Prison, rétention, contention

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vendredi, juin 16 2017

What if all the inmate reintegration programs were helpless ?

16 06 2017

Facts_And_Myths.jpgCanada stands out as a model in the Western world for correctional rehabilitation and recidivism control programs. At the expense of in-depth criminological and psychological analyses, both of which have now been relegated to the lowest rank, these correctional programs are presented as the key to success in the efforts dedicated to control recidivism. However, it is first and foremost a belief based on a naive vision of human plasticity. But so far, no independent external investigations have yet been carried out on the actual costs and benefits of these programs. And even worse, the scientific literature provides all the evidence to help conclude that these behavioural programs have no overall effectiveness on an inmate population often plagued with hard-core criminals who have learned to provide the answers a case worker will want to hear. Using these funds to provide those convicts with the real educational and vocational training they often lack would be a much more efficient use of public funds and would be of a much safer assistance to them when they really decide to take charge.

Illustration : indianatransgendernetwork.com

samedi, mai 27 2017

Une fenêtre ouverte sur l’extérieur ? Écologie de deux espaces carcéraux

27 05 2017

cellule_prison.jpgEn prison, le pôle socio-éducatif, la salle polyvalente, le lieu de culte, le gymnase, les salles de classe ou les locaux de soins sont les lieux sur lesquels reposent prioritairement les attentes en matière d’humanisation de la peine d’emprisonnement ainsi que de réhabilitation des personnes détenues. L’argumentation ainsi établie par les pouvoirs publics et les architectes actuels des prisons tend à afficher ces espaces et les activités qu’ils accueillent comme les faire‑valoir d’une expérience carcérale visant à se rapprocher toujours davantage de l’expérience vécue hors les murs, le référent premier étant la ville. Chercher à faire de la prison une « prison-ville » traduit cette volonté de produire un système d’enfermement capable d’atténuer l’austérité carcérale et de construire un climat favorable à la réinsertion des détenus. Cet article propose d’interroger une telle ambition à partir d’une enquête ethnographique menée au sein de deux espaces carcéraux.

Photo : lexpress.fr

vendredi, mai 26 2017

La fin de vie des patients détenus

26 05 2017

medecine_en.jpgLa loi Française du 4 mars 2002 a introduit la possibilité de suspendre la peine des personnes détenues en fin de vie. Cependant, tous les détenus malades en fin de vie n'ont pas accès à cette mesure. La plupart d’entre eux sont accueillis dans une Unité Hospitalière Sécurisée Interrégionale (UHSI) souvent pendant plusieurs semaines, parfois jusqu’à leur décès. Le but de cet article est de mettre en évidence la perception des soins palliatifs des patients détenus et des professionnels les accompagnant. Après avoir exposé les conditions de notre enquête de terrain, nous montrons comment les contraintes spatiales et temporelles inhérentes au fonctionnement de l’UHSI entravent les possibilités d’accompagnement des détenus en fin de vie. Pour finir, nous montrons que la question de la mort reste impensée dans ce milieu contraint.

Photo : genepi.fr

lundi, mai 15 2017

La consommation de cannabis en prison

15 05 2017

shit_prison.jpgDu cannabis, on en fume massivement, systématiquement dans les prisons. Cela, on le savait, mais à ce point, qui pouvait l’imaginer ? La «consommation est endémique», souligne une étude inédite réalisée à partir de l’analyse des eaux usées de trois établissements pénitentiaires, et cela à la demande même de la Direction de l’administration pénitentiaire. Elle vient d’être publiée dans le numéro de mars de la revue de l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies. En même temps, contrairement à ce que l’on pouvait croire, des stupéfiants comme l’héroïne ou la cocaïne sont, eux, beaucoup moins utilisés.

Photo : liberation.fr

jeudi, avril 27 2017

L'administration pénitentiaire n'aime pas les critiques

27 04 2017

Logo_Genepi.pngIl aura fallu l’intervention du ministre de la justice, Jean-Jacques Urvoas, pour que la direction de l’administration pénitentiaire revienne, mardi 18 avril, sur sa décision de réduire de 42 % la subvention accordée à l’association d’étudiants Genepi (sigle de Groupement étudiant national d’enseignement aux personnes incarcérées).
Le Genepi, fondé dans les années 1970, n’est plus le groupement des « gentils étudiants de Sciences Po » qui donnent des cours aux détenus. Si l’association a depuis toujours pris des positions publiques assez virulentes sur la politique carcérale et la condition des détenus, elle a modifié son objet social en 2011. Il ne s’agit plus de « collaborer à l’effort public en faveur de la réinsertion sociale des personnes incarcérées », mais d’œuvrer « en faveur du décloisonnement des institutions carcérales par la circulation des savoirs entre les personnes incarcérées, le public et ses bénévoles ».

