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lundi, août 5 2019

« Malik Oussekine n’a pas reçu de coups de la police » : la fake news d’un directeur du Figaro

5 08 2019

Jean-Christophe Buisson est formel ce 5 août au micro de RTL : si tout le monde considère que Malik Oussekine a été victime de violences policières, « ce n’est factuellement pas le cas ». Et le directeur adjoint du Figaro Magazine de préciser que l’étudiant n’aurait « pas reçu de coups » et qu’il serait « mort avec son problème d’insuline ». Peu importe que l’autopsie réalisée alors concluait « à un décès consécutif à un état de choc », des suites de coups reçus dans les côtes selon l’article du Monde du 9 décembre 1986. Ou que les policiers en cause aient été condamnés par la justice. Sur le plateau de RTL, aucune contradiction... au contraire, le présentateur Vincent Parizot semble acquiescer aux propos de Jean-Christophe Buisson, laissant entendre que les critiques faites à la police à propos de la mort de Steve Maia Caniço sont hâtives.

samedi, avril 6 2019

Débat « Spéciale Européennes » sur France 2 : une mascarade médiatique

6 04 2019

Dans les grands médias, le débat politique se fait à la manière d’un jeu. Toute l’année, c’est un jeu de petits chevaux, consistant, pour les principaux commentateurs, à évaluer les progressions des uns et les retombées des autres dans les sondages. Un jeu de Cluedo aussi, auquel s’adonnent les intervieweurs en cherchant à savoir quelle petite phrase d’un tel aura permis d’ébranler tel autre, et dans quelle coulisse se sera tramée telle guéguerre partisane. Ce journalisme politicien a été tout particulièrement à l’œuvre lors du premier débat des européennes, organisé le 4 avril par France 2 et France Inter.
Dispositifs infantilisants et priorité à l’immigration au menu du premier grand débat sur les européennes.

vendredi, avril 5 2019

Certains éditorialistes ont-ils des problèmes avec les Droits de l'Homme ?

5 04 2019

le-journaliste-jean-michel-apathie.jpgLe 6 mars 2019, la Haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH), Michelle Bachelet, rendait public son rapport d’activités 2018. Parmi ses conclusions, il est « demandé urgemment une enquête approfondie sur tous les cas rapportés d’usage excessif de la force », dans le cadre des manifestations des gilets jaunes depuis la mi-novembre. Le jour même et le lendemain, les éditocrates font part de leurs « commentaires » à l’égard de cette décision. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils ne l’apprécient guère... et ils le font savoir.

Photo : lexpress.fr

jeudi, avril 4 2019

Antisémitisme : les gilets jaunes convoqués devant le tribunal médiatique

4 04 2019

Evolution_des_actes_antisemites_depuis_2000.jpgEntre le 10 et le 20 février, un certain nombre d’actes antisémites ont été relatés par les médias. Cette séquence s’inscrit dans un contexte particulier, puisque le 11 février, le ministre de l’Intérieur rapportait les statistiques de l’année 2018 sur les actes antisémites, et s’inquiétait de leur augmentation de 74%. Ce chiffre sera par la suite une sorte de leitmotiv avancé par les médias. Mais c’est surtout à partir de l’agression verbale antisémite d’Alain Finkielkraut par des gilets jaunes, le 16 février, qu’une grande partie de la classe politique, des intellectuels médiatiques et des éditocrates ont accusé les gilets jaunes d’être à l’origine de cette « explosion » d’antisémitisme.

mardi, mars 19 2019

L'idéologie ordinaire des journalistes et commentateurs "main stream" de la télévision française

19 03 2019

capture_decran_2019-03-18_a_13.47.52.pngNathalie Saint-Cricq salue une Marine Le Pen “consensuelle”, David Pujadas laisse libre court à Robert Ménard pour soutenir la théorie du grand remplacement, un "expert" de BFMTV estime que les LBD sont trop dangereux pour les employer ailleurs que “dans les banlieues”… Nous sommes en France, en 2019. Bienvenue à la télé.

Photo : telerama.fr

mardi, septembre 19 2017

Quand Le Figaro cherche (une nouvelle fois) à faire peur

19 09 2017

Horizon_la_france_a_peur.jpgLe Figaro titre à la une de son édition du samedi 16/09/2017 : « Les tribunaux débordés par l’afflux de clandestins », les pages 2 et 3 du quotidien sont entièrement consacrées à la question des « clandestins », avec, entre autres, un article spécifique sur les mineurs isolés. Bien entendu, dans le titre n’apparaît jamais « réfugié » ou « demandeur d’asile« , mais tous les mots clef anxiogènes figurent bien dans l’article à la une : débordés, clandestins, afflux, SDF, délinquance, gangs, Europe de l’Est, Afrique du Nord, le tout, bien entendu, sous le chapeau global de « Tribunaux ». A ce tableau dantesque, on juxtapose le cas des mineurs isolés. En matière d’amalgame, c’est un modèle du genre à enseigner en école de journalisme.

