Ecole, absentéisme, échec scolaire

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jeudi, octobre 3 2019

L’internat scolaire : une ressource pour les jeunes et pour les parents

3 10 2019

L’internat n’est plus, aujourd’hui, synonyme de grisaille pour les parents ou les adolescents. Au-delà de conditions d’hébergement plus douces que naguère, il peut offrir des conditions de travail favorables, et un cadre quotidien qu’apprécient beaucoup d’internes. La distance qu’il crée, de fait, avec la famille, permet aux adolescents de se construire, de gagner en autonomie et de s’émanciper.
Si, au final, cette recherche sociologique a donné à voir des internes plutôt satisfaits de ce qu’ils vivent, ainsi que des parents regrettant rarement leur choix, si l’internat scolaire paraît souvent en mesure de répondre aux attentes qui lui sont aujourd’hui adressées, il serait hasardeux d’en tirer la conclusion qu’il s’agit d’une « solution miracle » comme on a pu le lire dans certains journaux.

vendredi, septembre 27 2019

La lutte contre l'échec scolaire : les limites des dispositifs

27 09 2019

Cette note traite de la manière dont le système éducatif tente de remédier aux difficultés d’apprentissage des élèves. De nombreux dispositifs et aides spécialisées ont vu le jour, avec des résultats, semble-t-il, globalement décevants. Sans compter l’observation d’un certain nombre d’effets pervers : stigmatisation des élèves inscrits dans un dispositif d’aide, empiètement sur le temps scolaire, externalisation de l’aide posant la question de la cohérence pédagogique avec ce qui est fait en classe.Les chercheurs, ces dernières années, ont tenté de progresser dans la connaissance de ce que pourraient être des aides efficaces, et il en ressort que les progrès des élèves en difficulté sont plus sensibles à l’aide qu’ils reçoivent en classe avec leur enseignant qu’à une aide plus externalisée.

mardi, septembre 3 2019

La loi Blanquer : une révolution conservatrice ?

3 09 2019

Adoptée début juillet, la loi Blanquer, « Pour une école de la confiance », a pour objet de créer un consensus éducatif susceptible de mobiliser les principaux acteurs de l’institution scolaire. Cet objectif est difficile à atteindre, tant l’école est un lieu privilégié de polémiques récurrentes. De surcroît, les organisations professionnelles représentatives des personnels de l’éducation n’ont pas été consultées lors de l’élaboration de la loi. Celle-ci n’a également pas fait l’objet ni de débats ni de vote au Conseil Supérieur de l’Éducation en octobre 2018. En affichant un objectif non poursuivi lors de son élaboration, le titre de cette loi occulte ses finalités effectives. Celles-ci sont difficiles à définir, tant la loi est composée de dispositions législatives éparses dont la logique d’ensemble échappe. L’analyse des articles de loi les plus significatifs permet de dégager des logiques d’action cohérentes susceptibles de défendre la thèse d’une révolution conservatrice.

lundi, mai 6 2019

Les profs doivent-ils aimer leurs élèves pour les aider à réussir ? La réponse est oui

6 05 2019

Malgré l’accumulation de données sur la place des émotions et des sentiments dans les apprentissages, nombreux sont les acteurs du système éducatif qui considèrent encore que les affects n’ont pas leur place à l’école. Une norme demeure solide en France : les enseignants doivent faire preuve de distance professionnelle avec les élèves. Cette norme, faute de s’appuyer sur une conceptualisation claire, laisse souvent penser qu’il ne faudrait pas établir de lien affectif avec ses élèves.
Pourtant, les chercheurs ont accumulé, depuis deux décennies, une quantité impressionnante de résultats indiquant que la relation enseignant-élève, lorsqu’elle permet l’établissement d’un lien affectif sécurisant, favorise les apprentissages et, au-delà, le développement psychosocial des enfants et des adolescents.

vendredi, avril 19 2019

Etudier à l'université après le baccalauréat : pour une université ouverte

19 04 2019

L’université a constitué une voie majeure de la massification de l’enseignement supérieur. Si son accès était, jusqu’à l’introduction de Parcoursup, ouvert sans condition, l’étude des parcours des étudiants montre que cela ne signifie ni que tous les profils sociaux de bacheliers y entrent effectivement, ni l’échec y est plus important que dans d’autres filières.

samedi, avril 13 2019

Les lycées professionnels : voie de relégation ou seconde chance ?

