Santé publique

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dimanche, décembre 20 2020

Leçons de l'épidémie de covid-19. Le rapport du Sénat

20 12 2020

Dans la réponse à l'épidémie, la commission d'enquête fait le triple constat d'un défaut de préparation, d'un défaut de stratégie ou plutôt de constance dans la stratégie et d'un défaut de communication adaptée.
La France n'était pas prête. Aucun pays européen d'ailleurs ne l'était vraiment. Cependant, la triste saga des masques restera le symbole d'une impréparation lourde de conséquences dans la lutte initiale contre l'épidémie, alimentant le désarroi voire la colère des soignants. Les pays qui ont le mieux répondu à la crise sont ceux qui ont conservé dans leur mémoire collective récente les marques de l'épreuve d'un événement comparable.

mercredi, décembre 9 2020

Comment comprendre le déni des traitements précoces de la Covid ?

9 12 2020

Il existe dans le monde de nombreux traitements précoces permettant de lutter contre la Covid, en évitant dans la plupart des cas qu’elle dégénère et nécessite une hospitalisation. Nombre de pays occidentaux les ont pourtant ignorés, préférant s’en remettre au discours des industriels pharmaceutiques. En France, on peut même parler d’une interdiction de soigner en dehors de l’hôpital, ce qui constitue sans aucun doute la plus grave faute du gouvernement. Le journalisme d’investigation n’existant quasiment plus dans ces mêmes pays, ce constat dramatique devrait inciter tous les chercheurs en sciences sociales qui s’intéressent comme nous à la gestion politico-sanitaire de cette épidémie à travailler de plus belle pour mettre en évidence les ressorts financiers, économiques, bureaucratiques et politiques qui sont en cause dans un tel désastre humain, intellectuel et moral.

vendredi, décembre 4 2020

Quelles règles éthiques pour organiser la vaccination contre le SARS-CoV-2 en Ehpad ?

4 12 2020

Depuis quelques semaines, la stratégie vaccinale envisagée pour contrer la diffusion du SARS-CoV-2 mobilise l’espace public. Cette impatience, entretenue par les services de presse des firmes pharmaceutiques, est fondée sur l’évocation de données intermédiaires. Celles-ci doivent être soumises à une validation scientifique académique, laquelle est en cours.
Il semblerait que les règles de l’éthique de la recherche s’avèrent davantage explicites, protectrices et contraignantes que celles rapidement évoquées pour encadrer la stratégie vaccinale mise en place pour lutter contre la Covid-19, alors même que celle-ci présente, en nombre de ses aspects, un caractère expérimental. Il me paraît important d’en rappeler les termes afin que soit fixées de manière claire, dans une charte nationale d’éthique et de déontologie de la stratégie de vaccination, les règles éthiques de la stratégie nationale de vaccination, tout particulièrement en ce qui concerne la protection des personnes les plus vulnérables.

jeudi, décembre 3 2020

Les inégalités sociales à l’épreuve de la crise sanitaire : un bilan du premier confinement

3 12 2020

715 000 emplois ont été détruits au premier semestre 2020, en premier lieu dans l’intérim. Cependant, la chute de l’activité économique provient essentiellement des personnes restées en emploi : leur temps de travail s’est réduit de 34 % en moyenne du 16 mars au 10 mai par rapport à la même période en 2019. Le chômage partiel a concerné principalement les ouvriers (54 %) et les employés (36 %), tandis que les cadres ont plus largement travaillé à leur domicile (81 %). Un quart des ménages estime que sa situation financière s’est dégradée avec le confinement, plus particulièrement ceux qui ont réduit leur activité, ceux ayant des enfants et ceux dont les revenus étaient initialement bas. Pour l’avenir, un quart des personnes pensaient, fin avril, rencontrer des difficultés pour payer leur loyer, leur crédit immobilier ou leurs charges dans les douze prochains mois.

mercredi, décembre 2 2020

L’importance du traitement précoce des patients âgés atteints de la Covid en EHPAD

2 12 2020

L'épidémie de coronavirus et la maladie appelée Covid-19 qui en résulte ont frappé très durement certaines régions françaises, en particulier l'Ile-de-France et le Grand-Est. Dans ces régions où le virus circulait beaucoup, les personnes très âgées, souvent déjà malades, donc globalement immuno-déprimées, constituaient logiquement les catégorie les plus à risque et elles ont connu une très forte mortalité. On a pu parler avec raison d'une « hécatombe ». Aussi politiquement incorrect que cela puisse paraître, ceci n'était pourtant pas une fatalité.
Dans cet article, quatre médecins chefs de services d'un EHPAD expliquent qu'ils ont simplement appliqué à un moment donné la solution thérapeutique qui leur paraissait la plus raisonnable et facilement réalisable dans l'intérêt supérieur de leurs patients. L'étude observationnelle qu'ils en tirent montre que l'usage du protocole de l'IHU en traitement précoce permet de limiter très fortement la mortalité, au point que cette dernière n'est pas différente ici de celle des années précédentes. Ceci suggère que la généralisation d'une telle attitude, réactive et pragmatique, aurait pu permettre de sauver directement de nombreuses vies.

