Santé publique

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jeudi, avril 16 2020

Mais où est donc passée la Haute Autorité de Santé ?

16 04 2020

La polémique autour du protocole prôné par le professeur Raoult pour soigner les malades du Covid-19 aurait pu être évitée si la France avait été capable de proposer au corps médical des Medical Guidelines. C'était a priori le rôle de la Haute Autorité de Santé (HAS). Elle n'est pas au rendez-vous. Pourquoi ?

lundi, avril 13 2020

Chloroquine, protocole Raoult, liberté de prescrire des médecins : bilan provisoire

13 04 2020

En France, l'immense majorité des articles de presse et des débats sur les réseaux sociaux demeurent enfermés dans le pseudo-débat consistant au fond à se demander si le professeur Didier Raoult est quelqu'un que l'on peut prendre au sérieux ou non. Or cette très mauvaise question (peu importe sa personnalité, il dirige un institut hospitalo-universitaire qui emploie plusieurs centaines de personnes et qui est à la pointe de la recherche sur les maladies infectieuses) paralyse en réalité le débat. Elle empêche de réfléchir rationnellement à la seule véritable question qui se pose : comment apporter tout de suite des réponses médicales aux malades ? Les autorités médicales françaises sont manifestement incapables de donner une réponse globale et stable à cette question cruciale (où sont les Guidelines ? que fait la Haute Autorité de Santé ? que fait Santé Publique France ? pourquoi le président de la République a-t-il installé un Conseil scientifique puis un Comité analyse recherche et expertise ?). Les médecins libéraux et hospitaliers sont manifestement désemparés (on le verra ci-dessous dans le fil d'actus). Et force est hélas de constater que les médias dominants informent en réalité très peu sur tout ceci.

dimanche, avril 12 2020

Chloroquine : laissons les médecins faire leur travail (prescrire)

12 04 2020

Dès lors que la prescription est sous la responsabilité d’un médecin capable de considérer les effets secondaires, extrêmement rares pour des traitements de courte durée avec ces médicaments bien connus, sauf dans le cas de malades atteint de pathologies particulières, pourquoi donc ne pas autoriser ces médicaments pour traiter le Covid-19, d’autant plus qu’aucun traitement alternatif n’a prouvé son efficacité ? Non, décidément, je ne vois aucune explication logique. Sauf une : le biais.
Dès lors que des liens d’intérêts existent entre décideurs et fabricants de médicaments par exemple, on ne peut exclure l’existence de biais, non pas au niveau de l’interprétation des résultats d’expérience (il est difficile d’être biaisé dans la lecture de chiffres précis), mais dans le choix du type d’expérience considéré acceptable.

samedi, avril 11 2020

Covid-19 : la différence allemande

11 04 2020

Drapeau_allemand.pngAvec un taux de décès parmi les plus bas au mode, l'Allemagne fait figure de modèle en matière de lutte contre le Coronavirus.
Le mode de calcul du taux de décès explique une petite partie des différences de taux de mortalité entre les pays. Mais "il existe également des facteurs médicaux importants qui ont permis de maintenir le nombre de décès en Allemagne à un niveau relativement bas, selon les épidémiologistes et les virologistes, dont les principaux sont les tests et les traitements précoces et généralisés, l'abondance de lits de soins intensifs et un gouvernement de confiance dont les directives en matière de distanciation sociale sont largement respectées", explique le New York Times.

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mardi, mars 31 2020

Protéger les droits des femmes et maintenir l’accès à l’avortement

31 03 2020

L’épidémie due au coronavirus que nous traversons met à l’épreuve notre système de santé et en révèle cruellement les failles. Toutes les forces des personnels hospitaliers sont actuellement dédiées à la prise en charge des malades du Covid-19 et au maintien des interventions urgentes.
Nous, professionnelles de l’interruption volontaire de grossesse (IVG), avons dès le début de l’épidémie réorganisé la prise en charge des femmes afin de pouvoir répondre à toutes les demandes dans le délai le plus bref et en limitant au maximum tout déplacement. Il est essentiel de protéger les droits des femmes et de maintenir l’accès à l’avortement.

