Vidéosurveillance, fichage, biométrie

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mercredi, septembre 13 2017

L'ECRIS-TCN : vers un casier judiciaire pour les non-européens

13 09 2017

Casier_judiciaire_national.jpgL’ECRIS-TCN est l'acronyme du futur fichier qui va venir compléter le "casier judiciaire européen" (ECRIS). Actuellement, l’immense majorité des échanges de casiers judiciaires entre États membres porte sur les ressortissants européens uniquement. Une recherche concernant les ressortissants non UE implique une surcharge administrative importante et coûteuse, d’où l’inclusion de ces ressortissants non UE dans le périmètre du système de "casier(s) judiciaire(s) européen(s)". Si L’ECRIS-TCN s'apparente à un "casier judiciaire européen" qui répertorie les étrangers délinquants, il partagera une interface commune avec l'ECRIS qui recense, quant à lui, les délinquants nationaux (ou ressortissants UE), de manière à faciliter l'emploi de ces deux systèmes par les services utilisateurs nationaux.

Photo : securiteinterieure.fr

dimanche, septembre 3 2017

Bilan catastrophique pour une expérience de vidéosurveillance dite « intelligente »

3 09 2017

Poudre_de_perlimpinpin.JPGTrente-cinq cas de « faux positif », et une arrestation d’un innocent : c’est le bilan catastrophique d’une expérience de « vidéosurveillance intelligente », menée à la fin d’août durant le carnaval de Notting Hill à Londres, selon une enquête de la télévision nationale Sky News. Le carnaval de Notting Hill, le plus grand événement populaire de la capitale britannique, attire chaque année environ un million de personnes sur deux jours. Cette année, il était encadré par un dispositif de sécurité exceptionnel, après les attentats de Londres et de Manchester. La police londonienne utilisait notamment un système de caméras capable de reconnaître des visages en les comparant à une base de données, qui devait permettre d’identifier les personnes recherchées par la police. Résultat : dans 35 cas, le programme a cru reconnaître une personne recherchée, mais il s’est trompé. Et inversement, aucune arrestation de personne réellement recherchée n’a été rendue possible par les caméras.

lundi, juillet 31 2017

Aux Etats-Unis, des puces électroniques implantées sur des salariés (!)

31 07 2017

Puce_electronique.jpgUne nouvelle étape sur la planète cyborg. A partir du 1er août, les salariés de la compagnie Three Square Market de River Falls (Wisconsin) n’auront plus besoin de farfouiller dans leur sacoche pour trouver leur badge ou leur carte de cafétéria. Il leur suffira d’un geste de la main – pour peu qu’ils aient accepté l’offre de leur employeur de se laisser implanter une puce électronique sous la peau. Sur 80 salariés, une cinquantaine s’est portée volontaire pour l’expérience. La puce, de la taille d’un grain de riz, leur sera gratuitement introduite entre le pouce et l’index.
Ainsi des humains vont-ils être bagués comme tant d'animaux le sont déjà. Le troupeau, les moutons, Panurge...

mardi, mai 30 2017

L’intelligence artificielle reproduit aussi le sexisme et le racisme des humains

30 05 2017

robot_et_humain.jpgLes femmes associées aux arts et au foyer, les hommes aux mathématiques et aux professions scientifiques… Ces stéréotypes ont tellement la vie dure qu’ils se retrouvent aujourd’hui reproduits dans des programmes d’intelligence artificielle (IA). Dans un article publié vendredi 14 avril par la revue Science, Joanna Bryson, Aylin Caliskan et Arvind Narayanan, des chercheurs des universités de Princeton (New Jersey) et de Bath (Royaume-Uni), montrent comment une technologie de machine learning (apprentissage machine) reproduit les biais humains, pour le meilleur et pour le pire.

Illustration : robothuman.wordpress.com

vendredi, avril 7 2017

Portiques de sécurité dans les lycées : la mauvaise idée

7 04 2017

Alerte_attentat.jpgDans un contexte de dissémination territoriale du risque terroriste, d’autres événements viennent accentuer les enjeux de sécurité des lieux scolaires, comme ceux récents au Lycée de Grasse : un élève y a fait irruption pour faire feu sur d’autres élèves, peut-être dans une logique de vengeance. Il n’y a aucun mort et les blessés ne semblent pas dans des états préoccupants. Mais cela relance la question de la sécurité dans les lieux scolaires. En réalité il n'est ni possible ni raisonnable de mettre des portiques de sécurité à l’entrée des collèges et des lycées.
Plus largement, cela pose la question de savoir s’il est possible et souhaitable de transformer les lieux scolaires en « forteresses » ? En fait, l’issue n’est plus uniquement dans les solutions de protection, y compris physique. La sécurité de tous dépend de la vigilance de chacun et de la revalorisation des comportements civiques.

