Prévention, médiation, insertion

Fil des billets

jeudi, octobre 4 2018

Quitter l'hébergement de l’Aide Sociale à l’Enfance

4 10 2018

En France, 138 000 enfants ou adolescents sont pris en charge par l’Aide Sociale à l’Enfance au titre de l’enfance en danger, soit 1,6 % des mineurs. Si les jeunes entrent dans le dispositif à des âges très variés, tous doivent en revanche en sortir à 18 ans (21 ans maximum s’ils obtiennent un contrat jeune majeur). Ils sont alors mis dans l’injonction d’être « autonomes », c’est-à-dire qu’ils doivent subvenir eux-mêmes à leurs besoins et ne peuvent plus dépendre de l’ASE pour se loger. À partir des données de l’enquête ELAP et d’entretiens qualitatifs, cet article explore les modalités et le vécu de la sortie de placement sur le plan résidentiel. Alors que les jeunes ont souffert précocement de la précarité résidentielle, l’expulsion programmée de l’institution inscrit l’insécurité dans l’espace qui était censé constituer pour eux un refuge, ce qui est source de stress et d’angoisse. D’autre part, l’intégration du marché immobilier s’effectue de façon inégale. Ceux qui ont accepté de jouer le jeu de l’institution et ne sont pas sortis du circuit institutionnel réussissent à intégrer les meilleurs hébergements, puis un logement autonome. Au contraire, les jeunes les plus « abîmés », qui ne parviennent pas ou ne souhaitent pas se plier aux contraintes institutionnelles, sont les plus exposés à la précarité résidentielle à la sortie.

samedi, juillet 28 2018

La situation des jeunes majeurs : un « scandale économique, financier et éducatif »

28 07 2018

ASE.jpgJamais les jeunes majeurs n’ont été autant en difficulté d’insertion professionnelle, d’accès au logement et même – on l’a vu - pour entrer à l’université. A ce contexte global, s’ajoute le cas encore plus problématique des jeunes pris en charge par l’Aide sociale à l’enfance (ASE) en assistance éducative. « Souvent livrés à eux-mêmes, ils sont soit obligés de retourner dans leur famille, avec les risques que cela comporte, soit il doivent solliciter le 115, le Samu social, les centres d’hébergement d’urgence et sont plongés dans la précarité ».
Ce constat, unanimement partagé, est celui qui vient d’être dressé par Antoine Dulin du Conseil économique et social dans un rapport récent intitulé « Prévenir les ruptures dans les parcours en protection de l’enfance »

Lire la suite...

mardi, mai 22 2018

La civilité urbaine, une nouvelle perspective pour la sécurité publique

22 05 2018

Le débat sur la sécurité se décline le plus souvent sur un mode binaire opposant la sécurité aux libertés, la répression à la prévention et l'autorité au laxisme. D’autres perspectives sont-elles imaginables ? La problématique des incivilités dans les espaces publics en ouvre une : récuser une préoccupation systématiquement alarmiste d’une part et, de l’autre, accepter de prendre la sécurité au sérieux. Ce rapport de Terra Nova propose une autre façon de cadrer la question sécuritaire pour y apporter des réponses adaptées.

lundi, mars 26 2018

La prévention spécialisée à l’épreuve de la radicalisation et du fait religieux

26 03 2018

Rapport_VLG_prevention_specialisee_et_radicalisation.jpgEn 2015 et 2016, suite aux assassinats et aux attentats terroristes que notre pays a connus, la radicalisation est devenue une cause sociopolitique majeure et une priorité nationale dans notre pays. A l’instar de ses partenaires européens, la France a dès lors conçu divers plans de traitement de la radicalisation qui impliquent l’ensemble des pouvoirs publics et les grandes institutions du pays et qui se déclinent depuis les sommets de l’État jusqu’aux partenaires locaux. Quoique la plupart de ces plans ont une forme et une visée sécuritaires – empêcher le passage à l’acte violent – et sont pilotés par les autorités judiciaires et les services policiers, il fut également prévu d’y introduire des volets davantage axés sur la prévention du processus de radicalisation et l’accompagnement des personnes radicalisées ou en voie de radicalisation (en particulier les mineurs) ainsi que leurs familles. C’est pourquoi et de façon variable suivant les territoires, des professionnels ont pu être mobilisés à cette fin et notamment des professionnels du champ socio-éducatif.

lundi, décembre 18 2017

Médiation sociale : le dossier

18 12 2017

Mediation_sociale.jpgBien qu'ancrée dans les espaces publics de nombreuses villes françaises depuis plusieurs décennies, la médiation sociale ne jouit encore que d'une reconnaissance précaire. Ailleurs en Europe, des pratiques sociales similaires existent également mais, dans plusieurs pays, les acteurs de la médiation sociale sont aussi en peine de reconnaissance institutionnelle et sociétale. Pourtant, alors que les sociétés européennes peinent à répondre à la recrudescence des extrémismes violents, la médiation sociale peut, en principe, offrir une alternative aux approches ultra sécuritaires, en s'appuyant sur sa capacité à transcender les différences et à tisser des liens sociaux en milieu conflictuel.

