Ecole, absentéisme, échec scolaire

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lundi, mai 6 2019

Les profs doivent-ils aimer leurs élèves pour les aider à réussir ? La réponse est oui

6 05 2019

Malgré l’accumulation de données sur la place des émotions et des sentiments dans les apprentissages, nombreux sont les acteurs du système éducatif qui considèrent encore que les affects n’ont pas leur place à l’école. Une norme demeure solide en France : les enseignants doivent faire preuve de distance professionnelle avec les élèves. Cette norme, faute de s’appuyer sur une conceptualisation claire, laisse souvent penser qu’il ne faudrait pas établir de lien affectif avec ses élèves.
Pourtant, les chercheurs ont accumulé, depuis deux décennies, une quantité impressionnante de résultats indiquant que la relation enseignant-élève, lorsqu’elle permet l’établissement d’un lien affectif sécurisant, favorise les apprentissages et, au-delà, le développement psychosocial des enfants et des adolescents.

vendredi, avril 19 2019

Etudier à l'université après le baccalauréat : pour une université ouverte

19 04 2019

L’université a constitué une voie majeure de la massification de l’enseignement supérieur. Si son accès était, jusqu’à l’introduction de Parcoursup, ouvert sans condition, l’étude des parcours des étudiants montre que cela ne signifie ni que tous les profils sociaux de bacheliers y entrent effectivement, ni l’échec y est plus important que dans d’autres filières.

samedi, avril 13 2019

Les lycées professionnels : voie de relégation ou seconde chance ?

13 04 2019

Contrairement à une opinion répandue, la voie professionnelle ne peut être réduite à une voie de relégation. Elle peut même être une véritable voie de réussite, et être le résultat d’un choix d’orientation réfléchi. Cependant, faute d’aller assez loin, la réforme initiée actuellement par Jean-Michel Blanquer a peu de chance de sortir l’enseignement professionnel de la voie mineure qu’il occupe.
Rendre la filière professionnelle plus attractive suppose d’offrir aux élèves de réelles perspectives de poursuites d’études, en BTS notamment. Actuellement, seuls 16% des bacheliers pro obtiennent finalement un BTS, ce qui est peu, et même si la réforme actuelle de la voie professionnelle prévoit d’augmenter ce pourcentage, cela ne suffit pas. La clé est de donner du temps aux bacheliers pro, pour qu’ils mûrissent leur projet et qu’ils puissent se remettre à niveau dans les savoirs généraux. Or, notre système éducatif, avec ses procédures et sa temporalité rigides ne permet pas cela.

lundi, mars 11 2019

Échec scolaire et immigration : le poids du parcours pré-migratoire

11 03 2019

L’ouvrage de Mathieu Ichou a pour ambition de « rompre avec la vision de l’immigration comme problème social » (p. 271), et ce n’est pas une mince affaire tant la question en France soulève des débats et controverses qui semblent indépassables. Les convictions des uns se heurtent aux croyances des autres, et les termes du débat peinent souvent à se renouveler. La nature et l’ampleur des débats et prises de position en lien avec la « statistique ethnique » ou « statistique des origines » en témoignent. Ici, Mathieu Ichou tente, avec succès, de démontrer son hypothèse centrale : faire le constat d’un échec scolaire plus important des élèves issus de l’immigration cache en réalité une hétérogénéité importante des parcours scolaires de ces élèves. Pour le montrer, l’auteur travaille à qualifier les propriétés sociales de leurs familles. Dans la lignée des travaux d’A. Sayad, Mathieu Ichou étudie ainsi de façon systématique l’origine sociale de ces élèves à partir des appartenances sociales pré-migratoires de leurs parents.

lundi, février 18 2019

La loi pour " l'école de la confiance" est mal partie

18 02 2019

Jean-Michel_Blanquer_RTL.JPGAu début, en lisant la loi pour " l'école de la confiance" (qu'on appellera désormais la "Loi Blanquer"), on pouvait se dire que ce n'était qu'une loi anodine et fourre-tout sans colonne vertébrale et qui n'avait qu'un seul objectif : intégrer l'instruction obligatoire à trois ans, promesse présidentielle. Le reste de la loi était une sorte de gigantesque cavalier législatif. C'est à dire un ensemble de mesures disparates mises ensemble dans le même texte. Mais c'était sans compter sans la surenchère des députés et surtout la ruse du joueur d'échecs qu'est Blanquer. Car au final, il en ressort quelque chose de beaucoup plus cohérent. Et cette réforme est loin d'être anodine et révèle, un virage à droite, une reprise en main et un autoritarisme sourd au dialogue social.