Photo : theconversation.com

samedi, janvier 21 2017

Le fichier TES sévèrement critiqué par un audit

21 01 2017

Surveillance_numerique.jpgLes deux services de l'Etat chargés de plancher sur le fichier des titres électroniques sécurisés, qui doit regrouper les données de 60 millions de Français, ont rendu leur rapport. Et le constat est plutôt sévère.
«La sécurité globale du système TES est perfectible.» Les termes sont feutrés, mais le constat n’est pas flatteur. Or il émane de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi) et de la Direction interministérielle du numérique et de la sécurité du système d’information de l’Etat (Dinsic), chargées conjointement il y a deux mois par Bernard Cazeneuve, alors ministre de l’Intérieur, de plancher sur le fameux «mégafichier» qui a provoqué début novembre une levée de boucliers.

Photo : lesechos.fr

samedi, décembre 24 2016

La vidéosurveillance ne protège pas les citoyens, n'en déplaise aux politiciens

24 12 2016

FRANCE/Si certains en doutaient encore, l'enquête de Mediapart sur l'attentat du 14 juillet 2016 à Nice prouve une fois de plus que la vidéosurveillance ne protège pas les citoyens de la criminalité. L'auteur de l'attentat de Nice ne s'est pourtant pas caché. Au contraire, il a effectué de nombreux repérages avec son camion de 19 tonnes, avant de passer l'acte. Le tout au nez et à la barbe du système de vidéosurveillance et de police municipale le plus important de France. Loin d'en tirer une quelconque leçon d'humilité ou de meilleure gestion, le maire de Nice, Christian Estrosi, qui a construit toute sa carrière politique sur la posture sécuritaire, poursuit en tentant de faire oublier son arrogance (au lendemain des attentats de Charlie-Hebdo, il avait déclaré lors d’un conseil municipal : « Je suis à peu près convaincu que si Paris avait été équipé du même réseau (de vidéosurveillance) que le nôtre, les frères Kouachi n’auraient pas passé trois carrefours sans être neutralisés et interpellés »). Il continue ainsi à faire dépenser à la ville des millions d'euros dans ce système, et même des centaines de millions pour la région PACA qu'il préside.

lundi, décembre 19 2016

La CNCDH réclame la suspension du fichier TES

19 12 2016

La Commission Nationale Consultative des Droits de l'Homme (CNCDH) s’inquiète de l’absence de discussion préalable d’un tel décret avec les autorités et administrations consultatives compétentes compte tenu de la sensibilité du dossier, et alors que la CNIL avait précisément jugé cette consultation nécessaire dans son avis du 29 septembre 2016.
La CNCDH regrette l’absence de garanties suffisantes relativement à la protection des données contre les détournements et les attaques, à l’heure où les grandes entreprises de services technologiques et numériques sont victimes d’attaques informatiques graves, et alors que le choix de la centralisation du fichier expose un ensemble important et précieux de données personnelles au risque de cyberattaques massives, dont les évolutions majeures, et encore largement incontrôlées, en matière de « big data » aggravent la dangerosité.

lundi, novembre 28 2016

Trois ans après les révélations de Snowden, la surveillance de masse se porte bien

28 11 2016

surveillance_net.jpgAprès la France et l’Allemagne, le Royaume-Uni a adopté une loi sur le renseignement très musclée qui renforce considérablement les pouvoirs de surveillance des services de renseignement, mais aussi ceux de la police. Ce texte impose notamment aux opérateurs de stocker l’historique de navigation des internautes britanniques pendant douze mois, afin qu’il puisse être consulté par les services, qui sont aussi désormais autorisés à pirater des ordinateurs, des téléphones et des réseaux.

lundi, novembre 21 2016

Le « méga-fichier » de la discorde

21 11 2016

Photo_passeport.jpgLa polémique suscitée par le décret du 28 octobre 2016 autorisant la création d’un traitement de données à caractère personnel relatif aux passeports et aux cartes nationales d’identité, dénommé « Titres électroniques sécurisés » (TES), repose sur plusieurs motifs. Les uns sont d’ordre politique, les autres dépendent d’un ordre administratif, d’autres s’avèrent d’ordre juridique ou bien encore d’ordre technologique.
En tout état de cause, le fait que le gouvernement ait choisi de procéder par décret pour créer un tel fichier, sans concertation préalable et sans évaluation précise, en dépit de l’article 34 de la Constitution – selon lequel la loi fixe les règles concernant « les droits civiques et les garanties fondamentales accordées aux citoyens pour l’exercice des libertés publiques » –, suscite de nombreuses interrogations.

lundi, novembre 7 2016

De la vidéosurveillance à la vidéoverbalisation : une évolution majeure

7 11 2016

panneau_videoverbalisation_marseille.jpgA quoi sert la vidéosurveillance de l’espace public, c’est-à-dire des rues de nos villes ? Dans un précédent article, nous avons étudié le cas d’une petite ville, dans une démarche de type ethnographique, décrivant de l’intérieur le fonctionnement du Centre de supervision urbaine (CSU). Au final, la vidéosurveillance était apparue essentiellement comme un outil de gestion urbaine de proximité n’ayant que peu de rapport avec la politique locale de sécurité et de prévention. Lorsqu’il s’agissait d’évaluer sa contribution à la lutte contre la délinquance proprement dite, nous nous étions toutefois heurté à l’impossibilité de mesurer précisément le rôle des images enregistrées dans la résolution des affaires. A l’occasion d’une recherche menée cette fois-ci dans une grande ville, nous pouvons proposer d’aller plus loin dans l’analyse du volet répressif. On découvre alors que le principal usage de la vidéosurveillance est en réalité désormais la vidéoverbalisation. Cet usage est autant massif que dissimulé car politiquement peu correct.

