Controverses, polémiques, pétitions

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vendredi, mai 3 2019

Mensonges au ministère de l'Intérieur, justice expéditive dans les tribunaux

3 05 2019

C._Castaner_et_L._Nunez.jpgPendant que le ministre de l'Intérieur invente une prétendue "attaque de l'hôpital de la Pitié-Salpétrière", et que de nombreux médias ne faisant pas leur travail, relayent sans vérification une autre Fake News (la prétendue "invasion du commissariat de police de Besançon"), le tribunal de Paris juge les manifestants, ou présumés tels, interpelés 1er Mai à Paris. L’utilisation quasi systématique de l’article « participation à un groupement en vue de » violences permet à l’accusation de s’émanciper des faits. Ce sont désormais les intentions et les présupposés qui sont jugés, avec à la clé une effarante distribution de peines de prison.

Photo : ledauphine.com

jeudi, mai 2 2019

Qu'est-ce qu'un "Black bloc" ?

2 05 2019

Black_bloc.jpgNi parti, ni syndicat, n’ayant aucune existence légale et résultant de la réunion éphémère d’un certain nombre d’acteurs politiques ne se connaissant pas nécessairement en amont, mais qui sont issus des rangs de l’extrême-gauche « extra-parlementaire, anti-capitaliste et antifasciste » : un black-bloc pourrait se définir comme une forme d’action et d’apparition collective non conventionnelle de militants révolutionnaires habillés en noir dans le cadre d’une manifestation de rue. Autrement dit, comme « un cortège de militants révolutionnaires habillés en noir susceptibles de recourir à l’action directe ». Ceux qui décident d’agir en commun en se regroupant momentanément dans l’espace public pour former un « black bloc » sont, le plus souvent, partie prenante de « groupes d’affinités » qui s’inscrivent eux-mêmes dans ce que l’on désigne de façon générique sous le nom de « mouvance autonome ».

Photo : theconversation.com

mardi, avril 30 2019

La banlieue jaune. Enquête sur les recompositions d’un mouvement

30 04 2019

Gilets_Jaunes_LVI.jpgAprès plus de quatre mois de mobilisation, l’heure semble être au bilan du « Grand débat ». Réel effort de concertation du gouvernement pour les uns, mascarade pour les autres, la controverse médiatique et politique place les revendications des gilets jaunes au cœur de l’actualité. Elle focalise ainsi l’attention sur les dimensions délibérative et nationale du mouvement (qu’il s’agisse du « Grand débat », de son alternative, le « Vrai débat », porté par d’autres gilets jaunes, ou encore de l’ « Assemblée des assemblées » réunie à Saint-Nazaire), au risque de faire oublier que la pratique des assemblées ne va pas de soi, mais aussi que les mobilisations locales, nées sur les ronds-points, se poursuivent.

lundi, avril 22 2019

Légion d'honneur pour Michel Houellebecq, l'islamophobie (à nouveau) consacrée

22 04 2019

Michel_Houellebecq_a_Madrid_le_21_aout_2014.jpgMichel Houellebecq a été fait chevalier de la Légion d’honneur par Emmanuel Macron. Une distinction que le romancier a accueillie devant une petite trentaine de convives sélectionnés par ses soins. Nicolas Sarkozy et Bruno Le Maire, du côté des responsables politiques, côtoyaient Jérôme Coumet. Teresa Cremisi, l’éditrice de Houellebecq chez Flammarion, était là, elle aussi, tout comme les romanciers Frédéric Beigbeder et Marin de Viry, ou le philosophe Alain Finkielkraut. Côté journalistes, David Pujadas est arrivé en retard, mais il s’est rattrapé en allant dîner avec l’honoré du soir. Geoffroy Lejeune et Charlotte d’Ornellas, figures de proue de l’hebdomadaire ultraconservateur Valeurs actuelles – qu’affectionne particulièrement Houellebecq – étaient bien à l’heure, eux.

Photo : 20minutes.fr

jeudi, avril 18 2019

La légitimité plus que limitée du « grand débat national »

18 04 2019

top-et-flop-png.pngInitiative citoyenne indépendante, lancée fin janvier 2019 par l’Institut de la concertation et de la participation citoyenne (ICPC) et le Groupement d’intérêt scientifique Démocratie et Participation, l’Observatoire des débats réunit une centaine d’observatrices et d’observateurs bénévoles. Leur mobilisation a permis, grâce à une grille d’observation commune et un court questionnaire sociopolitique, l’observation de plus de 260 réunions locales. Des données ont ainsi été collectées sur les publics réunis (près de 5 000 questionnaires recueillis dans la moitié de ces réunions), mais aussi l’organisation, le déroulement, les thématiques discutées et les propositions formulées lors de réunions locales.

