Selon les chiffres fournis par l’Office central de lutte contre le crime organisé ainsi que ceux transmis par le service statistique ministériel de la sécurité intérieure, le nombre de vols commis au moyen d’une arme à feu, notamment contre le secteur marchand, aurait fortement diminué depuis 2009. Selon ces deux sources, cette diminution est à la fois généralisée et progressive. Elle touche tous les types de commerces (grandes surfaces, bureaux de tabac, pharmacies, bijouteries, stations-services, etc.) mais également les particuliers et les banques.
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Une étude publiée à la Revue de sciences criminelles analyse les débats scientifiques relatifs à l'évaluation des peines plancher en Californie. Bien que des travaux prétendent pouvoir aisément évaluer si ces peines ont eu un effet sur la criminalité à partir d'une analyse statistique des données administratives disponibles, les débats étudiés ici montrent qu'il faut être plus modeste. Évaluer de telles lois est un véritable casse-tête, principalement car les données disponibles sont rarement d'une qualité suffisante pour pouvoir affirmer quoi que ce soit. Ces difficultés n'ont pas empêché une évaluation très favorable aux peines plancher d'être réalisée par le célèbre et sulfureux Steven Levitt (auteur de Freakonomics), puis d'être largement relayée par les lobbys sécuritaire français durant les années 2000. L'étude publiée à la Revue de sciences criminelles montre qu'à l'inverse, les commentaires critiques les plus intéressants ont bénéficié de bien moins de visibilité.
Une étude publiée dans la revue Punishment and Society analyse 150 ans de statistiques pénitentiaires et psychiatriques en France. Les auteurs montrent que la prison et l'hôpital psychiatrique ont tendance à se "compenser" sur la longue durée: quand l'incarcération diminue, l'hospitalisation psychiatrique augmente, et vice-versa. A partir des années 1980, c'est la prison qui a remplacé l'hôpital en France: le nombre de lits en psychiatrie a été divisé par trois pendant que le taux d'incarcération a doublé sur la même période. Ce type de mouvements de "balancier" peut être observé plusieurs fois depuis le XIXème siècle, et se retrouve également dans de nombreux autres pays. Par exemple, les Etats-Unis, qui sont aujourd'hui les champions de l'incarcération, avaient également des taux d'hospitalisation psychiatrique bien plus élevés que les pays européens dans les années 1950.
L'observation globale des personnes condamnées, sur une période de temps large permet de dégager des tendances statistiquement représentatives. La période retenue s'étend sur dix ans, de 2005 à 2014, les condamnés de cette période sont observés individuellement et caractérisés par le nombre de condamnations dont ils ont fait l'objet. S'ils ne présentent qu'une seule condamnation ils seront qualifiés de mono condamnés et dans le cas contraire, de multi condamnés. Ils ont en commun d'avoir été condamnés au moins une fois entre 2005 et 2014. Leur statut de mono condamné ou de multi condamné s'observe sur cette période mais aussi sur les 10 ans précédant leur première condamnation entre 2005 et 2014.
Pour Real Life? l’essayiste Adam Clair dresse une intéressante comparaison entre algorithme et bureaucratie. Les algorithmes sont paradoxaux rappelle-t-il : « ils sont conçus pour améliorer la prise de décision humaine en supprimant supposément ses biais et ses limites, mais les protocoles analytiques inévitablement réducteurs qu’ils mettent en œuvre se révèlent surtout vulnérables à des formes d’utilisation abusive. » Comme le dit très bien Cathy O’Neil dans son livre : loin d’être neutres et objectifs, « les algorithmes sont des opinions formalisées dans du code ».
La huitième enquête « victimation & sentiment d'insécurité en Île-de-France » a eu lieu début 2015 auprès d'environ 10 500 Franciliens âgés de 15 ans et plus, représentatifs de la population régionale par département. Reconduite tous les deux ans depuis 2001, elle a pour vocation d'alimenter la connaissance sur les conditions de vie des Franciliens.
Ce travail est l'oeuvre de bénévoles de l’association Transparency France. En l’absence pour le moment de données centralisées et publiques, leur carte collaborative est la seule du genre en France. Avec plus de 660 affaires recensées depuis son lancement le 9 décembre 2014, elle dessine le paysage contrasté de la corruption sur le territoire. Au palmarès des régions les plus touchées, l’Ile-de-France et PACA arrivent en tête, mais ce sont l’outre-mer et la Corse qui détiennent les records quand on pondère le nombre de condamnations avec le PIB.
L’analyse des crimes et des délits enregistrés par la police et la gendarmerie en 2016 permet de dresser un premier bilan de l’évolution de l’insécurité en France, par rapport à l’année 2015 et aux années antérieures.
Pour établir le bilan de la délinquance en 2015 en matière d’atteintes non mortelles visant les personnes physiques ou leur patrimoine, l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales s’appuie sur l’enquête « Cadre de vie et sécurité ». Cette enquête annuelle de victimation est conduite conjointement par l’ONDRP et l’Insee depuis 2007. Elle permet de s’intéresser au vécu et au ressenti des personnes interrogées. On peut en extraire des indicateurs statistiques sur les évolutions de la délinquance et du sentiment d’insécurité. L’enquête « Cadre de vie et sécurité » a donc vocation à contribuer au débat public sur la délinquance en tant qu’élément majeur de diagnostic.
Ce rapport présente l’analyse détaillée, pour l’Île-de-France, d’une série de victimations (vols divers, atteintes aux véhicules, agressions) des indicateurs de prévalences, incidences, multivictimation, renvoi, ainsi que des indicateurs sur l’insécurité (peurs et préoccupation). Il compare également pour chacune de ces victimations les mesures ainsi obtenues avec les données administratives (statistiques de police), et propose des profils de victimes à partir de l’ensemble des variables les caractérisant elles-mêmes et leur milieu de vie.
Les enquêtes « victimation et sentiment d’insécurité » sont financées par la région Île-de-France et menées tous les deux ans depuis 2001 auprès d’habitants âgés de 15 ans et plus. En 2015, 4 952 Franciliens et 5 560 Franciliennes ont ainsi été interrogés dans ce cadre. L’insécurité est abordée dans ces enquêtes à travers deux types d’indicateurs : le sentiment d’insécurité et les victimations, c’est-à-dire les faits subis. Tenir compte des éventuelles différences liées à l’appréhension du cadre de vie et au sentiment d’insécurité entre les femmes et les hommes est devenu une priorité tant pour les acteurs publics que
privés.
Predpol est un cas parmi d’autres d’un mouvement général de commercialisation de savoirs privatisés à destination de l’action publique. Le problème n’est pas tant que des entreprises privées à but lucratif diffusent dans le secteur des technologies analytiques. Que des start-up dynamiques s’appuient sur des savoirs en sciences sociales et se développent sur un plan commercial est plutôt salutaire. Le danger se trouve plutôt dans l’absence totale de contrôle de la mise sur le marché de ce type de machines prédictives. Les techniques de marketing utilisées réduisent les discussions à de la persuasion. Après la gouvernance de la statistique publique, puis celle des données publiques, il faut désormais imaginer les acteurs institutionnels qui pourront composer une véritable gouvernance de l’algorithmique des données publiques.
En 2015, dans le cadre du programme de recherche sur les Interactions entre science, innovation, société (ISIS) de l’Université Paris-Saclay, le CESDIP a créé un Observatoire scientifique du crime et de la Justice (OSCJ).