mercredi, mars 15 2017

Le nombre de détenus baisse partout en Europe, sauf en France

15 03 2017

Clefs_porte_prison_Le_Monde.jpgAlors que le nombre de détenus en France au 1er mars devrait atteindre un nouveau record historique, la population carcérale en Europe connaît une évolution inverse. Selon l’étude annuelle du Conseil de l’Europe, le nombre de personnes détenues dans les prisons européennes a enregistré une baisse de 6,8 % en 2015. Le secrétaire général du Conseil de l’Europe, s’en félicite. Il y voit « une évolution positive ». Car cela correspond aux recommandations du Conseil en matière de politique pénale. M. Jagland réaffirme ainsi qu’« un recours accru à des sanctions alternatives n’entraîne pas nécessairement une augmentation du taux de criminalité mais peut aider à la réinsertion des délinquants et à la résolution du problème de la surpopulation carcérale ».

Photo : lemonde.fr

mardi, février 21 2017

Les prisonniers vont-ils pouvoir exercer leur droit de vote ?

21 02 2017
Prison_de_Brest.jpgIls sont environ 50 000 prisonniers à conserver leur droit de vote si on exclut les mineurs, les étrangers et les condamnés expressément déchus de leurs droits civiques, rappelle dans un communiqué datant de novembre 2016 l’association Robin des lois (RDL) qui bataille depuis 2014 pour l’installation d’urnes dans les établissements pénitentiaires. A ce jour, le vote par procuration ou la demande de permission pour aller déposer son bulletin (seulement valable pour les condamnés, non pour les prévenus) restent très difficiles à mettre en œuvre, comme en fait état le rapport annuel 2013 (après la présidentielle 2012) du Contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL), et ce, malgré la loi pénitentiaire de 2009 qui donne désormais au détenu la possibilité de s’inscrire sur les listes électorales de la commune où il se trouve détenu.

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mardi, février 14 2017

La détention avant jugement au Québec : entre gestion des risques et gestion des flux

14 02 2017

sas_prison.jpgÀ partir des résultats d’une recherche ethnographique portant sur les implications de la montée en puissance de la question du risque sur les décisions des juges québécois en matière de détention provisoire, cet article propose d’apporter un éclairage sur le fonctionnement concret du processus de cautionnement, sur les logiques décisionnelles qui s’y déploient et contribuent aux tendances à la hausse des placements en détention avant jugement. D’une part, il s’attache à montrer que ces placements relèvent moins d’une décision des juges que des pratiques respectives et croisées du ministère public et de la défense. D’autre part, il met en évidence que cet état de fait est tributaire du cadre dans lequel s’insèrent comparutions et enquêtes sur remise en liberté où les considérations en termes de gestion des flux exacerbent et même, dans certains cas, supplantent celles en termes de gestion des risques.

dimanche, février 5 2017

La détention provisoire en 2014

5 02 2017

sas_prison.jpgParmi les 317 000 personnes jugées par le tribunal correctionnel en 2014, 8,5 % ont été placées en détention provisoire avant jugement. Deux fois sur trois, le placement en détention provisoire s'inscrit dans le cadre d'une comparution immédiate devant le tribunal correctionnel et une fois sur trois dans le cadre d'une procédure d'instruction.
Les vols et recels sont la nature d'affaire la plus fréquente pour les personnes placées en détention provisoire, tant en comparution immédiate qu'à l'instruction.
La moitié des personnes qui ont été placées en détention provisoire avant une comparution immédiate n'y sont restées qu'un ou deux jours et quatre personnes sur cinq moins de quatre jours.

dimanche, janvier 22 2017

L’unité hospitalière pour détenus de Marseille : un « quartier disciplinaire de luxe »

22 01 2017

uhsi-marseille-aphm.jpgL’unité hospitalière sécurisée interrégionale de Marseille fait partie des huit UHSI réparties sur le territoire national dont l’objectif est d’accueillir les hospitalisations somatiques de plus de 48 heures de personnes détenues. Si la création des UHSI a permis une amélioration de la qualité des soins apportés en milieu pénitentiaire, les conditions d’hospitalisation restent décriées.
Située au coeur de l’hôpital Nord de la ville, l’unité hospitalière sécurisée interrégionale (UHSI) de Marseille accueille depuis dix ans des personnes détenues principalement issues de la région pénitentiaire PACACorse. Elle compte actuellement 27 lits de médecine-chirurgie obstétrique (MCO) et six lits de soins de suite et de réadaptation (SSR) répartis au sein de deux unités.

mardi, janvier 10 2017

Plan contre la radicalisation: un big brother pénitentiaire contre-productif ?

