Le texte de Didier et Eric Fassin a été publié dans Le Monde. Les textes inédits de Véronique De Rudder, Philippe Poutignat et Jocelyne Streiff-Fénart sont également des réactions « à chaud », après la publication de l'entretien dans le journal Le Monde le 14 septembre. Ils témoignent de la stupéfaction et de l'agacement ressentis sans doute par la plupart des chercheurs devant un usage du concept de « Culture » qu'ils considèrent comme dépassé, s'apparentant au culturalisme de la première moitié du 20ème siècle. Leurs réactions témoignent aussi de leur surprise devant la « mise en scène de soi » (comme nous disons en sociologie) qui est proposée à travers cette interview. En fait de « tabou brisé » ou de « découverte », ces réactions indiquent surtout que H. Lagrange est un travailleur solitaire qui méconnaît les travaux sur les migrations menés en France depuis plusieurs décennies.
Le texte de Véronique Le Goaziou résulte lui d'une lecture minutieuse du livre, et il vient mettre en cause le coeur de l'explication proposée par Hugues Lagrange, explication qui tourne autour de « l'excès d’autoritarisme des pères » dans les familles originaires de l'Afrique sahélienne.
Par ailleurs, nous avons ajouté trois textes qui éclairent le débat de fond sur la « surdélinquance des jeunes issus de l'immigration habitant les quartiers pauvres » sans tomber dans le culturalisme. Celui de Nicolas Duvoux montre comment les sociologues américains repensent aujourd'hui la question de la « culture de la pauvreté » à l'aide d'une conception plurielle et souple qui leur permet d'analyser les problèmes sans donner prise à la rhétorique conservatrice et xénophobe du « problème de la famille noire ». Celui de Martine Chomentowski prolonge son livre sur l'échec scolaire chez les enfants de migrants et souligne l'importance, pour bien le comprendre, non pas des rapports familiaux mais du passage de l'oralité à l'écrit. Nous reproduisons également un texte de Marwan Mohammed qui souligne l'importance de la taille des fratries dans les phénomènes de délinquance juvénile, facteur là encore ancien et nullement spécifique aux familles originaires d'Afrique sahélienne. Enfin, outre notre courte interview sur la question, nous nous efforçons d'actualiser régulièrement ce dossier avec les contributions nouvelles qui paraissent de temps à autre (n'hésitez pas à nous en signaler d'autres !).

Les textes de chercheurs :

Actualisation du dossier (suite des analyses critiques) :

Pour aller plus loin, quelques ressources scientifiques :