Illustration : equidia.fr

mercredi, avril 10 2019

Ne luttons pas davantage contre les pauvres mais contre la pauvreté

10 04 2019

Alors que les « gilets jaunes » focalisent l’attention sur les couches populaires laborieuses, le premier ministre vient de faire diversion, dans le cadre du grand débat national, en exhumant l’idée de contreparties aux aides sociales. Flattant implicitement ceux qui n’y recourent pas, tout en répondant à son électorat. S’il reconnaît le sujet comme « explosif », c’est qu’il fait référence au concept du workfare anglo-américain, rarement loué comme un modèle enviable ; et que, (re)lancé en 2011 par Laurent Wauquiez puis Nicolas Sarkozy, il a suscité des levées de boucliers.
Mettre en regard, de façon simpliste, chômage et emplois non pourvus, c’est faire fi de ces chantiers politiques et imputer le paradoxe à des chômeurs qui feraient la fine bouche devant les emplois proposés ; donc rendre les plus démunis responsables. Car fondamentalement, le recours aux aides sociales découle du découragement face aux échecs répétés à s’insérer de façon durable et décente sur le marché du travail.

mardi, avril 9 2019

Les résultats du "Grand débat national" sur Internet... ne valent presque rien

9 04 2019

Restitution_du_Grand_debat_national.jpgLes bonnes résolutions d’Édouard Philippe n’auront duré que quelques minutes. Dans son discours suivant la restitution du « grand débat », organisée lundi 8 avril au Grand Palais de Paris, le premier ministre a pris plusieurs précautions oratoires pour expliquer que la synthèse de la consultation n’avait « pas l’exhaustivité comme objectif ». Le chef du gouvernement a bien raison : ce « grand débat » n’a aucune valeur représentative.
Certains contributeurs ont copié et collé des dizaines (voire des centaines) de fois leur texte. Plus de la moitié des textes rédigés comportent moins de dix mots. Plus de la moitié des textes rédigés sont des doublons. Plus de la moitié des contributeurs n’ont répondu qu’à un seul thème.

Photo : lemonde.fr

lundi, avril 1 2019

Les contributions des Gilets jaunes au "Vrai débat"

1 04 2019

Depuis des semaines, un site, le Vrai débat, se revendiquant proche des Gilets Jaunes, a donné la parole aux Français sur le modèle du grand débat lancé par Emmanuel Macron. Le groupe de travail Gilets Jaunes du laboratoire UMR CNRS Triangle de Lyon a analysé les revendications de cette plateforme. Jean-Claude Zancarini, Professeur émérite au Laboratoire Triangle de Lyon nous en livre les résultats et donne à voir une France jaune, éprise de justice sociale, réclamant davantage de service public et qui veut profondément changer le système politique.

samedi, mars 30 2019

Le Puy du Fou : sous le divertissement, un « combat culturel »

30 03 2019

E._Macron_au_Puy_du_fou.jpg« L’histoire n’attend que vous »… « meilleur parc d’attractions au monde » : difficile de passer à côté des campagnes de communication du Puy du Fou. Et de fait, chaque année, plus de deux millions de visiteurs se pressent dans la petite commune des Epesses, en Vendée, dans une ambiance bon enfant. De fait, le divertissement est garanti. Majoritairement familial, le public en ressort avec la sensation d’avoir partagé une expérience amusante et forte en émotions, faite de spectacles historiques, de déambulations dans un « village d’époque », mais aussi de joyeux banquets et de nuits hors du temps.
Et pourtant, le Puy du Fou cache une réalité moins avouable : les nationalismes européens y puisent une partie de leur arsenal culturel.

lundi, mars 25 2019

Les chiffres (effarants) de la répression des Gilets Jaunes

25 03 2019

Gilet_jaune_interpele.jpgQuelque 2 000 personnes ont été condamnées parmi les plus de 8 700 placés en garde à vue depuis le 17 novembre 2018, début du mouvement des « gilets jaunes », a déclaré, dimanche 24 mars, la ministre de la justice. « Sur les 2 000 jugements de condamnation qui sont déjà intervenus, le chiffre qu’il convient de retenir, c’est que 40 % sont des peines d’emprisonnement ferme et 60 % sont d’autres types de sanction, par exemple des travaux d’intérêt général, des sursis, etc. », a dit Nicole Belloubet sur BFM-TV. Enfin, « près de 1 800 » personnes interpellées lors des manifestations, qui se tiennent tous les samedis depuis plus de quatre mois en France, doivent encore être jugées, selon la ministre.