10 01 2017

Maison_d__arret.jpgLe 25 octobre, le ministère de la Justice a présenté son troisième plan de lutte contre la radicalisation en prison. La presse titre alors « fin des unités dédiées ». Une accroche laissant penser que le regroupement dans des quartiers spécifiques des personnes détenues pour des faits liés au terrorisme était révolu, après l’agression violente de deux surveillants par l’une d’entre elles. Pourtant il n’en est rien. L’appellation « unité de prise en charge de la radicalisation » (UPRA) a certes disparu, mais la logique de regroupement reste bien présente : les cinq unités dédiées ne vont pas fermer. Elles vont toutes être réaffectées en « quartiers d’évaluation de la radicalisation » (QER).

Photo : estrepublicain.fr

mercredi, décembre 14 2016

A la prison de Fresnes, des traitements « inhumains » et « dégradants »

14 12 2016

A_fresnes.jpgC’est une lecture édifiante qu’offre mercredi 14 décembre le Journal officiel. La Contrôleure générale des lieux de privation de liberté fait usage de la procédure d’urgence pour alerter publiquement le gouvernement sur la situation de la maison d’arrêt des hommes de Fresnes.
Entre la surpopulation carcérale, la prolifération des punaises et des rats, le délabrement des locaux, le « climat de violence constant qui règne » et un « usage de la force à l’égard des détenus ni maîtrisé ni contrôlé », on pourrait penser qu’il s’agit d’un rapport sur les geôles d’un pays peu recommandable. Cela se passe dans le Val-de-Marne, à 7 km des portes de Paris, dans la seconde plus grande prison de France.

Photo : lefigaro.fr

jeudi, novembre 24 2016

L'état des savoirs sur la prison

24 11 2016

L__utopie_carcerale.jpgÀ quoi tient aujourd’hui la légitimité de la prison ? Au tournant sécuritaire commandé par la réaction néolibérale, assurément. Mais aussi à la croyance que la prison est perfectible, envers et contre tout. Régulièrement, des « prisons modèles » s’évertuent à raviver une utopie pénitentiaire moribonde. Les discours qui les accompagnent font miroiter la possibilité d’un enfermement enfin avantageux sinon salutaire, comme si jusqu’ici, par manque d’imagination, de volonté et de moyens, l’on n’avait pas vraiment essayé. C’est oublier une histoire jalonnée de diverses tentatives, parfois grandioses, qui donne toutes les raisons d’en douter. Pour nous la remémorer, ce livre effectue une vaste mise en perspective dans le temps et l’espace. Pour nous la remémorer, ce livre effectue une vaste mise en perspective dans le temps et l’espace. De Genève à Pékin en passant par Londres ou Saint-Pétersbourg, du début du XIXe siècle à nos jours, il rappelle des cas célèbres ou méconnus de « prisons modèles » qui, d’abord encensées, ont tourné au fiasco.

mardi, octobre 11 2016

La sexualité en milieu carcéral : au cœur des représentations de personnes incarcérées

11 10 2016

sas_prison.jpgDans cet article, nous présentons les principaux résultats obtenus à l’issue d’une étude sur la sexualité en milieu carcéral au sein de dix établissements pénitentiaires belges entre 2012 et 2013. Recourant à une méthodologie quantitative et prenant un appui théorique sur les découvertes de Sykes (1958), et plus particulièrement le modèle de privation, notre recherche se centre sur l’étude de la sexualité incarcérée non seulement à travers les enjeux majeurs qu’elle revêt pour les individus concernés mais aussi à travers son impact sur la dynamique institutionnelle. Découvrant la permanence du désir sexuel malgré les contraintes privatives de la prison, notre étude met en évidence que les personnes incarcérées cherchent à s’adapter pour compenser l’absence de sexualité.

Photo : lefigaro.fr

samedi, septembre 24 2016

Prison : fausses évidences et vrais problèmes

24 09 2016

sas_prison.jpgLe scandale récurrent de la surpopulation carcérale a ancré dans les esprits l’idée qu’il n’y avait pas, en France, suffisamment de places de prison. L’urgence de bâtir s’est imposée dans le débat public comme une solution évidente, que l’on soit séduit par des arguments sécuritaires ou humanitaires.
Selon le Garde des Sceaux, il faudrait construire « entre 10 309 et 16 143 nouvelles cellules d’ici à 2025 ». Le gouvernement pense ainsi mettre un terme à la surpopulation endémique des prisons et faire respecter le principe de l’encellulement individuel, promis depuis la fin du 19e siècle. L’intention humanitaire est louable, mais l’enfer est pavé de bonnes intentions. Depuis 1980, près de 30 000 nouvelles places ont été mises en service. Certes il fallait remplacer un parc immobilier insalubre ; mais aucun de ces plans de construction n’a résorbé la surpopulation carcérale. On observe au contraire une tendance qui s’est toujours confirmée à remplir les places de prison disponibles, au-delà même de la capacité prévue. Depuis 1980, le nombre de personnes incarcérées dans les prisons françaises a doublé.

Photo : lefigaro.fr

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