Nous estimons en effet que ces institutions qui devraient être des services publics associant les administrations concernées (en particulier la police, la gendarmerie et la justice) avec le monde universitaire et scientifique, et déclinant leurs travaux à l’échelle locale avec les collectivités, n’assurent pas aujourd’hui leurs missions fondamentales. Elles sont de fait contrôlées par un petit réseau de quelques hauts fonctionnaires de police et de personnes venues d’horizons divers (le secteur commercial, le journalisme, les cabinets politiques...), qui tentent de donner un vernis universitaire et scientifique à leurs activités, lors même qu’ils ont travaillé jusqu’au tournant politique de la mi-2012 dans le cadre d’une connivence politico-idéologique qui ne fait pas de doute, qu’ils ne produisent que des travaux de types statistiques à l’échelle nationale (se contentant même pour l’essentiel de leurs publications de retraiter les traditionnelles statistiques de police d’une façon qui n’améliore pas - voire diminue - leur intérêt), qu’ils n’ont nullement fait cesser les polémiques et les instrumentalisations politiques relatives aux « chiffres de la délinquance » (or c’était l’une des raisons fondamentales de la création de l’ONDRP) et au final qu’ils ne rendent de services ni à la science ni aux administrations nationales ni aux collectivités territoriales.