Terrorisme

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lundi, janvier 2 2017

Le martyre djihadiste au féminin

2 01 2017

Photo_article_khosrokhavar.jpgEn Europe, et en particulier en France, on assiste depuis l’éclatement de la guerre civile en Syrie (en 2011) à l’apparition d’un type de djihadiste féminin dont l’accroissement tangible constitue une vraie nouveauté. Auparavant, les djihadistes femmes étaient l’exception ; à présent, on dénombre quelques centaines d’Européennes en Syrie, et d’autres qui ont voulu y aller et en ont été empêchées par les autorités.
Parmi les caractéristiques de ces jeunes femmes, nombre d’entre elles sont des adolescentes ou des post-adolescentes qui côtoient des jeunes femmes d’une vingtaine ou trentaine d’années. Elles évoluent souvent dans un univers onirique qui ne procède pas du djihadisme mais – au mieux – d’une forme de pré-djihadisme, projetant sur leur implication des fantasmes qui ont peu à voir avec la réalité de l’univers idéologique et mental de la radicalisation stricto sensu.

Photo : theconversation.com

dimanche, novembre 6 2016

Ce que révèle l’enquête sur l’attentat de Saint-Etienne-du-Rouvray

6 11 2016

Comment deux jeunes hommes de 19 ans à peine, qui ne se connaissaient pas quelques jours plus tôt, ont-ils pu se muer en duo terroriste et assassiner froidement un prêtre avant d’aller eux-mêmes à la mort ? C’est une des questions centrales de l’enquête judiciaire sur l’attentat commis le 26 juillet à Saint-Étienne-du-Rouvray, près de Rouen, douze jours seulement après le massacre de la promenade des Anglais, à Nice. Une enquête qui a mobilisé des dizaines de policiers, générant plusieurs centaines de procès-verbaux, et à laquelle Mediapart a eu accès.

mardi, juillet 26 2016

Juger d’anciens djihadistes : récit du procès de Strasbourg

26 07 2016

palais_de_justice_2.jpgSept anciens djihadistes ont été jugés du 30 mai au 7 juin 2016 pour association de malfaiteurs en vue de la préparation d’actes de terrorisme. La justice leur a reproché d’être partis en Syrie pour y rejoindre une organisation terroriste : l’État Islamique en Irak et au Levant (EIIL) et d’y avoir suivi un entraînement au combat armé. Les membres de la filière de Strasbourg étaient au nombre de onze avant leur départ vers la Syrie, à la mi-décembre 2013. L’un d’entre eux a été intercepté en chemin vers la Turquie par son père, deux autres sont morts trois semaines après leur arrivée en Syrie, abattus par une faction rivale à un checkpoint. Un quatrième est revenu deux ans plus tard, afin de participer à l’attaque meurtrière du Bataclan.

jeudi, juillet 21 2016

Dans l’horreur, raison garder et exercer

21 07 2016

L’histoire bégaye. Par trois fois, la France a été frappée d’attentats innommables qui massacrent des victimes innocentes de tout âge et de toute condition. La compassion et l’indignation ne peuvent être que nos premières réactions. Il nous faut d’abord respecter le temps du deuil et non pas engager des polémiques obscènes comme celles des élus de la droite hégémonique dans les Alpes-Maritimes alors que les dépouilles des victimes ne sont pas inhumées. Ainsi, Christian Estrosi fait sans vergogne son marché électoral en déplorant l’insuffisance des services de sécurité surpris par une forme d’attaque inédite, et Éric Ciotti, sans davantage de pudeur, reprend son antienne de défenseur de la civilisation chrétienne libérale contre la barbarie (effective, bien sûr) de l’acte meurtrier. Tous deux oublient que leur mentor Nicolas Sarkozy a supprimé des milliers de postes de policiers pour des raisons d’économie et a laissé se dégrader la situation des populations les plus démunies, notamment les plus jeunes qui sont les plus tentés par la rage et la radicalisation. La promesse de passer au karcher les délinquants n’a rien de républicain ni de social.