13 04 2019

Contrairement à une opinion répandue, la voie professionnelle ne peut être réduite à une voie de relégation. Elle peut même être une véritable voie de réussite, et être le résultat d’un choix d’orientation réfléchi. Cependant, faute d’aller assez loin, la réforme initiée actuellement par Jean-Michel Blanquer a peu de chance de sortir l’enseignement professionnel de la voie mineure qu’il occupe.
Rendre la filière professionnelle plus attractive suppose d’offrir aux élèves de réelles perspectives de poursuites d’études, en BTS notamment. Actuellement, seuls 16% des bacheliers pro obtiennent finalement un BTS, ce qui est peu, et même si la réforme actuelle de la voie professionnelle prévoit d’augmenter ce pourcentage, cela ne suffit pas. La clé est de donner du temps aux bacheliers pro, pour qu’ils mûrissent leur projet et qu’ils puissent se remettre à niveau dans les savoirs généraux. Or, notre système éducatif, avec ses procédures et sa temporalité rigides ne permet pas cela.

lundi, mars 11 2019

Échec scolaire et immigration : le poids du parcours pré-migratoire

11 03 2019

L’ouvrage de Mathieu Ichou a pour ambition de « rompre avec la vision de l’immigration comme problème social » (p. 271), et ce n’est pas une mince affaire tant la question en France soulève des débats et controverses qui semblent indépassables. Les convictions des uns se heurtent aux croyances des autres, et les termes du débat peinent souvent à se renouveler. La nature et l’ampleur des débats et prises de position en lien avec la « statistique ethnique » ou « statistique des origines » en témoignent. Ici, Mathieu Ichou tente, avec succès, de démontrer son hypothèse centrale : faire le constat d’un échec scolaire plus important des élèves issus de l’immigration cache en réalité une hétérogénéité importante des parcours scolaires de ces élèves. Pour le montrer, l’auteur travaille à qualifier les propriétés sociales de leurs familles. Dans la lignée des travaux d’A. Sayad, Mathieu Ichou étudie ainsi de façon systématique l’origine sociale de ces élèves à partir des appartenances sociales pré-migratoires de leurs parents.

lundi, février 18 2019

La loi pour " l'école de la confiance" est mal partie

18 02 2019

Jean-Michel_Blanquer_RTL.JPGAu début, en lisant la loi pour " l'école de la confiance" (qu'on appellera désormais la "Loi Blanquer"), on pouvait se dire que ce n'était qu'une loi anodine et fourre-tout sans colonne vertébrale et qui n'avait qu'un seul objectif : intégrer l'instruction obligatoire à trois ans, promesse présidentielle. Le reste de la loi était une sorte de gigantesque cavalier législatif. C'est à dire un ensemble de mesures disparates mises ensemble dans le même texte. Mais c'était sans compter sans la surenchère des députés et surtout la ruse du joueur d'échecs qu'est Blanquer. Car au final, il en ressort quelque chose de beaucoup plus cohérent. Et cette réforme est loin d'être anodine et révèle, un virage à droite, une reprise en main et un autoritarisme sourd au dialogue social.

Photo : rtl.fr

mercredi, février 6 2019

L’absentéisme des élèves dans les collèges et les lycées

6 02 2019

En France, parmi les élèves âgés de 15 ans en 2015, 11% ont déclaré avoir séché au moins une journée de cours durant les deux semaines précédant l’évaluation. C’est moins que dans la moyenne des pays de l’OCDE (20%). La France fait même partie des 15 pays sur les 72 de PISA 2015 où cet absentéisme est le plus faible.
Malheureusement, cet absentéisme relativement faible est distribué dans notre pays de façon plus inégalitaire que dans la plupart des autres, comme d’ailleurs les compétences scolaires elles-mêmes. D’une part, l’absentéisme se concentre dans un petit nombre d’établissements. D’autre part, l’absentéisme présente de fortes inégalités sociales, comme le haut degré de concentration pouvait le faire craindre.

vendredi, octobre 19 2018

Education : Blanquer, saison 2

19 10 2018

blanquer_0.jpgLe premier épisode de la saison 2 a commencé avec le projet de loi de Finances pour 2019. Il s’agit d’un budget d’austérité. Même si le ministre a cherché à le présenter avec une certaine habileté, de manière positive, il n’en reste pas moins qu’il y a une belle entourloupe. En fait, le budget de l’éducation n’augmente pas (en volume) puisque la hausse est proportionnelle à l’inflation. Et surtout, cela se traduit par des baisses de postes (2 600) dans le secondaire.
L’épisode 2 commence avec une petite loi de rien du tout pour modifier le Code de l’Education et instituer la scolarisation obligatoire à trois ans. Mais Jean-Michel Blanquer utilise la vieille technique du « cavalier législatif » qui consiste à glisser (subrepticement) dans un texte d’autres dispositions importantes et sans rapport direct avec le projet de loi.

