L’analyse des données de l’enquête Trajectoires et Origines révèle un excès de chômage chez les immigrés et fils et filles d’immigrés originaires du Maghreb par rapport aux personnes nées en France métropolitaine de parents français, qui n’est pas expliqué par leur situation socioéconomique (âge, niveau d’instruction, etc.). Le sentiment de discrimination dans l’accès à l’emploi exprimé par les enquêtés est cohérent avec les données « objectives » : plus la personne au chômage « devrait » être en emploi au vu de ses caractéristiques, plus elle répond positivement aux questions sur les ressentis de discrimination. Ce résultat indique que les enquêtes qualitatives sur les ressentis sont complémentaires des mesures « objectives » des inégalités et apportent une information simple et fiable pour l’étude des discriminations dans la société.
Image : rhonealpes-uncllaj.org
Le site BuzzFeed a étudié les comptes Facebook et Twitter des 573 candidats investis par le Front national pour les élections législatives. L'analyse a révélé qu'une centaine de candidats a publié, commenté ou partagé des propos racistes, antisémites, et/ou homophobes sur les réseaux sociaux. Les réflexions racistes, les sorties antisémites, les traits d’humour homophobes de ces candidats dessinent au crayonné la réalité de l’extrême droite aujourd’hui. Petit voyage dans le Front national «dédiabolisé» de Marine Le Pen.
L’ouvrage de Timothy Peace,
L’année 2016 est marquée par une progression de l’indice de tolérance et une diminution des actes racistes ayant fait l’objet d’un signalement aux forces de police et de gendarmerie, cette dernière tendance devant être mise en perspective avec l’importance du « chiffre noir » en matière de contentieux raciste. Malgré cette tendance positive dont on peut se réjouir, dans l’ensemble, le niveau du racisme en France demeure inquiétant. La prolifération des discours de haine sur Internet, la dimension stigmatisante de certains discours, et actions publics tout comme la persistance des préjugés envers l’Autre indiquent néanmoins qu’un long chemin reste encore à parcourir pour prévenir et combattre le racisme sous toutes ses formes.
De janvier à juin 2016, une quarantaine d’adhérent-e-s de la LDH de Toulouse et Colomiers, d’Amnesty International, de RESF 31 et d’autres associations, en lien avec des sociologues de l’Université Jean-Jaurès, ont interrogé les personnes qui faisaient la queue à la préfecture de Toulouse ainsi que des syndicalistes, avocat-e-s et travailleurs sociaux.
En 2015, 7,3 millions de personnes nées en France ont au moins un parent immigré, soit 11 % de la population. L’origine des descendants d’immigrés est le reflet des flux d’immigration qu’a connus la France depuis plus d’un siècle. Les descendants d’immigrés sont dans leur ensemble plus jeunes que l’ensemble de la population résidant en France ; c’est notamment le cas de ceux d’origine africaine. La moitié des descendants d’immigrés ont un seul parent immigré. Lorsque les deux parents sont immigrés, ils viennent presque toujours du même pays. Entre 18 et 24 ans, les descendants d’immigrés partent plus tardivement du foyer familial que les autres jeunes. C’est surtout le cas pour ceux dont les deux parents sont immigrés : le comportement de décohabitation des jeunes issus de couples mixtes est plus proche de celui de l’ensemble de la population. Deux tiers des descendants d’immigrés de 25 ans ou plus vivant en couple ont choisi un conjoint sans lien direct avec l’immigration.
Manuel Valls a choisi le communautarisme musulman pour enjeu central de sa confrontation avec Benoît Hamon. Parmi tous les thèmes possibles du second tour d’une primaire présidentielle, il a jugé que c’était celui-là, et aucun autre, qui méritait qu’il lui consacre le plus d’efforts de campagne. Cette stratégie est symptomatique d’un problème profond, grave, dans le rapport que notre société entretient avec l’islam français.
L'élection de Donald Trump aux États-Unis a libéré certaines expressions de haine raciale et d'islamophobie. Durant sa campagne, Trump avait notamment promis de constituer "un fichier tous les musulmans",
"Géopolitique de la nation France" est un titre alléchant. L’un des cosignataires est de surcroît Yves Lacoste qui, en son temps, a contribué au développement de l'étude de la géopolitique en France et jouit pour cela d’un prestige réel. À la vue des intitulés de chapitre, on est tout de suite plus circonspect : « L’immigration postcoloniale au cœur du trouble » ; « L'islamisme contre la nation » ; « L’immigration, le danger islamiste » ; « Trois objets et critères de détestation : l’Amérique, le sionisme, le néocolonialisme français » ; « La conquête de l'Algérie, un cas très exceptionnel ». La lecture de l'ouvrage ne fait que confirmer le malaise. Il y a une obsession antimusulman, mal cachée derrière une dénonciation de l’islamisme. L’autre cosignataire est Frédéric Encel, lobbyiste pro-israélien bien connu.
Qui sont les réfugiés arrivés en Allemagne ces trois dernières années ? Comment sont-ils venus ? Avec quels moyens ? Animés de quels espoirs et attachés à quelles valeurs ? A ces questions, une vaste enquête, publiée mardi 14 novembre par l’Institut de recherche sur le marché du travail et les professions de Nuremberg, apporte de nombreuses réponses.
L’immigration et l’identité nationale sont actuellement au cœur du débat public. Avec les tentatives d’interdiction du burkini en France et la proposition de renforcer les contrôles migratoires en Grande-Bretagne suite au Brexit, la société est divisée. Ces tensions grandissantes sont aussi synonymes, pour les minorités religieuses et ethniques, d’un racisme de plus en plus marqué à leur égard, ressenti dans leur vie quotidienne.
Le Défenseur des droits présente les résultats de l’appel à témoignages mené au printemps 2016 sur les discriminations liées à l’origine dans l’accès à l’emploi. Ces résultats illustrent la diversité des difficultés rencontrées par les personnes d’origine étrangère et les conséquences sur leurs parcours professionnels et personnels.
Le rapport de Yannick L’Horty remis au Premier ministre le 8 juillet 2016 est sans appel. Il note d’abord une recrudescence des inégalités sociales dans l’accès à l’emploi public. Les enfants d’agents publics sont surreprésentés dans les recrutements. Alors que les enfants de cadres du public représentent 2,6 % des actifs occupés, ils constituent 10 % des cadres de la fonction publique d’État, soit quatre fois plus. Un tiers des agents de la FPE sont des enfants de fonctionnaires et cette proportion s’élève à mesure que l’on monte dans la hiérarchie. Les descendants d’immigrés sont par ailleurs sous-représentés dans la fonction publique. Ils ont 8 % de chances en moins d’occuper un emploi public que les natifs.
En 2015, près de 48 000 personnes ont séjourné dans les centres et locaux de rétention administrative. «Une privation de liberté banalisée alors que trop souvent l’enfermement est inutile, voire abusif et illégal», estime le rapport rédigé conjointement par cinq associations (Assfam, Forum réfugiés-Cosi, France terre d’asile, la Cimade, Ordre de Malte France). Seules 46% des personnes enfermées ont ensuite fait l’objet d’une mesure d’éloignement dont près de la moitié à destination d’un pays européen.
Au mois de janvier, l’« affaire de Cologne » a déchaîné la fachosphère et réveillé l’islamophobie ordinaire d’une large partie des élites et de la population, qui suspecte que l’Islam prédispose à la violence envers les femmes. Il s’agit pourtant d’un grossier préjugé ethnocentrique ou d’une forte hypocrisie. D’autres fait divers sont là pour nous le rappeler de façon toute aussi spectaculaire.