Le changement en psychiatrie nécessite que soit d’abord abrogée cette loi. Mais les ambitions du Collectif des 39 vont au-delà : nous voulons fédérer tous ceux qui veulent participer à une refondation de la psychiatrie car depuis des années, une succession de lois a attaqué la possibilité du soin psychique, aussi bien en psychiatrie que dans le médico-social. La prise en charge relationnelle singulière est remise en cause au profit d’un formatage imposé par l’obligation de se plier à des protocoles élaborés par les «experts» de la Haute Autorité de santé (HAS). Ceux qui subissent leur maladie doivent aussi supporter la privation de leurs droits fondamentaux et la réalité d’une ségrégation sociale. Des témoignages révoltants de cette dégradation nous arrivent de toutes parts. Pourtant d’autres pratiques existent, elles se réclament de la psychothérapie institutionnelle, du désaliénisme, de la psychanalyse, d’une conception humaine de la relation. La refondation de la psychiatrie ne peut venir des «experts» de la HAS, mais d’une prise de parole de tous ceux qui se sentent concernés, mais aussi des artistes et créateurs qui se sont engagés avec nous, et de tous les citoyens qui ne peuvent supporter des lois bafouant les droits de ceux qui mériteraient au contraire la protection de la Cité. Le Collectif des 39, en partenariat avec les Centres d’entraînement aux méthodes d’éducation active, appelle à la tenue «d’assises citoyennes pour l’hospitalité en psychiatrie et le médico-social», les 31 mai et 1er juin à Villejuif. Ces assises seront basées sur les témoignages et les expériences de terrain qui seront les éléments constitutifs de propositions concrètes.

Parmi les signataires : Hervé Bokobza, Mathieu Bellahsen, Marie Cathelineau, Patrick Chemla, Dominique Damour, Yves Gigou, Serge Klopp, Paul Machto, Sylvie Prieur…
Texte paru dans Libération le 14 avril 2013