L'incendie de deux bus à Tremblay-en-France fait l'objet d'un assaut de déclarations politiques et d'une très intense couverture médiatique. Faut-il vraiment être surpris par la persistance de graves problèmes dans les "quartiers sensibles" ? Au même moment un rapport du Comité d’évaluation et de suivi de l’Agence nationale de rénovation urbaine (ANRU) souligne le large échec des objectifs de mixité sociale qui sous-tendaient les importants programmes de "rénovation urbaine" engagés depuis 5 ans à destination de quelques 460 quartiers pauvres. Le rapport note que « le transport urbain et le développement économique local ont été largement déconnectés de la rénovation des quartiers, faute d’une gouvernance globale qui intègre de façon cohérente et coordonnée les diverses problématiques de la politique de la ville ». Il pointe également le recul de la mixité sociale à l'école en liaison avec l'assouplissement de la carte scolaire depuis 2007, phénomène sur lequel les recherches avaient déjà attiré l'attention.