Le rapport publié par la DARES (direction de l'animation de la recherche, des études et des statistiques, au ministère du travail) au début du mois d'août indique que l'impact de la crise est extrêmement fort. L'année 2009 a connu les suppressions d'emploi les plus importantes des 50 dernières années. Après les CDD et les Intérims, variables d’ajustement habituelles de l’emploi aux variations de l’activité économique, ce sont désormais les CDI qui sont également touchés. Conséquence de cette évolution : entre l'été 2008 et l'été 2010, nous sommes passés à peu près de 3 à 4 millions de chômeurs. Et les premières victimes de cette évolution sont les hommes, aux deux extrêmes de la pyramide des actifs : les jeunes de moins de 25 ans et les plus de 50 ans. La plus forte hausse est cependant celle du chômage des jeunes. Et parmi eux, ce sont évidemment les moins diplômés qui sont le plus concernés (et sont notamment concentrés dans les quartiers dits "sensibles"). Mesuré 1 à 4 ans après la sortie de leur formation initiale, le taux de chômage des jeunes sans diplôme ou avec un simple brevet des collèges atteint désormais 50 % dans le mode de calcul ordinaire de l'INSEE. Jamais, au cours des 30 dernières années, il n'a été aussi élevé (cliquer ici pour voir le graphique). Au delà de l'impact sur la délinquance des jeunes (en particulier sur le retardement de la sortie de la délinquance), la question de l'emploi est absolument fondamentale pour les jeunes en ce sens qu'elle conditionne toute leur intégration dans la société et toute leur installation dans la vie adulte. Voilà un vrai grand problème national sur lequel les responsables politiques sont pourtant bien peu bavards, d'autant que les limites du "RAS jeunes" paraissent de plus en plus évidentes.