Prison, rétention, contention

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mercredi, décembre 26 2018

Nouveau record de la population carcérale en France

26 12 2018

Le nombre de détenus dans les prisons françaises a établi un nouveau record au 1er décembre, avec 71 061 personnes incarcérées, selon les chiffres de l’administration pénitentiaire. Ainsi, 82 634 personnes étaient placées sous écrou, dont 11 573 sous surveillance électronique ou à l’extérieur.
Le nombre très symbolique de 70 000 détenus dans les 187 établissements pénitentiaires de France (départements et territoires ultramarins compris) avait, lui, été atteint en avril. Avec plus de 71 000 détenus pour 60 000 places opérationnelles, la densité carcérale s’établit désormais à 118,2 % dans les prisons françaises, qui souffrent d’une surpopulation chronique, contre 117,8 % un an plus tôt. Mais c’est une moyenne. La surpopulation dépasse 140 % dans les maisons d’arrêt, des établissements qui accueillent les courtes peines ou les personnes en attente de jugement. Certaines affichent même un taux d’occupation de plus de 200 %.

lundi, décembre 17 2018

L’espace carcéral vu par le Contrôleur général des lieux de privation de liberté

17 12 2018

Cellule_quartier_d__isolement_rennes.jpgCréé par la loi du 30 octobre 2007, le Contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL) constitue depuis cette date un élément essentiel du « mécanisme national de prévention » exigé par les textes internationaux ratifiés par la France en matière d’emprisonnement. Il est à ce titre chargé de « contrôler les conditions de prise en charge et de transfèrement des personnes privées de liberté, afin de s’assurer du respect de leurs droits fondamentaux ». Il coordonne à cette fin une équipe de « contrôleurs », aujourd’hui au nombre de 39 (dont 17 contrôleurs permanents et 22 « extérieurs » qui n’effectuent que ponctuellement des missions), en majorité issus des administrations qu’ils contrôlent.

Photo : metropolitiques.eu

mercredi, octobre 3 2018

Les fouilles à nu en prison : une humiliation persistance

3 10 2018

« On nous demande d’écarter les jambes en soulevant notre pénis, certains surveillants se penchent même pour voir, pourtant je n’ai jamais eu de rapport d’incident pour avoir rentré quelque chose d’illicite au parloir. » « Il faut enlever ses vêtements, soulever ses seins et ses pieds, enlever son tampon durant les règles, donner sa culotte pendant que le sang coule. » En prison, des milliers de personnes sont régulièrement contraintes de se déshabiller devant des surveillants. Officiellement, la mesure vise à empêcher l’intrusion d’objets illicites : stupéfiants, armes, téléphones portables ou denrées alimentaires… « Pour les surveillants, c’est routinisé. Mais quand on parle avec eux, beaucoup conviennent que c’est archaïque », explique un ex-détenu. Archaïque, c’est le mot qui s’impose quand on écoute les voix qui racontent la réalité de ces fouilles « à nu », ou « intégrales ». Près de dix ans après la promulgation de la loi pénitentiaire (2009) qui limite et encadre cette mesure, le constat est sans appel : alors qu’elle devrait être l’exception, la pratique des fouilles reste massive.

jeudi, février 1 2018

Centre Pénitentiaire de Marseille : des conditions de détention dégradantes et inhumaines persistantes

1 02 2018

En mai 2017, Confluences, ONG pour la promotion et la défense des droits humains basée en France, a été contactée par des familles de personnes détenues au Centre Pénitentiaire des Baumettes à Marseille, au sujet des conditions de détention jugées, par elles, particulièrement dégradantes.
Une enquête a donc été rapidement diligentée avec, pour cible, trois publics différents : les familles de détenus, les personnels pénitentiaires, les intervenants extérieurs (aumôniers des différents cultes, formateurs enseignants et associations spécialisées).
A ce stade, les informations recueillies ont fait apparaître, sans aucun doute possible, la persistance d'une violation grave des droits fondamentaux, notamment au regard de l’obligation incombant aux autorités publiques de préserver les personnes détenues de tout traitement dégradant ou inhumain.

dimanche, décembre 24 2017

Existe t-il une prison modèle ? L'exemple des centres types espagnols

24 12 2017

Vue_aerienne_d_un_centre-type_penitentiaire_espagnol.jpgLes transformations contemporaines de la conception architecturale des dispositifs carcéraux ont abouti, entre autres innovations, à l’émergence d’un nouveau modèle architectural actuellement promu en Espagne : le « centro tipo penitenciario » (centre-type pénitentiaire). Présenté comme avant-gardiste en Europe par l’administration pénitentiaire espagnole, le centre-type se distingue par son architecture innovante, la qualité de ses infrastructures et l’amélioration des conditions de détention en son sein. Pourtant, l’assimilation à la ville et les efforts de normalisation visant un rapprochement avec la vie extérieure n’empêchent pas la perpétuation des logiques institutionnelles traditionnelles au nom des impératifs d’ordre et de sécurité.