Lire la suite...

vendredi, mai 19 2017

Comment améliorer l’insertion des Roms à l’échelle locale

19 05 2017

Photo_fra.europa.eu.jpgLe 28 mars dernier s’est tenu à Bruxelles un événement visant à dresser le bilan des efforts déployés pour favoriser l’intégration des Roms, l’occasion de dégager les grandes tendances sur ce qui fonctionne et ne fonctionne pas dans ce domaine.
Ces tendances sont issues des recherches de l’Agence réalisées dans 21 régions parmi 11 États membres de l’UE. Ces travaux de recherche consistaient à faire participer tant la population rom que les autorités locales de manière à comprendre les raisons pour lesquelles bon nombre des efforts en faveur de l’intégration des Roms ne débouchent pas sur des résultats tangibles. Ils visaient également à définir les pratiques fructueuses en matière d’insertion sociale sur le plan local.

dimanche, mars 5 2017

L’avenir de la prévention spécialisée : le rapport de l'Assemblée nationale

5 03 2017

mots_clefs_prevention_spe.pngLa prévention spécialisée est une mission éducative destinée à permettre aux jeunes en voie de marginalisation de rompre avec l’isolement et de retisser des liens avec le reste de la société. Née d’une pratique militante dans l’immédiat après-guerre, elle s’est depuis progressivement institutionnalisée pour relever aujourd’hui de la politique de l’aide sociale à l’enfance, placée sous la responsabilité des départements.
Cette mission est à bien des égards singulière : guidées par des principes d’action essentiels et faisant preuve de grandes capacités d’adaptation face à la diversité des situations rencontrées, les équipes de prévention spécialisée ont pour principal terrain d’intervention la rue, où elles vont à la rencontre des jeunes les plus en difficulté.

Image : adps44.fr

jeudi, février 23 2017

La prise en charge de la déradicalisation en France : un échec ?

23 02 2017

le-centre-de-prevention-d-insertion-et-de_.jpgLa prise en charge de la déradicalisation en France est un « échec » et les pouvoirs publics doivent changer de « concept », selon un rapport des sénatrices Esther Benbassa et Catherine Troendlé, en charge de la mission d’information baptisée « Désendoctrinement, désembrigadement et réinsertion des djihadistes en France et en Europe ».
« Le gouvernement était en panique à la suite des attentats. Et c’est la panique qui a guidé ses actions. Le temps du politique est court, il fallait rassurer la population », rappelle la sénatrice écologiste, qui revient point par point sur les différentes méthodes utilisées.

Photo : lemonde.fr

vendredi, janvier 13 2017

Deux évaluations de la Garantie Jeunes (entrée en vigueur au 1er janvier 2017)

13 01 2017

La_garantie_jeunes.pngLa Garantie jeunes a été expérimentée dès octobre 2013 sur une partie du territoire. Mise en œuvre par les missions locales, elle s’adresse aux jeunes de 16 à 25 ans, ni en études, ni en emploi ni en formation, et qui sont en situation de vulnérabilité, de précarité ou de pauvreté. Ce ciblage introduit une notion nouvelle de vulnérabilité pouvant être «financière», «sociale», «familiale».
En vue de généraliser le dispositif, une étude quantitative et deux études qualitatives ont été effectuées. La première évalue les effets de la mesure sur les parcours des jeunes. La seconde est centrée sur l’analyse de la mise en œuvre de la mesure par les missions locales.

- Lire : "La Garantie jeunes en action : usages du dispositif et parcours de jeunes".
- Lire : "La Garantie jeunes dans les missions locales : la mise en œuvre d’une nouvelle approche de l’accompagnement"

lundi, octobre 3 2016

Loi du 14 mars 2016 : des avancées en demi-teinte pour la protection de l’enfance

3 10 2016

protection_de_l__enfance.jpgAprès plusieurs mois de débats parlementaires vient d’être adoptée une loi modifiant le dispositif de protection de l’enfance. S’inscrivant dans la continuité de la loi n° 2007-293 du 5 mars 2007, elle a des objectifs plus modestes : il ne s’agit plus de Réforme de la protection de l’enfance, mais principalement de mesures d’adaptations.
Sur certains points ce texte prolonge la loi de mars 2007 et vise à assurer la mise en œuvre de certaines dispositions, à les clarifier. Pour l’essentiel ces modifications étaient en germe dans le rapport Dini-Meunier publié en 2014. Sur d’autres points, non moins essentiels, ce texte fait rupture et marque des évolutions importantes tant dans le champ de l’accompagnement contractuel que dans le cadre judiciaire.

Sur des sujets connexes, lire aussi :
- L'intervention judiciaire auprès des mineurs (revue de la littérature).
- La maltraitance intrafamiliale envers les enfants (revue de littérature).
- Comment les jeunes placés à l’âge de 17 ans préparent-ils leur avenir ? (INED).

