logo le mondeLa corruption est un concept lesté d'une forte charge polémique, qui prend toute son ampleur rhétorique dans les guerres de pouvoir. Instrument de mobilisation des foules, indifférente au bien commun, elle sert avant tout à dénigrer des élus ou à évincer des rivaux politiques.
Pour en formuler une critique pertinente, il ne suffit pas d'appréhender la corruption dans le contexte de la politique, car elle touche aussi bien à l'économie, à la finance, à l'église, au sport, aux arts, à l'éducation et aux relations sociales. Ici, politique et société sont étroitement imbriquées. Puisque la corruption affecte aussi bien la sphère politique que la société civile, le problème ne tient pas tant à la corruption en soi qu'à ses proportions, à sa virulence et à sa banalisation (...)
Face à la débandade de l'Occident, il sied mal aux dirigeants hypocrites d'un monde opulent de dénoncer la corruption comme le stigmate du tiers-monde. Faut-il leur rappeler que, sans la complicité de leurs intermédiaires occidentaux, les prédateurs financiers des régions non occidentales n'auraient pu transférer, blanchir et investir leur butin à l'étranger, ni s'imposer comme les maîtres de la corruption dans des Etats embryonnaires ou vacillants, terrains de chasse des chevaliers d'industrie et autres canailles de tous horizons.