Depuis deux décennies, le lien entre précarité sociale et protection de l'enfance ne cesse d'être objectivé. En abaissant le seuil d'intervention des pouvoirs publics de la maltraitance au risque, la loi réformant la protection de l'enfance de 2007 ambitionne une dynamique préventive qui peine encore à prendre en compte la dimension sociale des problématiques éducatives. Particulièrement exposées, les familles étrangères non régulières n'ont droit pour satisfaire leurs besoins sociaux et l'intérêt de l'enfant qu'à l'aide financière délivrée par les conseils départementaux. Mais ce qui s'entend comme dispositif d'appoint pour les nationaux se heurte pour les étrangers à la pérennisation structurelle de leur exclusion sociale et à son impact politique.
- Lire cet article de Lionel Clariana dans Sciences et Actions Sociales
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Illustration : odpe.finistere.fr
À quelles conditions la solidarité publique peut-elle s'exercer à l’égard des jeunes précaires ? Grâce à une enquête par observation dans des comités d’attribution du fonds d’aide aux jeunes, ce livre nous offre une plongée au cœur de l’État social pour comprendre le traitement qu’il réserve aux jeunes en difficulté.
Je suis éducatrice auprès des mineurs isolés étrangers, les MIE. Les MIE sont, comme l’indique la petite case administrative dans laquelle ils doivent se contorsionner pour gagner leur place dans l’eldorado européen, des personnes de moins de 18 ans ; de nationalité étrangère ; ne disposant pas de famille en France pouvant les prendre en charge. Ces jeunes sont inexpulsables et ont le droit d’être placés en foyer. On est un enfant à protéger avant d’être un étranger à expulser, jusqu’à nouvel ordre. Sauf qu’il ne suffit pas de se déclarer mineur, isolé et étranger pour s’assurer une place au chaud et la garantie de ne pas être renvoyé dans son pays en charter. Le département, collectivité disposant de cette compétence via l’aide sociale à l’enfance, doit d’abord évaluer la situation de chacun ces jeunes. Il s’agit de vérifier s’ils ont vraiment moins de 18 ans et s’ils sont vraiment tout seuls en France. Derrière la formule «évaluation de la situation», il y a notamment un entretien avec mes collègues et moi.
C’est un grand classique : lorsque dans une société l’austérité règne et l’insécurité est promue au rang de problème majeur, de lourdes menaces pèsent sur ce qui est considéré comme trop lent, trop peu visible et apparemment éloigné de l’efficacité. Depuis les attentats de janvier et surtout de novembre 2015, la pusillanimité réflexive est condamnée au nom de l’action urgente. Bien que celle-ci, passé un certain délai, se réduise souvent à des mesures loufoques et inquiétantes, l’urgence est pourtant érigée en une doctrine d’action qui lamine toutes les autres. Grand nombre de professionnels œuvrant dans le champ de la protection de l’enfance en font aujourd’hui l’amère expérience et parmi eux, les éducateurs de prévention spécialisée.
Les transports publics ont été l’un des premiers secteurs d’apparition de la médiation sociale à la fin des années 80. Le développement de cette activité répondait autant à la volonté de lutter contre l’insécurité qu’à celle de mettre en place des dispositifs d’insertion de chômeurs puis, dans le cadre du programme « Nouveaux services-emplois jeunes », de jeunes en difficultés.
Les établissements d’accueil pour adultes et familles en difficulté sociale offrent 101 000 places d’hébergement et de logement accompagné, fin 2012, selon les premiers résultats de l’enquête Établissements et services (ES) Difficulté sociale de 2012. Plus de quatre places sur dix se trouvent dans les centres d’hébergement et de réinsertion sociale (CHRS), et une sur quatre dans des dispositifs destinés aux demandeurs d’asile et aux réfugiés. L’Île-de-France en représente près du quart.
La radicalisation est définie comme le processus qui conduit un individu à rompre avec la société dans laquelle il vit pour se tourner vers une idéologie violente, en l’occurrence le djihadisme. La prévention regroupe un ensemble de mesures, concernant des domaines sociétaux variés, visant à empêcher la radicalisation. La déradicalisation vise à « défaire » le processus de radicalisation et à encourager la réintégration des individus concernés dans la société. Dans d’autres contextes, on emploie également le terme de « réhabilitation ». L’ensemble des mesures de prévention et de déradicalisation est souvent désigné par le terme de « contre-radicalisation ».
Les Espaces Santé Jeunes sont destinés à favoriser la prise en compte par les jeunes de leur propre santé, dans ses aspects somatiques, psychologiques et socio-éducatifs, et à faciliter leur accès aux services de prévention et de soins existants. Les Espaces Santé Jeunes accueillent les jeunes âgés de 11 à 25 ans, les parents et les professionnels.