Illustration : gazette-sante-social.fr

dimanche, juillet 10 2016

Pourquoi les colonies de vacances disparaissent (et comment les relancer)

10 07 2016

REA_108421_001Les colonies de vacances disparaissent une à une en France. Alors qu’elles emmenaient en vacances près de 4 millions d’enfants et de jeunes dans les années 1960, ils ne sont plus que 1,2 million à présent. Et 3 millions d’enfants ne partent pas en vacances du tout, perdant ainsi la possibilité d’échapper à leur routine et de se mélanger avec des enfants d’autres horizons.
On évoque souvent la démocratisation des voyages et l’allongement des congés payés, encourageant les départs en famille, pour expliquer les faibles effectifs actuels des colonies de vacances. Mais c’est faux : la dégradation des conditions sociales et économiques font qu’aujourd’hui un enfant sur trois ne part pas en vacances. Les causes de disparition des colonies de vacances sont plus complexes.

lundi, juin 13 2016

Où va l'Aide Sociale à l'Enfance ?

13 06 2016

Couverture_livre_Gabel_Lamour.jpgCe lundi et mardi ont lieu à Metz les neuvièmes assises nationales de la protection de l’enfance, rendez-vous des professionnels du secteur. Adrien Durousset, aujourd’hui âgé de 24 ans, a lui-même été placé et ballotté durant son enfance de foyers en familles d’accueil. Dans Placé, déplacé, son livre témoignage, il dénonce la mauvaise marche de l’Aide sociale à l’enfance (ASE).
Sentiment d’être traité comme une marchandise, obligation de rendre visite à des parents qui n’ont que faire de lui, familles d’accueil qui ne l’intègrent jamais comme un des leurs, violences physiques et psychologiques de la part d’une assistante familiale, appels au secours ignorés par l’ASE, impossibilité de se projeter dans l’avenir… Il dresse un inventaire des terribles dysfonctionnements qui ont jalonné son parcours. A l’occasion des assises, il revient dessus et formule des propositions.

Pour aller plus loin :

mercredi, avril 6 2016

Protection de l'enfance et familles étrangères non régulières : une précarité entretenue ?

6 04 2016

proection_de_l__enfance.jpgDepuis deux décennies, le lien entre précarité sociale et protection de l'enfance ne cesse d'être objectivé. En abaissant le seuil d'intervention des pouvoirs publics de la maltraitance au risque, la loi réformant la protection de l'enfance de 2007 ambitionne une dynamique préventive qui peine encore à prendre en compte la dimension sociale des problématiques éducatives. Particulièrement exposées, les familles étrangères non régulières n'ont droit pour satisfaire leurs besoins sociaux et l'intérêt de l'enfant qu'à l'aide financière délivrée par les conseils départementaux. Mais ce qui s'entend comme dispositif d'appoint pour les nationaux se heurte pour les étrangers à la pérennisation structurelle de leur exclusion sociale et à son impact politique.

Illustration : odpe.finistere.fr

dimanche, mars 27 2016

Enquête au coeur de la politique sociale de jeunesse

27 03 2016

Pauvres_jeunes.jpgÀ quelles conditions la solidarité publique peut-elle s'exercer à l’égard des jeunes précaires ? Grâce à une enquête par observation dans des comités d’attribution du fonds d’aide aux jeunes, ce livre nous offre une plongée au cœur de l’État social pour comprendre le traitement qu’il réserve aux jeunes en difficulté.
On y découvre des professionnels qui racontent des histoires d’insertion au passé et au futur, qui se posent des questions sur le bien fondé des demandes d’aide financière, et qui évaluent les parcours comme les projets des jeunes. Sous nos yeux, et non sans hésitations, les acteurs de l’insertion fabriquent une doctrine de la solidarité avec ses normes et finalement une certaine conception de la citoyenneté sociale.

jeudi, mars 10 2016

Qui sont les mineurs isolés étrangers ?

10 03 2016

cahierJe suis éducatrice auprès des mineurs isolés étrangers, les MIE. Les MIE sont, comme l’indique la petite case administrative dans laquelle ils doivent se contorsionner pour gagner leur place dans l’eldorado européen, des personnes de moins de 18 ans ; de nationalité étrangère ; ne disposant pas de famille en France pouvant les prendre en charge. Ces jeunes sont inexpulsables et ont le droit d’être placés en foyer. On est un enfant à protéger avant d’être un étranger à expulser, jusqu’à nouvel ordre. Sauf qu’il ne suffit pas de se déclarer mineur, isolé et étranger pour s’assurer une place au chaud et la garantie de ne pas être renvoyé dans son pays en charter. Le département, collectivité disposant de cette compétence via l’aide sociale à l’enfance, doit d’abord évaluer la situation de chacun ces jeunes. Il s’agit de vérifier s’ils ont vraiment moins de 18 ans et s’ils sont vraiment tout seuls en France. Derrière la formule «évaluation de la situation», il y a notamment un entretien avec mes collègues et moi.

- page 1 de 5