Le machisme est l'une des choses les mieux partagées au monde

Oui, bien sûr, ces personnes existent et certains de leurs propos illustrent la réalité d'un machisme ordinaire davantage accentué dans les quartiers pauvres. Et encore. Il faudrait plutôt dire "certaines formes de machisme" car s'il y a bien une chose que l'on rencontre dans les sociétés de tout temps et sur tous les continents, c'est bien celle-là. Au fait, dans notre bonne France (la vraie bien sûr), nos bons jeunes (blancs, urbains et de classes moyennes ou supérieures, bien sûr) sont-ils des féministes convaincus éduqués comme tels par notre vertueuse société ? N'est-ce pas au contraire la violence machiste ordinaire qui a sévit sur la chaîne de radio Skyrock, première radio écoutée par les 15-25 ans avec 4,2 millions d’auditeurs quotidiens ? C'est pourtant bien ce qu'a constaté le rapport sur L'image des femmes dans les médias publié par le Secrétariat d'Etat à la solidarité fin 2008. Sans parler des déboires judiciaires de son patron (condamnation pour "corruption de mineure"). Un article de la journaliste Michelle Guerci le rappelle à très juste titre (lire ici l'intégralité du papier). Mais il est vrai que ces affaires-là ne font étrangement pas la Une des médias.

Bref. Faire croire que ce montage est une enquête inédite et profonde sur les rapports hommes-femmes dans les quartiers populaires est vraiment une supercherie. Nous ne sommes pas étonnés, du coup, des accusations de "bidonnage" que la journaliste qui a enquêté en amont de ce reportage à lancé à la société de production du film.
Depuis l'affaire des "tournantes" en 2001-2002 (voir nos travaux à ce sujet), on n'était pas retombé si bas dans le genre "Nous (petits bourgeois parisiens) avons franchi la frontière du périphérique en bravant tous les dangers et après une enquête super difficile nous allons vous révéler la vérité sur l'horreur et la barbarie des cités".

A oublier le plus vite possible. Ou bien peut-être au contraire à enseigner dans les écoles de journalisme comme l'exemple de ce qui déshonore cette profession.

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