Photo : rtl.fr

mercredi, février 6 2019

L’absentéisme des élèves dans les collèges et les lycées

6 02 2019

En France, parmi les élèves âgés de 15 ans en 2015, 11% ont déclaré avoir séché au moins une journée de cours durant les deux semaines précédant l’évaluation. C’est moins que dans la moyenne des pays de l’OCDE (20%). La France fait même partie des 15 pays sur les 72 de PISA 2015 où cet absentéisme est le plus faible.
Malheureusement, cet absentéisme relativement faible est distribué dans notre pays de façon plus inégalitaire que dans la plupart des autres, comme d’ailleurs les compétences scolaires elles-mêmes. D’une part, l’absentéisme se concentre dans un petit nombre d’établissements. D’autre part, l’absentéisme présente de fortes inégalités sociales, comme le haut degré de concentration pouvait le faire craindre.

vendredi, octobre 19 2018

Education : Blanquer, saison 2

19 10 2018

blanquer_0.jpgLe premier épisode de la saison 2 a commencé avec le projet de loi de Finances pour 2019. Il s’agit d’un budget d’austérité. Même si le ministre a cherché à le présenter avec une certaine habileté, de manière positive, il n’en reste pas moins qu’il y a une belle entourloupe. En fait, le budget de l’éducation n’augmente pas (en volume) puisque la hausse est proportionnelle à l’inflation. Et surtout, cela se traduit par des baisses de postes (2 600) dans le secondaire.
L’épisode 2 commence avec une petite loi de rien du tout pour modifier le Code de l’Education et instituer la scolarisation obligatoire à trois ans. Mais Jean-Michel Blanquer utilise la vieille technique du « cavalier législatif » qui consiste à glisser (subrepticement) dans un texte d’autres dispositions importantes et sans rapport direct avec le projet de loi.

dimanche, octobre 14 2018

L'impasse de la punition à l'école

14 10 2018

Punition_a_l__ecole.jpegContrairement à une légende tenace, la « punition » à l’école est fréquente, et ce livre en donne les vrais chiffres, impressionnants. L’inflation punitive entraîne plus de difficultés – voire de violence – qu’elle n’en résout. Il faut d’autres solutions pour une discipline réelle, respectueuse de tous et de toutes dans les écoles, les collèges et les lycées. C’est vrai au niveau de l’établissement, mais aussi de la classe elle-même. Or les enseignants sont particulièrement démunis, manquant totalement de formation à cet égard.
Ce livre présente des solutions alternatives, qui ne se veulent pas modèles universels, mais qui ont été réellement expérimentées sur des terrains parfois difficiles : pédagogie coopérative, discipline positive, approche de Palo Alto, développement des compétences psychosociales, Communication NonViolente, justice restaurative.

vendredi, mars 30 2018

La peur d’échouer : un vecteur des inégalités dès l’école maternelle

30 03 2018

Logo_FCPE.jpgCette note revient sur la manière dont l’école contribue à la production des inégalités scolaires dès l’école maternelle. Il existe sur cette question une littérature conséquente. Mais l’axe privilégié ici est original à double titre. Il cible, pour l’essentiel, un niveau scolaire peu investi scientifiquement, et pourtant décisif pour la suite des parcours : l’école maternelle. Il croise les regards sociologique et psychosocial dans le cadre d’une recherche menée durant plusieurs années auprès des enseignants et des élèves. Dix classes situées dans sept écoles maternelles différentes (trois classes de petite section, sept classes de moyenne et grande sections) ont ainsi été enquêtées. L’objectif était aussi d’identifier les conceptions que les élèves peuvent construire sur eux-mêmes.

jeudi, février 8 2018

Éducation nationale : conservatisme ou réforme chez le nouveau ministre ?

8 02 2018

Logo_FCPE.jpgDepuis le mois de mai, Jean-Michel Blanquer multiplie les déclarations, les annonces et les mesures, mais cette activité n’est pas toujours facile à décoder. Elle peut être perçue comme largement conservatrice, comme un retour à la tradition et à la rigueur contre le « pédagogisme », le « laxisme » et le « nivellement par le bas » attribués à la gauche. Mais Jean-Michel Blanquer est aussi l’auteur de livres dans lesquels il se présente comme un réformateur hardi, désireux de construire une politique fondée sur les données de la science et des comparaisons internationales. Jean-Michel Blanquer peut-il être « en même temps » l’homme du retour aux années Sarkozy et le réformiste qui sortira l’école de ses querelles idéologiques afin de la transformer profondément ?

