Par-delà les statistiques officielles, la connaissance de ces phénomènes s’est consolidée avec le développement d’enquêtes en population générale : les enquêtes de délinquance auto-reportée et les enquêtes de victimation, à l’instar de celle que mène l’IAU îdF à l’échelle régionale depuis 2001.
Assurément, ce n’est plus l’affaire des seuls services de l’État. Outre l’essor du secteur privé, on assiste au retour en force des pouvoirs locaux dans le gouvernement de la sécurité des villes. Parallèlement, on observe une prise en compte accrue des questions de sécurité dans le champ de l’urbanisme.
Les modes de production de la sécurité urbaine sont en pleine recomposition. Une redistribution des rôles s’opère entre les institutions étatiques, les collectivités locales, le monde associatif et le secteur privé, à l’articulation de différentes stratégies de lutte contre l’insécurité.
La problématique de l’insécurité urbaine reflète les processus de ségrégation socio-spatiale en même temps qu’elle les alimentent. Dans les banlieues « sensibles », les délinquances juvéniles sont avant tout le symptôme d’une condition sociale dégradée. L’insécurité ne pèse pas moins sur l’attractivité des commerces, la qualité des espaces et l’expérience vécue des habitants dans ces quartiers populaires qui s’apparentent à maints égards à de véritables « ghettos urbains ».

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  • Ont contribué à ce numéro : Benoit Bastard, Manuel Boucher, Hélène Heurtel, Didier Lapeyronnie, Tanguy Le Goff, Renaud, Le Goix, Céline Loudier-Malgouyres, Nicole Maestracci, Jacques de Maillard, Virginie Malochet, Christian Mouhanna, Laurent Mucchielli, Frédéric Ocqueteau, Philippe Robert, Sébastian Roché, Sylvie Scherer, des élus, des responsables associatifs, des travailleurs sociaux, des policiers, des médecins, des architectes...