Photo : francebleu.fr

mercredi, mars 20 2019

La mortalité des personnes sans domicile fixe

20 03 2019

Plusieurs médias ont titré sur un nombre (566), issu du recensement du collectif des Morts de la rue, mais qui n'a pas de prétention à l'exhaustivité. Pour ce qui est de l’estimation globale, qui permet une appréhension statistique de la mortalité des personnes sans domicile, le collectif renvoie au bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) de novembre 2015. Il est consacré à une étude qui avait estimé le nombre de personnes sans domicile fixe mortes entre janvier 2008 et décembre 2010 en s’appuyant d’une part sur les données du collectif des Morts de la rue, d’autre part sur les données du CépiDc-Inserm, qui traite l’ensemble des certificats de décès en France. Après avoir croisé les données des deux sources, les auteurs de l'étude étaient arrivé à une estimation de 6 730 morts de personnes sans domicile entre janvier 2008 et décembre 2010 en France. Il ne s'agit toutefois pas de personnes SDF décédés nécessairement dans la rue.

vendredi, mars 15 2019

Grand débat, sourde oreille ? La parole déniée des quartiers populaires

15 03 2019

D’emblée, l’idée du « grand débat national » lancé par le président de la République fait débat. Les uns pensent que l’on doit se fier à ce dispositif inédit et ambitieux, bien qu’improvisé et flou, alors que les autres font part de leurs réserves, sur trois points principaux. La méthode délibérative n’a pas été présentée et clarifiée, laissant les participants éventuels dans l’ignorance d’un déroulé rigoureux de ses étapes et du mode d’élaboration des synthèses finales. Les modalités de prise en compte des résultats de ce grand débat ne sont guère explicitées non plus, tandis que certains sujets, comme l’ISF ou la santé, sont par avance exclus ou oubliés. Une troisième remarque porte sur l’indépendance des organisateurs et observateurs et sur le pilotage des réunions. Ce dernier revient désormais à l’exécutif, après qu’il a remercié la CNDP (Commission nationale du débat public) qui posait quelques conditions de méthode. Mais d’autres raisons, plus objectives et plus graves, alimentent nos doutes.

mercredi, mars 6 2019

La fin de l’impunité : #metoo et #balancetonporc

6 03 2019

À la fin de l’année 2017, plus d’une trentaine d’actrices ont accusé le producteur Harvey Weinstein de s’être rendu coupable de harcèlement, d’agression sexuelle ou de viol à leur encontre. Peu de temps après, des millions de femmes ont posté le message « me too » (« moi aussi ») sur Twitter, Snapchat, Facebook et les autres plateformes de réseaux sociaux à la suite de l’appel de l’actrice Alyssa Milano. Celle-ci a alors expliqué qu’elle s’était elle-même inspirée de la militante afro-américaine Tarana Burke qui avait lancé en 2007 une campagne déjà intitulée « Me too », mais hors d’Internet, afin de dire aux survivantes d’abus sexuels qu’elles n’étaient pas seules. En lançant cette campagne sur les réseaux sociaux, Alyssa Milano espérait que celle-ci déplacerait l’attention de Weinstein vers ses victimes tout en « permettant aux gens de réaliser l’ampleur du problème ». En France, la veille même du jour où Milano a lancé le mot d’ordre « #metoo », une campagne analogue avait débuté sur les réseaux sociaux avec comme hashtag « balance ton porc ». Le déferlement d’accusations publiques que ces campagnes a suscité a lui-même entraîné une vague de limogeages et de démissions d’hommes influents dans différents milieux, d’Hollywood au gouvernement.

jeudi, février 28 2019

Le prétendu "expert en criminologie" Laurent Montet condamné pour escroquerie

28 02 2019

Laurent_Montet_sur_LCI.jpgIl est sur le plateau de LCI en août 2018 pour évoquer l’affaire Maëlys. En novembre, sur C8 pour parler de Jonathann Daval, soupçonné d’avoir tué son épouse. Ou encore sur NRJ12 le même mois, à propos d’Estelle Mouzin une fillette disparue… Ce mercredi, il se tient à la barre du tribunal correctionnel de Troyes (Aube). Laurent Montet, 46 ans, est accusé d’escroquerie, d’exploitation d’un établissement d’enseignement supérieur sans déclaration préalable, et de faux et usage de faux. Car docteur en criminologie, Laurent Montet l’est seulement de nom. Cet homme trapu au visage joufflu symbolise, malgré lui, les décriés « experts » des plateaux télévisés, habitués à s’exprimer avec aplomb sur n’importe quel sujet.

Photo : leparisien.fr

vendredi, février 22 2019

Eglise catholique et pédophilie : une affaire de laïcité

22 02 2019

pape-triste_article.jpgLes affaires Preynat, Barbarin, la sortie du film Grâce à Dieu de François Ozon et la mise en place récente d’une commission indépendante enquêtant sur les affaires d’abus sexuels dans l’Église catholique en France depuis 1950 ont, de nouveau, placé sous les feux de la rampe les milliers d’affaires de pédophilie au sein de l’Église à l’échelle mondiale. Il est temps, en France, d’appréhender ces questions aussi comme une affaire de laïcité.

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