Prévention, médiation, insertion

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dimanche, mars 5 2017

L’avenir de la prévention spécialisée : le rapport de l'Assemblée nationale

5 03 2017

mots_clefs_prevention_spe.pngLa prévention spécialisée est une mission éducative destinée à permettre aux jeunes en voie de marginalisation de rompre avec l’isolement et de retisser des liens avec le reste de la société. Née d’une pratique militante dans l’immédiat après-guerre, elle s’est depuis progressivement institutionnalisée pour relever aujourd’hui de la politique de l’aide sociale à l’enfance, placée sous la responsabilité des départements.
Cette mission est à bien des égards singulière : guidées par des principes d’action essentiels et faisant preuve de grandes capacités d’adaptation face à la diversité des situations rencontrées, les équipes de prévention spécialisée ont pour principal terrain d’intervention la rue, où elles vont à la rencontre des jeunes les plus en difficulté.

Image : adps44.fr

jeudi, février 23 2017

La prise en charge de la déradicalisation en France : un échec ?

23 02 2017

le-centre-de-prevention-d-insertion-et-de_.jpgLa prise en charge de la déradicalisation en France est un « échec » et les pouvoirs publics doivent changer de « concept », selon un rapport des sénatrices Esther Benbassa et Catherine Troendlé, en charge de la mission d’information baptisée « Désendoctrinement, désembrigadement et réinsertion des djihadistes en France et en Europe ».
« Le gouvernement était en panique à la suite des attentats. Et c’est la panique qui a guidé ses actions. Le temps du politique est court, il fallait rassurer la population », rappelle la sénatrice écologiste, qui revient point par point sur les différentes méthodes utilisées.

Photo : lemonde.fr

vendredi, janvier 13 2017

Deux évaluations de la Garantie Jeunes (entrée en vigueur au 1er janvier 2017)

13 01 2017

La_garantie_jeunes.pngLa Garantie jeunes a été expérimentée dès octobre 2013 sur une partie du territoire. Mise en œuvre par les missions locales, elle s’adresse aux jeunes de 16 à 25 ans, ni en études, ni en emploi ni en formation, et qui sont en situation de vulnérabilité, de précarité ou de pauvreté. Ce ciblage introduit une notion nouvelle de vulnérabilité pouvant être «financière», «sociale», «familiale».
En vue de généraliser le dispositif, une étude quantitative et deux études qualitatives ont été effectuées. La première évalue les effets de la mesure sur les parcours des jeunes. La seconde est centrée sur l’analyse de la mise en œuvre de la mesure par les missions locales.

- Lire : "La Garantie jeunes en action : usages du dispositif et parcours de jeunes".
- Lire : "La Garantie jeunes dans les missions locales : la mise en œuvre d’une nouvelle approche de l’accompagnement"

lundi, octobre 3 2016

Loi du 14 mars 2016 : des avancées en demi-teinte pour la protection de l’enfance

3 10 2016

protection_de_l__enfance.jpgAprès plusieurs mois de débats parlementaires vient d’être adoptée une loi modifiant le dispositif de protection de l’enfance. S’inscrivant dans la continuité de la loi n° 2007-293 du 5 mars 2007, elle a des objectifs plus modestes : il ne s’agit plus de Réforme de la protection de l’enfance, mais principalement de mesures d’adaptations.
Sur certains points ce texte prolonge la loi de mars 2007 et vise à assurer la mise en œuvre de certaines dispositions, à les clarifier. Pour l’essentiel ces modifications étaient en germe dans le rapport Dini-Meunier publié en 2014. Sur d’autres points, non moins essentiels, ce texte fait rupture et marque des évolutions importantes tant dans le champ de l’accompagnement contractuel que dans le cadre judiciaire.

Sur des sujets connexes, lire aussi :
- L'intervention judiciaire auprès des mineurs (revue de la littérature).
- La maltraitance intrafamiliale envers les enfants (revue de littérature).
- Comment les jeunes placés à l’âge de 17 ans préparent-ils leur avenir ? (INED).

Illustration : gazette-sante-social.fr

dimanche, juillet 10 2016

Pourquoi les colonies de vacances disparaissent (et comment les relancer)

10 07 2016

REA_108421_001Les colonies de vacances disparaissent une à une en France. Alors qu’elles emmenaient en vacances près de 4 millions d’enfants et de jeunes dans les années 1960, ils ne sont plus que 1,2 million à présent. Et 3 millions d’enfants ne partent pas en vacances du tout, perdant ainsi la possibilité d’échapper à leur routine et de se mélanger avec des enfants d’autres horizons.
On évoque souvent la démocratisation des voyages et l’allongement des congés payés, encourageant les départs en famille, pour expliquer les faibles effectifs actuels des colonies de vacances. Mais c’est faux : la dégradation des conditions sociales et économiques font qu’aujourd’hui un enfant sur trois ne part pas en vacances. Les causes de disparition des colonies de vacances sont plus complexes.

lundi, juin 13 2016

Où va l'Aide Sociale à l'Enfance ?

