arton328-7ae88.jpgS’il devient aujourd’hui courant d’associer, au travers de catégories globalisantes, ménages modestes, espaces périurbains éloignés et montée des votes de droite et d’extrême droite, une étude de cas permet de battre en brèche l’idée d’un mouvement univoque de droitisation des classes populaires généré par des frustrations sociales, en montrant que celle-ci est loin de toujours s’enraciner dans des trajectoires de déclassement (Cartier et al. 2008). Ce que l’on saisit à partir du cas de cette zone industrielle périurbaine, semblable à beaucoup d’autres, ce sont les effets sur le long terme des politiques de réorganisation de l’emploi : éclatement des statuts au sein de nombreux établissements, déstructuration des collectifs de travail et affaiblissement des formes d’identification aux lieux de travail, au profit d’un investissement sur la scène résidentielle, où nombre de ménages construisent les signes de leur respectabilité sociale au travers de leurs parcours d’accession à la propriété, à distance des quartiers populaires de banlieue.