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La Revue de science criminelle et de droit pénal comparé a publié récemment la critique d'un livre publié aux presses Universitaires de France, sous la direction d'Alain Bauer intitulé Criminologie plurielle. Une introduction générale à la criminologie (février 2011). La critique est signée par Dan Kaminski, professeur de Droit pénal et criminologie à l’Université Catholique de Louvain-la-Neuve. Ce dernier s'interroge sur les auto-qualifications de "criminologues" des auteurs du livre (que veut dire ce qualificatif dans un pays qui ne délivre pas de doctorat en criminologie ?), sur le choix sélectif des "grands auteurs" et des "grands concepts" présentés. Il voit au final dans cet ouvrage "un fourre-tout représentatif des seuls domaines d’investissement de l’auteur et de ses collaborateurs". Notre collègue belge s'interroge ainsi : "Quel est le travail du criminologue : interprète de la société ou serviteur du pouvoir ? Dilemme auquel il faut ajouter un troisième terme : serviteur de ses propres intérêts commerciaux ? Et quelle est dès lors sa méthode ? Interprétation des faits et des processus ou service technique des chiffres et des stratégies ? Décodage des rapports sociaux et des processus politiques ou obturation de la connaissance par le message d’alerte et le mot d’ordre de l’éradication des nouvelles menaces ?". Au final, il rappelle que "Un projet de connaissance est toujours marqué par une épistémologie, une position éthique et une option politique. Le projet de M. Bauer est épistémologiquement positiviste, éthiquement guerrier et politiquement sécuritaire. Ce projet a hélas le droit d’exister, mais il a le devoir de s’identifier comme tel et non comme une criminologie plurielle, aux accents rassembleurs ou faussement encyclopédiques".