  • Demander une copie de cet article en écrivant à l'auteur : mucchielli (at) mmsh.univ-aix.fr

Photo : video-verbalisation.fr

mercredi, novembre 2 2016

Au Journal officiel, un fichier biométrique de 60 millions de « gens honnêtes »

2 11 2016

empeintes_passeport.jpgLe gouvernement a publié un décret instituant un fichier monstre commun aux passeports et aux cartes nationales d'identité. Destiné à faciliter établissement et renouvellement de ces titres, en plus de prévenir les fraudes, il va ingurgiter des centaines de millions de données puisées dans toute la population française.
En 2012, lorsqu’ils avaient attaqué devant le Conseil constitutionnel la proposition de loi relative à la protection de l'identité, une cohorte de sénateurs et députés socialistes, dont Jean-Jacques Urvoas, avait dénoncé le super fichier voulu par la majorité d’alors. Une mégabase regroupant l’ensemble des informations du passeport français et de la carte nationale d'identité qui représentait selon eux « une ingérence dans l'exercice du droit de toute personne au respect de sa vie privée ».

Photo : europe1.fr

lundi, octobre 10 2016

La diffusion de l’urbanisme sécuritaire, sous la pression et en silence

10 10 2016

gate_community.pngTant redoutée par les architectes et les urbanistes, l’intégration des enjeux de sécurité dans l’aménagement figure pourtant comme un axe central des politiques publiques de prévention de la délinquance. La sécurité semble aujourd’hui inévitablement s’imposer au cœur du développement des grandes agglomérations. Seulement, travailler ces problématiques en lien direct avec les questions de l’aménagement des espaces ou celles de l’implication des citoyens sur leur territoire, reviendrait-il obligatoirement à promouvoir des logiques sécuritaires ? Où placer le curseur entre ce qui est uniquement sécuritaire et ce qui ne l’est pas ?

mardi, juin 7 2016

Quand le lobby de la vidéosurveillance fait son mea culpa... pour mieux passer aux drones

7 06 2016

Drone_3.jpgMonsieur le maire, vous aviez investi dans les caméras de vidéosurveillance ? Las, le lobby de la vidéosurveillance (Association nationale de la vidéoprotection – AN2V) vient de vous ringardiser. Après avoir refilé des dizaines de milliers de caméras aux élus de tous bords et aux communes de toutes tailles, voici que son représentant déclare dans la presse (Sud Ouest, 06/05/2016) : « Il ne sert à rien de faire du quantitatif et de placer des caméras à tout prix. Notre position est claire : nous prônons moins de points de visualisation mais avec des images de meilleure qualité ». Faisant preuve d’un sacré culot, le lobbyiste se pose en moraliste de la vidéosurveillance : « le coût, les aspects juridiques et éthique ont-t-ils été pris en compte ? Puis il préconise « une vue d’ensemble pour sortir de l’émotion et des petits calculs électoraux des municipalités ». Et pour terminer en beauté : vous surveillez vos concitoyens d’en bas ? et bien, surveillez aussi d’en haut : « Pourquoi pas un essaim de drones plutôt qu’un hélicoptère pour suivre un rodéo nocturne ? ». Sans doute au titre de la maitrise des coûts...

Photo : sudouest.fr

vendredi, avril 15 2016

La tragi-comédie du PNR européen

15 04 2016

salle_d__aeroport.jpgVoilà un motif de satisfaction pour le premier ministre, Manuel Valls et le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve. Le Parlement européen a adopté en Assemblée plénière, le 14 avril 2016, la directive tant controversée instaurant un transfert par les compagnies aériennes des données sur les passagers de vols intra-européens aux services nationaux de sécurité.
Au risque de gâcher la fête, les apparences sont pourtant trompeuses et de nouveaux rebondissements sont à prévoir. Le PNR (Passenger Name Record), mis en place après les attentats du 11 septembre 2001 entre l’Union européenne (UE) et les États-Unis, est en effet dans le viseur de la justice européenne. Celle-ci doit encore se prononcer sur un autre dossier, le projet d’accord PNR UE-Canada, dont l’issue est de nature à avoir des répercussions sur la directive approuvée ce 14 avril. Un retour à la case départ n’est donc pas à exclure.

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