En 2005, TF1 rachète au groupe Pathé, TMC, chaîne diffusée gratuitement sur la TNT, pour s’en servir comme pompe à publicité sur le réseau numérique terrestre. Bien que la chaîne se veuille généraliste, l’information est le parent pauvre de sa grille de programmes qui propose surtout beaucoup de séries (policières, de préférence) et beaucoup de divertissement (bas de gamme, autant que possible). Et bien que la chaîne propose plusieurs « magazines », seule « 90’ Enquêtes » s’appuie sur un travail journalistique.
Misère de ce journalisme ! En effet, l’émission consiste surtout à traquer des faits divers crapoteux en suivant dans leurs activités quotidiennes tout ce que la France compte de forces de l’ordre, puis à mettre le tout en scène de façon anxiogène. Le pire de l’information télévisée en quelque sorte.
Photo : telerama.fr
Les réacs, néoconservateurs et autres fachos sont aujourd’hui en position de force en France. On les voit et on les entend partout, et leurs idées dominent désormais le débat. Comment cette emprise idéologique est-elle possible ? Quelle est la responsabilité de la classe politique et des médias ? Et surtout, leurs arguments sont-ils valides ? Dans ce livre, le journaliste Aymeric Caron fait tomber les masques et révèle les impostures sur lesquelles s’appuient les maîtres à penser faux. Il démontre comment les radios, télévisions et journaux se font complices d’une manipulation dont les Français n’ont pas conscience. Il s’attaque aux porte-parole de ce charlatanisme qui squatte les micros. Pendant un an, il a disséqué tous les arguments véhiculés sur les sujets particulièrement sensibles que sont l’immigration, l’insécurité et l’islam. Il a analysé les vraies statistiques, rencontré les meilleurs experts, décortiqué les JT, et il s’est plongé dans les discours alarmistes pour les confronter à la réalité. Aymeric Caron nous livre un récit qui est celui du grand mensonge mais aussi celui, plus personnel, d’un journaliste dont les prises de position dérangent. Il dévoile les réactions les plus violentes auxquelles il doit faire face. Et en miroir à cette prétendue gauche bobo vilipendée par la droite la plus dure, il dénonce l’émergence d’un nouveau courant : la droite bobards.
"L'actu" du jour en matière de délinquance nous a surpris, interrogé, puis fortement agacé. L'Observatoire National de la Délinquance et des Réponses Pénales (ONDRP) a donc publié (ou plutôt annoncé) hier soir, pour la deuxième année consécutive, une étude consacrée à la "délinquance des étrangers". Il s'agit cette fois des vols et la quasi totalité des médias font depuis ce matin un sujet sur le thème "27% des vols sont commis par des étrangers", la plupart recopiant ou paraphrasant bien entendu une dépêche de l'AFP. Certes, le sujet est en soi légitime. Mais on peut cependant se demander à quoi rime tout cela pour les uns comme pour les autres.
Dans les rédactions, la catégorie « banlieue » sert à désigner un ensemble de sujets possibles et qui ont déjà fait leur preuve, dont on estime qu’ils ont fonctionné et fonctionnent généralement auprès du public. C’est pour cela que les catégories de classement ethniques ou stigmatisantes font irruption au sein des rédactions. Elles y ont une utilité sociale pratique en réduisant pour les journalistes l’imprévisibilité du travail. Elles permettent de tenir ensemble plusieurs contraintes (de temps, économiques, éditoriales) en proposant des raccourcis cognitifs possibles et accessibles à la plupart des journalistes.
Vous ne connaissez pas la dernière ? "La scène semble à peine croyable", s'estomaque Le Figaro, quotidien qui a révélé "l'information" dans son édition du 21 août. "Des membres d'équipage du porte-avions américain Truman (...) ont demandé à la police de les escorter pour visiter la ville en toute tranquillité". Plus hallucinant, encore : "Tout près de la Canebière, un groupe d'estivants déambulaient les jours suivants entourés eux aussi de policiers en uniforme." Fichtre ! Des marines aguerris qui implorent la protection de la police marseillaise ! Des touristes encadrés par les forces de l'ordre !
La conjonction du beau temps et des vacances scolaires a son corollaire au bord de l'eau : l'augmentation des noyades mortelles. Elles s'élèvent à 91 depuis le début du mois de juillet, selon l'Agence France-presse. A la faveur d'une actualité moins riche que l'an dernier, ces noyades prennent une place importante et deviennent une "série noire".
Braquages en tout genre, règlements de compte sanglants, rixes de rue, enlèvements d’enfant, noyades ou incendies ... les faits divers s’étalent à la une des JT ou se glissent avant la météo des éditions du soir diffusées par TF1, F2, F3, Canal +, Arte et M6.