samedi, mars 28 2020

Pénurie de masques: un rapport de Santé Publique France accablant

28 03 2020

Sante_Publique_France_logo.pngEn novembre 2016, Santé Publique France est saisi par la Direction générale de la santé (DGS) « afin de disposer d'un avis relatif à la stratégie d'utilisation des antiviraux pour faire face à une pandémie et au dimensionnement des stocks stratégiques nationaux d'antiviraux en s'appuyant sur des éléments probants. » Santé Publique France publie son rapport en mai 2019. Le groupe d’experts écrit en préalable à ce rapport : « Le risque et la gravité d’une pandémie ne peuvent être prévus, ni la date de sa survenue. (…) Le risque doit être considéré comme important, mais sa survenue ne peut être datée. En conséquence un stock peut arriver à péremption sans qu’il y ait eu besoin de l’utiliser. Cela ne remet pas en cause la nécessité d’une préparation au risque. La constitution d’un stock devrait être considérée comme le paiement d’une assurance, que l’on souhaite, malgré la dépense, ne jamais avoir besoin d’utiliser. Sa constitution ne saurait ainsi être assimilée à une dépense indue ». Ces recommandations sont restées sans suite.

lundi, mars 23 2020

Covid-19, à quelle crise faisons-nous face ?

23 03 2020

Covid19.jpgCovid-19 est un fléau ; il est urgent et vital pour notre société de s’en convaincre. Il n’est pas trop tard, mais le temps presse.
C’est la troisième émergence d’un coronavirus en moins de vingt ans. Il y a eu le SRAS en 2003, le MERS en 2012, et maintenant le Covid-19 (Corona virus Disease). À chacun de ces épisodes, on s’est inquiété, puis rassuré, et pas grand-chose n’est arrivé ensuite pour prévoir et anticiper, en termes de thérapeutique et de vaccin. Aujourd’hui, en l’absence de traitement et de vaccin, l’évolution de cette épidémie est entre nos mains.
Qu’est-ce que Covid-19 et le coronavirus ? Quels sont les paramètres, les causes, les effets de cette maladie ? Quelles perspectives à court et à long terme ?

dimanche, janvier 12 2020

Le recours aux pesticides a connu une hausse spectaculaire en 2018

12 01 2020

FRANCE-ENVIRONMENT-POLLUTIONA rebours des annonces et des engagements des gouvernements successifs depuis une décennie, le recours aux pesticides poursuit, inexorablement, sa croissance. Les derniers chiffres du ministère de l’agriculture indiquent que le nombre de doses unités (NODU) de pesticides – indice de l’intensité du recours à ces produits – utilisées en France en 2018 a crû de 24 % par rapport à 2017. Une telle hausse, spectaculaire, n’avait jamais été enregistrée depuis la mise en place de cet indicateur, en 2008, dans le cadre du premier plan Ecophyto. Instauré à l’issue du Grenelle de l’environnement, il devait permettre de réduire de moitié l’usage des pesticides en France en dix ans. L’objectif n’a pas été atteint, ni même approché.

Photo : goodplanet.info

samedi, octobre 5 2019

Incendie de Rouen: Lubrizol, une usine toxique et opaque

5 10 2019

incendie-lubrizol.pngQuels produits ont brûlé ? Quelles substances ont été rejetées dans l’air ? Où sont-elles retombées ? Cinq jours après un gigantesque incendie dans l’usine Lubrizol de Rouen, beaucoup de questions restent sans réponse.
La liste des produits dangereux présents sur le site industriel n’est pas tenue secrète. Elle figure dans des rapports de l’inspection des installations classées de 2016 auxquels Mediapart a eu accès. On y trouve notamment les sels de zinc dithiophosphorique et leurs dérivés, particulièrement toxiques, qui servent à donner des propriétés anti-corrosion et anti-usure à de nombreuses huiles.

Photo : mediapart.fr

mardi, septembre 17 2019

La psychiatrie « au bord de l’implosion » en France

17 09 2019

C’est un rapport d’initiative parlementaire dont se serait sans doute bien passée la ministre de la santé, Agnès Buzyn. A quelques jours d’une nouvelle journée d’action des personnels paramédicaux des urgences en grève, et quelques mois seulement après des mouvements sociaux d’ampleur dans plusieurs établissements psychiatriques, deux députées livrent un diagnostic explosif de la situation de la psychiatrie en France. Les constats de la mission d’information sur « l’organisation territoriale de la santé mentale » sont très forts. Cette organisation y est qualifiée d’« inefficiente » et d’« inefficace », la filière psychiatrique publique est jugée « au bord de l’implosion », et la prise en charge des patients est décrite comme « catastrophique ». A l’issue de plusieurs semaines d’auditions de soignants et de patients à travers tout le pays, les deux femmes se demandent même si « l’hôpital psychiatrique, tel qu’il existe aujourd’hui en France, peut (…) encore soigner les malades ».

