Sondages, opinions

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vendredi, octobre 20 2017

Sondage : la moitié des Françaises déjà victimes de harcèlement ou d’agression sexuelle

20 10 2017

Harcelement_sexuel_2.jpgPrès de 53% des Françaises ont déjà été victimes de harcèlement ou d’agression sexuelle, selon un sondage. Le chiffre augmente chez les moins de 35 ans avec plus de six femmes sur dix ayant subi ces types d'actes. Sur le plan générationnel, il existe de très forts clivages. Ce qu'une mère tolérait n'est absolument plus accepté par les femmes de moins de 35 ans. Ainsi, "siffler une fille dans la rue" est perçu différement selon la tranche d'âge interrogée. Près de 60% des femmes âgées de 18 à 35 ans considèrent ce comportement comme répréhensible, relevant du harcèlement ou de l'agression, tandis que seulement un tiers (34%) des femmes de plus de 65 ans partagent ce regard.

mercredi, juin 14 2017

Malgré les attentats : une France moins xénophobe ?

14 06 2017

Nous_sommes_tous_Charlie.jpgOn pourrait croire que les attentats islamistes favorisent le vote d’extrême droite, en confortant des tendances xénophobes et autoritaires au sein de la population. Les données disponibles sur les opinions des Français et la tolérance qu’ils professent dressent pourtant un tableau plus nuancé. Nous avons collectivement résisté alors même que d’autres signes auraient pu faire craindre l’inverse. La montée des actes islamophobes constatée par le Ministère de l’Intérieur signalait un durcissement de la situation, mais il ne faut pas extrapoler le comportement de militants xénophobes qui sont passé à l’acte à l’ensemble de la société. De la même façon, les préjugés racistes n’induisent pas nécessairement de comportements violents.

Photo : laviedesidees.fr

dimanche, janvier 8 2017

Valeurs : les Français soutiennent massivement les plus pauvres

8 01 2017

Vieille_dame_donne_a_un_SDF.jpgQue pensent les Français de la pauvreté et des personnes pauvres ? Le plus souvent les discours publics oscillent entre misérabilisme (en hiver surtout) et stigmatisation des « assistés », ces allocataires de minima sociaux ou d’allocations chômage qui profitent de la vie sans rien faire. Il existe pourtant des enquêtes d’opinion sérieuses, répétées d’année en année depuis plus de quinze ans qui permettent de dépasser les effets du contexte médiatique. Elles font apparaître une population bien plus compréhensive envers les plus démunis qu’on ne l’avance souvent. Les Français n’ont en rien succombé à la « pauvrophobie », terme parfois employé pour décrire les manifestations contre les plus pauvres.

Photo : lemonde.fr

lundi, juin 20 2016

A Mantes-la-Jolie, des milliers de « musulmans ordinaires » défilent « contre la barbarie »

20 06 2016

Manifestation_mantes_la_jolie.jpgDepuis les attentats contre Charlie Hebdo ou le Bataclan, Mehdi Berka, 43 ans, recteur de la grande Mosquée de Mantes-la-Jolie, participe régulièrement à tous les hommages. A chaque fois, il a l’impression pourtant d’entendre le même reproche : « Pourquoi les musulmans restent-ils silencieux ? Pourquoi ne bougent-ils pas ? ». Avec les quatre responsables des mosquées de la région, ils ont décidé, cette fois, de marquer le coup : « Afficher la réalité de notre désarroi, prendre nos responsabilités et signifier un message clair à nos concitoyens : nous nous démarquons. » Des tracts ont été diffusés dans les alentours, après la prière du vendredi, ainsi que des SMS ou des messages sur les réseaux sociaux, sans faire appel aux institutions religieuses ou politiques traditionnelles. Pour beaucoup, c’est le premier défilé. (Mais) Aucune force de sécurité n’a été déployée dans les voies adjacentes pour sécuriser le défilé et empêcher la circulation.