dimanche, octobre 29 2017

La nouvelle idéologie scolaire

29 10 2017

Maitre_eleve_a_l-ancienne.jpgDepuis le mois de mai, Jean-Michel Blanquer est un des ministres les plus en vue de l’ère Macron qui vient de s’ouvrir. Il multiplie les déclarations, les annonces et les mesures, mais cette activité n’est pas toujours facile à décoder. Elle peut être perçue comme largement conservatrice, comme un retour à la tradition et à la rigueur contre le « pédagogisme », le « laxisme » et le « nivellement par le bas » attribués à la gauche. Mais M. Blanquer est aussi l’auteur de livres dans lesquels il se présente comme un réformateur hardi, désireux de construire une politique fondée sur les données de la science et des comparaisons internationales. M. Blanquer peut-il être « en même temps » l’homme du retour aux années Sarkozy et le réformiste qui sortira l’école de ses querelles idéologiques afin de la transformer profondément ?

Photo : laviedesidees.fr

samedi, octobre 7 2017

Le décrochage scolaire : une question politique

7 10 2017

Logo_FCPE.jpgFace au désenchantement actuel sur les politiques publiques et sur leurs effets dans la lutte contre les inégalités, il est un domaine où malgré tout les autorités semblent pouvoir se targuer de résultats positifs : c’est celui de la lutte contre le décrochage scolaire. Si on se réfère à l’indicateur du « taux de sortants précoces » publié par l’Union européenne, la part des jeunes de 18 à 24 ans en situation de décrochage est passée en France de 12,8 % en 2007 à 8,8 % en 2016. Il y a là une forme de paradoxe. Les responsables des politiques publiques désignent aujourd’hui le décrochage scolaire comme un problème majeur, alors qu’il concerne bien moins de sortants du système éducatif que par le passé. Pourquoi le décrochage scolaire n’était-il pas un problème dans les années 1980 ? En quoi est-il aujourd’hui un problème ? Que nous dit cette évolution sur les politiques éducatives d’aujourd’hui ?

mercredi, septembre 6 2017

Vers une politique scolaire et de droite... et de droite

6 09 2017

Jean-Michel_Blanquer.JPGIl est important, dans les débats sur l’école, de bien distinguer les discours libéraux et les discours conservateurs. L’analyse du discours, des propositions et des premières mesures de Jean-Michel Blanquer confirme la nécessité de cette grille d’analyse. Toute une partie de son discours vise à caresser dans le sens du poil les tenants de l’approche conservatrice. Par exemple la distribution aux élèves des Fables de La Fontaine (auteur injustement instrumentalisé par les tenants du retour en arrière en matière éducative) est saluée à droite. Alain Finkielkraut (inlassable contempteur de la pédagogie) apporte son soutien au ministre et à son directeur de cabinet qui veut « restaurer les grands textes patrimoniaux dès le plus jeune âge ».

Photo : lemonde.fr

dimanche, avril 23 2017

Pour réduire les inégalités à l’école, repenser le rapport au savoir

23 04 2017

ecole.pngDe nombreuses pistes ont été explorées quant à la lutte contre ces inégalités : réduire de façon ciblée la taille des classes, lutter contre la ségrégation voire l’apartheid scolaire, combattre les inégalités économiques (notamment les inégalités d’accès au logement), s’opposer à la logique de concurrence des marchés scolaires (entre établissements). Les pistes d’action sont bien connues, ne manque que la volonté politique.
Il existe une piste rarement évoquée, celle des inégalités d’apprentissage liées à la façon dont le rapport au savoir se construit. Il faut tout d’abord penser l’école pour celles et ceux qui, pour l’essentiel, n’ont que l’école pour apprendre les savoirs formels. Les activités d’apprentissage doivent être conçues pour que l’école fournisse à tous les élèves les moyens de les réussir.

Illustration : ac-grenoble.fr

mercredi, avril 19 2017

Les devoirs à la maison : un facteur d’inégalité supplémentaire

19 04 2017

Enfants_allant_a_l__ecole.jpgUn rapport de l’Inspection générale le rappelait en 2008, la réglementation en matière de travail hors la classe au niveau du primaire est ambiguë. Les textes officiels qui s’y réfèrent depuis plus d’un demi siècle autorisent des interprétations très variables. Le premier facteur à prendre en compte si l’on veut comprendre ce « flottement » du cadrage officiel se situe au niveau de la définition même des devoirs.
Dans les différentes circulaires relatives au sujet depuis 1956, ceux-ci sont synonymes de travaux écrits. Une telle partition entre ce qui est supposé relever de l’oral ou de l’écrit laisse sans réponses toute une série de questions sur ce qu’implique par exemple « réviser une leçon » : faut-il reconstruire un plan, faire un résumé, surligner les mots-clefs, réaliser des schémas, etc. ?

Illustration : ac-grenoble.fr

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