histogramme.jpgPlusieurs travaux récents convergent autour du constat que l'une des transformations majeures de l'action publique tient dans l'usage croissant d'indicateurs chiffrés censés optimiser la conduite de cette dernière. Le cas des politiques publiques de sécurité ne semble pas échapper à ce mouvement. De nombreuses recherches ont ainsi analysé la mise en place et les effets d'une « culture du résultat » supposée permettre d'améliorer l'efficacité de la police. L'une des particularités des indicateurs mobilisés à cet effet réside dans la double instrumentation, interne et externe, dont ils font l'objet. Censées orienter l'action des services de police et de gendarmerie, les statistiques constituent également un puissant levier de la communication politique.
Néanmoins, sur les questions de sécurité comme sur d'autres, les travaux traitant des relations entre statistique et politique se bornent au constat que les professionnels de la politique s'en tiendraient à un usage cynique des chiffres dans le cadre de la compétition électorale, sans que les modalités discursives et les ressorts sociaux de cette appropriation ne soient documentés. Ni les formes, ni les ressorts de l'inscription proprement politique de ce « langage conventionnel de référence » ne sont analysées pour eux-mêmes.

Illustration : statistix.fr