Photo : lemonde.fr

jeudi, mai 14 2015

L'évolution du regard sur les quartiers « sensibles » et les discriminations (2009-2014)

14 05 2015

Banlieue.jpgLa thématique des « quartiers sensibles » constitue depuis des années un sujet controversé au sein du débat public. En 2014, 78% de nos concitoyens se disent préoccupés par ce sujet. Toutefois, l’intérêt que les Français portent à cette question a diminué au cours des cinq dernières années. En même temps, le regard que portent nos concitoyens sur les quartiers sensibles s’est durci.
Par rapport à 2009, les Français pensent moins souvent que les quartiers sensibles sont marqués par une forte solidarité entre les habitants, qu’il y a de nombreuses opportunités pour monter des projets, que les jeunes issus de ces quartiers constituent une richesse pour notre pays ou encore que les associations y sont nombreuses et dynamiques. Parallèlement les connotations négatives continuent de dominer : 94% pensent qu’il y a trop de chômage et 92% pensent que la délinquance y est particulièrement présente.
Outre la question de l’emploi, les Français pensent qu’il manquerait, dans les quartiers « sensibles », des activités pour les jeunes (citées par 41% en première ou en deuxième réponse) mais aussi des centres de police de proximité.

Image : lecridupeuple.org

jeudi, avril 16 2015

L'impact sécuritaire des attentats de janvier 2015 sur l'opinion

16 04 2015

Charlie_Hebdo.jpgA côté du chômage, ce sont l’insécurité, en augmentation de 13 points, et l’immigration qui sont les plus citées parmi les deux problèmes les plus importants pour la France en février 2015. Or, sur les enjeux de sécurité et d’immigration, moins de 10 % des répondants considèrent le PS comme le plus à apte à s’occuper du problème, loin derrière le Front national. En outre, il convient également de noter l’irruption du thème de l’irrespect de la laïcité ainsi que la très forte croissance des citations de l’islam et des musulmans parmi les deux problèmes les plus importants (5 %). L’ouragan médiatique a été de pair avec au moins un effet de mise sur agenda, en termes de sécurité. Dans une perspective convergente, plus que jamais, les changements souhaités sont les plus élevés et les plus importants pour la politique de sécurité et d’immigration, respectivement dans une direction plus répressive et plus restrictive.
Au-delà de l’importance, les attentats de janvier 2015 ont aussi généré une évolution significative en faveur d’attitudes plus sécuritaires quelle que soit la position politique. Cependant, c’est également au sein de l’électorat de gauche que l’évolution en faveur d’une politique plus répressive apparaît comme la plus forte.

Photo : parismatch.com

mercredi, novembre 19 2014

Fondapol au pays de Zemmour. Naufrage d'un sondage d'opinion

19 11 2014

eric-zemmour-ump.jpgL'étude du « think tank » Fondapol sur l’antisémitisme en France, a été reprise par de nombreux journaux dont Le Monde. Elle se focalise en réalité sur l’antisémitisme dans la communauté musulmane, et ses conclusions semblent posées a priori : l’antisémitisme serait le principal problème de racisme en France et la communauté musulmane et les sympathisants du FN en sont majoritairement responsables, devant les sympathisants du Front de gauche.
Or cette étude est pleine d’approximations, de présupposés arbitraires, de questions orientées. Et pour autant qu’on puisse en juger, une méthodologie manquant de la plus nécessaire rigueur, alors que sur un sujet aussi sensible, qui risque de créer une hostilité entre deux communautés, il aurait fallu redoubler de précautions.

Photo : last-video.com

vendredi, décembre 20 2013

Insécurité : à quoi jouent l'ONDRP et les médias ?

20 12 2013

manipulation_2.jpgQuelques jours seulement après avoir fait un événement sur le thème de la délinquance des étrangers, d'une façon posant déjà des problèmes déontologiques et politiques assez évidents, l'ONDRP, l'AFP et la plupart des patrons des rédactions des médias parisiens récidivent en nous expliquant cette fois-ci que "17% des Français se sentent en insécurité", que ce "sentiment d'insécurité" est en augmentation et que cette augmentation est due à l'augmentation des cambriolages. L'ONDRP le dit d'un air très sérieux, et les médias le recopient bien sagement. Les choses sont pourtant beaucoup moins claires si l'on essaye d'être réellement sérieux. Pour au moins six raisons.
1) Dans son analyse statistique (disponible ici), l'ONDRP fait quelque chose qui est en réalité irrecevable an plan scientifique. A la question vous arrive t-il de vous sentir en insécurité à votre domicile, l'ONDRP a additionné les personnes qui ont répondu aussi bien « souvent » (et qui ne sont que 2,4% !), celles qui ont répondu « de temps en temps » (7,1%) et celles qui ont répondu « rarement » (7,7 %). Ceci est inadmissible et même un institut de sondage ne se le permettrait pas : on ne peut pas additionner « souvent » et « rarement » en considérant donc que c'est la même chose, ceci est tout simplement faux !

