Près de 53% des Françaises ont déjà été victimes de harcèlement ou d’agression sexuelle, selon un sondage. Le chiffre augmente chez les moins de 35 ans avec plus de six femmes sur dix ayant subi ces types d'actes. Sur le plan générationnel, il existe de très forts clivages. Ce qu'une mère tolérait n'est absolument plus accepté par les femmes de moins de 35 ans. Ainsi, "siffler une fille dans la rue" est perçu différement selon la tranche d'âge interrogée. Près de 60% des femmes âgées de 18 à 35 ans considèrent ce comportement comme répréhensible, relevant du harcèlement ou de l'agression, tandis que seulement un tiers (34%) des femmes de plus de 65 ans partagent ce regard.
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On pourrait croire que les attentats islamistes favorisent le vote d’extrême droite, en confortant des tendances xénophobes et autoritaires au sein de la population. Les données disponibles sur les opinions des Français et la tolérance qu’ils professent dressent pourtant un tableau plus nuancé. Nous avons collectivement résisté alors même que d’autres signes auraient pu faire craindre l’inverse. La montée des actes islamophobes constatée par le Ministère de l’Intérieur signalait un durcissement de la situation, mais il ne faut pas extrapoler le comportement de militants xénophobes qui sont passé à l’acte à l’ensemble de la société. De la même façon, les préjugés racistes n’induisent pas nécessairement de comportements violents.
Que pensent les Français de la pauvreté et des personnes pauvres ? Le plus souvent les discours publics oscillent entre misérabilisme (en hiver surtout) et stigmatisation des « assistés », ces allocataires de minima sociaux ou d’allocations chômage qui profitent de la vie sans rien faire. Il existe pourtant des enquêtes d’opinion sérieuses, répétées d’année en année depuis plus de quinze ans qui permettent de dépasser les effets du contexte médiatique. Elles font apparaître une population bien plus compréhensive envers les plus démunis qu’on ne l’avance souvent. Les Français n’ont en rien succombé à la « pauvrophobie », terme parfois employé pour décrire les manifestations contre les plus pauvres.
Depuis les attentats contre Charlie Hebdo ou le Bataclan, Mehdi Berka, 43 ans, recteur de la grande Mosquée de Mantes-la-Jolie, participe régulièrement à tous les hommages. A chaque fois, il a l’impression pourtant d’entendre le même reproche : « Pourquoi les musulmans restent-ils silencieux ? Pourquoi ne bougent-ils pas ? ». Avec les quatre responsables des mosquées de la région, ils ont décidé, cette fois, de marquer le coup : « Afficher la réalité de notre désarroi, prendre nos responsabilités et signifier un message clair à nos concitoyens : nous nous démarquons. » Des tracts ont été diffusés dans les alentours, après la prière du vendredi, ainsi que des SMS ou des messages sur les réseaux sociaux, sans faire appel aux institutions religieuses ou politiques traditionnelles. Pour beaucoup, c’est le premier défilé. (Mais) Aucune force de sécurité n’a été déployée dans les voies adjacentes pour sécuriser le défilé et empêcher la circulation.
La thématique des « quartiers sensibles » constitue depuis des années un sujet controversé au sein du débat public. En 2014, 78% de nos concitoyens se disent préoccupés par ce sujet. Toutefois, l’intérêt que les Français portent à cette question a diminué au cours des cinq dernières années. En même temps, le regard que portent nos concitoyens sur les quartiers sensibles s’est durci.
A côté du chômage, ce sont l’insécurité, en augmentation de 13 points, et l’immigration qui sont les plus citées parmi les deux problèmes les plus importants pour la France en février 2015. Or, sur les enjeux de sécurité et d’immigration, moins de 10 % des répondants considèrent le PS comme le plus à apte à s’occuper du problème, loin derrière le Front national. En outre, il convient également de noter l’irruption du thème de l’irrespect de la laïcité ainsi que la très forte croissance des citations de l’islam et des musulmans parmi les deux problèmes les plus importants (5 %). L’ouragan médiatique a été de pair avec au moins un effet de mise sur agenda, en termes de sécurité. Dans une perspective convergente, plus que jamais, les changements souhaités sont les plus élevés et les plus importants pour la politique de sécurité et d’immigration, respectivement dans une direction plus répressive et plus restrictive.
L'étude du « think tank » Fondapol sur l’antisémitisme en France, a été reprise par de nombreux journaux dont Le Monde. Elle se focalise en réalité sur l’antisémitisme dans la communauté musulmane, et ses conclusions semblent posées a priori : l’antisémitisme serait le principal problème de racisme en France et la communauté musulmane et les sympathisants du FN en sont majoritairement responsables, devant les sympathisants du Front de gauche.