Comme les années précédentes, le CCIF enregistre une augmentation significative des actes islamophobes et dénonce une banalisation des discours et idéologies islamophobes dans l'espace public.
Si traditionnellement la sociologie de la déviance, de même que la criminologie, se sont davantage préoccupées des facteurs, motivations et modalités d’entrée dans la délinquance, il existe toutefois depuis les années 1970 un certain nombre de travaux ayant porté leur regard sur le processus de sortie de la délinquance (ou « desistance from crime » dans les travaux anglo-saxons). Cette thématique connaît aujourd’hui un regain d’intérêt évident, qui fait écho à la montée des préoccupations sécuritaires face au problème de la « délinquance juvénile ». Nous proposons d’aborder cette question sur la base d’un corpus de récits de vie recueillis auprès de jeunes Brésiliens engagés dans la délinquance, afin de saisir la manière dont l’expérience de ces pratiques délinquantes et celle du système pénal – en l’occurrence le système socio-éducatif destiné aux mineurs délinquants – influencent les modalités de sortie de la délinquance.
Le CNLAPS, réseau national représentatif de la prévention spécialisée, constate depuis 2012 une amplification des alertes en provenance d’associations adhérentes. Diminution des budgets (jusqu’à 50% parfois), retraits du financement de Conseils généraux au motif qu’une commune du département n’apporte plus sa contribution financière, voire disparition programmée de cette mission de service public qu’est la prévention spécialisée. L’argument officiel est surtout financier et la méthode souvent brutale, avec des annonces sans concertation préalable et applicables dans des délais très courts (parfois seulement un mois), alors même que sont en jeu des contrats de travail et un public en difficulté.
Installé le 21 octobre 2013 par la ministre déléguée à la famille, le groupe de travail, Protection de l'enfance et adoption a remis son rapport intitulé "40 propositions pour adapter la protection de l'enfance et l'adoption aux réalités d'aujourd'hui". Par sa composition, le groupe entendait réunir des points de vue variés sur des questions sensibles, mêlant universitaires et professionnels engagés sur le terrain, en provenance de disciplines complémentaires (juristes, sociologues, médecins, responsables de services ASE). Des échanges constructifs ont permis l’élaboration de propositions qui en plaçant l'enfant au cœur des préoccupations, visent à optimiser le dispositif de la protection de l'enfance et à mieux accompagner l'adoption et la recherche des origines personnelles. Le rapport propose une vision différente de la protection de l'enfance et de l'adoption, notamment en établissant un lien plus fort entre l'une et l'autre et en envisageant des projets alternatifs au placement. Des mesures techniques et précises permettraient une meilleure prise en charge des mineurs confiés sur le long terme notamment en ouvrant pour certains, si c'est adapté au projet pour l'enfant, la perspective d'une seconde chance d'accéder à une vie familiale. L'objectif majeur est l'accompagnement et la sécurisation des parcours de tous les enfants grâce à des mesures adaptées et évolutives dans le respect des liens que ces enfants ont noués avec des adultes (présentation officielle).
Les effets du service civique sur les volontaires portent sur trois domaines : l’acquisition et le développement de compétences, la définition et la réalisation du projet professionnel, et une dimension personnelle qui recoupe à la fois l’épanouissement personnel et l’engagement citoyen.
Cette expérimentation repose sur la mise en place d’un microcrédit assorti d’un accompagnement social et budgétaire assuré par une Conseillère en Economie Sociale et Familiale du CCAS de Besançon. Ce dispositif ouvert à l’origine aux personnes sans enfant comporte un volet spécifique pour les jeunes. La spécificité du microcrédit est multiple : le CCAS reste autonome dans l’octroi du prêt, qui est autofinancé sur fonds propres, et adopte de fait une position différente de celle des banques. Le microcrédit doit s’inscrire dans un projet d’insertion et propose un suivi social et budgétaire en parallèle. Par ailleurs, son taux d’intérêt est nul et il intervient en dernier ressort pour les jeunes qui ne peuvent bénéficier d’aucune aide ou microcrédit de droit commun. Il vise ainsi un public a priori plus fragile que les autres microcrédits.
« Proposer aux acteurs locaux des fiches méthodologiques et descriptives d’actions qui mériteraient d’être développées ». Telle est l’ambition de la quinzaine de « bonnes pratiques » mises en ligne sur le site du secrétariat général du Comité interministériel de prévention de la délinquance (CIPD). Cette « première série de fiches », qui devrait connaître une suite, présente des actions locales jugées exemplaires et en décrit l’objectif, la méthodologie, les moyens dédiés et les résultats attendus. Des références locales sont citées avec les coordonnées des personnes pilotes. L’objectif affiché est bien de « faciliter la mise en oeuvre de la stratégie nationale de prévention de la délinquance » lancée en juillet 2013.