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jeudi, novembre 21 2013

Ce que les enfants ont à nous dire

21 11 2013

enfants_unicef.jpgComment les enfants vivent-ils leurs droits au quotidien en France ? C’est cette question, jusque-là sans réponse, que l’UNICEF France a souhaité poser aux premiers concernés, en lançant une « Consultation nationale » inédite auprès des 6-18 ans, de février à juillet 2013. 22 500 enfants et ados ont répondu.
Les questions posées aux enfants dans le deuxième axe de l'enquête (Ma vie de tous les jours") peuvent être regroupées en trois catégories. Certaines portent tout d’abord sur la possession de biens dont on peut juger qu’ils sont fondamentaux et sur les conditions de la vie à la maison. Elles sont sous la forme : « J’ai deux paires de chaussures qui me vont » ou « J’ai des livres pour lire des histoires ou apprendre des choses adaptées à mon âge » ou encore « Je me sens en sécurité chez moi ».
Un deuxième groupe de questions concerne les usages courants, notamment de l’ordinateur, d’Internet et de la télévision. Enfin, un troisième groupe aborde ce qui se joue dans la vie du quartier ou de la ville de l’enfant.

Photo : unicef.fr

vendredi, novembre 8 2013

Un sondage sur les discriminations dans l'emploi

8 11 2013

discriminations.jpgSelon le sondage Ifop-OIT-Défenseur des droits publié le 7 octobre 2013, 37 % des demandeurs d’emploi estiment avoir été victimes d’une discrimination dans le cadre de leur recherche d’emploi.
Les discriminations sont perçues comme fréquentes dans l’accès à l’emploi par 87% des chômeurs interrogés dans la France entière. Cette perception est très élevée chez les seniors qui se sentent particulièrement exposés. Viennent ensuite les habitants de la région parisienne, les sans-diplômes et les chômeurs de longue durée.
Le Défenseur des droits est compétent pour toutes les discriminations susceptibles de toucher les salariés du secteur privé comme les agents publics, qu’il s’agisse de la formation professionnelle, du recrutement, du déroulement de la carrière, du salaire, de l’aménagement du poste de travail, du renouvellement d’un contrat à durée déterminée ou du départ à la retraite.

  • Télécharger ce sondage (ici) et sa synthèse (ici)

Illustration : miwablo.com

jeudi, octobre 17 2013

Quand la délinquance baisse, mais que le sentiment d'insécurité augmente

17 10 2013

enigme_simson.jpgDans un sondage IFOP paru le 22 septembre dans Sud Ouest Dimanche, 84% des sondés ont le sentiment que la délinquance a augmenté ces derniers mois. "Ce résultat, très élevé, est d’autant plus spectaculaire qu’il s’inscrit dans un mouvement interrompu de hausse". En février 2007, soit quelques mois avant la précédente élection présidentielle, "seuls" 43% des Français partageaient ce constat. Leur proportion est ensuite passée à 59% en juillet 2010 (au moment du fameux discours de Grenoble de Nicolas Sarkozy) puis à 72% en novembre 2012, quelques mois après la victoire de François Hollande. D'ailleurs, c'est dans l'électorat de gauche que l'idée d'une hausse de la délinquance a le plus progressé.
Pourtant, quand on met en regard l'évolution perçue de la délinquance avec une question plus objective sur l'exposition réelle à des faits de délinquance un paradoxe se fait jour. La proportion de personnes déclarant avoir été victimes d'actes de délinquance est en effet restée stable voire a baissé depuis 11 ans. Le sondeur reposé une question déjà été posée en février 2002 et on constate une baisse de la part des Français ayant été victimes d'un vol et, dans une moindre mesure, d'un cambriolage.
Ces évolutions objectives en baisse ne correspondent donc pas à la perception très majoritairement répandue d'une véritable explosion de la délinquance.

lundi, février 4 2013

Sur l'islamophobie sondagière

4 02 2013

Photo_Marc_Laapage_Hijab.jpgLes résultats de l’enquête IPSOS/CGI business consulting « France 2013 les nouvelles fractures » pour Le Monde, la Fondation Jean Jaurès et le Cevipof sont à bien des égards inquiétants concernant la stabilisation dans les représentations majoritaires d’une catégorie de français stigmatisés : les « musulmans » (1). Ce phénomène a été largement repris par les médias feignant de s’étonner de l’évolution de l’islamophobie en France (2). Loin de minimiser les conséquences politiques de ce phénomène, il est nécessaire de regarder plus largement les résultats de l'étude. Sans prétendre fournir une analyse exhaustive des résultats de l'enquête ou de leur condition de production, ce texte propose quelques réflexions mettant en garde sur les effets sociaux d'enquêtes mal construites comme de leur utilisation journalistique.

