Fichier.jpgLes fichiers de police sont des outils du travail de police judiciaire et de police du renseignement dont nul ne peut sérieusement contester la légitimité. Encore faut-il cependant que leur existence soit légalement instituée, que leur contenu soit valide et qu'il existe des moyens de contrôler à la fois ce contenu et son usage. Or le Système de Traitement des Infractions Constatées (STIC) ne satisfait pas à ces critères démocratiques qu'avait pourtant rappelé le Conseil constitutionnel dans sa décision du 13 mars 2003. Ce fichier comporte un énorme taux d'erreur, il est très difficilement vérifiable et modifiable et il est fréquemment détourné de sa fonction de renseignement judiciaire pour devenir un fichage généralisé à usage administratif discriminant (notamment à l'embauche), quant il n'est pas détourné à des fins ludiques voire lucratives par certains fonctionnaires de police. C'est ce que le commandant de police Philippe Pichon a eu le courage de dénoncer en octobre 2008 en fournissant au journal Bakchich les fiches STIC de Johnny Hallyday et Djamel Debbouze (il fait l'objet de poursuites judiciaires depuis cette date). Pour la bonne santé de la démocratie française, voilà encore un problème dont le Parlement devrait se saisir (LM).

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