mercredi, août 7 2019

Les décès directement liés aux drogues

7 08 2019

L’épidémie de décès par surdoses aux opioïdes aux États-Unis focalise l’attention sur la question des décès liés à l’usage des drogues. Face à la crise outre-Atlantique, les pouvoirs publics se mobilisent en France et en Europe pour prévenir toute évolution qui pourrait conduire à une situation de ce type. Au-delà de cette préoccupation spécifique, la réduction de ces décès prématurés et évitables, même lorsqu’ils semblent être moins nombreux qu’ailleurs, reste un enjeu majeur pour la politique publique dans le domaine des drogues. Dans ce contexte, il apparaît plus que jamais nécessaire d’évaluer le nombre de décès liés aux drogues illicites et aux médicaments opioïdes (médicaments de substitution ou antalgiques) en France. Quelles sont les données disponibles ? Quelles en sont les limites ? Quelles tendances se dégagent ?

vendredi, juin 28 2019

Dans le bassin de Lacq, pluies acides, odeurs asphyxiantes et sentiment d’abandon

28 06 2019

Les picotements peuvent gratter jusqu’au sang, dit-il. Son avant-bras porte des traces de brûlures. Des dépôts noirs s’incrustent sur le toit de sa maison, sur le barbecue, dans le jardin, sur la terrasse. La gorge gratte. Le nez est sec. Les yeux pleurent tout le temps. Les maux de tête peuvent durer une demi-journée.
Il y a eu des réunions avec les maires, la préfecture et le directeur de Sobegi, la filiale de Total qui gère la plateforme industrielle : « “Ce n’est pas normal que vous souffriez, on va travailler.” Mais ça n’a jamais changé. » Il attribue les retombées noires et les odeurs fétides au site d’Arkema, spécialisé dans la transformation chimique de produits contenant du soufre, et proche de son domicile. Selon lui, les nuisances ont commencé il y a trois ou quatre ans.
À Lacq, la crainte grandit de tomber malade à cause des rejets des innombrables usines qui se côtoient dans le bassin : 45 installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE), dont 14 sont catégorisées « Seveso seuil haut » et 6 « Seveso seuil bas ».

lundi, juin 17 2019

Chlorpyrifos : les dangers ignorés d’un pesticide toxique

17 06 2019

Cultures_de_legumes_dans_la_province_d__Almeria.JPGC’est une famille de pesticides qui vole en moyenne 2,5 points de quotient intellectuel (QI) à chaque enfant européen. D’abord pulvérisé sur les cultures pour éliminer pucerons ou chenilles, le chlorpyrifos poursuit son existence sous la forme de traces dans les oranges, les pommes, la laitue, l’urine des enfants et le cordon ombilical des femmes enceintes.
Au fil d’un demi-siècle de pulvérisation, les données scientifiques se sont accumulées sur les effets nocifs de cet insecticide. Censé remplacer le DDT et ses effets délétères en 1965, le produit de la firme américaine Dow endommage en fait le cerveau des enfants de manière irréversible.
Les éléments scientifiques sont désormais si accablants que, d’après les informations du Monde, la Commission européenne s’apprête à proposer son retrait du marché. Or, notre enquête démontre que les autorités ont mis près de vingt ans avant d’évaluer les données du fabricant.

  • Lire cette enquête du Monde

Photo : lemonde.fr

jeudi, avril 25 2019

Le plastique est une menace globale pour la santé

25 04 2019

Plastiques_sur_la_plage.jpgSi l’on sait désormais que les océans sont saturés de plastique, réalise-t-on que nos corps y sont eux aussi constamment exposés par de multiples voies ? Un dense rapport paru en anglais et peu remarqué en France, nous le rappelle. Intitulé Plastique et santé, les coûts cachés d’une planète plastique, il a été publié par le Center for international environmental law (Ciel) en février 2019.
« Le plastique est une crise sanitaire globale ignorée bien que sous nos yeux », nous avertit-on dès les premières pages. « Une étude a trouvé des microplastiques dans les selles de sujets habitant dans des régions du monde variées et aux régimes alimentaires totalement différents ». « On voit aussi des bébés naître déjà contaminés par certaines substances associées au plastique. »

vendredi, mars 29 2019

Pour combattre la maltraitance, changer de regard sur les personnes vulnérables

29 03 2019

Les affaires de maltraitance de personnes vulnérables, du fait de leur âge ou de leur handicap, défrayent régulièrement la chronique. De natures très diverses, elles concernent aussi bien l’accueil et la prise en charge de personnes âgées en Ehpad que celle d’enfants ou de jeunes adultes lourdement handicapés.
La difficulté à cerner l’ampleur et la nature des violences qui caractérisent ces maltraitances compliquent l’appréhension de cette terrible réalité. Conséquence : la complexité de ces affaires multiforme se traduit parfois par un décalage entre l’émotion suscitée par leur révélation et les décisions de justice qui en découlent.

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