Image_juge_Plantu.jpgLe ministère public connaît une crise profonde, « une crise majeure de confiance » selon Jean-Louis Nadal. Une crise identitaire d'abord du fait des critiques sur l’ambiguïté du statut des membres du parquet, chargés de veiller au respect des droits et libertés des justiciables. Même si en vertu de la Constitution ils font partie de l’autorité judiciaire, « ils souffrent de se voir dénier de plus en plus la qualité de magistrat » selon Robert Gelli, président de la conférence des procureurs. Ils attendent donc que les règles qui gouvernent leur statut soient réformées pour garantir aux citoyens une Justice indépendante, égale pour tous et affranchie du soupçon.
Cette crise résulte ensuite du décalage flagrant entre les missions des membres du parquet et les moyens alloués pour les atteindre. Les attentes à l’égard du ministère public et les attributions qui lui sont dévolues se sont considérablement accrues au cours des vingt dernières années. Les lois pénales se sont multipliées et de multiples priorités de politique pénale lui ont été assignées au fil du temps, sans qu’aucune ne soit jamais remise en cause et sans que les choix effectués fassent l’objet d’une véritable évaluation.
Cette crise résulte enfin de l’organisation hiérarchique du ministère public, cette organisation faisant l'objet de tensions très importantes. Les évolutions résultant de l’adoption de la loi du 25 juillet 2013 relative aux attributions du Garde des sceaux et des magistrats du ministère public en matière de politique pénale et de mise en œuvre de l’action publique, imposent de réinventer le rôle de chacun et notamment du procureur de la République et du procureur général.

Illustration : lemonde.fr