Contexte économique et social

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jeudi, septembre 28 2017

A qui profite les réformes économiques d'Emmanuel Macron ?

28 09 2017

Bruno_Le_Maire_avec_Pierre_Gattaz_a_l_universite_d_ete_du_Medef.jpgEn supprimant l’ISF sur les valeurs mobilières, le gouvernement empêche certains dirigeants de sociétés de se retrouver soumis à cette taxe sur la fortune ou poussés à s’installer fiscalement à l’étranger avant leur retraite. En d'autres termes, le gouvernement n'aide pas les entreprises mais les patrons propriétaires de leur entreprise et donc les grandes familles les plus riches. Lire l'article de Libération à ce sujet.
Pendant ce temps-là, une ordonnance modifie la dernière avancée conquise par les salariés en 2015 : le compte pénibilité, jugé trop contraignant pour les entreprises. Exit la reconnaissance de la pénibilité pour charges lourdes, postures pénibles, vibrations mécaniques ou risques chimiques. Lire à ce sujet l'article de Tarik Chakor et Claire Edey Gamassou dans The Conversation.
Photo : liberation.fr

samedi, mai 6 2017

France, 2017 : 10 millions de pauvres ?

6 05 2017

Pauvrete.jpgOn comptabilise officiellement entre 5 et 8,8 millions de personnes pauvres selon le seuil utilisé. Mais ces données de l’Insee demeurent incomplètes. Elles portent sur les personnes qui occupent un logement et n’intègrent pas – par définition – l’immense majorité de ceux qui errent entre les squats, les bidonvilles ou la rue. Une partie des étrangers sans-papiers, notamment les demandeurs d’asile, échappent au dispositif statistique. Les « gens du voyage » sont eux-aussi mal recensés par ce type d’enquête.
Ce n’est pas tout. Les données de l’Insee proviennent des déclarations d’impôts. Une partie de la population dispose de très faibles revenus mais dépasse le seuil de pauvreté en raison de la prise en compte de l’ensemble des ressources du ménage.

Photo : ici.radio-canada.ca

mardi, avril 4 2017

Loin des urnes. L’exclusion politique des classes populaires

4 04 2017

vote.jpgÀ chaque fois que les résultats d’une élection semblent déjouer les pronostics, les commentateurs de la vie politique tournent leur regard vers les « classes populaires ». C’est le cas en France, depuis l’accession du Front national au second tour de l’élection présidentielle en 2002 et le rejet du projet de constitution européenne en 2005, aux États-Unis lorsqu’il s’agit de comprendre la victoire de Donald Trump, ou en Europe à la faveur du Brexit et des succès réels ou attendus des partis d’extrême droite. Chacun de ces scrutins occasionne alors des débats parfois vifs sur les conséquences politiques de la précarisation des conditions de vie d’une frange croissante des classes populaires.

Photo : metropolitiques.eu

mercredi, février 22 2017

Les jeunes, ces citoyens de seconde zone

22 02 2017

jeunesse_sacrifiee.jpgLe 1er décembre dernier, le Président François Hollande annonçait qu’il renonçait à briguer un second mandat. Cinq ans plus tôt, il se présentait comme le candidat de la jeunesse, affirmant que les jeunes vivraient mieux en 2017 qu’en 2012. Durant cette période de cinq ans, il a mis en place une série de réformes dans le cadre du programme Priorité Jeunesse en vue de favoriser l’autonomie des jeunes. Deux questions émergent alors. D’une part, quelles sont les caractéristiques des politiques publiques visant à promouvoir l’autonomie des jeunes en France en général ? Et d’autre part, dans quelle mesure les réformes adoptées par le gouvernement sous la Présidence Hollande infléchissent-elles le contexte institutionnel qui leur préexistait ?

Photo : ladepeche.fr

mercredi, février 8 2017

La jeunesse n'est qu'un mot

8 02 2017

Un_qui_rit_l__autre_qui_pleure.jpgIls ont en commun d’être entrés en 6e en septembre 2007. Huit ans après, âgés pour la plupart de 18-19 ans, 45 % de ces jeunes entament des études supérieures, 30 % restent scolarisés dans le secondaire et 25 % ont quitté, à titre définitif ou provisoire, l’école. Le niveau d’acquis à l’entrée en 6e est déterminant sur la situation à 18-19 ans.
Pour ceux qui ont déjà arrêté leurs études, peu diplômés, l’accès et les conditions d’emploi sont difficiles : seuls 37 % occupent un emploi, le plus souvent temporaire (CDD, intérim). L’essentiel de ces jeunes vivent encore chez leurs parents, même quand ils ont un emploi (78 %).