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vendredi, mai 25 2012

Le FN en campagne. Les ressorts sociaux des votes frontistes en milieu rural

25 05 2012

Image_village_somme.jpgDepuis le 21 avril 2002, le vote Front national, jusque-là présenté comme un vote essentiellement « urbain », enregistre ses scores les plus élevés loin des grandes villes, quel que soit le scrutin pris en considération. Le décollage du parti de Jean-Marie Le Pen dans les campagnes est souvent présenté depuis comme une « nouvelle » tendance de fond dans la société française. Mais, par-delà le sensationnalisme dans lequel baignent les discours sur les « extrêmes », les interprétations surplombantes fréquemment mobilisées pour rendre compte des scores « ruraux » de cette formation ont un rendement explicatif faible, entravant un peu plus sa compréhension. Cette contribution vise à montrer que c’est au contraire par un souci de contextualisation et de ré-encastrement du politique dans l’épaisseur du social que l’on peut comprendre tous les sens des votes frontistes. Centrée sur une enquête dans la Somme, département caractérisé par une sur-représentation du vote FN dans les petites communes, elle souligne le rôle central joué par la transformation des sociabilités concrètes dans l’inscription rurale des votes frontistes.

mercredi, décembre 7 2011

Transparency International publie son Indice de Perception de la Corruption 2011

7 12 2011

Photo_futureatlas.com_flickr.jpgTransparency International publie aujourd'hui son Indice de perception de la Corruption (IPC) 2011, un classement évaluant 183 pays en fonction de la perception du niveau de corruption affectant leur administration publique et classe politique. Alors que 2011 a été l’année d’un élan irrésistible contre la corruption, deux tiers des pays évalués obtiennent une note inférieure à 5, sur une échelle allant de 0 (haut niveau de corruption perçu) à 10 (haut niveau d’intégrité perçu). Comme en 2010, la France arrive au 25ème rang, juste derrière les États-Unis. Elle demeure ainsi derrière de nombreux États européens tels que la Suède, les Pays-Bas, l’Allemagne et le Royaume-Uni. Le procès des emplois fictifs de la ville de Paris mettant en cause l’ancien Président le la République Jacques Chirac, les conflits d’intérêts dans la vie publique notamment mis en lumière par le scandale du médiator, l’affaire Guérini ou, encore, les développements de l’affaire Karachi ont très probablement contribué à ce que les observateurs internationaux continuent à avoir une image dégradée de l’administration et de la classe politique française.

Illustration : futureatlas.com - flickr - licence cc

samedi, décembre 3 2011

M Le Maudit : fiction ou anticipation ?

3 12 2011

Image_M_le_maudit.jpgC’était un grand film de Fritz Lang. Réalisé en 1931, il décrivait une ville allemande à la recherche d’un criminel d’enfants. Police, citoyens et même la pègre se décidèrent à chercher ensemble « M » dit le maudit, l’auteur des faits. Dans ce climat la suspicion se généralisa et se porta sur un vieux monsieur qui tendait un bonbon à un enfant devant un établissement scolaire. « C’est M, c’est M.. » criera une rumeur qui a valu à l’intéressé un quasi lynchage. C’est aujourd’hui une bien triste affaire qui en dit beaucoup sur le climat irrationnel que la délinquance sexuelle peut produire. Un vieux monsieur vulnérable –sous curatelle- est mort à Brest parce qu’il était soupçonné d’être un pervers sexuel. Simplement parce qu’il errait devant un établissement scolaire. Lisons ici les faits. Le procureur de Brest vient aujourd’hui de mettre en garde contre « les climats de psychose » et de préciser qu’« il est très important, en dehors de la vigilance normales des citoyens, qu’on ne se méprenne pas et que l’on entretienne pas des climats de psychose qui peuvent arriver à ce genre d’issue fatale ».

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