Photo_Aline_Leclerc_2.jpg"J'achetais mon shit là-bas." Il y a quelques jours, ce commentaire à l'article sur le début de la démolition de la barre Balzac a attiré notre attention. Voir le trafic non pas par le regard des habitants qui le supportent, mais par ceux qui en usent nous paru intéressant. Deux semaines plus tard, nous mettions un prénom et un visage en lieu et place du pseudonyme "Cynoque" : dans une forêt de la région parisienne, loin de La Courneuve, mais près de chez lui, nous avons rencontré Raphaël, 33 ans, ancien client des dealers de la barre, devenu militant de la légalisation du cannabis.
La première fois qu'il prit le RER pour "La Courneuve-Aubervilliers" c'était il y a environ six ans. "On traînait à Bastille avec un copain, il m'a dit qu'il allait là-bas pour se fournir en shit, j'ai suivi. Et une fois sur place c'était tellement facile, que c'est devenu mon lieu d'achat habituel", se remémore-t-il. Le "commerce" de la barre Balzac avait selon lui trois avantages : d'une part, la barre étant juste à côté du RER et à deux stations de Paris, l'accès était facile.