13 06 2016

Couverture_livre_Gabel_Lamour.jpgCe lundi et mardi ont lieu à Metz les neuvièmes assises nationales de la protection de l’enfance, rendez-vous des professionnels du secteur. Adrien Durousset, aujourd’hui âgé de 24 ans, a lui-même été placé et ballotté durant son enfance de foyers en familles d’accueil. Dans Placé, déplacé, son livre témoignage, il dénonce la mauvaise marche de l’Aide sociale à l’enfance (ASE).
Sentiment d’être traité comme une marchandise, obligation de rendre visite à des parents qui n’ont que faire de lui, familles d’accueil qui ne l’intègrent jamais comme un des leurs, violences physiques et psychologiques de la part d’une assistante familiale, appels au secours ignorés par l’ASE, impossibilité de se projeter dans l’avenir… Il dresse un inventaire des terribles dysfonctionnements qui ont jalonné son parcours. A l’occasion des assises, il revient dessus et formule des propositions.

Pour aller plus loin :

mercredi, avril 6 2016

Protection de l'enfance et familles étrangères non régulières : une précarité entretenue ?

6 04 2016

proection_de_l__enfance.jpgDepuis deux décennies, le lien entre précarité sociale et protection de l'enfance ne cesse d'être objectivé. En abaissant le seuil d'intervention des pouvoirs publics de la maltraitance au risque, la loi réformant la protection de l'enfance de 2007 ambitionne une dynamique préventive qui peine encore à prendre en compte la dimension sociale des problématiques éducatives. Particulièrement exposées, les familles étrangères non régulières n'ont droit pour satisfaire leurs besoins sociaux et l'intérêt de l'enfant qu'à l'aide financière délivrée par les conseils départementaux. Mais ce qui s'entend comme dispositif d'appoint pour les nationaux se heurte pour les étrangers à la pérennisation structurelle de leur exclusion sociale et à son impact politique.

Illustration : odpe.finistere.fr

dimanche, mars 27 2016

Enquête au coeur de la politique sociale de jeunesse

27 03 2016

Pauvres_jeunes.jpgÀ quelles conditions la solidarité publique peut-elle s'exercer à l’égard des jeunes précaires ? Grâce à une enquête par observation dans des comités d’attribution du fonds d’aide aux jeunes, ce livre nous offre une plongée au cœur de l’État social pour comprendre le traitement qu’il réserve aux jeunes en difficulté.
On y découvre des professionnels qui racontent des histoires d’insertion au passé et au futur, qui se posent des questions sur le bien fondé des demandes d’aide financière, et qui évaluent les parcours comme les projets des jeunes. Sous nos yeux, et non sans hésitations, les acteurs de l’insertion fabriquent une doctrine de la solidarité avec ses normes et finalement une certaine conception de la citoyenneté sociale.

jeudi, mars 10 2016

Qui sont les mineurs isolés étrangers ?

10 03 2016

cahierJe suis éducatrice auprès des mineurs isolés étrangers, les MIE. Les MIE sont, comme l’indique la petite case administrative dans laquelle ils doivent se contorsionner pour gagner leur place dans l’eldorado européen, des personnes de moins de 18 ans ; de nationalité étrangère ; ne disposant pas de famille en France pouvant les prendre en charge. Ces jeunes sont inexpulsables et ont le droit d’être placés en foyer. On est un enfant à protéger avant d’être un étranger à expulser, jusqu’à nouvel ordre. Sauf qu’il ne suffit pas de se déclarer mineur, isolé et étranger pour s’assurer une place au chaud et la garantie de ne pas être renvoyé dans son pays en charter. Le département, collectivité disposant de cette compétence via l’aide sociale à l’enfance, doit d’abord évaluer la situation de chacun ces jeunes. Il s’agit de vérifier s’ils ont vraiment moins de 18 ans et s’ils sont vraiment tout seuls en France. Derrière la formule «évaluation de la situation», il y a notamment un entretien avec mes collègues et moi.

mercredi, mars 2 2016

Prévention spécialisée : et si les élus lui fichaient la paix ?

2 03 2016

Lien_social_1178.jpgC’est un grand classique : lorsque dans une société l’austérité règne et l’insécurité est promue au rang de problème majeur, de lourdes menaces pèsent sur ce qui est considéré comme trop lent, trop peu visible et apparemment éloigné de l’efficacité. Depuis les attentats de janvier et surtout de novembre 2015, la pusillanimité réflexive est condamnée au nom de l’action urgente. Bien que celle-ci, passé un certain délai, se réduise souvent à des mesures loufoques et inquiétantes, l’urgence est pourtant érigée en une doctrine d’action qui lamine toutes les autres. Grand nombre de professionnels œuvrant dans le champ de la protection de l’enfance en font aujourd’hui l’amère expérience et parmi eux, les éducateurs de prévention spécialisée.