jeudi, novembre 12 2020

Mortalité Covid en France : ce que nous apprennent les chiffres

12 11 2020

Dans cet article, les auteurs étudient la mortalité générale (toutes causes confondues) afin d’évaluer l’impact réel de la crise du Covid. Ils rappellent que la mortalité tend à augmenter depuis quinze ans, en lien avec le vieillissement continu de la population. Ils tentent ensuite d’évaluer la surmortalité de l’année 2020 après le pic épidémique de mars-avril. En tenant compte de l’augmentation de la population, ainsi que des pics de canicule passés inaperçus lors de l'été, ils montrent que, du 1er mai au 26 octobre, la surmortalité de l’année 2020 par rapport à l’année précédente n’est pour le moment que d’environ 1,3%. Ils confirment enfin que le grand âge et les comorbidités sont bien les facteurs clefs de la mortalité liée à la Covid. Ils discutent à partir de là la justification de mesures telles que le reconfinement général qui mettent en danger la bonne santé de l’ensemble de la population.

mardi, novembre 10 2020

Comment les gouvernements dégradent l'hôpital public depuis la fin des années 1970

10 11 2020

Dans cet épisode, je m'entretiens avec Fanny Vincent qui est maitresse de conférences en science politique à l’Université Jean Monnet de Saint-Étienne et chercheuse au laboratoire Triangle. Elle travaille en sociologie de la santé et du travail sur les effets des réformes et des impératifs économiques sur le travail soignant, l’organisation des soins et les prises en charge des patient.e.s. Sa thèse portait sur la banalisation du travail en 12 heures d’affilée à l’hôpital public et la dégradation des conditions de travail des soignant.e.s. En novembre 2019, elle a publié avec Pierre-André Juven et Frédéric Pierru La casse du siècle. A propos des réformes de l’hôpital public (éditions Raisons d’Agir), un travail qui permet de mettre en perspective la crise actuelle de l’hôpital public.

samedi, octobre 31 2020

Le gouvernement continue de supprimer des lits d’hospitalisation

31 10 2020

On aurait pu penser qu’avec la vague du Covid qui a déferlé au printemps, les autorités sanitaires, les Agences régionales de santé (ARS), les directions des hôpitaux auraient remis en question la politique de suppression de lits d’hôpitaux qui prime depuis des années. Il n’en est rien. Au moins treize hôpitaux vont continuer de perdre des places d’hospitalisation.
3400 lits avaient déjà été supprimés en 2019, 4000 en 2018. Entre 2003 et 2017, plus de 69 000 places d’hospitalisation à temps complet ont disparu. Ces dernières années, ces suppressions de lits passent par des décisions du Copermo, pour « Comité interministériel de performance et de la modernisation de l’offre de soins », une instance interministérielle créée en 2012.

vendredi, octobre 30 2020

Mortalité internationale du Covid : vulnérabilités et climat essentiels, sans lien avec le confinement

30 10 2020

Dans une étude qui vient d’être acceptée pour publication, cinq chercheurs français (Quentin De Larochelambert, Andy Marc, Juliana Antero, Eric Le Bourg et Jean-François Toussaint) ont étudié les statistiques de la mortalité liée au Covid à l’échelle internationale. Les résultats mettent en évidence les principaux facteurs de vulnérabilité physiologique qui impactent tout particulièrement les pays occidentaux les plus développés et les plus vieillissants de l’hémisphère nord. Ces sociétés comptent en effet une part plus importante de personnes très âgées au système immunitaire affaibli. Leurs modes de vie favorisent la sédentarité, l’inactivité et l'obésité, augmentant ainsi les risques d'hypertension, de diabète et de maladies cardiovasculaires (co-morbidités les plus fréquemment associées aux formes sévères et à la mortalité du Covid-19). Face à la puissance de ces facteurs, les actions des États – telles que le confinement général de la population – ne montrent aucune association déterminante sur l’évolution de la mortalité.

mercredi, octobre 28 2020

Epidémiologie du Covid-19. Entretien avec Laurent Toubiana (INSERM)

28 10 2020

Laurent Toubiana est chercheur en épidémiologie à l’INSERM depuis près de 30 ans. Il a notamment beaucoup travaillé sur les maladies infectieuses. Dans ce long entretien, il explique en détail les pièges de l’analyse statistique (à quels indicateurs se fier ?), les erreurs des modélisateurs-catastrophistes et les mécanismes de l’épidémie (notamment l’immunité collective).

lundi, septembre 7 2020

Face au Covid : cessons d’avoir peur, redonnons confiance à la population

7 09 2020

L'analyse des statistiques sanitaires montre que l'épidémie a beaucoup évolué. La mortalité et les hospitalisations se sont considérablement réduites. Le virus continue à circuler mais sous une forme moins virulente et seulement dans certaines régions plus urbaines et plus touristiques. L'alarmisme anxiogène qui prévaut toujours dans la communication officielle n'est donc pas fondé.

vendredi, août 28 2020

Covid19 : quelles conséquences tirer pour réformer notre système de santé ?

