Logo_Le_Monde.jpgNous reprenons ici l'éditorial du Monde, que nous partageons pleinement. (version intégrale ici)
Un procès public et contradictoire ne signifie en rien, par définition, condamnation préalable des prévenus. Il est la procédure formelle et solennelle qui permet d'établir, aux yeux de tous, responsabilités et culpabilités ou, au contraire, absence de responsabilité et de culpabilité. Faute d'un tel débat, le doute reste présent, inévitablement. Surtout dans une affaire aussi symbolique que celle-ci, tant elle témoigne de la méfiance et de la tension qui prévalent, au quotidien, entre jeunes, police et justice dans les quartiers les plus difficiles.
Un procès public aurait également eu le mérite de lever un double soupçon. D'un côté - celui des défenseurs des policiers mis en cause -, le soupçon de médiatisation abusive de cette affaire. De l'autre côté - celui des défenseurs des familles des victimes -, le soupçon de politisation excessive du dossier. A l'époque, en effet, le pouvoir politique avait ostensiblement couvert la version initiale - et fausse - des policiers. En outre, le parquet, toujours aux ordres de la chancellerie en dépit des condamnations multiples de cette sujétion, a tout fait pour que la justice referme ce dossier. Avec succès.