photo_cite_LVI.pngDepuis leur inauguration au début des années 2000, les opérations de rénovation urbaine sont critiquées pour la priorité qu’elles accordent à l’intervention sur le bâti au détriment de l’action sociale. Cette volonté de résoudre les dysfonctionnements sociaux par une intervention urbaine ne date pas du Programme national de rénovation urbaine (PNRU) : lors de la création des grands projets de ville (GPV) à la fin des années 1990, la Délégation interministérielle à la ville (DIV) s’était inquiétée de la croyance dans « l’effet rédempteur de la forme urbaine ». Depuis près de dix ans, la mise en œuvre du PNRU a marqué un pas supplémentaire vers le « tout urbain » en privilégiant la démolition et la suppression des traits emblématiques de l’architecture des grands ensembles.
À l’heure où de nombreuses opérations sont achevées, quelle analyse peut-on faire des principes et des choix architecturaux qui ont été opérés ? À partir d’une enquête portant sur six projets de rénovation urbaine – sélectionnés en fonction de leur taille, de leur degré d’avancement et de leur implantation sur le territoire national –, nous avons identifié les principes architecturaux qui guident la mise en œuvre du PNRU. Ils se caractérisent à la fois par le rejet radical de l’image associée aux grands ensembles et par la pauvreté de la réflexion sur l’habiter dans la conception des logements.