mercredi, juillet 20 2016

L'urgence d'une réconciliation nationale

20 07 2016

Fraternite.jpgS’il reste un peu d’intelligence, de vision collective et de grandeur d’âme chez nos dirigeants, il serait urgent qu’ils fassent tout ce qui est en leur pouvoir pour produire de la réconciliation nationale, pour affirmer haut et fort qu’être français n’est ni une couleur de peau ni une religion, pour établir une frontière très claire entre la liberté fondamentale de conscience et de pratique religieuse et les dérives sectaires quelles qu’elles soient. En effet, toutes les formes de stigmatisation et de discriminations visant les français musulmans sont autant de victoires pour Daech dont la propagande ne cesse de victimiser les musulmans et de les appeler à la rébellion contre ces États « mécréants » qui les oppriment. Si nous voulons gagner cette bataille autrement qu’en espérant un hypothétique effondrement total de l’état islamique sous les bombes (et en attendant que s’éveillent leurs successeurs qui voudront les venger), alors c’est sur ce terrain moral qu’il faut agir. Et il y a urgence absolue.

Photo : saphirnews.com

dimanche, juillet 17 2016

Attentats : repenser notre rapport au monde

17 07 2016

tele_info_continue.jpgLa violence aveugle a encore frappé en France, à Nice. Tant de victimes qui n’ont eu qu’un tort, se trouver au mauvais endroit au mauvais moment. Alors que l’enquête ne fait que débuter, qu’aucune explication crédible n’est démontrée, le bal des vautours médiatiques et politiques s’est ouvert en grande pompe.
J’ai tenu cinq minutes devant une chaîne d’information en continu. Des pseudos experts se bousculaient déjà à l’antenne alors que je décelais une excitation malsaine de la part des journalistes en plateau. Sur les plateaux s’empilent les supputations, se succèdent les experts de la guerre et de la peur alors que le monde a cruellement besoin d’experts de la paix. Les témoignages diffusés à l’antenne ainsi que les images confinent bien plus au voyeurisme qu’au devoir d’informer. Ce n’est plus de l’information, c’est de la mise en scène.

Photo : lexpress.fr

samedi, juillet 16 2016

Après les attentats : l'illusion sécuritaire et ses effets pervers

16 07 2016

attentats_nice.jpgLes États-nations occidentaux sont aujourd’hui devenus des États de sécurité nationale, dont l’obsession s’étend, au-delà du seul terrorisme, à l’immigration, à l’ultra-gauche anticapitaliste, aux lanceurs d’alerte. Ils ne répugnent plus à envisager des mesures rappelant leur passé le plus sombre, telles que la déchéance de la nationalité, en France, ou à les mettre en œuvre comme la confiscation des biens des réfugiés, au Danemark. Ils appliquent des politiques publiques criminelles au sens littéral du terme, dès lors qu’elles tuent, à l’instar des bombardements par drones au Moyen-Orient ou de la prohibition de l’immigration à la frontière américano-mexicaine et en mer Méditerranée qui provoque, chaque année, des milliers de décès. La démission démocratique et morale des peuples, drogués au discours sécuritaire depuis les années 1970, les progrès phénoménaux de la technologie garantissent l’institutionnalisation durable de cet état d’exception et de surveillance de masse. Nombre de spécialistes affirment que l’Occident est tombé dans le piège que lui ont tendu Al-Qaïda, puis Daech, et que ses politiques sécuritaires alimentent le jihad, au lieu de le contenir.

jeudi, juin 23 2016

Pour une histoire internationale du terrorisme

23 06 2016

Livre_Raflik.jpgFace à la sidération consécutive aux récents attentats terroristes, toute tentative de recul apparaît comme un impératif en réponse au déferlement des experts télévisuels assénant nombre de contre-vérités à longueur d’interventions calibrées pour le cycle perpétuel d’information en continu.
Dans son dernier ouvrage, Terrorisme et mondialisation, l’historienne Jenny Raflik, maître de conférences à l’Université de Cergy-Pontoise, entend ainsi « faire de la question du terrorisme un objet à part entière en histoire des relations internationales » (p. 7). Il s’agit ainsi de faire du terrorisme un objet d’étude légitime pour l’historien. Il ne l’est pas encore au sein de l’Université française où il est perçu comme un phénomène difficile à circonscrire strictement, et d’une actualité sans cesse renouvelée pouvant obérer son existence pluricentenaire. Il s’agit par ailleurs d’ancrer l’étude du terrorisme dans le champ qui serait le plus à même de restituer les caractéristiques fondamentales de son évolution depuis le XIXe siècle, l’histoire des relations internationales, afin de rendre compte des multiples internationalisations du phénomène depuis un siècle et demi.

