Manuel_Valls.jpgCeux qui attendaient un tournant progressiste après 10 années d’hystérie sécuritaire en seront pour leurs frais. La réforme pénale présenté par la Chancellerie, qui n’a pas manqué d’attirer les foudres de la droite… et de Manuel Valls, se trouve d’ores et déjà compromise. Dans la droite ligne de son prédécesseur, le Ministre de l’Intérieur a soumis les propositions de Christine Taubira aux feux d’une critique toute sarkozienne. Les réformes envisagées sont pourtant bien timides et les critiques largement infondées. Jugeons plutôt.
"Ce projet de loi part d’un premier postulat que je ne peux intégralement partager : la surpopulation carcérale s’expliquerait exclusivement par le recours "par défaut" à l’emprisonnement, et par l’effet des peines planchers ", écrit Manuel Valls dans sa note adressée à François Hollande. Exemples européens à l’appui (soigneusement choisis), le ministre de l’Intérieur poursuit : "nous ne pouvons totalement ignorer la question du dimensionnement du parc immobilier pénitentiaire". En clair : il faut construire de nouvelles places de prisons. Mais, ici comme ailleurs, l’offre crée la demande. L’extension du parc carcéral, loin d’apporter une réponse durable au problème de la surpopulation, ne fait qu’alimenter l’inflation carcérale comme cela a été constaté dans les pays ayant fait ce choix politique.

Photo : huffingtonpost.fr