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vendredi, janvier 8 2016

La médiation sociale dans les transports collectifs : état des lieux

8 01 2016

mediation_transports_en_commun.jpgLes transports publics ont été l’un des premiers secteurs d’apparition de la médiation sociale à la fin des années 80. Le développement de cette activité répondait autant à la volonté de lutter contre l’insécurité qu’à celle de mettre en place des dispositifs d’insertion de chômeurs puis, dans le cadre du programme « Nouveaux services-emplois jeunes », de jeunes en difficultés.
Un mouvement de clarification des missions et de professionnalisation des médiateurs a pu être observé dans les années 2000 et l’« agent de médiation dans l’environnement des transports publics urbains » est aujourd’hui un métier inscrit au répertoire national des certifications professionnelles (RNCP). Les transports publics ont été un espace privilégié de développement des activités de médiation sociale.

Photo : lagazettedescommunes.com

mardi, décembre 29 2015

Plus de 100 000 places d’hébergement pour les personnes en difficulté sociale

29 12 2015

CHRS.jpgLes établissements d’accueil pour adultes et familles en difficulté sociale offrent 101 000 places d’hébergement et de logement accompagné, fin 2012, selon les premiers résultats de l’enquête Établissements et services (ES) Difficulté sociale de 2012. Plus de quatre places sur dix se trouvent dans les centres d’hébergement et de réinsertion sociale (CHRS), et une sur quatre dans des dispositifs destinés aux demandeurs d’asile et aux réfugiés. L’Île-de-France en représente près du quart.
De 2008 à 2012, le parc d’hébergement continue de s’accroître (+18 %). Cette hausse reflète l’augmentation du nombre de maisons relais (+128 %), dispositif de logement accompagné que les réformes successives depuis 2007 ont cherché à promouvoir. Elle s’explique aussi par le développement de places dans les autres centres d’accueil plus spécialisés, comme les centres d’hébergement d’urgence, sous la pression de la demande.

mercredi, décembre 16 2015

Prévention de la radicalisation et déradicalisation : trois exemples européens

16 12 2015

stop_djihadisme.jpgLa radicalisation est définie comme le processus qui conduit un individu à rompre avec la société dans laquelle il vit pour se tourner vers une idéologie violente, en l’occurrence le djihadisme. La prévention regroupe un ensemble de mesures, concernant des domaines sociétaux variés, visant à empêcher la radicalisation. La déradicalisation vise à « défaire » le processus de radicalisation et à encourager la réintégration des individus concernés dans la société. Dans d’autres contextes, on emploie également le terme de « réhabilitation ». L’ensemble des mesures de prévention et de déradicalisation est souvent désigné par le terme de « contre-radicalisation ».
Si le présent article fait occasionnellement référence au concept de prévention, son objet principal réside dans l’analyse de différents programmes de déradicalisation mis en œuvre dans trois pays européens précurseurs : l’Allemagne, la Grande-Bretagne et le Danemark. L’objectif principal est d’identifier les initiatives les plus prometteuses, mais aussi les problèmes récurrents, pour en tirer quelques leçons pour la France.

Photo : franceinfo.fr

vendredi, octobre 2 2015

Le bilan 2014 des Espace Santé Jeunes

2 10 2015

Espace_sante_jeune.jpgLes Espaces Santé Jeunes sont destinés à favoriser la prise en compte par les jeunes de leur propre santé, dans ses aspects somatiques, psychologiques et socio-éducatifs, et à faciliter leur accès aux services de prévention et de soins existants. Les Espaces Santé Jeunes accueillent les jeunes âgés de 11 à 25 ans, les parents et les professionnels.
En 2014, 77 500 usagers ont bénéficié des services des Espaces Santé Jeunes.
Les ESJ mènent des actions de prévention primaire et d’éducation à la santé, souvent en co-animation avec les professionnels des lieux qui accueillent l’équipe de l’ESJ (établissement scolaires, centres de formations, missions locales, centres sociaux, associations de quartier).

samedi, mai 9 2015

L'islamophobie provoque des discriminations institutionnelles et touche surtout les femmes

9 05 2015

Photo_Marc_Laapage_Hijab.jpgComme les années précédentes, le CCIF enregistre une augmentation significative des actes islamophobes et dénonce une banalisation des discours et idéologies islamophobes dans l'espace public.
Sans surprise, les discriminations représentent les trois quarts des actes islamophobes, la plupart de ces discriminations survenant dans les institutions et services publics, à commencer par l'éducation nationale. Le CCIF estime que l'école est devenue "un haut lieu de discriminations et de discours racistes et islamophobes, en particulier après les attentats de janvier 2015".
Les femmes sont toujours les premières touchées (elles représentent plus de 80% des victimes) par ces discriminations découlant d'une islamophobie en forte recrudescence depuis les attentats de janvier.

Illustration : Marc Laapage (DR)

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