Photo : mrmondialisation.org

jeudi, septembre 7 2017

Attentat de Barcelone : naufrages de l’information en temps réel

7 09 2017

Attentat_Barcelone_BFMTV.pngLes séances (rituelles) d’autocritique médiatique (partielle) n’ont pas manqué depuis les attentats de janvier et, plus encore, de novembre 2015. Il serait grand temps de vérifier que les leçons ont été pratiquement tirées, comme l’actualité en a malheureusement donné l’occasion le 17 août dernier, lors des attentats en Espagne. Mais le moins que l’on puisse dire, c’est que rien n’a changé, comme en témoigne le panorama qui suit, fondé sur des observations effectuées au cours des 24 heures suivant l’attentat de Barcelone.

Photo : acrimed.org

samedi, février 27 2016

Quand la presse sociale ne fait pas dans… le social

27 02 2016

wolters_kluwer.jpgCe serait presque drôle si ce n’était … aussi déprimant. Et surtout aussi symptomatique d’un capitalisme sans vergogne qui investit le social comme il pourrait investir d’autres domaines, sans en mesurer les principes et valeurs.
Sous le nom de Wolkers Kluwer se cache un grand groupe néerlandais propriétaire de nombre de publications qui font référence dans le social et le droit du travail. Les ASH vous voyez ? publication hebdomadaire que tout travailleur social attend chaque jeudi et qu’il lit curieusement, tel un manga, en commençant par la fin. Ah les fameuses petites annonces qui n’ont d’égales que celles du Chasseur français. Le romantisme en moins. Et parfois la provocation en plus : car ouvrir ostensiblement ces pages devant son chef de service ou son directeur c’est déjà lui dire son désamour.

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vendredi, août 14 2015

Google peut-il faire basculer une élection ?

14 08 2015

referencement_google.jpgSachant d’une part que les médias peuvent influencer les préférences des électeurs, deux chercheurs de l’American Institute for Behavioral Research and Technology, Robert Epstein et Ronald E. Robertson, ont voulu savoir s’il était possible de jouer sur les perceptions qu’ont les gens des politiciens simplement en biaisant les résultats d’un moteur de recherche — ce que tous les moteurs de recherche internet offrent de faire à quiconque veut les payer. Pour le savoir, ils ont d’abord fait une expérience sur 102 participants de Californie, qui consistait à leur faire lire une biographie des deux aspirants premier ministre aux élections australiennes de 2010, puis à les laisser faire une recherche web à leur sujet — sur un moteur qui avait été conçu spécialement pour l’étude et qui permettait de manipuler les résultats de recherche web. Les pages référées, notons-le, étaient réelles. Un groupe a été exposé à des résultats biaisés en faveur d’un des deux (la 1re page du moteur de recherche proposait des sites très favorable, la seconde modérément favorable, la 3e était neutre, la quatrième était légèrement en faveur de son adversaire, et la 5e très en faveur), un second groupe obtenait des résultats biaisés en faveur de l’autre candidat, et un troisième groupe avait des résultats neutres.

Image : journaldunet.com

lundi, juillet 20 2015

Faut-il montrer les images de violence ?

20 07 2015

image_LVI_2.jpgLes images de Darius, jeune Rom lynché en 2014 en Seine-Saint-Denis, et laissé pour mort dans un chariot de supermarché, n’ont pas été diffusées par la presse française. La découverte de ces images sur les sites web des médias étrangers est un choc pour qui ignorait leur existence. Ce qu’on y voit est saisissant : un visage ensanglanté et boursouflé, un quasi-cadavre, dont on pourrait croire qu’il est celui d’une victime de guerre, alors que l’agression s’est produite à quelques kilomètres de Paris.
Dans le flux ininterrompu des informations télévisées et de la presse papier, nombre d’images de violence sont en fait absentes. Cette assertion peut sembler contre-intuitive, tant il semble que la mort, les attentats ou les guerres forment la matière même des nouvelles que nous recevons. Elles relèvent cependant davantage du « dire » que du « montrer », et les spectateurs français n’ont parfois pas connaissance de diverses images relatives à des événements qui se sont déroulés dans leur propre pays.

lundi, mai 18 2015

Reportage sur la « banlieue » : quand M6 se fait VRP du Front national

18 05 2015

sous_le_feu_des_medias.jpgLa banlieue et sa population suscite un intérêt non dissimulé de la part des médias, mais à chaque fois, les mêmes explications reviennent dans les divers reportages, contribuant à naturaliser les idées promues par l’extrême-droite. Souffre-t-elle du chômage, d’injustices sociales, de discriminations raciales ou bien encore de ségrégation scolaire ? Pas du tout si l’on en croit « Zone Interdite » diffusé sur M6 en avril. Soucieux de montrer la « vérité » au spectateur, le numéro intitulé « Quartiers sensibles : le vrai visage des nouveaux ghettos » du magazine d’information met en évidence les véritables problèmes des quartiers populaires : délinquance, immigration et Islam. Contribuant à ancrer dans l’opinion publique les représentations d’une banlieue sous tension en proie à la violence et au communautarisme, la chaîne n’hésite pas à véhiculer un ensemble de clichés (parents démissionnaires, adolescents en manque de repères, populations mal intégrées) en reprenant les thèmes favoris du Front national sur le malaise des banlieues : insécurité, zone de non droit, trafic de drogue et crimes en tous genre, jeunesse à la dérive, repli identitaire…

