Controverses, polémiques, pétitions

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mercredi, janvier 23 2019

Les bonnes affaires du "criminologue" Alain Bauer continuent

23 01 2019

Il conseille des présidents français et dispose d'importants réseaux en politique et dans la police, mais pas seulement : Alain Bauer, à part ses habits de franc-maçon assumé (il a été grand maître du Grand Orient de France), se dit aussi consultant pour des dizaines de grosses sociétés, principalement appartenant au CAC 40. Appelé en 2011 à la rescousse par Carlos Ghosn, alors tout-puissant patron du numéro un mondial de l'automobile, après l'affaire dite des "faux espions" (une manipulation basée sur des infos bidon visant trois hauts cadres du constructeur), Alain Bauer avait accepté la mission de revoir de fond en comble la direction de la sécurité et de la protection du patrimoine de l'entreprise.
Pour ses conseils à Renault, Alain Bauer était donc payé par l'alliance Renault-Nissan, via une société logée à Amsterdam.

jeudi, janvier 17 2019

Le lourd bilan des lanceurs de balles de défense de la police

17 01 2019

FRANCE-POLITICS-SOCIAL-DEMOCombien sont-ils comme David, depuis le début du mouvement, fin novembre 2018, à avoir reçu des tirs de LBD – une arme dite « de force intermédiaire » qui a progressivement remplacé le Flash-Ball ?
Chloé Bertolus, professeure au service de chirurgie maxillo-faciale de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, évoquait, au début du mois de janvier, « une petite dizaine de personnes venues pour des blessures au visage et se disant victimes de tirs de LBD » depuis la fin novembre. Mais il s’agit seulement des cas les plus graves, dans la capitale et ses alentours. Ils sont en réalité bien plus nombreux au niveau national, à avoir essuyé des tirs, au visage ou ailleurs – journalistes compris.

Photo : lemonde.fr

mercredi, janvier 16 2019

Un« Grand débat national » bien contrôlé par le gouvernement ?

16 01 2019

Gilets_Jaunes_a_Perpignan_12_janvier_2019.jpgLe "grand débat national", qui pourrait être suivi d’un référendum sur des questions multiples, pose question. Il semble difficile de rejouer, en dehors des cadres institutionnels établis, le débat qui a eu lieu au printemps 2017… quand on sait à l’avance qu’il ne sera pas possible de revenir sur certains points du programme que le suffrage universel a validés.
Le risque est grand, dès lors, de provoquer davantage de frustration que de satisfaction, tant chez les citoyens que chez leurs représentants qui se trouvent ainsi désavoués dans leur fonction de médiation. Tout cela fait peser une forte incertitude sur l’issue possible du référendum qui suivra, et dans lequel il sera difficile de ne pas voir un plébiscite pour ou contre Emmanuel Macron.

Photo : theconversation.com

jeudi, janvier 10 2019

Le référendum d’initiative citoyenne (RIC) est-il le moyen de renouer avec la démocratie ?

10 01 2019

Gilets_jaunes_RIC.jpgLe mouvement des Gilets Jaunes est une véritable révolte populaire, assez peu organisée et dont les revendications sont hétérogènes. Toutefois, parmi ces dernières, l’une est de nature politique et s’est progressivement imposée : le référendum d’initiative citoyenne (RIC). L'idée n'est pas nouvelle mais on ne reviendra pas ici sur son histoire. Notre propos est bien plutôt de prendre appui sur une recherche récente pour réfléchir au fait que le RIC est peut-être une fausse bonne idée et qu’il serait préférable de favoriser la démocratie participative plutôt que la démocratie directe. Encore faudrait-il toutefois que cette démocratie participative parvienne à exister davantage, ce qui pose la question trop occultée du fonctionnement politique au niveau local et non pas simplement national.

Photo : leparisien.fr

lundi, janvier 7 2019

Qu’est-ce qu’un mouvement social populiste ? Comprendre les « gilets jaunes »

7 01 2019

Les protestations actuelles en France sont un exemple de mouvement social populiste. Ce phénomène est rare, mais l’usage péjoratif du mot populisme nous empêche de le comprendre. Il ne doit être confondu ni avec la démagogie, ni avec le nationalisme. Qu’est-ce donc le populisme et peut-on lui résister ?
Le populisme est une idéologie qui simplifie la politique en la réduisant à un antagonisme de nature morale. Elle consiste, d’une part, à affirmer la valeur des gens simples, qui représenteraient selon les populistes, la majorité écrasante. Et, d’autre part, cette idéologie met en scène un rapport antagoniste entre la « majorité », par définition bonne, et une « minorité », qui par définition ne l’est pas. La politique est alors réduite à un combat perdu d’avance.

vendredi, janvier 4 2019

L’islam en France : quel(s) rapport(s) ?

