaux dits courants de type dépression majeure et trouble d'anxiété généralisée. Nous mobilisons l'historique de problèmes de santé depuis l'enfance et mettons en œuvre une méthode à variable instrumentale afin de tenir compte des problèmes d'hétérogénéité inobservée et d'endogénéité du chômage. Nos résultats indiquent que l'expérience du chômage a un effet sur les hommes alors que ce n'est pas le cas pour les femmes. Nous montrons également que l'effet se concentre sur les hommes en deuxième partie de carrière. Ces résultats sont robustes à nos différentes mesures de santé mentale. Du point de vue des politiques publiques, cette étude montre qu'un accompagnement psychologique ciblé et efficace des chômeurs permettrait de prévenir la survenue de troubles mentaux.

Photo : eurosport.fr

dimanche, juillet 24 2016

Rapport 2015 des banques alimentaires : une société de plus en plus précarisée

24 07 2016

banque_alimentaire.jpgEn France, 4 millions de personnes ont recours chaque année aide alimentaire. Pourtant, l’insécurité alimentaire pourrait concerner une population plus importante. On le sait, certaines personnes ont des réticences à solliciter une assistance. Analyser le profil des bénéficiaires, c’est faire une photo de notre société de plus en plus précarisée : le nombre de nouveaux bénéficiaires ne cesse de croître (64% sont aidés depuis moins d’un an), la perte de l’emploi est le premier déclencheur de difficultés financières pour 38% d’entre eux, et 60% de ceux qui ont un emploi travaillent à temps partiel, selon l’étude Ipsos-Banques Alimentaires réalisée fin 2014. Les ruptures familiales (divorce, séparation) constituent le second motif, de nature à faire basculer les individus dans la précarité : 26% des bénéficiaires sont divorcés. Enfin dernier élément préoccupant, 65% d’entre eux ont des enfants, dont un quart en bas âge.

Photo : sudouest.fr

vendredi, juillet 8 2016

Les inégalités de niveau de vie continuent à augmenter

8 07 2016

Cadre_et_sans_abri.jpgComment ont évolué les niveaux de vie en France ces dernières années ? A vrai dire, on n’en sait rien. L’Insee a changé de méthode en 2010 puis en 2012, du coup les données ne sont pas comparables d’une année sur l’autre. La plupart des analyses que vous lisez sur le sujet (comme pour la pauvreté) sont fausses parce qu’elles font comme si la méthode de calcul n'avait pas changé. Pour y voir plus clair, nous avons recalculé les évolutions de manière à réduire ces ruptures1. Résultat : les plus riches continuent à gagner plus, sauf dans les dernières années. Les plus pauvres toujours moins, mais moins fortement. Explications.

Photo : lefigaro.fr

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