Photo_stop_par_Katerha_sur_flickr.jpgAprès la mort atroce de la jeune Laetitia, le président de la République a gravement mis en cause les policiers, les conseillers d'insertion et de probation et les magistrats de Nantes, les accusant d'avoir laissé en liberté «le présumé coupable» et menaçant de sanctions «ceux qui ont couvert ou laissé faire cette faute».
Nous affirmons qu'il n'est pas digne d'un président de la République de jouer ainsi de l'émotion légitime créée par ce drame pour dresser la population contre les magistrats et les agents de l'administration pénitentiaire, plutôt que d'appeler le chef du gouvernement à leur donner de réels moyens matériels et humains pour travailler avec plus d'efficacité à la prévention de la récidive.
Nous affirmons que la dégradation constante du service public de la sécurité est inadmissible, particulièrement dans les banlieues et les quartiers en difficulté, dont les populations fragiles sont les premières victimes de la crise et de l'insécurité. Le recours aux «armes non létales», à la vidéosurveillance et à la multiplication des fichiers sans véritables contrôles est destiné, sans l'avouer, à masquer les diminutions d'effectifs programmées et leur mise en œuvre s'accompagne d'un transfert de charges et de responsabilité vers les collectivités locales et les sociétés de sécurité privées.