Publié dans une série dirigée par Alain Bauer, l’ouvrage est écrit par un cadre du secteur privé, Daniel Warfman, directeur de la filiale sécurité du groupe Faciliticom, secondé par Frédéric Ocqueteau, directeur de recherche au CNRS. Contrairement à ce que son titre prétend, l’ouvrage ne permet donc pas de prendre la mesure de la place et des enjeux de la sécurité privée en France, pour deux raisons. La première est que l’ouvrage est tout entier centré sur une seule activité du secteur privé de la sécurité : le gardiennage. Il s’agit certes d’un aspect très important de la question, mais il est loin d’être le seul, le livre passe notamment à côté de l’évolution majeure introduite par le développement de la vidéosurveillance dans l’espace public. La seconde est que l’ouvrage est essentiellement technique et juridique. Il est incontestablement très utile en ce sens. On n’y trouvera pas en revanche de bilan des recherches en sciences sociales dans ce domaine, pas de mise en perspective par rapport aux outils habituels de la sociologie des professions et pas de synthèse d’analyses empiriques (entretiens avec des professionnels, observations de terrain, études de cas, etc.) permettant d’illustrer les fonctionnements quotidiens, les processus, les questions de pouvoir, les budgets, les réseaux, etc., qui sont en jeu, tant aux échelles locales qu’à l’échelle nationale. L’ajout d’une bibliographie savante (assez longue mais qui n’est pas réellement mobilisée dans le texte) et de quelques formulations un peu théoriques dans certains passages du texte ne suffisent pas à donner à ce petit livre le caractère universitaire et scientifique auquel il semblerait prétendre compte tenu de la collection dans laquelle il est publié.