La délinquance marseillaise entre fantasme et réalité… Dans un entretien exclusif accordé à Infos-Marseille.fr, le sociologue Laurent Mucchielli, directeur de l’
L’élaboration des politiques migratoires est le résultat d’un processus complexe, dans lequel l’opinion publique joue un rôle essentiel. Les conditions économiques relativement favorables et la diminution du chômage au cours des années ayant précédé la crise actuelle avaient sensiblement réduit l’influence des opinions défavorables à l’immigration de travail, ainsi que les manifestations de ces opinions négatives dans un grand nombre de pays développés. Cependant, la dégradation continue de la situation économique depuis la Grande Récession de 2008-2009 a ravivé l’opposition à l’immigration et les sentiments anti-immigrés. Dans les années qui viennent, la gestion de ces sources potentielles de tensions sociales va constituer un défi important pour les gouvernements des pays développés (et particulièrement ceux de l’Union européenne), alors même que le vieillissement démographique rendrait souhaitable un recours croissant à l’immigration de travail. Dans ce contexte, une meilleure compréhension des mécanismes de formation de l’opinion publique concernant l’immigration permettrait de faire face à un éventuel regain des opinions hostiles aux immigrés et à l’immigration, et aux tensions que celui-ci pourrait susciter.
Quel type de prisme les faits divers offrent-ils pour saisir la société, en particulier la criminalité?
Une guerre quotidienne au cœur de Marseille où des jeunes branleurs enrichis par les trafiquants ouvrent des kebabs partout pour blanchir leur fric (tout en imposant une junk-food orientale à nos obèses à nous, les Français) où les zones de non droit (les zones interdites) s'étendent toujours plus ne laissant plus comme ultime solution que "la guerre contre la drogue" pour sortir de cette merde marseillaise.
De dignes spécialistes des médias embouchent la même trompette. Hier soir, je "débattais" avec Dominique Wolton, sociologue des médias, lequel n'avait à la bouche que "sensationnalisme", "concurrence", et "documents volés", pour fustiger une diffusion, alors même qu'il admettait ne pas connaitre le dossier Merah. J'avoue humblement ne pas partager cette réprobation générale. De quoi s'agit-il ? Avant toute chose, écoutez des extraits de ces enregistrements, les plus significatifs à notre sens, que nous avons mis en ligne. Oui, on y entend Merah. Oui, on y entend cette forfanterie, cette fierté de soi, cette absence de remords sur ses meurtres. On peut parfaitement comprendre que les familles des victimes en soient choquées.
Saisis dès 2009 par une plainte de Suaram, une ONG malaisienne, les policiers de la division nationale d'investigations financières et fiscales (DNIFF) estiment que la vente des sous-marins a donné lieu au versement de pots-de-vin faramineux : 150 millions d'euros, selon les derniers calculs des enquêteurs... Ces fonds auraient profité aux décideurs malaisiens, notamment à l'UMNO, le parti au pouvoir depuis plus de cinquante ans dans l'ancienne colonie britannique, mais une partie d'entre eux auraient pu revenir en France sous forme de rétrocommissions. C'est du moins ce que semblent soupçonner les juges parisiens Roger Le Loire et Serge Tournaire, qui instruisent depuis mars une information judiciaire ouverte pour "corruption active et passive" et "abus de biens sociaux".
Média le plus utilisé par les Français pour s’informer en matière politique, et ce malgré l’essor progressif d’Internet, la télévision a potentiellement l’impact le plus important. Dans l’enquête Mediapolis réalisée par le CEVIPOF en novembre et décembre 2009, 76% des personnes interrogées déclaraient ainsi qu’elles utilisaient en premier ou en second la télévision, qui arrivait loin devant les autres médias. Les candidats se mettent ainsi en scène dans des « pseudo-événements », comme des meetings ou des déplacements thématiques, minutieusement organisés sur la forme comme sur le fond pour correspondre aux logiques de la télévision. Avec ces « pseudo-événements », la vie politique n’est plus seulement médiatisée, les journalistes relatant les activités des candidats destinées à conquérir des suffrages sur le terrain. Elle devient aussi et surtout médiatique, ces activités étant avant tout organisées pour le média télévisuel et s’adressant moins au public éventuellement présent qu’à celui, infiniment plus nombreux, des téléspectateurs.
Les médias d’information entretiennent dans leurs rapports à la jeunesse une relation paradoxale. S’il y a aujourd’hui dans notre pays du « jeunisme », c’est surtout celui des régies publicitaires. Car dans les autres espaces médiatiques se profile une image tout à fait différente : celle de jeunes souvent vus comme dangereux à l’opposé d’une jeunesse ressource pour l’avenir. Comment dépasser ces clichés ?