Voiture_de_police.jpgDisons les choses : les reportages diffusés à la télévision à propos des "quartiers sensibles" sont souvent sujets à caution de par leur sensationnalisme, leur superficialité et le fait qu'ils provoquent parfois ce qu'ils prétendent observer en toute neutralité (sans même parler des mises en scène où les journalistes ont rémunéré les personnes filmées). Or ARTE a diffusé le mardi 8 juin deux reportages sur la police qui tranchent avec cette piètre qualité ordinaire des reportages télévisés. Le premier est intitulé "Flics : le grand malaise. Le témoignage des policiers dans les quartiers difficiles des banlieues". Il mérite le détour. Des policiers y racontent les grandes difficultés de leur vie quotidienne, le niveau d'agressivité auquel ils sont confrontés, la colère mais aussi la peur, le découragement, l'impuissance, la solitude qu'ils ressentent souvent. Certains reconnaissent également les erreurs qu'ils peuvent commettre et les comportements violents de certains d'entre eux qui ne font que jeter de l'huile sur le feu. Les différentes séquences du reportage soulignent non seulement les mauvaises relations avec la population mais aussi les effets désastreux du mode gestion du personnel (en particulier l'affectation massive des jeunes policiers inexpérimentés dans les quartiers les plus difficiles), de la "culture du chiffre" et de la surenchère dans le rapport de force que les pouvoirs publics leur ont donné comme doctrine depuis le rejet de la police de proximité en 2002. Ce premier reportage est du reste suivi par un second consacré à la police de proximité allemande dans la ville d'Hambourg. Un exemple comme il en existe beaucoup d'autres en Europe et qui transforme les relations entre police et population. Quelque chose d'interdit actuellement en France, pour des raisons clairement idéologiques.