jeudi, avril 7 2016

Comment la France est devenue une cible « légitime » pour les groupes djihadistes

7 04 2016

Immeuble_detruit_en_Syrie.jpgAu temps des colonies, le scénario des expéditions militaires outre-mer était simple : la guerre se déroulait exclusivement sur le territoire de la victime et l’agresseur n’imaginait pas que ses villes et ses villages puissent être la cible de contre-attaques ennemies. Non sans raison. La supériorité de ses armements, sa maîtrise absolue des mers et l’absence de toute « cinquième colonne » active sur son sol l’interdisaient. Le Royaume-Uni et la France ont conquis la presque totalité du globe au XVIIIe et au XIXe siècle selon ce schéma très différent des guerres européennes où les destructions, les morts et les blessés n’épargnaient aucun pays. Désormais, il n’en va plus de même. Certes, la bataille reste toujours inégale. Mais un équilibre de la terreur s’ébauche et les spécialistes parlent de « guerre asymétrique », les uns ayant des avions, des drones et des missiles, les autres maniant Internet, l’explosif et la « kalach ».

mercredi, février 17 2016

Ouverture de la commission d’enquête sur le terrorisme : les questions des victimes

17 02 2016

Rose_dans_impact_de_balle.jpgPourquoi « quand j’allume la télé ou la radio, la seule chose dont j’entends parler, c’est de la déchéance de nationalité ? C’est donc ça la réponse ? », s’est énervé Grégory Reibenberg, déplorant que « face à un problème de moteur, on parle de la couleur de la banquette. »
En d’autres termes, tous ou presque s’en sont pris à la réponse politique apportée par le gouvernement. Après avoir perdu des proches, ou avoir eux-mêmes vu la mort passer de très près, les personnes auditionnées au Palais-Bourbon ont presque tous exprimé leur besoin de « comprendre » le comportement des terroristes, quand Manuel Valls estime, lui, qu’« expliquer, c’est déjà vouloir un peu excuser ».
« Je serais le dernier à vouloir excuser celui qui a tué ma fille, mais il faut comprendre ce mécanisme pour pouvoir lutter contre. Il est absolument essentiel d’expliquer ce qui conduit des jeunes Français à prendre les armes contre d’autres jeunes Français », a plaidé Georges Saline, dont la fille a été tuée au Bataclan.

mercredi, janvier 20 2016

Un marché opaque de la déradicalisation est en train d’apparaître en France

20 01 2016

numero_vert_radicalisation.jpgAprès les attentats de janvier et de novembre 2015, la lutte contre la radicalisation islamiste est affichée comme une priorité par le gouvernement. La France prépare la création de plusieurs centres pour accueillir djihadistes de retour de Syrie et jeunes radicalisés, et des programmes de déradicalisation devraient se mettre en place à partir du 25 janvier dans deux quartiers des prisons d’Osny (Val-d’Oise) et Lille-Annœullin (Nord). Pourtant, dans les domaines de la prévention et de la déradicalisation, la France est moins expérimentée que ses voisins européens, argumente le politologue et spécialiste du djihadisme Asiem El Difraoui, coauteur d’une étude comparative sur les modèles allemand, britannique et danois pour le Comité interministériel de la prévention de la délinquance (CIPD).

mardi, janvier 12 2016

Terrorisme: un rapport confidentiel-défense condamnait en 2013 le tout-sécuritaire

