Image_site_metropolitiques.pngL’Île-de-France a connu ces dernières années des épisodes d’émeutes urbaines. Celles de l’hiver 2005 ont conduit le gouvernement à déclarer l’état d’urgence dans certaines communes de la banlieue nord de Paris et continuent de marquer le débat public. Dans les représentations actuelles, la "violence urbaine" serait expliquée par l’augmentation des disparités sociales entre les territoires et l’émergence d’une véritable fracture socio-spatiale au cœur de l’Île-de-France. Une telle représentation différenciée de l’espace urbain n’est pas nouvelle. Déjà, en 1845, Engels posait la question des « mauvais quartiers » londoniens et, dans les années 1920, les sociologues de l’école de Chicago étudiaient la concentration de populations défavorisées dans certaines portions du territoire urbain. Aujourd’hui, dans un contexte d’insécurité sociale et de précarité grandissantes, les individus ont de plus en plus conscience du rôle joué par leur localisation sur leur bien-être et leurs opportunités en matière d’éducation, d’emploi et d’accessibilité. L’espace devient un enjeu de la cohésion sociale et la différenciation socio-spatiale est vécue comme une remise en cause de la capacité de la République à réussir dans sa mission de maintien de la cohésion sociale. Ce sentiment d’une accentuation des disparités socio-spatiales de bien-être est-il réel ou relève-t-il simplement d’une vue de l’esprit ?