Photo_jastrow75_flickr.jpgL’Association Française des Magistrats de la Jeunesse et de la Famille lance aujourd'hui une « cyberaction» visant à la suppression du texte relatif aux mineurs dans le Projet de Loi sur la participation des citoyens au fonctionnement de la justice pénale et le jugement des mineurs, qui a été présenté au Conseil des ministres mercredi dernier. Nous reviendrons sur la justice des mineurs dans les prochains jours et prochaines semaines. Pour l'heure, extrait de l'argumentaire des magistrats : « Depuis quatre ans, les ministres de la Justice qui se sont succédés ont rappelé qu’aux yeux du gouvernement, l’Ordonnance du 2 février 1945 qui régit le sort de l’enfance délinquante était devenue illisible et qu’il était indispensable qu’un code pénal applicable aux mineurs soit réfléchi dans son ensemble. Contre toute attente, va être soumis au Parlement selon la procédure d’urgence et dans l’indifférence générale, un projet de loi qui va introduire de nouvelles modifications substantielles à l’Ordonnance. Abandonné le projet de code pénal régissant la justice pénale applicable à la jeunesse. Confisqué le débat de société indispensable sur un sujet qui engage le sort, sur plusieurs décennies, de ces jeunes en difficultés. La plupart des pays d’Europe et récemment la Suisse, ont adopté des systèmes de justice pénale applicable aux mineurs s’inspirant des principes de l’Ordonnance du 2 février 1945 : priorité à l’éducatif, professionnels spécialisés autour du jeune, traitement prudent et très personnalisé du suivi du jeune, recours exceptionnel et limité à la détention. Ce projet de loi s’éloigne définitivement de ces principes. Il y a urgence, puisque ce projet de loi est examiné en une seule lecture au Sénat le 17 mai prochain ».

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