Photo : metropolitiques.eu

vendredi, juin 16 2017

What if all the inmate reintegration programs were helpless ?

16 06 2017

Facts_And_Myths.jpgCanada stands out as a model in the Western world for correctional rehabilitation and recidivism control programs. At the expense of in-depth criminological and psychological analyses, both of which have now been relegated to the lowest rank, these correctional programs are presented as the key to success in the efforts dedicated to control recidivism. However, it is first and foremost a belief based on a naive vision of human plasticity. But so far, no independent external investigations have yet been carried out on the actual costs and benefits of these programs. And even worse, the scientific literature provides all the evidence to help conclude that these behavioural programs have no overall effectiveness on an inmate population often plagued with hard-core criminals who have learned to provide the answers a case worker will want to hear. Using these funds to provide those convicts with the real educational and vocational training they often lack would be a much more efficient use of public funds and would be of a much safer assistance to them when they really decide to take charge.

Illustration : indianatransgendernetwork.com

samedi, mai 27 2017

Une fenêtre ouverte sur l’extérieur ? Écologie de deux espaces carcéraux

27 05 2017

cellule_prison.jpgEn prison, le pôle socio-éducatif, la salle polyvalente, le lieu de culte, le gymnase, les salles de classe ou les locaux de soins sont les lieux sur lesquels reposent prioritairement les attentes en matière d’humanisation de la peine d’emprisonnement ainsi que de réhabilitation des personnes détenues. L’argumentation ainsi établie par les pouvoirs publics et les architectes actuels des prisons tend à afficher ces espaces et les activités qu’ils accueillent comme les faire‑valoir d’une expérience carcérale visant à se rapprocher toujours davantage de l’expérience vécue hors les murs, le référent premier étant la ville. Chercher à faire de la prison une « prison-ville » traduit cette volonté de produire un système d’enfermement capable d’atténuer l’austérité carcérale et de construire un climat favorable à la réinsertion des détenus. Cet article propose d’interroger une telle ambition à partir d’une enquête ethnographique menée au sein de deux espaces carcéraux.

Photo : lexpress.fr

vendredi, mai 26 2017

La fin de vie des patients détenus

26 05 2017

medecine_en.jpgLa loi Française du 4 mars 2002 a introduit la possibilité de suspendre la peine des personnes détenues en fin de vie. Cependant, tous les détenus malades en fin de vie n'ont pas accès à cette mesure. La plupart d’entre eux sont accueillis dans une Unité Hospitalière Sécurisée Interrégionale (UHSI) souvent pendant plusieurs semaines, parfois jusqu’à leur décès. Le but de cet article est de mettre en évidence la perception des soins palliatifs des patients détenus et des professionnels les accompagnant. Après avoir exposé les conditions de notre enquête de terrain, nous montrons comment les contraintes spatiales et temporelles inhérentes au fonctionnement de l’UHSI entravent les possibilités d’accompagnement des détenus en fin de vie. Pour finir, nous montrons que la question de la mort reste impensée dans ce milieu contraint.

Photo : genepi.fr

lundi, mai 15 2017

La consommation de cannabis en prison

15 05 2017

shit_prison.jpgDu cannabis, on en fume massivement, systématiquement dans les prisons. Cela, on le savait, mais à ce point, qui pouvait l’imaginer ? La «consommation est endémique», souligne une étude inédite réalisée à partir de l’analyse des eaux usées de trois établissements pénitentiaires, et cela à la demande même de la Direction de l’administration pénitentiaire. Elle vient d’être publiée dans le numéro de mars de la revue de l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies. En même temps, contrairement à ce que l’on pouvait croire, des stupéfiants comme l’héroïne ou la cocaïne sont, eux, beaucoup moins utilisés.

Photo : liberation.fr

jeudi, avril 27 2017

L'administration pénitentiaire n'aime pas les critiques

27 04 2017

Logo_Genepi.pngIl aura fallu l’intervention du ministre de la justice, Jean-Jacques Urvoas, pour que la direction de l’administration pénitentiaire revienne, mardi 18 avril, sur sa décision de réduire de 42 % la subvention accordée à l’association d’étudiants Genepi (sigle de Groupement étudiant national d’enseignement aux personnes incarcérées).
Le Genepi, fondé dans les années 1970, n’est plus le groupement des « gentils étudiants de Sciences Po » qui donnent des cours aux détenus. Si l’association a depuis toujours pris des positions publiques assez virulentes sur la politique carcérale et la condition des détenus, elle a modifié son objet social en 2011. Il ne s’agit plus de « collaborer à l’effort public en faveur de la réinsertion sociale des personnes incarcérées », mais d’œuvrer « en faveur du décloisonnement des institutions carcérales par la circulation des savoirs entre les personnes incarcérées, le public et ses bénévoles ».