4 01 2019

En 2016 et 2018, deux rapports publiés sur l’ « islam français » et sur « la fabrique de l’islamisme » se proposent respectivement d’« imaginer une nouvelle organisation de l’islam en France » et de répondre « au développement de l’islamisme en France et en Europe ». Cette production, abondamment relayée dans les médias, a suscité dans l’opinion débats et réserves.
Pour mieux comprendre les réactions assez unanimement critiques qui ont accueilli ces rapports et les propositions formulées, il faut rappeler que depuis la fin des années 1980, la société française connaît l’émergence d’élites administratives, politiques et économiques, issues des migrations maghrébines, africaines et turques qui aspirent à jouer un rôle dans l’espace public.

mardi, décembre 25 2018

La loi de 1905 : un concordat non-dit

25 12 2018

Sapin_de_noel_devant_l__eglise.jpgLe gouvernement dit réfléchir à l'« actualisation » de la loi de 1905 sur la séparation des églises et de l’État.
L’auteur de la présente note revient sur ce principe suprême de laïcité et l’obligation de neutralité incombant avant tout aux pouvoirs publics. Il rappelle que c’est bien parce que l’État n’a pas de religion qu’il reconnait à tous la liberté de religion. Il aborde la question du financement des lieux de cultes et des imperfections de la loi de 1905 à cet égard. Les religions qui se sont développées après 1905 s’avèrent particulièrement lésées. Il s’attarde également sur les nombreuses exceptions à l’interdiction des subventions posée par la loi ou sur les associations à vocation cultuelle que les pouvoirs publics contrôlent déjà en dépit des polémiques à ce sujet.

Photo : ledevoir.com

mardi, décembre 18 2018

Le mouvement des « gilets jaunes » est-il vraiment terminé ?

18 12 2018

Gilets_jaunes_Champs_Elysees.jpgDès avant le samedi 15 décembre, beaucoup de commentateurs annonçaient la fin prochaine du mouvement des « gilets jaunes », certains semblant surtout l’espérer. Or, si l’on constate en effet une forte baisse du nombre des manifestants à Paris, il est douteux d’une part que le mouvement soit terminé en province, d’autre part que ce soient les annonces du président de la République qui aient vraiment apaisé la colère des manifestants. La répression policière ainsi que l'épuisement de l'occupation des ronds-points jouent plus sûrement. Mais le mouvement pourrait aussi renaître dans les semaines et les mois à venir sous d'autres formes.

Les « Gilets jaunes », un peuple de la route

18 12 2018

Gilets_Jaunes_sur_la_route.jpgQui sont les gilets jaunes ? La question anime à juste titre les débats, pour comprendre aussi parfois de manière réflexive pourquoi « on en est, ou pas ». L'expression consacrée de « France périphérique », mainte fois brandie, constitue à la fois un raccourci et une forme de mépris dans sa reprise sans nuance par rapport à ceux qui se percevraient comme représentant le « centre ». Pour aborder la mobilisation des Gilets jaunes sans prétention surplombante mais à hauteur d'homme, il peut être opportun à la suite d'autres analyses pertinentes de se pencher d'abord sur une question simple, qui fonde le raisonnement géographique, à savoir « où sont les gilets jaunes ? ».

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dimanche, décembre 9 2018

Comment les "gilets jaunes" s'inscrivent dans l’histoire des révoltes populaires

9 12 2018

Photo_gilet_jaune_macron_monarque.jpgCela va-t-il suffire à éteindre la fronde ? Mercredi 5 décembre, Emmanuel Macron a annoncé que la hausse des taxes sur les carburants, prévue à partir du 1er janvier 2019, était "annulée", purement et simplement. Le gouvernement n'a finalement pas pu "tenir le cap" après trois semaines de blocages des "gilets jaunes" et de violences, notamment le 1er décembre à Paris. De quelle façon ce soulèvement s'inscrit-il dans l'histoire des révoltes populaires en France, alors que des manifestants dénoncent une dérive "monarchique" dans la présidence d'Emmanuel Macron ? Entretien avec l'historien Gérard Noiriel, auteur d'Une histoire populaire de la France.