28 08 2020

Reforme_globale_de_la_sante.jpgLa première leçon concerne la restructuration de l’hôpital, dont la crise du Covid19 a démontré la forte réactivité, la capacité d’innovation et de mobilisation de l’ensemble des ressources lorsqu’il est libéré du carcan managérial et technocratique habituel. Pour que cette situation devienne la norme et non l’exception, trois mesures sont à prendre.

La prise de contrôle de la gouvernance du système de santé par l’administration française a conduit le système à fonctionner selon les deux grands principes de cette dernière, déjà décrits par Michel Crozier dans les années 80. Sortir de cette gouvernance technocratique centralisée (représentée par les CNP, ARS, GHT…) est la véritable rupture à opérer dans la réforme systémique. Il faut définir dans la loi, de façon napoléonienne, des territoires géographiques de santé à l’échelle desquels une démocratie sanitaire pilotera l’offre de santé au plus près des besoins de santé.

dimanche, août 23 2020

2020 ou la crise du bon sens

23 08 2020

En cette année 2020, un tout petit parasite a trouvé un créneau et s’est autorisé à se répandre à la surface du globe. Il a beaucoup perturbé l’espèce humaine qui régnait en maître sur la planète, ou qui pensait le faire. Ce qui surprend le plus certains observateurs, davantage que les dégâts que ce virus provoque dans les poumons, les vaisseaux sanguins et parfois le système nerveux de ceux qu’il infecte, ce sont les ravages qu’il est capable d’infliger à bon nombre de ceux chez qui il n’a pas pénétré. Chez ceux-là, il a un effet dévastateur à distance sur leur centre du bon sens, que les neuro-anatomistes n’ont pas encore bien localisé. L’altération de cet organe entraîne une pathologie complexe du bon sens, la bonsensite, qui se caractérise par une inaptitude soudaine à se plier aux règles de la statistique et à la compréhension de principes physiques, biologiques et microbiologiques de base, mais elle se manifeste également par une perte de la faculté de percevoir les contradictions, les incohérences, les aberrations et les propositions irréalistes dans l’élaboration des principes de gestion d’une pandémie. Les risques liés à cette pathologie pourraient entraîner des conséquences bien plus graves que la pandémie elle-même.

lundi, août 17 2020

Covid : anatomie d’une crise sanitaire

17 08 2020

Couv_livre_JDM.jpgL’anthropologue de la santé Jean-Dominique Michel fait partie de ces rares intellectuels qui, non seulement ne partagent pas les peurs et les opinions imposées par la communication gouvernementale et les médias dominants, mais de surcroît ont le courage de l’exprimer publiquement. Son propos est celui d’un chercheur en sciences sociales spécialiste des questions de santé, à cheval sur la France et la Suisse, doté d’une longue expérience. Il est très argumenté et s’appuie en notes de bas de page sur une importante bibliographie médicale internationale, inconnue de la plupart des commentateurs français. Nonobstant les quelques imperfections de forme et malgré la personnification du propos et les digressions inutiles qui en découlent, son livre se lit facilement et s’avère d’utilité publique tant sont nombreuses et cruciales les questions de fond discutées. Citons notamment la connaissance statistique de l’épidémie et de la mortalité en général, la critique de la stratégie politico-sanitaire du confinement, l’état actuel de la recherche médicale, la corruption par l’industrie pharmaceutique, la question du traitement du Covid, les questions de santé publique en général.

samedi, juillet 25 2020

Raconter l’histoire de la crise sanitaire du point de vue de la « première ligne »

25 07 2020

Couv_Politis_Basta.jpgQue restera-t-il dans quelques années de ce que nous venons de vivre ? Déjà nous commençons à oublier les interdictions de circuler ou de se réunir, les attestations à remplir, la peur de la pénurie, le décompte des morts. Nous avons hâte que le monde se remette à tourner comme avant – écoles, transports, travail ou vacances – tout en espérant éviter un retour à « l’anormal ».
Alors que nous émergeons de cette parenthèse confinée, ce hors-série s’est imposé à nous. Les rédactions de Basta ! et de Politis se sont coordonnées pour proposer une information indépendante sur la pandémie. Nous avons voulu rassembler des articles écrits durant ces quelques mois pour embrasser ce qui a marqué nos rédactions. Garder en mémoire les visages, les paroles, les témoignages qui nous ont bouleversé·es.

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