samedi, avril 4 2015

Le FN et Marine Le Pen, un objet politique rentable pour les médias

4 04 2015

marine_le_pen_i-tele.jpgPendant cette campagne électorale, une seule question semble avoir préoccupé les observateurs : savoir si oui ou non le FN serait consacré dans son statut de "premier parti de France".
Une question qui ne peut manquer de surprendre, puisque le FN s’est auto-attribué ce statut suite aux élections européennes de 2014, et qu’en termes de représentation parlementaire, de nombre d’élus locaux ou même de militants, il est évidemment encore loin de constituer la première force politique française.
Pourtant, l’idée qu’il puisse conserver ou perdre ce statut a constitué la principale trame scénaristique de son traitement dans les médias, tout en s’imposant comme l’un des principaux enjeux de la campagne.

Photo : arcueil-cachan.fr

samedi, mars 7 2015

Info continue : la double hypocrisie

7 03 2015

logo_bfm.jpgPuisqu’il est beaucoup question de postures, voici une sacrée bataille de postures : celle du CSA contre les vendeurs d’info continue. Après les attentats de janvier, le CSA a distribué à la pelle mises en garde et mises en demeure. Les dérapages constatés sont multiples : diffusion d’informations sur le dispositif policier, sur les situations des otages à l’intérieur de l’Hyper Cacher, sur un complice présumé des Kouachi (informations fausses, dans ce cas particulier), d’images choquantes d’un policier abattu, etc.
A cette salve de sanctions platoniques, le gratin de l’audiovisuel français, rassemblé dans une lettre commune ne contenant pas la moindre autocritique, répond en hurlant à la liberté de la presse menacée. Ah, ils ne sont pas contents. Ils sont atteints dans leur essence, presque dans leur honneur. C’est la Pravda. C’est l’Allemagne de l’Est. C’est la Corée du Nord. C’est vrai : que va-t-on devenir si on ne peut plus balancer en direct toutes les images qui arrivent, tous les noms qui buzzent, toutes les infos qui passent par là ?
Sabre de bois du CSA contre cris d’orfraie des journalistes : l’hypocrisie est des deux côtés.

jeudi, novembre 27 2014

Les faits divers explosent dans les JT

27 11 2014

inastat30.pngBraquages en tout genre, règlements de compte sanglants, rixes de rue, enlèvements d’enfant, noyades ou incendies ... les faits divers s’étalent à la une des JT ou se glissent avant la météo des éditions du soir diffusées par TF1, F2, F3, Canal +, Arte et M6. Il y a cinq ans, Ina Stat 13 mettait en évidence leur progression constante. Aujourd’hui, le constat est le même : ils y occupent une place de plus en plus grande avec, en 2012, plus de 5 sujets en moyenne par jour.
Toutes les chaînes cependant ne leur accordent pas la même importance : quasi absents d’Arte, ils s’imposent sur M6 qui, en 2012, diffuse un quart de l’ensemble des faits divers et leur réserve 9,4% de son JT. Ils pèsent 6,2% de l’offre de TF1 et 5,5% de celle de F2. Ils occupent 7,6% des JT de F3 mais 4,6% des JT de Canal +.
Mais quelle que soit la chaîne, ce sont d’abord les actes de violence contre les personnes qui sont relatés, représentant plus d’un sujet sur deux. Et ce sont surtout les faits divers mettant en jeu des enfants ou des adolescents qui sont exposés : ils occupent 30% de la rubrique. Enfin, l’actualité heureuse y trouve rarement sa place : seuls 5,5% des faits divers relatent une bonne nouvelle.

vendredi, novembre 7 2014

Quand les médias filment la police : « immersions » et compromissions

7 11 2014

zone-interdite-gign.jpgL’immersion, ou journalisme embarqué (embedded), est devenue une technique idéale pour couvrir les faits divers et le récit quotidien de la délinquance, avec une touche de réalité que représente la proximité avec les forces de l’ordre. C’est la chaîne américaine Fox, propriété du néoconservateur Rupert Murdoch, qui a inauguré la formule en 1989 avec « COPS », show hybride entre téléréalité et reportages d’immersion, qui suit le travail quotidien des policiers, jusqu’aux interpellations musclées. Les émissions de reportages se sont lentement rapprochées de cette forme de couverture spectaculaire, d’abord en accompagnant les troupes d’intervention dans leurs entraînements pour ensuite les suivre sur le terrain, « en action ».
Publi-reportages
Comme leurs confrères de l’armée, les groupes d’élite de la police et de la gendarmerie (RAID, GIPN, GIGN…) ont droit à des publi-reportages à leur gloire, dont les images et les thèmes ont été déclinés sous d’autres formats sur à peu près toutes les chaînes.

Photo : m6.fr

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