Quelques jours seulement après avoir fait un événement sur le thème de la délinquance des étrangers, d'une façon posant déjà des problèmes déontologiques et politiques assez évidents, l'ONDRP, l'AFP et la plupart des patrons des rédactions des médias parisiens récidivent en nous expliquant cette fois-ci que "17% des Français se sentent en insécurité", que ce "sentiment d'insécurité" est en augmentation et que cette augmentation est due à l'augmentation des cambriolages. L'ONDRP le dit d'un air très sérieux, et les médias le recopient bien sagement. Les choses sont pourtant beaucoup moins claires si l'on essaye d'être réellement sérieux. Pour au moins six raisons.
Comment les enfants vivent-ils leurs droits au quotidien en France ? C’est cette question, jusque-là sans réponse, que l’UNICEF France a souhaité poser aux premiers concernés, en lançant une « Consultation nationale » inédite auprès des 6-18 ans, de février à juillet 2013. 22 500 enfants et ados ont répondu.
Selon le sondage Ifop-OIT-Défenseur des droits publié le 7 octobre 2013, 37 % des demandeurs d’emploi estiment avoir été victimes d’une discrimination dans le cadre de leur recherche d’emploi.
Dans un sondage IFOP paru le 22 septembre dans Sud Ouest Dimanche, 84% des sondés ont le sentiment que la délinquance a augmenté ces derniers mois.
"Ce résultat, très élevé, est d’autant plus spectaculaire qu’il s’inscrit dans un mouvement interrompu de hausse". En février 2007, soit quelques mois avant la précédente élection présidentielle, "seuls" 43% des Français partageaient ce constat. Leur proportion est ensuite passée à 59% en juillet 2010 (au moment du fameux discours de Grenoble de Nicolas Sarkozy) puis à 72% en novembre 2012, quelques mois après la victoire de François Hollande. D'ailleurs, c'est dans l'électorat de gauche que l'idée d'une hausse de la délinquance a le plus progressé.
Les résultats de
Depuis le 21 avril 2002, le vote Front national, jusque-là présenté comme un vote essentiellement « urbain », enregistre ses scores les plus élevés loin des grandes villes, quel que soit le scrutin pris en considération. Le décollage du parti de Jean-Marie Le Pen dans les campagnes est souvent présenté depuis comme une « nouvelle » tendance de fond dans la société française. Mais, par-delà le sensationnalisme dans lequel baignent les discours sur les « extrêmes », les interprétations surplombantes fréquemment mobilisées pour rendre compte des scores « ruraux » de cette formation ont un rendement explicatif faible, entravant un peu plus sa compréhension. Cette contribution vise à montrer que c’est au contraire par un souci de contextualisation et de ré-encastrement du politique dans l’épaisseur du social que l’on peut comprendre tous les sens des votes frontistes. Centrée sur une enquête dans la Somme, département caractérisé par une sur-représentation du vote FN dans les petites communes, elle souligne le rôle central joué par la transformation des sociabilités concrètes dans l’inscription rurale des votes frontistes.
Transparency International publie aujourd'hui son Indice de perception de la Corruption (IPC) 2011, un classement évaluant 183 pays en fonction de la perception du niveau de corruption affectant leur administration publique et classe politique. Alors que 2011 a été l’année d’un élan irrésistible contre la corruption, deux tiers des pays évalués obtiennent une note inférieure à 5, sur une échelle allant de 0 (haut niveau de corruption perçu) à 10 (haut niveau d’intégrité perçu). Comme en 2010, la France arrive au 25ème rang, juste derrière les États-Unis. Elle demeure ainsi derrière de nombreux États européens tels que la Suède, les Pays-Bas, l’Allemagne et le Royaume-Uni. Le procès des emplois fictifs de la ville de Paris mettant en cause l’ancien Président le la République Jacques Chirac, les conflits d’intérêts dans la vie publique notamment mis en lumière par le scandale du médiator, l’affaire Guérini ou, encore, les développements de l’affaire Karachi ont très probablement contribué à ce que les observateurs internationaux continuent à avoir une image dégradée de l’administration et de la classe politique française.
C’était un grand film de Fritz Lang. Réalisé en 1931, il décrivait une ville allemande à la recherche d’un criminel d’enfants. Police, citoyens et même la pègre se décidèrent à chercher ensemble « M » dit le maudit, l’auteur des faits. Dans ce climat la suspicion se généralisa et se porta sur un vieux monsieur qui tendait un bonbon à un enfant devant un établissement scolaire. « C’est M, c’est M.. » criera une rumeur qui a valu à l’intéressé un quasi lynchage.
C’est aujourd’hui une bien triste affaire qui en dit beaucoup sur le climat irrationnel que la délinquance sexuelle peut produire. Un vieux monsieur vulnérable –sous curatelle- est mort à Brest parce qu’il était soupçonné d’être un pervers sexuel. Simplement parce qu’il errait devant un établissement scolaire. Lisons ici