Drapeau_europeen.jpgNe pas mélanger les genres. Voilà ce que préconise le Sénat dans une résolution européenne adoptée ce mois-ci (et présentée par le Sénateur PS Jean-Yves Leconte) en s’opposant au renforcement de la finalité sécuritaire de la base européenne de données, Eurodac. D’après les sénateurs, cette base, qui rassemble les empreintes digitales des demandeurs d’asile et des étrangers en situation irrégulière appréhendés à la frontière ou sur le territoire national, est mal tenue, en particulier par la France. C’est l’une des raisons qu’ils invoquent pour refuser l’accès aux services répressifs à la base.
Reste que le débat sur Eurodac s'inscrit en toile de fond du processus de sécurisation des bases de données ayant trait à l'asile et à l'immigration. La base de données Eurodac évolue(rait) ainsi (si le texte présenté par la Commission était adopté) en direction de la constellation des systèmes d'informations assurant directement ou indirectement la sécurité de l'Union. Une confirmation, s'il en est, que l'immigration clandestine est considérée avant tout comme une menace à la sécurité intérieure (le bras de ber franco-italien du printemps 2011 et la crise actuelle de l'espace Schengen étant le symptôme de cette évolution).
Quant aux demandeurs d'asile, ils tendent à apparaître, à des degrés divers, comme des terroristes et des criminels en puissance et ce, depuis les attentats du 11 septembre 2001.