La cour des comptes remarque : « L'accumulation persistante d'un volume de 19 millions d'heures supplémentaires, dues aux agent mais reportés d'année en années, atteste du blocage du système. »
La cour des comptes recommande : « Des marges de progrès peuvent être trouvées dans le renforcement des contrôles effectuée par la hiérarchie sur le recours aux heures supplémentaires et le calcul des repos compensateurs. »
La cour des comptes avertit : « Il paraît inévitable, à plus ou moins brève échéance, de faire évoluer les règles d'organisation du temps de travail dans la police, qui sont devenues à la fois trop complexe et trop coûteuses au regard des nouvelles contraintes de gestion de service. »
Et propose donc de faire une « pause salariale ».

Ce que ne dit pas la cour des comptes, c'est que les policiers eux-mêmes dénoncent depuis de nombreuses années l'accumulation des heures supplémentaires et qu'elles sont dues, en partie, à la baisse des effectifs induite par la RGPP. Les policiers ne demanderaient pas mieux que de pouvoir rentrer à l'heure chez eux tous les soirs. Mais la justice n'attend pas.
Ensuite, concernant les règles d'organisation du temps de travail, si elles sont aussi nombreuses dans les services de police et de gendarmerie, c'est parce qu'il est important d'assurer une présence policière 24h/24 et 7j/7 sur la voie publique, ce que personne ne peut contester. Mais en même temps, il faut des effectifs conséquent pour traiter les procédures dans les bureaux et encore un certain nombre d'effectifs pour gérer et coordonner tous ces effectifs, avec des moyens matériel restreint, ce qui nécessite une réelle organisation afin d'assurer une répartition optimum. Sans parler du fait que selon les communes, les départements et les quartiers, les besoins en personnels ne sont pas de même ordre. Ils dépendent de la population, de son mode de vie, de la nature de la délinquance, du terrain sur lequel ils opèrent, etc. Il est difficile, voire impossible d'imposer deux ou trois horaires commun pour la totalité des services et des brigades au niveau national, sans tenir compte des spécificités locales.
Enfin, dans sa réponse à la cour des comptes, le Ministre de l'intérieur déplore que celle-ci adopte systématiquement le point de vue quantitatif des ressources et des moyens disponibles au détriment de l'aspect qualitatif, élément incontournable à prendre en compte. Effectivement, on ne peut, on ne doit pas chercher à faire des économies à tout prix en matière de sécurité publique. Il en va parfois de la vie des personnels et au delà, de la sécurité de tous les citoyens.


Louis Martin du Gard (officier de police)

Illustration : cfdtadecco.blogspot.com