Image_police_nationale.jpgDepuis longtemps, les questions de sécurité suscitent un complexe d'infériorité au Parti socialiste. Les accusations de laxisme, d'angélisme à son égard font à chaque fois mouche et conduisent les dirigeants socialistes à faire leur mea culpa et à réaffirmer leur attachement à des politiques répressives en la matière. La célèbre déclaration de Lionel Jospin en mars 2002 sur la naïveté de son gouvernement a, de l'intérieur, renforcé cette croyance. Pourtant, cette idée ne repose pas sur des données objectives. Certes, les années 1997-2001 ont vu les statistiques de la délinquance enregistrer un accroissement des délits, et les années suivantes une décroissance.
Mais on sait que les chiffres posent plus de questions qu'ils n'apportent d'arguments, et qu'ils sont susceptibles d'aménagements : focalisation sur les petits délits qui permettent de "faire du chiffre", refus d'enregistrement de certaines plaintes pour faire baisser la délinquance, fermeture de postes de police et de gendarmerie rendant plus difficiles ces dépôts de plaintes. A contrario, l'augmentation de la délinquance de la fin des années 1990 doit beaucoup à l'ouverture de nombreux postes de proximité et à la mise en place d'une politique d'accueil des victimes.