samedi, décembre 8 2018

Face au mépris social, la revanche des invisibles

8 12 2018

Un mouvement social comme celui des « gilets jaunes » est à bien des égards difficile à saisir tant il fait remonter à la surface des formes multiples de ressentiment et de frustration qui se sont accumulées au fil du temps dans des couches sociales diverses dont on peine à trouver immédiatement ce qu’elles ont en commun. Cette colère provient en effet à la fois de salariés du privé intégrés mais au revenu modeste, d’agents peu valorisés des services publics, d’artisans, commerçants ou petits entrepreneurs à la peine, de retraités proches du seuil de pauvreté, de travailleurs précarisés inquiets face à l’avenir, et elle semble s’étendre progressivement aux agriculteurs, mais aussi aux lycéens et aux étudiants.
Dans une France habituée à prendre en considération les revendications spécifiques émanant de chaque groupe professionnel, ce mouvement social surprend par son ampleur et sa capacité à court-circuiter les organisations syndicales et les partis politiques.

mercredi, décembre 5 2018

Les Gilets Jaunes, l’économie morale et le pouvoir

5 12 2018

Difficile de ne pas être saisi par le mouvement en cours. Tout y est déconcertant, y compris pour qui se fait profession de chercher et d’enseigner la science politique : ses acteurs et actrices, ses modes d’action, ses revendications. Certaines de nos croyances les mieux établies sont mises en cause, notamment celles qui tiennent aux conditions de possibilité et de félicité des mouvements sociaux. D’où sinon la nécessité, du moins l’envie, de mettre à plat quelques réflexions issues de la libre comparaison entre ce que l’on peut voir du mouvement et des connaissances portant sur de tout autres sujets. A côté des recherches sur le mouvement en cours, espérons que l’éclairage indirect que donne la confrontation à d’autres terrains pourra dire quelque chose de différent sur ce qui a lieu.

mardi, décembre 4 2018

Deux ou trois choses dont je suis presque certain à propos des « gilets jaunes »

4 12 2018

Gilet_jaune_sur_un_rond_point.jpgPlutôt que de se précipiter pour mettre des mots d’allure savante sur des choses mal connues, ou pour fournir des interprétations toutes faites informant davantage sur les représentations de leurs auteurs que sur la réalité qu’ils prétendent éclairer, on souhaite ici partager simplement quelques enseignements tirés d’une expérience de sociologue ayant, dans un passé récent, travaillé sur diverses formes de violences sociales et politiques (notamment les émeutes), ainsi que sur les stratégies sécuritaires (notamment le maintien de l’ordre) déployées à leur encontre par les pouvoirs publics.

Photo : theconversation.com

mardi, novembre 27 2018

Comment ne pas surinterpréter le mouvement des Gilets jaunes

27 11 2018

Gilet_jaune.pngLa mobilisation des gilets jaunes a fait l’objet ces derniers jours d’une couverture médiatique exceptionnelle. Alors que les journalistes étaient à l’affut du moindre débordement, quelques figures médiatiques récurrentes se sont succédé sur les plateaux de télévision et de radio pour apporter des éléments d’analyse et d’interprétation du mouvement. Naturellement, chacun y a vu une validation de sa propre théorie sur l’état de la société française. Certains termes ont fait florès, comme jacquerie lancé par Éric Zemmour, puis repris par une partie de la presse régionale. De son côté, Le Figaro prenait la défense de ces nouveaux ploucs-émissaires, tandis que Christophe Guilluy se réjouissait presque de la fronde de « sa » France périphérique et Nicolas Baverez dissertait sur la revanche des citoyens de base.
Au-delà de leur violence symbolique et de leur condescendance, ces propos répétés ad nauseam urbi et orbi disent sans aucun doute moins de choses sur les gilets jaunes que sur les représentations sociales et spatiales de leurs auteurs.

mardi, novembre 20 2018

Le pouvoir politique face à la colère des "Gilets jaunes"

20 11 2018

Gilets_jaunes.jpgLes piliers de la société salariale avaient conduit à l’émergence d’une société relativement stabilisée autour d’une noyau central majoritaire de gens se vivant comme membres d’une large classe moyenne. Ils connaissent un effritement inquiétant pour le maintien du consensus social et du soutien au régime démocratique qui ne semble plus tenir ses promesses protectrices et émancipatrices.
Le mouvement des gilets jaunes dans sa spontanéité et l’éclectisme de ses slogans nous dit cette exaspération qui grondait. Elle s’exprime dans la rue aujourd’hui, mais ne pas traiter politiquement ses causes pourra conduire à une jacquerie électorale dans les urnes autrement plus déstabilisatrice que quelques milliers de blocages sur les routes.

Photo : theconversation.com

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