L’Algérie a comme déversé son peuple dans les rues cabossées de la capitale. Combien étaient-ils, ce vendredi 8 mars, pour dire « non au cinquième mandat de Bouteflika » ? Plusieurs centaines de milliers ? Plus d’un million comme l’avance El Watan ? Le quotidien algérien a certainement vu juste. Les manifestants, venus des quatre coins du pays, ont ainsi réussi à atteindre l’un de leurs objectifs, celui de faire entrer cette marche pour la « dignité » dans l’Histoire.
Cette foule monumentale semble aimer se retrouver et danser au son des youyous et des darboukas pour dénoncer, dans une euphorie collective, les dérives d’un « pouvoir assassin », comme elle le crie sans relâche depuis le 22 février, date de la première grande mobilisation.
- Lire cet article de Ali Ezhar dans Le Monde.
- Lire aussi : "Algérie : chronique d’un refus" (Ballast)
- Voir aussi le dossier de Mediapart
Après le Brexit et l’élection de gouvernements anti-Européens à la tête de plusieurs pays membres, il n’est plus possible de continuer comme avant. Il n’est plus possible de se contenter d’attendre les prochaines sorties, les prochains démantèlements, sans rien changer de fondamental à l’Europe actuelle.
Une liste noire des paradis fiscaux, avec des critères objectifs et pas de tractations secrètes de dernière minute ? Loin de celle controversée dressée par l’Union européenne (UE), où il ne reste plus que neuf pays, l’association Tax Justice Network (TJN) réalise la sienne tous les deux ans, passant à la loupe cent douze juridictions. Publiée le 30 janvier, elle classe une nouvelle fois en tête la Suisse, suivie des États-Unis et des îles Caïmans. « Contrairement à d’autres, la liste n’est pas fondée sur des décisions politiques », tacle TJN. L’Europe n’est donc pas exemptée : le Luxembourg est à la 6e place, juste devant l’Allemagne, tandis que Guernesey est à la 10e. Trois juridictions asiatiques se retrouvent aussi dans le Top 10: Hongkong, Singapour et Taïwan.
Le président des États-Unis a déclaré qu’il reconnaissait Jérusalem comme la capitale de l’État d’Israël. Mettant fin à un consensus ancien de la communauté internationale sur le statut de Jérusalem, D. Trump rompt ainsi avec tous ses prédécesseurs. Toutefois, à y regarder de plus près, sa déclaration est bien plus ambiguë qu’elle n’y paraît.
La Turquie vit depuis plus d’un an sous un régime d’état d’exception. Le coup d’État militaire du 15 juillet 2016 a échoué, probablement grâce aux fuites provenant du camp des putschistes ou d’autres sources. Après l’écrasement de la tentative de putsch, le pouvoir a mis rapidement en place un régime de contre coup d’État. Aujourd’hui, cet autoritarisme islamo-nationaliste essaye de reproduire son hégémonie en alimentant une haine des élites et des intellectuels, notamment des universitaires, des journalistes, des écrivains et des artistes laïcs, occidentalistes, démocrates ou tout simplement de gauche.
C’est ce qu’ils nomment « un anéantissement biologique ». Dans une étude très alarmante, publiée lundi 10 juillet dans les Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS), des chercheurs américains et mexicain concluent que les espèces de vertébrés reculent de manière massive sur Terre, à la fois en nombre d’animaux et en étendue. Une « défaunation » aux conséquences « catastrophiques » pour les écosystèmes et aux impacts écologiques, économiques et sociaux majeurs. « La réelle ampleur de l’extinction de masse qui touche la faune a été sous-estimée : elle est catastrophique ». Au total, 32 % des espèces étudiées déclinent en termes de population et d’étendue. Plusieurs mammifères qui se portaient bien il y a une ou deux décennies sont maintenant en voie de disparition.
Chaque mois paraît amener son lot de murs frontaliers. En Europe, où les États baltes, craignant un voisin envahissant et l’instabilité qu’il génère, érigent une barrière à leur frontière orientale. En Asie, le président chinois Xi Jinping appelle à la construction d’un mur d’acier autour de la région du Xinjiang. En Afrique, le mur de barbelés, de pylônes et de ciment entre la Somalie et le Kenya est en voie de parachèvement.
Un choc, ou plutôt un élan : voilà ce qu’il faudrait pour propulser sur la scène internationale le concept d’« écocide ». Une arme-clé qui permet de punir les atteintes les plus graves à l’environnement, celles qui détruisent de manière irréversible la planète. « Eco » vient du grec oïkos, la maison, et « cide » du latin caedere, tuer : se rendre coupable d’écocide, c’est brûler notre foyer, la Terre. Construit à partir des mots « écosystème » et « génocide », le néologisme dérange. Quant à la notion de crime d’écocide, elle va radicalement à l’encontre des intérêts de mafias qui ont fait du trafic des espèces sauvages et du bois une nouvelle source de revenus et de ceux des multinationales chimiques ou nucléaires.
Le Tribunal suprême fédéral (TSF), la plus haute juridiction du Brésil, a annoncé mardi 11 avril l’ouverture d’une gigantesque enquête concernant au moins huit ministres du gouvernement et des dizaines de députés et sénateurs. Le juge Edson Fachin, chargé de ce dossier explosif, s’intéresse à 108 personnalités. Toutes sont soupçonnées d’être impliquées dans le plus vaste scandale de corruption de l’histoire du pays. Dans les années 2000, le géant pétrolier Petrobras attribuait des marchés surfacturés à des entreprises de BTP (bâtiment et travaux publics). Ces contrats étaient octroyés par des dirigeants nommés par des hommes politiques, Petrobras étant une entreprise publique. Les pots-de-vin servaient ensuite à financer des partis de la coalition de centre gauche alors au pouvoir.
L'activité des agences Eurojust et Europol ne cesse de s'accroître d'après les récents rapports annuels. Selon celui sur l'unité de coopération judiciaire Eurojust, le volume de dossiers traités a encore augmenté en 2015. Les États membres ont demandé l’assistance de cette structure visant à faciliter l'entraide dans 2 214 enquêtes (soit 23 % de plus par rapport à 2014). Les enquêtes pour terrorisme ont, quant à elles, triplé. Pour l'office européen de police, le nombre de messages échangés a augmenté de plus de 20% par rapport à l'année précédente, le nombre de recherches effectuées dans la principale base de données d'Europol a plus que doublé et le nombre de personnes fichées dans l'une de ses bases antiterroristes a été multiplié par 6. Cette augmentation s'inscrit dans un contexte où la Commission européenne a présenté en décembre dernier une réforme du Système d'information Schengen (consulté près de 3 milliards de fois en 2016, un record) pour faciliter le signalement des personnes suspectées de terrorisme.
Les accusations de corruption étaient déjà nombreuses autour du gisement de fer le plus prometteur de la planète, celui de Simandou en Guinée. Les révélations de Mediapart viennent ajouter de lourds soupçons dans un nouveau pan du dossier, inconnu jusqu’à aujourd’hui. Ces éléments impliquent sans équivoque Rio Tinto, la deuxième plus grosse compagnie minière au monde. Ce géant minier a accepté en 2011 de verser 10,5 millions de dollars à François de Combret, conseiller du président guinéen, ancien secrétaire général adjoint de l’Élysée et ex-associé de la banque Lazard. C’est donc un des piliers du capitalisme à la française, à la jonction entre libéralisme et étatisme, qui se retrouve aujourd’hui dans une bien embarrassante position. Il entraîne avec lui le président guinéen, à la réputation déjà largement entamée.