Photo : lenouveleconomiste.fr

mercredi, janvier 25 2017

Un rapport sur l'insertion professionnelle des jeunes

25 01 2017

Emploi_versus_chomage.jpgC’est un fait, la situation des jeunes sur le marché du travail s’est dégradée. Multiplié par 3,5 en 40 ans, le taux de chômage des jeunes atteint aujourd'hui 24 %. Un trait commun à toute l’Europe mais particulièrement marqué en France où le taux d’activité des jeunes est inférieur de 4,5 points à la moyenne européenne. Attention à ne pas faire d’amalgame (statistique) pour autant ! Si leur taux d’activité est faible c’est d’abord parce que 50 % des 18-24 ans sont encore en étude. Le « vrai » point noir pour la France, ce sont les 13,8 % des 20-24 ans au chômage – un sur-chômage qui persiste encore dix ans après leur entrée sur le marché du travail – et les 15 % des 15-29 qui ne sont ni en emploi, ni en études, ni en formation (les NEETs). Cette précision souligne l’importance qu’il y a à parler des jeunesses au pluriel.

vendredi, décembre 23 2016

Les inégalités de patrimoine en France (2010-2015)

23 12 2016

logo_insee-premiere.pngDébut 2015, la moitié des ménages vivant en France possèdent plus de 158 000 euros de patrimoine brut et concentrent 92 % des avoirs patrimoniaux des ménages. Les 10 % les mieux dotés disposent d’au moins 595 700 euros de patrimoine brut et détiennent près de la moitié de la masse totale de celui-ci. Les 1% des ménages les plus aisés en matière de patrimoine possèdent chacun plus de 1,95 million d’euros d’actifs. À l’opposé, les 10 % de ménages les moins dotés détiennent chacun moins de 4 300 euros de patrimoine et collectivement moins de 0,1 % de la masse totale. Le montant des actifs accumulés varie selon la position des membres des ménages dans le cycle de vie, mais aussi selon leur catégorie socioprofessionnelle : détenteurs d’actifs professionnels, les ménages d’indépendants ont en moyenne un patrimoine plus élevé que les ménages de salariés. Entre début 2010 et 2015, en excluant le patrimoine relatif aux véhicules, à l’équipement de la maison, aux bijoux et aux œuvres d’art, les inégalités globales de patrimoine mesurées par l’indice de Gini ont légèrement diminué. Elles se sont cependant accentuées parmi les ménages les plus modestes.

lundi, juillet 25 2016

Le chômage dégrade la santé mentale des hommes

25 07 2016

ca_me_rend_fou.jpgNous utilisons le panel Santé et itinéraire professionnel pour étudier l'effet causal du chômage sur la santé mentale en France. Plus précisément, nous cherchons à évaluer si l'expérience et la durée de chômage augmentent les troubles mentaux dits courants de type dépression majeure et trouble d'anxiété généralisée. Nous mobilisons l'historique de problèmes de santé depuis l'enfance et mettons en œuvre une méthode à variable instrumentale afin de tenir compte des problèmes d'hétérogénéité inobservée et d'endogénéité du chômage. Nos résultats indiquent que l'expérience du chômage a un effet sur les hommes alors que ce n'est pas le cas pour les femmes. Nous montrons également que l'effet se concentre sur les hommes en deuxième partie de carrière. Ces résultats sont robustes à nos différentes mesures de santé mentale. Du point de vue des politiques publiques, cette étude montre qu'un accompagnement psychologique ciblé et efficace des chômeurs permettrait de prévenir la survenue de troubles mentaux.

Photo : eurosport.fr

dimanche, juillet 24 2016

Rapport 2015 des banques alimentaires : une société de plus en plus précarisée

24 07 2016

banque_alimentaire.jpgEn France, 4 millions de personnes ont recours chaque année aide alimentaire. Pourtant, l’insécurité alimentaire pourrait concerner une population plus importante. On le sait, certaines personnes ont des réticences à solliciter une assistance. Analyser le profil des bénéficiaires, c’est faire une photo de notre société de plus en plus précarisée : le nombre de nouveaux bénéficiaires ne cesse de croître (64% sont aidés depuis moins d’un an), la perte de l’emploi est le premier déclencheur de difficultés financières pour 38% d’entre eux, et 60% de ceux qui ont un emploi travaillent à temps partiel, selon l’étude Ipsos-Banques Alimentaires réalisée fin 2014. Les ruptures familiales (divorce, séparation) constituent le second motif, de nature à faire basculer les individus dans la précarité : 26% des bénéficiaires sont divorcés. Enfin dernier élément préoccupant, 65% d’entre eux ont des enfants, dont un quart en bas âge.

Photo : sudouest.fr

vendredi, juillet 8 2016

Les inégalités de niveau de vie continuent à augmenter

8 07 2016

Cadre_et_sans_abri.jpgComment ont évolué les niveaux de vie en France ces dernières années ? A vrai dire, on n’en sait rien. L’Insee a changé de méthode en 2010 puis en 2012, du coup les données ne sont pas comparables d’une année sur l’autre. La plupart des analyses que vous lisez sur le sujet (comme pour la pauvreté) sont fausses parce qu’elles font comme si la méthode de calcul n'avait pas changé. Pour y voir plus clair, nous avons recalculé les évolutions de manière à réduire ces ruptures1. Résultat : les plus riches continuent à gagner plus, sauf dans les dernières années. Les plus pauvres toujours moins, mais moins fortement. Explications.

