ministere_de_la_ville.jpgLa relance de la politique de la ville revient au premier plan de l'actualité et constitue un défi pour le gouvernement de Jean-Marc Ayrault, face à l 'héritage légué par 10 ans de sarkozysme et à la crise persistante des banlieues.
La priorité donnée au renouvellement urbain, déconnecté d'un volet social sans ambition et aux moyens de plus en plus réduits et allant de pair avec une baisse des aides aux associations, n'a pas fait revenir les couches moyennes dans les quartiers populaires, mais a contribué à casser les relations sociales qui préexistaient. Au plan social, la politique de la droite, dans la logique d'économies budgétaires, s'est focalisée sur la promotion d'une élite, tout en stigmatisant la grande masse de la jeunesse des quartiers et plus particulièrement les jeunes d'origine étrangère, rendus responsables de l'insécurité et des difficultés des quartiers et objet d'une discrimination ethnique. Une frénésie de lois sécuritaires en réponse à chaque fait divers, l'entreprise d'ethnicisation du débat social à travers la question de l'identité nationale, l'invention d'une nouvelle catégorie de « français d'origine étrangère », moins français que les autres, etc. complètent le tableau et alourdissent l'héritage de ces années.
C'est dire l'enjeu pour la gauche. Il ne s'agit pas de proposer une révision à la marge de la politique actuelle, mais bien d'opérer un renversement radical . Il y a urgence.