L’ambition de ce livre est de donner de la profondeur historique à la catastrophe sanitaire et sociale que fut l’héroïne, à sa répression, aux dynamiques et cycles de sa consommation et de son trafic. Il raconte cette histoire dans ses multiples dimensions, sociale et économique, culturelle et urbaine, politique et géopolitique, en privilégiant le point de vue de ceux qui ont été ses acteurs ou témoins. Plus généralement, il prend l’héroïne comme analyseur, pour saisir ce que les drogues font à la société.
L’histoire de l’héroïne est celle de la répression, de la guerre à la drogue et, en corollaire, de l’absence de culture de santé publique en France, mais c’est aussi celle d’un processus de transformation des appartenances collectives et des identités culturelles qui interroge le rôle des produits psychotropes dans le changement social.
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Il est beaucoup question aujourd’hui de désaffiliation djihadiste, de celles et ceux qui affirment sortir du djihad pour revenir en Europe, jurant s’être « déradicalisés » telle la djihadiste et convertie Emilie König dont l’arrestation en Syrie par les forces kurdes a fait grand bruit en France. Mais qu’en est-il des autres ? Certaines femmes pratiquant un islam dit salafiste piétiste ou quiétiste, sans recours à la violence, ont toujours refusé la guerre, tout en portant le voile intégral, ou niqab. Or certaines décident d’en sortir un beau jour et retirent tout, même le foulard sur la tête, ce qui peut aussi s’apparenter à un désengagement militant.
Que reste-t-il au monde ouvrier quand le lieu de ses souffrances, mais aussi de son identité, disparaît ? C’est à cette question brutale que s’attèle l’ouvrage interdisciplinaire dirigé par Stéphane Beaud et Gérard Mauger. Celui-ci s’appuie, comme rappelé par les deux auteurs (p. 7), sur un paradoxe des sciences sociales françaises. D’une part, il y apparaît un regain d’intérêt, notamment en sociologie, pour le monde du travail. D’autre part, la notion même de « monde ouvrier », ensemble doté d’une certaine cohérence, notamment symbolique, est progressivement évacuée par le pluriel des « classes populaires ». Les deux auteurs se concentrent sur les couches les plus jeunes de ce monde ouvrier en crise.
On ne compte plus les livres consacrés aux différentes manifestations de l’Islam politique. Bien plus rares sont les études dédiées aux appareils de sécurité et de répression, dont le poids est pourtant exorbitant dans le monde arabe. Cet ouvrage répond à ce besoin de compréhension de telles structures de l’ombre, désignées sous le terme d’« État profond ». Il en éclaire le processus de construction historique, à la faveur du détournement des indépendances arabes par des cliques putschistes. Il en décrit les formidables ressorts économiques, depuis l’accaparement des ressources nationales jusqu’au recyclage de rentes stratégiques, notamment pétrolières. Les « guerres globales contre la terreur » de ce début de siècle ont représenté une aubaine multiforme pour ces différents régimes confrontés aux revendications démocratiques de leurs sociétés. Ils s’en nourrissent tant et si bien, aujourd’hui comme hier, que la menace jihadiste, loin de décliner, ne fait que proliférer. En fin de compte, la transition tunisienne demeure une exception dans une région où généraux, gangsters et jihadistes s’allient volontiers pour enterrer toute espérance démocratique.
À divers moments entre 1960 et 1996, la France a procédé à des essais nucléaires dans des territoires marqués par leur position périphérique par rapport à la métropole : l’Algérie (avant, mais aussi après l’indépendance, grâce à une clause des accords d’Evian), puis la Polynésie. L’ouvrage de Yannick Barthe, issu de son mémoire d’habilitation à diriger des recherches, étudie le processus par lequel ceux qui en sont venus à s’identifier comme les « vétérans des essais nucléaires », c’est-à-dire les soldats présents sur les sites pendant les essais, ont tenté de se faire reconnaître comme des victimes, au titre des risques sanitaires encourus et des conséquences sanitaires effectives, et d’obtenir des indemnisations.
Au cours des deux dernières décennies, la figure trouble et inquiétante du « converti à l’islam » a connu un essor fulgurant : introduite sur nos écrans et nos tables de chevet sur fond de menace terroriste, elle est désormais un élément incontournable de la culture populaire contemporaine. Les adeptes de séries télévisées le savent. De Sleeper Cell (2005) à Homeland (2011) en passant par la quatrième saison de House of Cards (2016), plusieurs personnages de convertis, « radicalisés » et capables de commettre le pire au nom de leur nouvelle religion, viennent pimenter l’intrigue en convoquant les registres de la trahison, de la dissimulation, et de la manipulation.
Aussi incroyable que cela paraisse, nous vivons l’époque la moins violente et la plus paisible de toute l’histoire de l’humanité.
Souvent définis seulement par les actes qui les ont menés en prison, les jeunes détenus sont rarement interrogés sur leur vie affective, amoureuse et/ou sexuelle. Cette enquête qualitative originale, menée pendant un an dans cinq prisons pour mineurs en France métropolitaine, montre la diversité des expériences des filles et des garçons incarcérés en matière d’intimité et de gestion de la sexualité, dans et hors les murs. Elle souligne une grande proximité des parcours sexuels et affectifs de ces jeunes avec les « autres jeunes » de leur génération et de leur milieu social, bien que la détention produise des effets singuliers sur leurs parcours.
Comme il le dit lui-même dans sa préface, l’auteur de
Il y a une grande différence conceptuelle et philosophique entre penser ce qu’est notre cerveau, apprendre à le préserver et extrapoler sur ce qu’on voudrait en faire. Il faut reprendre les bases. C’est un organe composé de 200 milliards de cellules, dont chacune est connectée à 50 000 autres. Sa complexité est non seulement immense, mais le cerveau évolue en plus selon l’âge et ce que l’on fait. Il n’y a aucune raison que l’on n’arrive pas, un jour, à connaître ses mécanismes de base puis son fonctionnement, autrement dit décrypter le code neural humain. Mais le rythme de nos progrès est modeste et cela pourrait prendre cinquante, voire cent ans. 
Femmes en burkini suscitant des bagarres, cafés noyautés par des musulmans et « interdits aux femmes », viols effectués par cinquante individus musulmans à Francfort... Depuis quelques années, des informations inventées de toutes pièces ont pris de l’ampleur dans les grands médias, dans le but d’entretenir la peur d’un ennemi supposé menacer la nation et ses valeurs.
(extraits de la présentation officielle) C’est indéniable, la protection des données n’a jamais été autant sur le devant de la scène qu’en 2016, et la CNIL est de plus en plus sollicitée, qu’il s’agisse des pouvoirs publics, des professionnels ou des particuliers. Au moment où de nouvelles missions lui sont confiées, elle doit aussi continuer à mener à bien ses missions « traditionnelles ». L’année 2016, c’est aussi l’aboutissement de trois textes majeurs pour la protection des données en France et dans le monde, auxquels la CNIL et ses homologues européens ont très activement participé.
Dans son nouvel ouvrage,