Photo : lefigaro.fr

lundi, mai 16 2016

Le chômage : une catastrophe individuelle, sociale et sanitaire

16 05 2016

c-est-la-cata.pngBien que le chômage soit désormais un phénomène massif, le traumatisme qu’il entraine, ses conséquences sociales et l’impact sur l’entourage restent encore trop méconnus.
Au choc du chômage s’ajoute la précarité financière car si l’indemnisation joue un rôle d’amortisseur de la baisse des revenus, 40 % des chômeur.euse.s ne la perçoivent pas et la moitié d’entre eux.elles touchent moins de 500 euros par mois.
Le chômage est désormais une question de santé publique ; 10 à 14 000 décès par an lui sont imputables du fait de l’augmentation de certaines pathologies, maladie cardio-vasculaire, cancer… Il multiplie le risque de connaitre un épisode dépressif, 24 % des hommes et 26 % des femmes sont ainsi concernés. Une progression de 10 % du taux de chômage se traduit par une augmentation de 1,5 % du taux de suicide.
Le chômage a un impact social majeur. Il augmente le risque de séparation et d’isolement social, il impacte l’avenir scolaire des enfants, il retarde la venue d’un premier enfant.

vendredi, mars 25 2016

Progression du FN et sentiments d'abandon dans la ruralité

25 03 2016

Meeting_FN_a_brachay.jpgBeaucoup a été dit sur la géographie électorale du Front National. De sa faiblesse dans les idéopôles à sa force dans la «France périphérique», du lien entre sa puissance et la désindustrialisation, de l’adhésion à ses thèses et de la réalité du déclassement, de l’ampleur du vote FN et de son lien avec l’absence de transports en commun (c’est vrai, par exemple, en Seine-et-Marne) ou avec la distance par rapport à la ville-centre, beaucoup d’aspects permettent de comprendre comment ce vote se déploie. Cette quête de connaissance d’un phénomène électoral de l’ampleur de celui du FN dans la séquence qui s’est ouverte depuis 2011 renseigne également sur bien des aspects de l’organisation territoriale et sociale de notre pays.

mardi, février 23 2016

Les hommes cadres vivent toujours 6 ans de plus que les hommes ouvriers

23 02 2016

Depuis la fin des années 1970, les hommes de 35 ans ont gagné 7 années d’espérance de vie et les femmes 5,5 années. Toutes les catégories sociales ont profité de ce progrès et les écarts entre les cadres et les ouvriers se sont maintenus. Les hommes cadres vivent en moyenne 6 ans de plus que les ouvriers dans les conditions de mortalité de 2009-2013. Chez les femmes, les inégalités sociales sont moins marquées, seuls 3 ans séparent l’espérance de vie des cadres et des ouvrières.
Pour la première fois, l’Insee publie l'espérance de vie de la population selon le niveau de diplôme. Ainsi, entre les diplômés du supérieur et les non-diplômés, l'écart d'espérance de vie à 35 ans est de 7,5 ans pour les hommes et de 4 ans pour les femmes.

lundi, février 22 2016

A cause des banques, la prochaine crise sera pire que celle de 2008

22 02 2016

livre_artus_virard.jpegAu début leur intention était louable : éviter au monde un désastre encore plus grave que celui de 1929. Inconnus hier, les Mario Draghi (zone euro), Mark Carney (Angleterre), Janet Yellen (États-Unis) et quelques autres, tous banquiers centraux, ont été érigés en maîtres du monde et jouissent, depuis la crise des subprimes, d’un pouvoir fou. En continuant à déverser des flots de liquidités dans le système financier plus de sept ans après l’éclatement de la crise, ils alimentent des bulles au potentiel dévastateur. Une politique monétaire au nom barbare de «quantitative easing», qui n’est autre qu’une version moderne de la planche à billets. Mais ils ont échoué à faire redémarrer la machine. Pire : en inondant de liquidités les marchés financiers, ils jouent un jeu dangereux. «La crise de 2008 pourrait être une aimable répétition.» C’est le cri d’alarme que lancent le patron de la recherche économique de la banque Natixis Patrick Artus, et la journaliste Marie-Paule Virard dans leur dernier ouvrage.

vendredi, janvier 15 2016

Les jeunes sont-ils sacrifiés par la protection sociale ?

15 01 2016

jeunesse_sacrifiee.jpgEntre chômage de masse, faiblesse relative de leur revenu disponible, dégradation des conditions d’accès au logement et peur du « déclassement systémique », les jeunes générations sont-ils en France plus qu’ailleurs « sacrifiées » ? Les dépenses totales de protection sociale dont bénéficient les plus de 60 ans représentent 17,2 % du PIB en 2011, soit deux fois plus que celles consacrées aux moins de 25 ans, en incluant les dépenses d’éducation. Qui plus est, ces dépenses ont fortement augmenté sur les 30 dernières années quand celles dédiées aux jeunes stagnaient. Cela est d’abord imputable à la démographie, les effectifs des plus âgés ayant plus augmenté que ceux des plus jeunes. Dans un contexte où la pauvreté touche désormais 2,5 fois plus souvent les moins de 25 ans que les plus de 60 ans, ce déséquilibre ne pose pas seulement la question de l’équité mais également celle de la soutenabilité.

Photo : ladepeche.fr

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