mercredi, mars 15 2017

Le nombre de détenus baisse partout en Europe, sauf en France

15 03 2017

Clefs_porte_prison_Le_Monde.jpgAlors que le nombre de détenus en France au 1er mars devrait atteindre un nouveau record historique, la population carcérale en Europe connaît une évolution inverse. Selon l’étude annuelle du Conseil de l’Europe, le nombre de personnes détenues dans les prisons européennes a enregistré une baisse de 6,8 % en 2015. Le secrétaire général du Conseil de l’Europe, s’en félicite. Il y voit « une évolution positive ». Car cela correspond aux recommandations du Conseil en matière de politique pénale. M. Jagland réaffirme ainsi qu’« un recours accru à des sanctions alternatives n’entraîne pas nécessairement une augmentation du taux de criminalité mais peut aider à la réinsertion des délinquants et à la résolution du problème de la surpopulation carcérale ».

Photo : lemonde.fr

mardi, février 21 2017

Les prisonniers vont-ils pouvoir exercer leur droit de vote ?

21 02 2017
Prison_de_Brest.jpgIls sont environ 50 000 prisonniers à conserver leur droit de vote si on exclut les mineurs, les étrangers et les condamnés expressément déchus de leurs droits civiques, rappelle dans un communiqué datant de novembre 2016 l’association Robin des lois (RDL) qui bataille depuis 2014 pour l’installation d’urnes dans les établissements pénitentiaires. A ce jour, le vote par procuration ou la demande de permission pour aller déposer son bulletin (seulement valable pour les condamnés, non pour les prévenus) restent très difficiles à mettre en œuvre, comme en fait état le rapport annuel 2013 (après la présidentielle 2012) du Contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL), et ce, malgré la loi pénitentiaire de 2009 qui donne désormais au détenu la possibilité de s’inscrire sur les listes électorales de la commune où il se trouve détenu.

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mardi, février 14 2017

La détention avant jugement au Québec : entre gestion des risques et gestion des flux

14 02 2017

sas_prison.jpgÀ partir des résultats d’une recherche ethnographique portant sur les implications de la montée en puissance de la question du risque sur les décisions des juges québécois en matière de détention provisoire, cet article propose d’apporter un éclairage sur le fonctionnement concret du processus de cautionnement, sur les logiques décisionnelles qui s’y déploient et contribuent aux tendances à la hausse des placements en détention avant jugement. D’une part, il s’attache à montrer que ces placements relèvent moins d’une décision des juges que des pratiques respectives et croisées du ministère public et de la défense. D’autre part, il met en évidence que cet état de fait est tributaire du cadre dans lequel s’insèrent comparutions et enquêtes sur remise en liberté où les considérations en termes de gestion des flux exacerbent et même, dans certains cas, supplantent celles en termes de gestion des risques.

dimanche, février 5 2017

La détention provisoire en 2014

5 02 2017

sas_prison.jpgParmi les 317 000 personnes jugées par le tribunal correctionnel en 2014, 8,5 % ont été placées en détention provisoire avant jugement. Deux fois sur trois, le placement en détention provisoire s'inscrit dans le cadre d'une comparution immédiate devant le tribunal correctionnel et une fois sur trois dans le cadre d'une procédure d'instruction.
Les vols et recels sont la nature d'affaire la plus fréquente pour les personnes placées en détention provisoire, tant en comparution immédiate qu'à l'instruction.
La moitié des personnes qui ont été placées en détention provisoire avant une comparution immédiate n'y sont restées qu'un ou deux jours et quatre personnes sur cinq moins de quatre jours.

dimanche, janvier 22 2017

L’unité hospitalière pour détenus de Marseille : un « quartier disciplinaire de luxe »

22 01 2017

uhsi-marseille-aphm.jpgL’unité hospitalière sécurisée interrégionale de Marseille fait partie des huit UHSI réparties sur le territoire national dont l’objectif est d’accueillir les hospitalisations somatiques de plus de 48 heures de personnes détenues. Si la création des UHSI a permis une amélioration de la qualité des soins apportés en milieu pénitentiaire, les conditions d’hospitalisation restent décriées.
Située au coeur de l’hôpital Nord de la ville, l’unité hospitalière sécurisée interrégionale (UHSI) de Marseille accueille depuis dix ans des personnes détenues principalement issues de la région pénitentiaire PACACorse. Elle compte actuellement 27 lits de médecine-chirurgie obstétrique (MCO) et six lits de soins de suite et de réadaptation (SSR) répartis au sein de deux unités.

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