12 01 2016

terroriste_daech.jpg« Nous sommes aujourd’hui face à un phénomène de fond auquel les dispositifs en place ne répondent qu’imparfaitement car ils ne prennent en compte qu’une partie de la réponse, uniquement sous l’angle de la répression. » Mediapart publie en intégralité un rapport du Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale, rédigé en octobre 2013.
Classifié « confidentiel défense », le texte ne semble pas avoir pris une ride deux ans après sa rédaction. Alors que le gouvernement s’est de nouveau engagé depuis les attentats de janvier, puis ceux de novembre 2015, dans une politique exclusivement sécuritaire, Mediapart publie ce rapport sur la « prévention de la radicalisation ». Son contenu, qui tente d’analyser les ressorts de l’embrigadement terroriste et les moyens d’y répondre, tranche singulièrement avec le ton martial de l’époque, véhiculé par le Premier ministre Manuel Valls.

samedi, janvier 2 2016

Terroristes français : une géographie sociale accablante

2 01 2016

immeuble_ou_vivait_merah.jpgFin novembre, le président du CNRS a adressé à tous les chercheurs de France un appel à propositions pour mieux comprendre. Les propositions de recherches complémentaires, qui remonteront de cette consultation, porteront sans doute sur le rôle du wahhabisme dans l’émergence de l’islamisme, sur le suivisme géostratégique européen à l’égard des États-Unis et notre complaisance à l’égard de l’Arabie Saoudite, ou encore sur l’européanisation nécessaire des services de sécurité. Mais, il y a un domaine dans lequel on dispose déjà de toutes les connaissances nécessaires pour mesurer son rôle dans ce terrorisme contemporain : les insuffisances de la cohésion sociale française et les échecs de l’action publique en direction des couches populaires. Cela fait trente ans que les chercheurs ont montré les erreurs de deux de nos politiques publiques : 1) une éducation nationale dont le but stratégique reste de sélectionner l’hyper-élite, celle des grandes écoles, au lieu de se consacrer, prioritairement, aux enfants déclassés ; 2) un urbanisme qui concentre des populations de bas niveau social dans des territoires désormais trop vastes pour pouvoir être améliorés par les seuls élus locaux.

Photo : Libération

samedi, décembre 12 2015

L’Europe de la sécurité en retard sur l’Europe du terrorisme

12 12 2015

BELGIUM-EU-FRANCE-ATTACKS-SECURITYD’importantes mesures ont été prises ou confirmées à Bruxelles lors de la réunion des ministres de l’Intérieur de l'Union européenne le 20 novembre dernier. Citons, par exemple, l’extension du «casier judiciaire européen» (ECRIS) aux ressortissants étrangers, la proposition législative permettant à Europol de faire des recoupements systématiques entre les bases de données européennes, ou bien encore la refonte de la législation sur les armes à feu. Le 18 novembre 2015, la Commission avait présenté à ce sujet une proposition destinée à mieux lutter contre le trafic d’armes.
Il faut également mentionner le « PNR européen », c’est-à-dire la mise en place d'un dispositif de détection des voyageurs à risque lors de vols intra-européens. Une directive a été présentée en ce sens, mais le Parlement européen refuse toujours certaines exigences des ministres, qu’il juge disproportionnées. On retrouve, au niveau européen, le débat liberté/sécurité qui avait déjà cours en France à l’heure de l’examen de la loi sur le renseignement et qui a été relancé par l’instauration de l’état d’urgence.

Photo : theconversation.com

vendredi, décembre 11 2015

Des entreprises françaises et européennes fournissent internet à l'Etat islamique

11 12 2015

Vente_privee.jpgOn le sait, Internet est le canal privilégié de l’État islamique pour diffuser sa propagande soignée et pour embrigader de nouvelles recrues. Mais comment l'organisation terroriste, basée dans des zones de guerre où il ne reste souvent plus grand chose des infrastructures de télécommunication, peut-elle être aussi connectée ? Une enquête du Spiegel révèle que des sociétés européennes fournissent sciemment à l'organisation jihadiste un accès internet via satellite.
Pour se connecter en Syrie ou en Irak, les membres de Daech achètent du matériel à Antioche, une ville située dans une province de Turquie limitrophe de la Syrie, où des milliers de paraboles permettent d'accéder à internet par voie satellitaire (contrairement à notre ADSL, qui est une connexion de type terrestre). Révélation gênante : l'implication du groupe français de satellites Eutelsat (dont la Caisse des Dépôts, bras financier de l’État, est actionnaire).

Photo : 01net.com

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