image_prison.jpgLes débats actuels sur la surpopulation carcérale, comportent aujourd’hui comme hier des critiques nombreuses sur les courtes peines d’emprisonnement et le trop faible recours aux peines de milieu ouvert. Ces critiques doivent être faites et beaucoup s’y emploient. Quant à la durée des peines, elle n’est que très indirectement abordée actuellement par la remise en cause des peines dites « planchers » auxquelles il est surtout reproché de ne pas permettre le plein exercice du principe d’individualisation. Quant à l’énoncé hégémonique et ambigu portant sur les bienfaits d’un « suivi » après libération, il a permis de relancer la question sur la libération conditionnelle, alors même que tout suivi n’implique pas une libération conditionnelle et peut, au contraire, venir allonger la durée de la peine sous couvert de la qualification juridique de mesure de sûreté, telle une surveillance de sûreté. Pour l’heure les discussions semblent se réduire à l’option, tant de fois examinée et débattue, entre une libération discrétionnaire ou une libération d’office pour reprendre la terminologie du Conseil de l’Europe, et à la possibilité d’un allongement, pourtant inutile et malvenu, du délai nécessaire pour prétendre à une libération conditionnelle. En revanche la durée des longues peines, et singulièrement la question de la réclusion criminelle à perpétuité (RCP), ne suscitent que peu de commentaires et encore moins de critiques.

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