dimanche, octobre 14 2018

L'impasse de la punition à l'école

14 10 2018

Punition_a_l__ecole.jpegContrairement à une légende tenace, la « punition » à l’école est fréquente, et ce livre en donne les vrais chiffres, impressionnants. L’inflation punitive entraîne plus de difficultés – voire de violence – qu’elle n’en résout. Il faut d’autres solutions pour une discipline réelle, respectueuse de tous et de toutes dans les écoles, les collèges et les lycées. C’est vrai au niveau de l’établissement, mais aussi de la classe elle-même. Or les enseignants sont particulièrement démunis, manquant totalement de formation à cet égard.
Ce livre présente des solutions alternatives, qui ne se veulent pas modèles universels, mais qui ont été réellement expérimentées sur des terrains parfois difficiles : pédagogie coopérative, discipline positive, approche de Palo Alto, développement des compétences psychosociales, Communication NonViolente, justice restaurative.

vendredi, mars 30 2018

La peur d’échouer : un vecteur des inégalités dès l’école maternelle

30 03 2018

Logo_FCPE.jpgCette note revient sur la manière dont l’école contribue à la production des inégalités scolaires dès l’école maternelle. Il existe sur cette question une littérature conséquente. Mais l’axe privilégié ici est original à double titre. Il cible, pour l’essentiel, un niveau scolaire peu investi scientifiquement, et pourtant décisif pour la suite des parcours : l’école maternelle. Il croise les regards sociologique et psychosocial dans le cadre d’une recherche menée durant plusieurs années auprès des enseignants et des élèves. Dix classes situées dans sept écoles maternelles différentes (trois classes de petite section, sept classes de moyenne et grande sections) ont ainsi été enquêtées. L’objectif était aussi d’identifier les conceptions que les élèves peuvent construire sur eux-mêmes.

jeudi, février 8 2018

Éducation nationale : conservatisme ou réforme chez le nouveau ministre ?

8 02 2018

Logo_FCPE.jpgDepuis le mois de mai, Jean-Michel Blanquer multiplie les déclarations, les annonces et les mesures, mais cette activité n’est pas toujours facile à décoder. Elle peut être perçue comme largement conservatrice, comme un retour à la tradition et à la rigueur contre le « pédagogisme », le « laxisme » et le « nivellement par le bas » attribués à la gauche. Mais Jean-Michel Blanquer est aussi l’auteur de livres dans lesquels il se présente comme un réformateur hardi, désireux de construire une politique fondée sur les données de la science et des comparaisons internationales. Jean-Michel Blanquer peut-il être « en même temps » l’homme du retour aux années Sarkozy et le réformiste qui sortira l’école de ses querelles idéologiques afin de la transformer profondément ?

dimanche, octobre 29 2017

La nouvelle idéologie scolaire

29 10 2017

Maitre_eleve_a_l-ancienne.jpgDepuis le mois de mai, Jean-Michel Blanquer est un des ministres les plus en vue de l’ère Macron qui vient de s’ouvrir. Il multiplie les déclarations, les annonces et les mesures, mais cette activité n’est pas toujours facile à décoder. Elle peut être perçue comme largement conservatrice, comme un retour à la tradition et à la rigueur contre le « pédagogisme », le « laxisme » et le « nivellement par le bas » attribués à la gauche. Mais M. Blanquer est aussi l’auteur de livres dans lesquels il se présente comme un réformateur hardi, désireux de construire une politique fondée sur les données de la science et des comparaisons internationales. M. Blanquer peut-il être « en même temps » l’homme du retour aux années Sarkozy et le réformiste qui sortira l’école de ses querelles idéologiques afin de la transformer profondément ?

Photo : laviedesidees.fr

samedi, octobre 7 2017

Le décrochage scolaire : une question politique

7 10 2017

Logo_FCPE.jpgFace au désenchantement actuel sur les politiques publiques et sur leurs effets dans la lutte contre les inégalités, il est un domaine où malgré tout les autorités semblent pouvoir se targuer de résultats positifs : c’est celui de la lutte contre le décrochage scolaire. Si on se réfère à l’indicateur du « taux de sortants précoces » publié par l’Union européenne, la part des jeunes de 18 à 24 ans en situation de décrochage est passée en France de 12,8 % en 2007 à 8,8 % en 2016. Il y a là une forme de paradoxe. Les responsables des politiques publiques désignent aujourd’hui le décrochage scolaire comme un problème majeur, alors qu’il concerne bien moins de sortants du système éducatif que par le passé. Pourquoi le décrochage scolaire n’était-il pas un problème dans les années 1980 ? En quoi est-il aujourd’hui un problème ? Que nous dit cette évolution sur les politiques éducatives d’aujourd’hui ?

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